(B2 Pro) Carnet (13.11.2019). Confidentiels (IEI Grèce et Italie. Agenda du COPS. Méthodes de travail. EUAM RCA). PESC (Instex-Iran. Venezuela). Défense (OTAN-Allemagne H. Maas. Cyber Kaikkonen. Bulgarie An30). Diplomatie (Israël-Gaza tirs. Visa refusé. UE-ACP assemblée. Malaisie condamnation). Voisinage (Sanctions Erdogan. UE-Ouzbékistan) Aides (Afrique. Soudan). Sécurité (Combattants étrangers expulsion de Turquie. Asile : loi grecque. Crise migratoire et Système Schengen, Cour des comptes. Objectif relocalisations 2020). Pouvoirs (Conseil : manque de transparence. Borrell : tweet en dérapage. Autriche : Coalition Bleue-Verte. Espagne : accord PSOE-Podemos. Brexit Citoyens). Commission 2019-2024 (Déclarations d’intérêts)

(B2) Parus récemment : Les députés espagnols n’ont pas besoin de prester serment (avocat général) Les priorités Défense de Thierry Breton. Son engagement de probité. Ses réponses aux parlementaires Thierry Breton obtient le quitus de la commission JURI…

L’OTAN est morte ? Elle est entrée en réanimation. Attendons sa résurrection…

 (B2) « L’OTAN en mort cérébrale », le ‘bon mot’ de Emmanuel Macron fait jaser dans les couloirs bruxellois tant à l’Alliance qu’à l’Union européenne. Depuis la parution de l’interview dans The Economist chacun, dans les rangs diplomatiques et médiatiques, s’interroge et s’interpelle. Une ‘trumperie’ de plus ou une pensée plus profonde ?

Entraînement en Iraq des forces irakiennes par les militaires alliés (U.S. Army photo by Spc. William Marlow)

Un tempo à regarder de près

Précision notable : cette interview a été faite non pas hier, mais le 21 octobre, en pleine offensive turque. La colère du président Macron n’est pas feinte. Il l’a dit clairement, peu de temps auparavant, vendredi, au sortir d’un Conseil européen tendu. Furieux d’avoir appris le retrait américain par un tweet et de l’offensive turque qui menace la sécurité européenne, le président Macron dit tout haut ce que les autres pensent tout bas (lire : La faute lourde des Occidentaux et de l’OTAN en Syrie ). Mais peu réagissent. Il faut donc placer la barre plus fort. L’interview sort maintenant, selon un tempo qui ne doit pas uniquement au hasard. À un mois du sommet de Londres de l’OTAN, le président français aurait voulu porter le sujet à l’ordre du jour qu’il n’y serait pas pris autrement. L’objectif est atteint.

Un petit côté Trump européen

Sur la forme, Emmanuel Macron a compris qu’à côté des grandes phrases, bien tournées, littéraires, parfois ampoulées, dans un panorama médiatique où tout s’écrit en 140 signes, il fallait des formules chocs. Il n’utilise pas twitter comme le fait Donald Trump. Mais le résultat est identique : faire mouche, avoir une phrase compréhensible par tous, qui oblige chacun à se positionner, provoquer au besoin, ou fâcher (un peu). De fait, il fait du Trump européen. Dans tous les cas, il gagne : on écoute le message. Et chacun se positionne sur son message.

  • S’attaquer à l’OTAN, c’est aussi assez facile. Plus facile que de s’attaquer aux États-Unis. L’Alliance joue ici le rôle du lampiste, naguère dévolu à l’Union ou la Commission européenne. Curieux renversement de circonstances.

Le ‘tout va bien à l’OTAN’ est un leurre

Sur le fond, le mot ‘mort cérébrale’ est sans doute très fort. Mais il faut bien réveiller les morts. Si « l’OTAN coté militaire fonctionne, et même fonctionne très bien » pour reprendre le commentaire d’un diplomate européen, il n’en est pas de même au niveau politique. La réunion des ministres de la Défense l’a prouvé. L’espèce d’atonie qui a saisi l’Alliance après l’offensive turque en Syrie, et le lâchage américain des alliés kurdes, est pour le moins extraordinaire.

  • Si l’OTAN est affaiblie, ce n’est pas par le bon mot de Emmanuel Macron, c’est par son absence de rôle sur la scène moyen-orientale ces derniers mois.

Une défaite politique majeure des Occidentaux en Syrie

Soyons clairs. En Syrie, l’OTAN a subi une défaite majeure, d’ordre politique. Davantage que l’offensive turque, c’est le rôle de pacificateur en chef donné à la Russie, et l’opération de dédiabolisation de l’Iran, qui sont extraordinaires par leur rapidité. Pétrifiée, l’OTAN n’a pu dire un mot sur l’accord de Sotchi. Son ennemi héréditaire, sa raison d’être de toujours, la Russie, est en train de prendre l’avantage aux frontières de l’Alliance, sur son flanc Sud. Ce, en lien direct avec un des pays membres de l’alliance, pièce maîtresse historiquement dans cette stratégie de limitation de la Russie (l’ancien empire ottoman), et avec l’assentiment tacite du ‘papa’ de l’Alliance (les États-Unis). À Moscou, on peut fort bien se frotter les mains. L’Alliance a rendu les armes sans combattre.

  • Donald Trump pourra difficilement reprocher ce mot à son homologue français, lui qui avait qualifié l’Alliance d’être ‘obsolète’. Il a d’ailleurs joint le geste à parole. Dans l’affaire syrienne, à aucun moment l’OTAN n’a vraiment été mise dans la boucle. Elle a été placée devant le fait accompli.

Une stratégie russe de contournement de l’Alliance

Si on s’éloigne deux minutes du curseur de l’actualité, on ne peut qu’être frappé par l’absence de stratégie de l’Alliance. Selon une bonne vieille recette militaire éculée, la Russie a réussi à fixer son adversaire sur un territoire donné : l’Europe du nord-est à la mer Noire. L’Alliance toute à la joie de retrouver un rôle de premier plan s’est engouffrée tête baissée dans une présence, finalement assez statique, très ‘old school’, avec manoeuvres d’infanterie, exercices terrestres, et démonstrations bruyantes de chars et d’avions, non loin de la Russie. Pendant ce temps, Moscou a occupé le terrain en Syrie et placé ses pions en Égypte, en Libye, en Centrafrique (voire au Mali ou au Burkina Faso demain). Elle a effectué un mouvement tournant inversant, à son profit, la doctrine Kennan du containment utilisée par les Américains après-guerre pour limiter la percée soviétique. L’axe Moscou-Téhéran-Damas-Beyrouth (+ Ankara et Le Caire au besoin) devient désormais une pièce incontournable dans la zone Sud de la Méditerranée. Face à cela, l’OTAN est tétanisée.

  • Parler de ‘mort cérébrale’ est sans doute osé, mais si on reste dans la terminologie médicale, on est là face à un bel AVC (accident vasculaire cérébral). Et il fallait bien un électrochoc pour tenter de réveiller le patient.

La bataille des anciens contre modernes

La question fondamentale est de savoir si ce message aura un effet. À court terme, on peut dire que le choc a porté. D’une part, personne ne peut plus faire l’impasse sur le sujet. Le tabou est levé. La question va devoir être abordée. D’autre part, quand on regarde les réactions survenues de part et d’autre, à Washington, Berlin ou ailleurs, on voit bien comment elles sont gênées en fait. Certes le président français parait isolé. Mais la plupart des interventions, pour justifier l’OTAN, sont faites (littéralement) au passé, empruntant à l’histoire… Il n’est que de voir le langage de Merkel ou Stoltenberg. Difficile de faire autrement à la veille des célébrations de la chute du mur de Berlin.

  • Trente ans après, le temps de l’occidentalisme triomphant et la fin de la guerre froide apparaissent un peu désuets. Emmanuel Macron est en train de rejouer la bataille des anciens vs les modernes qui l’avait porté au pouvoir en France.

Un risque d’effet contreproductif limité ?

À moyen terme, le message présidentiel semble plus hasardeux. Il joue et surjoue le rôle prêté traditionnellement à la France. Celui d’emmerdeur patenté qui râle, bloque, impose sa vision, sans doute brillante, mais pas très consensuelle. Il y a un risque que l’on ne fasse pas de cadeau aux Français le jour venu. La France paraît aussi un peu isolée. Mais immédiatement vient une réponse : qui dans les rangs des dirigeants européens est, aujourd’hui, en capacité de s’opposer franchement et, surtout, de s’imposer ?…

Objectif : un aggiornamento de l’Alliance ?

De fait, le président français a le champ libre. Il peut avancer un pion, comme aux échecs, quitte à se le faire prendre, car derrière, il a encore des pièces. L’ambition du président français n’est pas de signer la mort de l’OTAN. Au contraire, c’est de pousser à un aggiornamento de l’Alliance, à un changement de focale, à accepter une place plus importante pour les Européens dans la direction politique (et militaire). En gros, si on pouvait oser, c’est à une perestroïka qu’appelle Emmanuel Macron.

  • Comme l’expliquait un fin observateur de la scène diplomatique européenne. Même dans une république laïque, comme est la France, « il n’est pas impossible de croire… à la résurrection ».

(Nicolas Gros-Verheyde)

L’OTAN en mort cérébrale de Macron suscite des réactions en désordre

(B2) Si le président français avait pour ambition d’animer le débat, c’est réussi. Son ‘OTAN en mort cérébrale‘ asséné dans l’hebdomadaire britannique The Economist a suscité des réactions au plus haut niveau

Les membres de l’OTAN tentent de défendre le bien-fondé de l’organisation (crédit : OTAN)

Si certains partagent le constat d’une Alliance en grande difficulté politique, personne ne va, même mezzo vocce, dans le sens d’Emmanuel Macron. Et chacun se sent obligé officiellement de justifier l’existence de l’OTAN. Mais la plupart des arguments sont tirés du passé, non de la situation actuelle. Ce qui, d’une certaine façon, est reconnaître qu’il y a… un problème.

Un des partenariats stratégiques de l’histoire

« Je pense que l’OTAN reste un partenaire important, critique, peut-être historiquement l’un des partenariats stratégiques les plus critiques de toute l’histoire enregistrée » a défendu le ministre américain Mike Pompeo.

« I think NATO remains an important, critical, perhaps historically one of the most critical strategic partnerships in all of recorded history. »

Le pouvoir géopolitique en Europe, la sécurité à l’OTAN

« L’UE doit aspirer à devenir un vrai pouvoir géopolitique, mais l’OTAN est et devra rester la colonne vertébrale de notre sécurité sur les deux bords de l’Atlantique » a jugé la présidente slovaque Zuzana Čaputová, qui est du même bord politique et générationnel qu’Emmanuel Macron.

Berlin pas d’accord sur la forme ni sur le fond

« Je ne pense pas qu’un tel jugement intempestif soit nécessaire, même si nous avons des problèmes, même si nous devons nous ressaisir », a souligné la chancelière allemande Angela Merkel recevant le secrétaire général de l’OTAN, Jens Stoltenberg. Le président français a « utilisé des termes radicaux qui ne [sont] pas mon point de vue au sujet de la coopération au sein de l’OTAN », a-t-elle ajouté, selon l’AFP.

« Le pacte Nord Atlantique est une pierre angulaire de l’ordre mondial multilatéral » a renchéri le ministre allemand (SPD) des Affaires étrangères Heiko Maas.

L’OTAN essentielle pour Stoltenberg

« Nous sommes d’accord qu’une OTAN forte est essentielle pour la paix et la sécurité en Europe et que nous devons continuer à investir pour maintenir l’OTAN » a justifié le secrétaire générale de l’OTAN Jens Stoltenberg lors de sa réunion à Berlin avec Angela Merkel le 7 novembre.

 

« Toute tentative de distancer l’Europe de l’Amérique du Nord non seulement affaiblira l’Alliance transatlantique, mais risque aussi de diviser l’Europe. L’unité de l’Europe ne peut pas remplacer l’unité transatlantique »

L’OTAN a été un écran protecteur de la liberté

« En dépit de tous les remous des dernières semaines, je trouve que l’OTAN s’est montrée remarquable comme écran protecteur de la liberté », a affirmé Ursula von der Leyen vendredi soir, dans un discours prononcé à Berlin à la veille de la commémoration de la chute du mur. « L’Europe doit aussi apprendre le langage du pouvoir » a-t-elle ajouté selon Die Zeit. « D’une part, l’UE a besoin de plus de capacités militaires. D’autre part, elle doit faire davantage usage de la force disponible pour faire valoir les intérêts européens. »

Un rôle dans la sécurité partagée

L’OTAN « continue à avoir un rôle extrêmement important non seulement dans l’Atlantique Nord, mais dans le monde en tant qu’un groupe de pays qui se réunissent pour partager des valeurs, partager un engagement envers une sécurité partagée » a indiqué Justin Trudeau, le Premier ministre canadien, relayé par la représentante permanente canadienne auprès de l’OTAN.

(NGV & CG, st. )

(B2 Pro) Carnet (08.11.2019). Confidentiels (Sahel-Mali inquiétude. Collège de défense budget. Turquie Exportation d’armes, prêts BEI. Commission Von der Leyen reportée). PESC (Sanctions Venezuela. NDICI Premier trilogue). Opérations (Takuba Sahel Parly. EUFOR Althea prolongée. Atalanta-Pakistan. Albanie Golfe. MINUAD, MINURSO, FISNUA). Défense (Pays-Bas Budget défense. Allemagne 2% 2031 AKK. OTAN et valeurs). Diplomatie (Burkina-Faso éprouvant. Irak déplorable. Sud Soudan issue proche. Russie dissolution. Haïti violences. Divisions arabes. UE-Ouzbekistan). Aides (Yemen. Projet tchèque en Syrie). Pouvoirs (financement parti ADDE). Commission 2019-2024 (Lettres de missions. Parité non atteinte. Adina-Ioana Vălean). People (Kaminara. Krähenbühl. Mamer-Spinant)

(B2) Parus récemment : (blog) La PESCO ouverte aux pays tiers ? Arrêtons de l’annoncer tous les 4 matins L’OTAN et l’Agence européenne de défense continuent leur coopération pour le ravitaillement en vol Les trois ministres régaliens du nouveau gouvern…

L’OTAN en état de mort cérébrale (Macron)

(B2)  Le président français Emmanuel Macron avait déjà été assez dur au Conseil européen en octobre dernier (lire : La faute lourde des Occidentaux et de l’OTAN en Syrie (Emmanuel Macron)). Il est encore plus dur dans un entretien avec The Economist, paru hier

Le bureau de l’Elysée – centre du pouvoir français (crédit : Elysée)

Être lucide

Il avertit les pays européens qu’ils ne peuvent plus compter sur l’Amérique pour défendre leurs alliés de l’OTAN. « Pour la première fois, nous avons un président américain qui ne partage pas l’idée du projet européen, et la politique américaine se désaligne de ce projet ». L’exemple de la Syrie l’a montré. « Nous devrons à un moment faire le bilan de l’OTAN. Ce qu’on est en train de vivre, c’est la mort cérébrale de l’OTAN. Il faut être lucide », a déclaré E. Macron. « On doit en tirer les conséquences. »

Une offensive turque sans coordination

Ce constat est clair, si sur le plan militaire cela fonctionne, « sur le plan stratégique et politique, force est de constater que nous avons un problème ». « Nous assistons à une agression menée par un autre partenaire de l’OTAN qui est la Turquie, dans une zone ou nos intérêts sont en jeu, sans coordination. Il n’y a pas eu de planification ni de coordination par l’OTAN. Il n’y a même pas eu de déconfliction par l’OTAN. »

Un réveil européen nécessaire

Il est grand temps que l’Europe « se réveille » a-t-il ajouté. L’Europe se trouve « au bord du précipice », a-t-il déclaré, et doit commencer à se penser stratégiquement en tant que puissance géopolitique. Sinon, nous ne « contrôlerons plus notre destin ». « Notre défense, notre sécurité, les éléments de notre souveraineté, doivent être pensés en propre. » Et la « première chose pour y arriver, c’est de retrouver la souveraineté militaire ». C’est-à-dire une « Europe de la défense, une Europe qui doit se doter d’une autonomie stratégique et capacitaire sur le plan militaire ».

Une autre politique avec la Russie

Autre point d’indépendance : « rouvrir un dialogue stratégique, sans naïveté aucune et qui prendra du temps, avec la Russie. » Les Européens doivent  « réinternaliser votre politique de voisinage, vous ne pouvez pas la laisser gérer par des tiers qui n’ont pas les mêmes intérêts que vous ».

La question de l’article V en débat

Durant cette interview (qui a eu lieu le 21 octobre dans son bureau de l’Élysée à Paris), le journal américain lui a demandé s’il croyait en l’efficacité de l’Article V, à l’idée que si un membre de l’OTAN était attaqué, tous lui viendraient en aide, ce qui, selon de nombreux analystes, sous-tend l’effet dissuasif de l’alliance. « Je ne sais pas » a-t-il avoué. « C’est quoi l’Article 5 demain ? C’est-à-dire que si le régime de Bachar al-Assad décide de répliquer à la Turquie, est-ce que nous allons nous engager ? »

(NGV)

Télécharger le transcript de l’interview en FR et en ENG

(B2 Pro) Carnet (30.10.2019). PESC (textes Burundi, Transnistrie et Guinée). Opérations (Coalition Daech. Tirs des garde-côtes libyens). Défense (Fincantieri enquête. Visite OTAN en Ukraine. Tchéquie contre-espionnage). Diplomatie (Syrie réunion de Genève. Zone de sécurité internationale. Venezuela conférence internationale. Biélorussie peine de mort. Iran huis clos). Voisinage (Trilatérale UE-Russie-Ukraine. Dîner Balkans). Aides (Zimbabwe et Tunisie). Sécurité (Rapports Union de la sécurité, cybersécurité, désinformation. UE-Nouvelle Zélande. G6 Münich). Pouvoirs (Roumanie gouvernement. Européennes participation). Commission 2019-2024 (Feu vert à Th. Breton et Ol. Varhelyi. Rappel à la Roumanie. Conflit d’intérêt). À suivre

(B2) Parus récemment : (verbatim) Suivre les combattants étrangers en Syrie, tâche compliquée par l’offensive turque. Les juger sur place difficile. Les responsables belges parlent (blog) 2816 militaires espagnols et gardes civils déployés à l’étranger…

(B2 Pro) Resolute support, 4×30, 5G, missiles Patriot en Turquie. Les principaux résultats de la ministérielle défense de l’OTAN (24 et 25 octobre)

(B2 au QG de l’OTAN) Si la crise turque et syrienne ont constitué l’essentiel de la réunion des ministres de la Défense de l’OTAN réunis à Bruxelles les 24 et 25 octobre, d’autres sujets étaient également à l’ordre du jour, plus ‘ordinaires’ : missions…