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L’UE doit s’investir au Kirghizstan, avec une mission Etat de droit au besoin, dit Kiil-Nielsen


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(BRUXELLES2) Nicole Kiil-Nielsen, eurodéputée française revient du Kirghizstan, pays d’Asie centrale, où viennent de se dérouler les élections législatives. Nous avons pu nous entretenir quelques minutes entre deux avions sur le résultat des élections – qui se sont déroulées de “façon transparente” -, la situation sur place – “calme” – et l’avenir, notamment le rôle de l’Union européenne – “nécessaire” avec la pleine utilité d’une mission “Etat de droit”.

On a parlé d’une élection sous tension, était-ce le cas ?

Quand nous sommes arrivés, nous avons effectivement senti cette tension, tangible chez tous des observateurs européens comme des responsables nationaux. Nous avons pu rencontrer la présidente du Kirghizstan. Mais, dimanche soir, c’est le soulagement. Même si les résultats officiels ne sont pas encore publiés, ils semblent désormais admis par tous. Même le parti nationaliste Ata-Jourt semble ne pas contester le résultat des urnes.

Comment qualifiez-vous le déroulement de ces élections ?

Pour moi, elles se sont déroulées de façon démocratique, transparente. On assiste à la première construction démocratique qui s’installe en Asie centrale.

Sur le terrain, qu’avez-vous vu dans les bureaux de vote  ?

Nous avons été dans la capitale Bichkek, ainsi qu’à Tokmak (ville située à 50 km au nord de Bichkek), dans une région multi-ethnique à l’est (rassemblant Russes, Ouzbeks, Ouïgours…). Il faisait beau, les gens étaient assis dehors, avec de la musique. C’était une ambiance assez festive. Il y avait énormément d’observateurs dans les bureaux de vote. Chaque parti politique en avait envoyés. Il y avait 29 listes avec des candidats en nombre, c’est peut-être un peu trop. Mais tous étaient assis, consciencieux, faisant une croix dans leur carnet à chaque votant.

… et ce qui vous a frappé personnellement ?

Le rôle des femmes et celui de la présidente. Les femmes se sont impliquées de façon formidable, dans les bureaux de vote. Elles étaient nombreuses à tenir les bureaux de vote. Et venaient voter toutes seules, ou en groupes d’amies. Ce n’était pas comme dans certains pays où la femme est accompagnée du mari ou de son père. Le fait qu’il y a la présidente leur a redonné leur fierté. La Présidente Rosa Otounbaïeva est une femme très clame, très sereine, très décidée, très motivée par construction de son pays. Elle recherche un équilibre pour éviter les tensions. Elle est aussi très franche. Nous avons ainsi eu une discussion très directe sur les procès en cours, afin d’éviter que les procès en appel qui vont se dérouler bientôt – après les évènements d’avril (1) – se passent hors des villes concernées.

Est-ce le rôle de l’Europe d’être présent ?

Oui. L’Europe doit investir dans cette région. C’est formidable si on arrive à une transition vers un régime vraiment démocratique. La Constitution kirghize semble exemplaire. Elle évite qu’un parti s’accapare la majorité absolue. C’est le Parlement qui va désigner le gouvernement. Mais les postes de deux ministères importants – Budget et Intérieur – doivent être confiés à l’opposition. Ce qui empêche une mono-gouvernance, un retour au totalitarisme et un gouvernement en coalition. Pour moi, si la transition démocratique réussit au Kirghizstan, cela donnerait un exemple, un souffle aux autres pays de la région qui en ont bien besoin.

Mais cependant, une mission d’Europe de la Défense vous semble nécessaire  ?

Oui. Ce serait très utile. Car le Kirghizstan reste un pays fragile. Dans la police, l’armée et la justice, il reste nombre de problèmes. Dans la police, par exemple, il n’y a que des Kirghizes, et cela pose question. Lors des évènements de Och et Jalalabad, la police a eu un comportement anormal. Il y a un problème de formation et de mixité, dans la police comme dans l’armée. Quant à la justice, le système judiciaire est catastrophique. On a pu s’en apercevoir lors du procès d’Askarov (un opposant accusé avec d’autres personnes de la mort d’un policier à Bazar Korgan), avec des avocats menacés, battus. Ce n’est pas possible. Nous devons – l’Union européenne – aider le Kirghizstan dans sa marche vers la démocratie. Nous pourrions très bien, nous devons, mettre en place une petite mission “État de droit”, un peu comme nous l’avons fait au Kosovo. Si la Haute représentante présente cette idée, nous la soutiendrons.

(1) Sur le sujet, lire également :

(Nicolas Gros-Verheyde)

Nicolas Gros-Verheyde

Rédacteur en chef du site B2. Diplômé en droit européen de l'université Paris I Pantheon Sorbonne et auditeur 65e session IHEDN (Institut des hautes études de la défense nationale. Journaliste depuis 1989, fonde B2 - Bruxelles2 en 2008. Correspondant UE/OTAN à Bruxelles pour Sud-Ouest (auparavant Ouest-France et France-Soir).

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