ChevaliersBlancsFilm@

Nous avons vu « Les chevaliers blancs »

ChevaliersBlancsFilm@(B2) Le film ‘Les chevaliers blancs’ de Joachim Lafosse retrace une histoire connue des lecteurs de notre blog, celle de l’Arche de Zoé.

Elle n’illustre cependant qu’une période et une partie de cette ‘épopée tragique’, l’arrivée sur place au Tchad de l’équipe de l’ONG jusqu’à son arrestation par les forces tchadiennes, avec une trame essentiellement psychologique : les déchirements au sein de l’équipe dont une partie découvre peu à peu toute l’ampleur du projet (*). Des personnages extrêmement bien joués, qui balancent à chaque fois entre le blanc et le noir et retracent en grande partie la réalité.

Les observateurs relativement connaisseurs du terrain auront assez vite remarqué quelques incongruités. Il fait un peu plus chaud au fin fond du Tchad à Abéché. La piste de l’aéroport est un peu super moderne par rapport à ce qu’elle est en réalité… Et, mise à part une séquence au début, la présence militaire française reste assez limitée. En revanche, on voit arriver des forces européenne d’EUFOR qui arrêtent un moment les ‘zozos’ en pleine prospection dans les villages. L’officier d’EUFOR est très bien campé dans la peau d’un Britannique. Cela c’est pour le roman. Car nous savons tous que les ressortissants de Gracieuse majesté étaient plutôt en nombre limité dans l’opération (2… si mes souvenirs sont bons et davantage dans l’état-major que sur le terrain), contrairement aux Irlandais ou Polonais. Pour l’image, certainement, il valait mieux un Britannique…

(NGV)

Lire aussi le témoignage que nous avions recueilli à l’époque : Témoignage du pilote Belge de l’opération Arche de Zoé / Children Rescue au Tchad

 

De la désignation rapide du commandant d'opération dépend la suite de l'opération européenne (crédit : Etat-Major français des armées / ECPA - Briefing avant une patrouille à pied entre le 17ème RGP et la Misca Bouroundaise dans le quartier Petevo de Bangui, le 15 janvier 2014).

Qui participera à l’opération EUFOR Bangui ? (Suite) Des pays volontaires. On attend le commandant!

De la désignation rapide du commandant d'opération dépend la suite de l'opération européenne (crédit : Etat-Major français des armées / ECPA - Briefing avant une patrouille à pied entre le 17ème RGP et la Misca Bouroundaise dans le quartier Petevo de Bangui, le 15 janvier 2014).

De la désignation rapide du commandant d’opération dépend la suite de l’opération européenne (crédit : Etat-Major français des armées / ECPA – Briefing avant une patrouille à pied entre le 17ème RGP et la Misca Bouroundaise dans le quartier Petevo de Bangui, le 15 janvier 2014).

(BRUXELLES2 – exclusif) Selon une dernière évaluation faite par B2, après la réunion des ministres, on peut décompter (raisonnablement) une quinzaine de pays qui participeront, plus ou moins directement, à la nouvelle opération militaire EUFOR RCA Bangui.

Une quinzaine de pays participants ?

Trois pays ont confirmé, de façon officielle (ou quasi-officielle), leur participation : France, Grèce (QG), Estonie.

Une dizaine d’autres ont indiqué, directement (ou indirectement), comme a pu se le faire confirmer B2, la volonté de contribuer à l’opération : Lettonie, Lituanie, Portugal (logistique), Finlande, Pologne, Roumanie, Slovaquie, Suède et Allemagne (logistique et QG).

Deux pays n’ont rien indiqué sans exclure une participation : Belgique, République Tchèque.

Quelques pays ont indiqué leur volonté de ne pas participer : Bulgarie, Croatie, Irlande, Pays-Bas, Royaume-Uni, Slovénie.

Le détail c’est ici : Qui participera à la mission EUFOR RCA Bangui ? Le point (MAJ6)

Faire aussi bien que l’Estonie : un défi ?

Le problème est qu’il y a bien peu de propositions concrètes. Peu de pays ont encore indiqué de façon précise combien de personnes exactement, ils pouvaient envoyer et pour quoi faire. Et il reste deux-trois grosses inconnues : les Polonais, les Tchèques, les Belges en particulier. Si ces pays se décident et envoient un contingent qui serait, au moins de la taille des Estoniens, la génération de forces pourrait être faite assez rapidement. Si ceux-là ne se décident pas, il faudra trouver d’autres contributions majeures, ce qui pourrait retarder d’autant l’opération. Et ce serait un mauvais signal donné aux Centrafricains comme au reste du monde sur l’état des armées européennes.

On attend le commandant

En fait, c’est un peu l’histoire de la poule et de l’oeuf. Tout le monde attend d’en savoir un peu plus sur l’opération, d’avoir le détail. Mais pour cela il faut avoir  un commandant d’opération. Ce qui doit être décidé dans les heures (ou plutôt les jours qui viennent). Maintenant que l’OHQ grec a été désigné comme étant celui de l’opération, la France devra faire un choix : soit avoir le commandement de la force sur place (le FHQ), ce qui serait assez logique ; soit avoir le commandement de l’opération, ce qui ne serait pas vraiment logique ni habituel. En général, un même pays ne cumule pas les deux commandements. Avoir les deux – ainsi que certains responsables français semblent le vouloir – et comme l’avait indiqué François Hollande en décembre – serait non seulement contraire aux usages européens. Il serait aussi largement contreproductif et contraire à la politique suivie jusqu’ici, qui vise à européaniser l’opération et à responsabiliser l’ensemble des autres Etats à la problématique centrafricaine. Il faut donc que Paris se décide, et rapidement !

Une certaine unanimité

La politique de sensibilisation des autres partenaires a, en effet, porté ses fruits. Au dernier conseil des ministres des Affaires étrangères, l’ensemble des participants a, d’une part, salué le rôle majeur joué par la France, remerciant l’armée française (comme les armées africaines) pour leur intervention précoce et, d’autre part, reconnu la nécessité d’intervenir face à la gravité des faits sur le terrain et au risque de déstabilisation régionale. Le mot de Laurent Fabius, à sa sortie du Conseil des Affaires étrangères, exprimant sa satisfaction n’est donc pas superflu. Le spectre du génocide et d’une possible responsabilité collective a certainement plané sur la réunion. Une telle unanimité, il y a quelques mois, semblait encore peu possible. Elle témoigne d’une certaine prise de conscience des Européens à la fois des menaces qui planent sur la Rép. centrafricaine mais aussi de leurs responsabilités.

Une prise de conscience?

Quand on se rappelle toutes les tergiversations qui avaient marqué l’envoi au Mali de quelques centaines de militaires, pour effectuer une simple mission de formation — dans un contexte plus « clair » que la République centrafricaine (il y avait les « bons » – le gouvernement de Bamako – et les « méchants » – les rebelles), où la population n’était pas du tout hostile aux militaires européens et où le risque sécuritaire n’était pas nul mais sûrement moins intense qu’en RCA aujourd’hui —, on mesure tout le chemin parcouru par les Européens, dans leur ensemble, pour se dire que la défense de certaines « valeurs » européennes ne peut pas passer que par des mots et des bons sentiments mais doit se traduire en actes. A l’échelle de la réaction européenne dans les crises précédentes (sécuritaire comme civile, cf. la crise financière par exemple), cette évolution est plutôt rapide et doit être remarquée. Il reste maintenant à transformer l’essai et le faire rapidement. Car les massacres n’attendront pas…

Quand le Parlement note les missions de l’UE

(BRUXELLES2) Le rapport de Roberto Gualtieri (parti démocrate italien), adopté par le Parlement européen, mercredi a passé en revue les opérations menées par l’Union européenne dans le monde. Et il note ainsi que bien souvent les missions s’effectuent sans « stratégie politique bien définie« . Ce lien est « absent dans la plupart des cas, ce qui a une influence négative sur l’efficacité et l’efficience des missions« . En passant en revue les missions, le constat est parfois rapide et impitoyable.

Bien

• EULEX Kosovo, malgré « de nombreux obstacles, notamment liés à l’absence de mesures d’accompagnement et à des contraintes d’effectifs (joue) un rôle important dans le domaine de l’état de droit, et continue de contribuer à la stabilité de la région »

Bien mais …

• EUNAVFOR Somalie (opération Atalanta) menée « avec succès ». Mais « la question du traitement judiciaire des pirates doit être résolue d’urgence, notamment sur la base du rapport Lang ». L’opération Atalanta est « entravée par l’absence d’application d’une stratégie régionale bien définie visant à supprimer les causes profondes du phénomène de piraterie et à faire face de manière efficace à l’instabilité chronique de la Corne de l’Afrique. Des mesures améliorant les capacités de surveillance maritime régionale doivent être prises d’urgence ».

• EUTM Somalia : « peut s’avérer contre-productive en améliorant les capacités militaires pour d’éventuels recrutements de milices en Somalie ».

Peut mieux faire

• EUBAM Rafah et EUPOL COPPS : « largement reconnues et acceptées en tant que principal interlocuteur international spécialisé dans les problèmes de maintien de l’ordre dans les territoires palestiniens ». Mais n’ont « pas été en mesure d’avoir un impact significatif sur l’évolution du conflit car elles sont dépourvues de stratégie politique et diplomatique solide, nécessaire par ailleurs en vue d’un engagement renouvelé dans les territoires palestiniens ».

Insuffisant

• EUPOL Afghanistan : « impact insuffisant en raison de l’absence de stratégie bien définie et de son intégration forcée dans la stratégie américaine AFPAK ».

EUPOL RD Congo et EUSEC RD Congo (existent depuis 2007 et 2005 respectivement) : « leurs effets positifs sur les groupes cibles ont été limités, voire nuls ». Le Parlement « recommande de se concentrer davantage sur le problème de la violence sexuelle afin d’accroître l’efficacité des deux missions ».

A fermer

• EUFOR Althea en Bosnie-Herzégovine (lancée en 2004) : a « atteint ses principaux objectifs ». Elle doit être fermée dit le parlement. « Une évaluation politique de l’opportunité de la considérer comme terminée et de récupérer d’importantes ressources financières et humaines (plus de 1 400 personnes) s’impose. »

Des cabines de traduction blindées pour les opérations de la PESD

Avec 22 langues, les soldats ou civils envoyés en mission PESD peuvent avoir des problèmes de compréhension entre ex. Aussi, très officiellement, Karl Von Wogau le président de la sous-commission Défense et Sécurité du Parlement européen, a demandé, ce 1er avril, aux Etats membres de procéder à «l’acquisition de cabines d’interprétation blindés. Ceci afin de garantir que, même dans des situations dangereuses, chacun pourra parler dans sa langue et obtenir une traduction simultanée.» Lire le communiqué (en allemand).

Maj : Le poisson d’avril du Parlement: les cabines blindées

Tchad: dans quelques jours, the end… Et un galon d’Europe puissance

(BRUXELLES2) Il est rare qu’une mission de stabilisation de paix se termine, en temps et en heure. D’ordinaire, on joue les prolongations. C’est, en cela, que la cérémonie de clôture de la mission militaire européenne « Eufor » au Tchad et en République centrafricaine, dimanche 15 mars, n’est pas anodine. Certes, cette mission se termine et une autre commence – celle des Nations-Unies (Minurcat II). Mais c’était bien le but de la mission Eufor – se mettre en place rapidement pour permettre à la Minurcat de trouver le temps de se déployer. Et, bien entendu, tous les problèmes ne sont pas réglés. Les réfugiés sont toujours là aussi nombreux, voire plus. Les déplacés également, même si certains ont pu revenir dans leur localité d’origine, plus ou moins définitivement, au moins pour le temps des récoltes.

Les tensions entre le Tchad et le Soudan continuent, par rebelles interposés. Et les « bandits », issus souvent des rangs des rebelles comme ceux de l’armée régulière continuent à mener, de temps à autre, leurs ripailles, souvent dans la ville même d’Abéché. Mais il est un fait sur le terrain : Premièrement, la situation ne s’est pas aggravée. C’est déjà beaucoup. Et, deuxièmement, ce n’est plus totalement une zone de non-droit. les « bandits » de tous chemins savent qu’ils ont un peu plus de danger à mener leurs actions.

La capacité militaire de l’UE démontrée

Au-delà, l’UE a prouvé qu’elle était capable de mettre sur pied une mission militaire d’une ampleur nouvelle pour elle : près de 4000 hommes projetés à plus de 5000 Kms, sur un terrain aride, difficile, où le manque d’eau et de nourriture se combinent avec l’hostilité des éléments et la violence de l’homme. Certains think-tanks basés aux Etats-Unis, à la réflexion sans doute profonde mais un peu orientée, et d’autres cassandres pariaient sur un échec de la mission. Désolé. Il n’en a été rien. Malgré toutes les difficultés prévisibles ou survenues – l’attaque des rebelles du 1er février notamment, les hélicoptères en nombre insuffisant également – la mission a pu se mettre sur pied. Les relèves ont bien été effectuées en temps et heure. Les unités multinationales se sont bien accoutumées à travailler ensemble – même si quelque petits différents sont survenus de temps en temps (plutôt normal pour une opération de cette ampleur). En tout ce sont près de 10 000 militaires qui se sont ainsi relayé tout au long de cette année.

La mission a échappé à quatre dangers et je lui décernerai donc 4 étoiles

* Tout d’abord le fait même que la mission a existé avec aussi peu de « grands pays fondateurs » participants. Qui aurait pu imaginer au début de la politique de défense – c’est-à-dire il y a quelques années à peine – que l’Europe pourrait conduire une opération militaire avec un seul des pays fondateurs de l’Europe de la défense à bord (la France). Ni le Royaume-Uni (qui a envoyé quelques hommes de renseignement), ni l’Allemagne n’ont participé à l’opération. Et l’Espagne et l’Italie n’ont apporté qu’une contribution – certes utile — l’hôpital de rôle 2 pour les Italiens, des rotations d’avions pour les Espagnols – mais somme toute modeste. De fait, cette opération n’a été possible qu’avec la participation des pays neutres ou non membres de l’OTAN ou récemment arrivés dans l’Union européenne. Quelle belle preuve d’intégration. Notons ainsi la participation notable de l’Irlande, de la Pologne, de la Suède et de la Finlande. C’est la 1ere étoile. Et aussi l’assentiment des 27 Etats membres qui, unanimes, même s’ils ne participaient ont soutenu la mission (et l’ont financé, un peu, par l’intermédiaire du mécanisme Athena).

** Ensuite, le fait de surmonter les difficultés logistiques. Et elles ne manquaient pas, à commencer par le transport des troupes et matériels, par bateau, route et air. Le défi était, en effet, de pouvoir amener tout le matériel sur place, de construire une sorte de petite ville, alors qu’il y a une pénurie d’avions dans tous les pays européens, que ceux qui restent sont souvent poussifs (les mécaniciens d’Eufor n’ont pas chômé pour réparer les pannes) ou pris sur d’autres théâtres d’opération (Afghanistan, l’affaire du Ponant a dérouté un ou deux avions…). Alors. Chacun s’y est mis, prêtant qui un avion pour 10 jours, qui pour 3 rotations. Et on ne saluera jamais assez le rôle de tous ceux qui ont assuré cette logistique. Et qui vont travailler encore jusqu’au bout pour tout rapatrier. Deuxième étoile…

*** N’oublions pas l’autre défi, celui de l’impartialité. Il était loin d’être gagné. Au début de la mission, les critiques étaient nombreuses et pouvaient trouver un certain fondement. De tout temps, le Tchad a, en effet, été considéré comme une arrière cour française. Pour la France libre, c’est même une terre mythique. La France, qui a été un des initiateurs (avec le Royaume-Uni) et principaux contributeurs de l’opération, entendait aussi honorer son accord de coopération militaire intense avec le gouvernement de N’Djamena. La présence d’un fort contingent français dans Eufor, comme le concours apportés par les autres soldats français présents au titre de la mission militaire Epervier, pouvaient être synonymes d’une confusion. Le moindre geste, la moindre photo pouvaient tout faire déraper.

L’attaque des rebelles et la contre-attaque de l’armée tchadienne a, par exemple, placé les soldats et corps médicaux d’Eufor devant un dilemme : que faire non seulement durant l’attaque – ce qui est somme toute solutionnable – mais surtout après l’attaque, en cas d’afflux de blessés ? Le médecin français d’Epervier – tenu à un accord d’assistance avec les militaires Tchadiens – pouvait-il requérir et utiliser les installations d’Eufor pour soigner des blessés graves de l’armée tchadienne ? La solution s’est faite avec pragmatisme et délicatesse. Le serment d’Hippocrate aidant, les cas ont été pris en charge simplement là où la politique aurait été bien embarrassée (Heureusement qu’aucune photo n’a circulé comme celle de ce médecin italien à l’embarquement d’un avion français rapatriant les militaires tchadiens blessés sur l’hôpital de N’Djamena). Un an après, il est clair dans tous les esprits que cette mission avait sa chaîne de commandement et d’action autonome, son objectif propre et son autonomie d’action, et personne ne remet en cause la double casquette d’un pays membre (c’était la France au Tchad, ce pourrait être la Roumanie en Moldavie, ou la République Tchèque en Israël). L’UE y a gagné sa troisième étoile

**** Enfin saluons la tactique politique de l’Europe dans laquelle cette mission s’est déroulée. Vis-à-vis du Soudan comme du Tchad dont les rapports sont plus qu’aigre doux. Les Européens ont su passer sous silence certains incidents comme celui des tirs sur les véhicules belges (lire : 2 véhicules belges de l’Eufor brûlés, De Crem confirme et balance…) et ne pas surenchérir à ce qui pouvait passer soit pour une « erreur », soit une tentative de provocation. Comment ne pas mentionner également que cette mission est une des premières depuis … où des troupes russes sont sous un commandement européen. Quel symbole aussi de voir des hélicoptères à étoile rouge voisiner avec ceux des Polonais.

Et cependant… cela a bien failli capoter. Il faut voir que les négociations de cette présence qui avaient démarré avant l’été se sont nouées au moment du conflit russo – géorgien. Alors que les Etats-Unis et l’OTAN mènent une politique – au moins grand public de boycott russe (les chefs d’Etat major russe et américain se rencontrent discrètement en Finlande mais c’est une autre histoire), les Européens ne coupent pas les ponts avec la Russie et, au contraire, l’associent à leur opération. Joli tour de force. Avec un beau doublé même. Puisqu’à quelques milliers de kilomètres de là, quelques jours après, des policiers américains se joignent à la mission Eulex au Kosovo – alors que la Russie condamnait de toutes ses forces (au moins publiquement) le déploiement d’une force européenne dans cette région qu’elle considère partie intégrante de la Serbie. L’Europe y a gagné la capacité d’agréger à ses missions les forces mondiales. 4e étoile…

Au sortir de cette mission, somme toute modeste en durée et en investissement humain, l’Europe y a gagné ses 4 étoiles de puissance moyenne, en capacité d’intervenir sur tous les terrains difficiles. Sans trop de casse (*). On déplore (seulement) un mort, le sergent Paulin (lire : Premier mort en opération pour l’Eufor), qui faisait partie des « forces d’entrée en premier », décédé en tout début d’opération. Hommage lui soit rendu.

(NGV)

Eufor Tchad : on ferme, on remballe

(BRUXELLES2) Cérémonies en tous sens au Tchad et en République centrafricaine ces jours-ci. Le 15 mars, en effet, à la date prévue (c’est une rareté à signaler dans les missions de paix), les Européens de l’EUFOR plieront bagage – du moins une partie d’entre eux – et remettront officiellement les clés de leurs bases et le mandat de leur mission au commandant des Nations-Unies. La force onusienne de la Minurcat II assurant le relais. En fait, certains hommes vont rester sur place, le temps d’assurer le retrait et le rapatriement de certains matériels. D’autres vont simplement changer de béret. Plusieurs nations ayant décidé de rester dans la Minurcat II – à la demande du secrétaire général des Nations-Unies d’ailleurs. Lire : Un contingent autrichien restera au Tchad dans la Minucart II

Quelques cérémonies vont être organisées sur place à N’Djamena : le 14 mars, en présence des autorités du Tchad. Le 15 mars, avec une parade militaire et la remise des médailles de l’opération. Parallèlement, une autre cérémonie aura lieu à Birao, en Centrafrique, avec le chef adjoint de la mission et le ministre de la Défense centrafricain. A suivre… La fin d’un beau défi (voir mon reportage lors du tout début de l’opération). Une conférence de presse sera organisée à Bruxelles le 18 mars pour clôturer
l’opération.

(NGV)

Les Russes envoient un hopital de campagne pour la Minurcat II. Les Norvégiens aussi

(BRUXELLES2) La Russie devrait assurer pour la Minurcat II – la Mission des Nations unies en République centrafricaine et au Tchad (Minurcat) – la fonction de soutien médical (Rôle 2) en envoyant un hôpital militaire de campagne, selon l’ambassadeur russe à l’ONU, Vitali Tchourkine, cité par Ria Novosti, ainsi qu’une unité de génie. Elles viendront ainsi en supplément à son groupe aérien héliporté qui termine son déploiement (Lire : les hélicoptères russes arrivent au Tchad).

(mis à jour 28 fév.) La Norvège a également confirmé, le 27 février, envoyé un hôpital de campagne pour la Minurcat II. Un groupe d’experts doit être envoyé très rapidement pour préparer ces installations, selon les médias norvégiens qui relatent le propos du major John Sigurd Holtesmo. Environ 150 hommes seront affectés à cet hôpital pour la durée d’un an de la mission. Cette participation marque, selon les officiels norvégiens, une ambition africaine plus affirmée.

Comme l’explique la ministre de la Défense norvégienne Anne-Grete Strøm-Erichsen : “Participation in MINURCAT II is an important indication of the Government’s ambition to step up its contribution to UN led peace operations, with particular emphasis on Africa. Norway’s view is that western countries have, to too great an extent, left it to third world countries to provide forces for the UN’s most demanding operations which very frequently relate to countries in Africa. Since our long planned contribution to the UN operation in Darfur was frustrated by the opposition of the Sudanese president last year, it is particularly gratifying that we can make a contribution in neighbouring Chad where the UN has a particular need for a high quality field hospital”

Jusqu’ici, dans le cadre de l’opération européenne EUFOR, la fonction médicale de role 2 est assurée par l’Italie, fonction qui devrait prendre fin en mai.

(NGV)

Lire aussi :

Un contingent autrichien restera au Tchad dans la Minucart II

(B2) Le Conseil des ministres autrichien a décidé, mardi 17 février, de la poursuite de l’engagement du Tchad de l’armée autrichienne, dans un format légèrement réduit. Au lieu de 160, le nouveau contingent sera de 130 soldats. Le contingent autrichien dans l’Eufor comprenait différents éléments – conduite, transport, réparation, soutien, sécurité, médical ainsi que des forces spéciales (Jagdkommando). Ceux-ci ne devraient pas rester. Dans la force de l’ONU, le contingent autrichien assurera en effet surtout des fonctions logistiques et de transport.

 (NGV)

Deux véhicules belges de l’Eufor brûlés, De Crem confirme et balance…

(BRUXELLES2) (maj mardi 10 février) Le ministre belge de la Défense, Pieter De Crem (CD&V – chrétiens-démocrates flamands), a confirmé devant la chambre des députés belge la destruction indirecte de deux véhicules de l’EUFOR à la suite d’une attaque d’hélicoptères soudanais à la mi-novembre. Une information publiée sur ce blog (et provenant de l’ONU mais je n’avais pas la nationalité des véhicules et certains détails).

Répondant en effet à une question d’un député, Denis Ducarme (du Mouvement réformateur, libéral), le ministre a précisé : « Le 17 novembre 2008, une patrouille de l’EUFOR a été survolée par deux hélicoptères de combat soudanais, en territoire tchadien, à 1200 mètres de la frontière avec le Soudan. La patrouille de l’EUFOR clairement identifiée avec marquage « EUFOR » et panneaux de marquage « haute visibilité » oranges était à l’arrêt. Elle se trouvait dans cette région dans le cadre de son mandat de protection suite à des incidents récents impliquant des populations civiles. Les hélicoptères soudanais ont tiré plusieurs roquettes en direction des véhicules, sans les atteindre, mais mettant le feu à la végétation. La patrouille n’a pas riposté. Il n’y a pas eu de blessés, mais les deux véhicules ont été détruits par l’incendie qui s’est propagé. »  Ces véhicules appartenaient aux forces spéciales (du SPG basé à Flawinne, équipé d’Unimog et de jeeps) chargées de faire du renseignement de l’information.

Les engagements de certains Etats pas tenus à 100% !

Le Ministre de la défense a, au passage, remarqué que « Paradoxalement, cette opération humanitaire au Tchad s’avère très dangereuse. » et critiqué « certains engagements d’autres pays européens (qui) n’ont pas été remplis à 100%. » Cette critique peut à mon sens viser la Suède notamment qui avait des forces spéciales sur place au début de l’opération ainsi que la France (*). « Notre rôle principal était de bâtir le campement. La décision que j’ai prise d’envoyer 25 hommes des « special forces » et les circonstances ont fait que le poids de l’opération repose maintenant sur ces derniers et non plus sur ceux qui étaient censés mener cette opération au départ. »

Un petit commentaire

C’est assez original que ce type d’information doive faire le tour de la planète, via New-York et Dublin (c’est une interview du général Nash dans le Irish Times qui a alerté les députés belges). Est-ce un « couac » non seulement dans la communication du Ministre belge mais aussi de l’opération Eufor elle-même ? Je dirai plutôt une certaine prudence, concernant cet incident mettant en cause clairement le Soudan. Alors que les relations entre ce pays et le Tchad allaient vers un mieux, il n’était pas question politiquement de pouvoir alimenter une querelle possible, de « rajouter de l’huile sur le feu ». D’autant que la frontière dans la région est pour le moins « fluctuante ». Selon un expert du terrain, il n’y a « pas en effet de repère physique bien déterminé (comme en Europe) et l’appréciation de la limite de frontière diffère selon les pays ». Précisons que cet incident n’est pas le premier. Comme le rapportent nos collègues irlandais, des avions soudanais viennent régulièrement faire des vols de reconnaissance près de la frontière (le Tchad abritant les forces rebelles au pouvoir en place à Kharthoum). Et on se souvient qu’un homme des forces spéciales françaises était décédé au début de l’opération (lire : Premier mort en opération pour l’Eufor).

(NGV)

(*) Une mise en cause qui peut paraître injuste car ces deux pays ont rempli les missions qui leur avaient été confiées dans les temps indiqués et selon le
principe de la rotation des forces.

Un reportage sur l’opération EUFOR au Tchad à la Tv Slovène

(BRUXELLES2) La télévision slovène privée Pop-Tv a diffusé un reportage sur les troupes de l’EUFOR au Tchad (maintenant disponible sur YouTube sur le canal de l’armée slovène). L’angle slovène est intéressant car il sort de l’opération pour effectuer un feed-back sur les premières opérations de maintien de paix de l’ONU, entre Israël et l’Egypte… Avec le témoignage d’un ancien peacekeaper slovène (dans l’armée yougoslave alors), qui montre toutes les limites d’une opération militaire et internationale de maintien de paix. La solution est, et reste avant tout politique.

Tous les militaires en sont convaincus. Des images plus récentes de Gaza – et le témoignage d’un responsable onusien sur les intérêts des Etats au Conseil de sécurité – complètent cet angle.  Autre intérêt de ce reportage : il montre que, malgré tout ce qui s’est dit ici ou là, la sécurité si elle n’est toujours pas assurée totalement dans la région de l’est du Tchad (la police ne rentrait pas au nombre des objectifs d’Eufor Tchad d’ailleurs) s’est améliorée. Des militaires irlandais et néerlandais racontent notamment l’accrochage de juin avec les rebelles et l’attaque sur les ONGs. Des ONGs, dont les militaires décrivent aussi les limites : construire des camps de réfugiés où la situation est meilleure que dans les villages de l’est du Tchad – une région qui est pauvre, et où la survie est précaire – n’est pas sans poser problème. De cette inégalité, les organisations humanitaires ont pris conscience, comme le rappelle un officier français, venant aussi aider les habitants de cet est du Tchad.

A l’est du Tchad, la récolte est bonne, un succès pour l’Eufor?


(BRUXELLES2) Bonne nouvelle en provenance du Tchad. Les agriculteurs de l’Est du Tchad, dans la zone d’action du bataillon Centre (français et slovène) autour de Farchana ont connu une récolte exceptionnelle vient d’annoncer l’EUFOR, la mission militaire de l’UE au Tchad et RCA.

Premier facteur de ce succès est climatique : les pluies ont été abondantes. « L’Est du Tchad peut sembler quasi-désertique aux yeux d’un occidental », explique le communiqué. « Mais ici, la grande majorité des ethnies a appris à domestiquer ce climat aride et vit de l’agriculture. »

Deuxième facteur :  les éleveurs ont respecté, plus que de coutume, les couloirs de transhumance qui leurs sont réservés. La coopération entre l’Eufor et les gendarmes tchadiens a joué. « Ceci a permis d’apaiser les tensions qui surviennent chaque année entre agriculteurs et nomades » selon EUFOR.

Troisième facteur : les patrouilles quotidiennes des soldats européens. L’amélioration de la situation sécuritaire de nombreuses zones cultivables, situées à proximité de la frontière soudanaise, a permis de les cultiver, à nouveau. Et certaines des populations déplacées ont décidé de conserver les récoltes sur place – au lieu de revenir dans les camps des déplacés. Nombre d’entre eux sont restés dans les villages, ramenant petit à petit de la vie dans ces régions frontalières, souligne l’Eufor se basant sur un recensement effectué par le UNHCR (Haut commissariat aux Réfugiés).

(NGV)