Site nouveau : le voilà !

Vous êtes bien sur le nouveau site de Bruxelles2. Nouvel hébergeur, nouveau logiciel et nouvelle mise en page. Le chantier de l’été 2010! Les liens sont en remise à jour. Tout n’est pas encore parfait. Mais l’actualité continue… N’oubliez pas de vous inscrire à la newsletter pour être informé des dernières nouvelles.

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Jack Lang: rien ne m’interdit de réfléchir à des solutions politiques pour la Somalie

« Mon travail consiste à réfléchir aux solutions juridictionnelles, à des solutions carcérales, qui soient compatibles avec nos fondements démocratiques et les droits de l’homme. » Voici comment Jack Lang, récemment nommé conseiller du secrétaire général de l’ONU sur la délicate question de poursuite en justice des pirates somaliens, définit sa mission, interrogé par nos confrères de France-Inter, jeudi matin. Mais, derrière le professeur de droit, l’homme politique n’est pas loin. Et Jack Lang n’a pu s’empêcher d’élargir, un tantinet, le champ de sa mission : « Au-delà du droit, il y a aussi la question politique de la Somalie. Et il n’est pas interdit d’y réfléchir et d’apporter quelques propositions. » « C’est une question extrêmement difficile, un phénomène grandissant dans l’Océan indien, une mission impossible donc ca me passionne ! ». Et j’avais « envie de respirer l’air du large » (autrement dit loin des contingences de la vie politique française et du PS).

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Protégé : Les confi’tures de Bruxelles2

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Klompenhouwer sur la sellette

Le chef d’Etat-Major civil de l’UE (de son vrai nom la « Civilian Planning and Conduct Capability » ou CPCC), le Néerlandais Kees Klompenhouwer est sur la sellette. Il ne semble plus avoir la confiance de la Haute représentante, Cathy Ashton. Et son remplacement est à l’étude.

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Pour la Finlande : « Ce n’est pas possible de maintenir » toutes nos ambassades

« We will also have to make structural changes in the diplomatic mission network. It is not possible to maintain almost 100 contact points abroad with the known appropriations. Resources must be targeted at regions and countries whose importance for Finland is increasing ». Voilà en quelques mots le commentaire du secrétaire d’Etat finlandais aux Affaires étrangères, Pertti Torstila, dans son discours aux chefs de délégation finlandaise à l’étranger, tenu fin août à Helsinki. Le budget des affaires étrangères a été réduit de 6,5 millions d’euros pour 2011 et la tendance pour 2012-2015 est au « déclin ». Sans prétendre que le futur service diplomatique va pouvoir représenter les intérêts finlandais à l’étranger, au contraire, la Finlande ne peut cependant de penser que ce nouveau service va permettre de se désengager de certains « points » moins stratégiques pour le pays nordique. « A successful External Action Service will make small Member States the biggest winners. The EU service will reach places that are beyond a small country’s resources or where they are not needed » reconnait-il. Et le ministre d’afficher ses objectifs de postes pour le futur service extérieur : « entre 15 à 30 Finnois dans le service et deux chefs d’ambassades« .

Lire également : Ambassades à l’étranger : on ferme

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Le commandement aérien EATC inauguré à Eindhoven

Cérémonie d'inauguration à Eindhoven (crédit photo : Ministère néerlandais de la Défense)

Un saut de parachutes, avec drapeau des participants, un vol d’un C130 Hercules, d’un C160 et même… d’un Airbus A400M, un parterre de 200 officiers supérieurs, plusieurs ministres… le gouvernement néerlandais n’aura rien négligé pour ouvrir, en fanfare (au propre comme au figuré), le nouveau « European Air Transport Command » (commandement de transport aérien européen) sur l’aéroport d’Eindhoven (Pays-Bas) le 1er septembre (1).

Pour le ministre de la Défense néerlandais, Eimert van Middelkoop, qui présidait la cérémonie, avec l’EATC, les avions de transport et de ravitaillement des Pays-Bas, la Belgique, l’Allemagne et la France seront « désormais sous un seul commandement« . Cette fusion devrait permettre « une meilleure coordination et une meilleure efficacité de plus de 200 avions militaires« . Tous ne seront pas basés à Eindhoven. Ils opéreront à partir de leur base habituelle dans les différents aéroports en Europe … ou ailleurs. Ce commandement vise aussi à « l’élaboration d’une doctrine commune d’entraînement et de formation« , tout comme à s’entendre sur des normes standard et de maintenance de la flotte.

L'Airbus A400M en survol sur la base d'Eindhoven. Crédit photo : Luftwaffe / Peter Müller

Ce nouveau dispositif répond aux Headlines goals d’Helsinki visant à renforcer la « capacité de l’UE à déployer à bref délai, en réaction à une crise, des groupements de forces, en tant que force autonome ou en tant que composante d’une opération de grande envergure« .

« Il s’agit de l’ouverture d’une nouvelle collaboration militaire en Europe dans la mesure où les pays participants vont supprimer une partie de leurs structures existantes et déléguer leurs compétences respectives à un commandement unique partagé » précise une note interne à EATC.

Composition de la flotte, du personnel et clé budgétaire

La flotte contrôlée par EACT comprendra : 129 avions C-130 Hercules (belges, français, allemands, néerlandais), 135 avions Transall C-160 (français et allemand), 19 CASA 235, 10 Airbus A-310, 2 Airbus A340, 2 avions KDC-10 (néerlandais), 1 DC-10 et 20 avions VIP (comme les Gulfstream IV néerlandais). A terme, il devrait aussi comprend des Airbus A400M (une fois qu’ils seront livrés aux forces armées).

Le General Both et le Ministre van Middelkoop (Crédit photo: Luftwaffe/Peter Müller)

L’EATC sera dirigé par le général allemand Jochen Both. Du moins pour commencer. Car le commandement sera assuré en alternance par Français et Allemands.

L’équipe de l’EATC, une fois au complet, d’environ 150 personnels militaires, venus des quatre pays « fondateurs » (65 Allemands, 45 Français, 25 Néerlandais, 20 Belges). D’autres pays européens — comme « l’Espagne et le Luxembourg, seraient intéressés à participer à l’EATC » a précisé le Ministre.

La capacité opérationnelle initiale est prévue pour le mois de décembre 2010, au plus tard ; la capacité opérationnelle complète d’ici juillet 2013.

Le financement sera assuré par les Etats membres participant selon une clé de répartition budgétaire fixée à : 38% pour l’Allemagne, 35% pour la France, 14% pour les Pays-Bas, 13% pour la Belgique. La charge d’accueillir les personnels d’EATC est assurée par les Pays-Bas, notamment pour faciliter l’accès aux logements civils pour les familles (quelques logements pourront être ouverts sur la base aérienne d’Eindhoven, à titre temporaire). En revanche, la Commission européenne a – semble-t-il refusé d’accueillir les enfants des militaires – à l’école européenne de Mol, distante de 50 kms.

Commentaire : un outil pour la réaction de crise, civile comme militaire

On peut remarquer que, avec l’EATC, l’Europe dispose d’une capacité nouvelle de réaction de crise, qu’il s’agisse d’une opération proprement militaire, de maintien de la paix ou d’une mission plus civile de secours de catastrophe ou d’évacuation de citoyens. Il me parait étonnant que l’on continue dans certains couloirs de la Commission européenne ou du Parlement européen de parler d’une nécessaire « force européenne de protection civile » sans citer la naissance de cet EATC qui résout un point essentiel, et souvent crucial, en cas de catastrophe : l’acheminement rapide et sécurisé des premiers éléments de secours et de matériel (en général, les personnels, matériels et autres éléments de secours sont déjà disponibles dans les Etats membres).

Bien sûr, la couleur, kakie, des appareils pourrait rebuter. Mais il ne doit pas être si difficile de demander à avoir en permanence un avion, peint en blanc, aux armes européennes prêt à partir. Pour un coût relativement modique, l’Union européenne pourrait ainsi se doter de cette force de réaction rapide en matière de protection civile. Bien sûr, ce n’est pas aussi simple, m’expliqueront sans doute de redoutables gestionnaires, il y a une série de questions juridiques, financières, administratives à régler. Sans doute… Mais avec une (petite) impulsion politique (et une volonté), un petit intérêt sur la question plutôt qu’une ignorance savamment organisée permettrait sans doute de transformer des problèmes en une discussion plus ouverte.

Au passage, notons que la Haute représentante aura ainsi une flotte d’avions VIP non pas à volonté mais à portée de main… Comme quoi les poissons d’avril (2) commencent à se réaliser.

(1) Lire également : Feu vert au commandement aérien européen EATC. Une petite révolution

(2) Lire : Un A400M pour Cathy Ashton. L’UE se dote d’un « Air Force ONE »

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Le président du comité militaire de l’UE en visite à Moscou pour parler sécurité européenne

Le président du Comité militaire de l’UE, le général suédois Hakan Syren, qui est aussi le conseiller militaire de la Haute représentante Cathy Ashton, est actuellement à Moscou pour une visite de travail et discuter de sujets de la sécurité européenne avec son homologue russe, le général Nikolaï Makarov, chef de l’Etat-major général russe.

« Le général Syren discutera avec le chef de l’Etat-major général russe des problèmes de la coopération militaire entre la Russie et les pays de l’Union européenne visant à maintenir la paix et assurer la sécurité sur le continent européen », selon le communiqué du service de presse du ministère russe de la Défense, relaté par nos confrères de Ria Novosti.
On est assez ravis d’apprendre que les Russes communiquent sur une question européenne là où les Européens sont toujours muets…

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L’Estonie franchit une étape supplémentaire dans sa participation à l’opération Atalanta

Comme son voisin letton, le gouvernement estonien a également approuvé, ce jeudi, l’envoi de soldats dans l’opération européenne anti-piraterie EUNavfor Atalanta entre début novembre et la fin 2011 (1). Je l’ai annoncé tout à l’heure. Quelques précisions. Et commentaires.

Cette participation doit encore être approuvée par le parlement estonien, ce qui devrait être chose faite, d’après les informations recueillies à Tallinn, dans les prochains mois.

Entre 10 et 12 hommes devraient être affectés sur un navire allemand et être disponibles pour servir de détachement de protection embarquée sur les navires civils le temps de l’escorte. L’armée estonienne n’a pas de « marines » en tant que structure constituée. L’unité est ainsi formée de militaires issus de différentes branches de l’armée et tous volontaires. Elle a été structurée et entraînée par la marine estonienne.

De l’utilité de cette participation

Cette participation comme la participation lettone peut, légitimement, interpeller. Mais elle a, pour moi, outre l’objectif, plus politique, d’associer un plus grand nombre de pays à une opération de défense, et l’intérêt militaire de partager un savoir-faire, un double intérêt opérationnel : 1° libérer certaines forces des autres navires de guerre (français ou allemand), 2° avoir une communauté linguistique possible avec les marins des navires marchands. Anciennes républiques soviétiques, la Lettonie et l’Estonie comptent, en effet, nombre de citoyens russophones. Ce qui facilitera sans nul doute la communication avec les marins russes, ukrainiens, géorgiens, moldaves… nombreux à servir dans les bateaux de la marine marchande de par le monde. Tous – ou la plupart – partagent sinon l’amour, du moins, la connaissance de la langue russe. Ce qui dans les situations de tension, ou d’urgence, comme un assaut pirate, est plus qu’utile, nécessaire.

(1) Lire aussi : L’Estonie participe à l’opération Atalanta

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La Lettonie décide de rejoindre l’opération anti-pirates de l’UE

Le parlement letton a approuvé, ce jeudi, la participation de soldats lettons à l’opération anti-pirates de l’Union européenne, EUNAVFOR Atalanta. Les marins lettons serviront sur des navires français permettant de constituer des « équipes de protection embarquées » sur les navires escortés.

Cette initiative concrétise des discussions entamées à la mi-mai entre l’ambassadeur français en Lettonie et le ministre letton de la Défense. Aux termes de cet accord, les frais liés au séjour à bord des marins lettons seront pris en charge par la France, ainsi que les frais de transport, tandis que les salaires et autres rémunérations resteront assurées par la Lettonie. Un militaire letton serait, en outre, affecté à l’Etat-Major afin d’effectuer les liaisons. Des négociations semblent encore en cours avec le Luxembourg qui prendrait en charge différents frais de façon que le petit Etat balte n’ait pas d’autres sommes à débourser que les rémunérations de ses soldats.

Bien que « petit » pays, la Lettonie comporte de nombreux marins engagés dans la marine marchande. Ainsi un Letton était retenu en otage avec le Faina, ce navire ukrainien arraisonné par les pirates en septembre 2008 et qui transportait une cargaison précieuse, formée de chars T-72 et autres armes de guerre.

Précisons également que le premier officier montenegrin à servir dans l’opération européenne – le lieutenant de corvette Miroslav Radojičića – a pris son service à la mi-août. Il est affecté sur un navire grec.

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Ambassades à l’étranger : on ferme

5 ambassades tchèques pourraient être fermées cette année, dans le cadre de restrictions budgétaires a annoncé le ministère tchèque des Affaires étrangères, dont au moins trois concernent des pays où se déroulent des missions de la politique européenne de défense (Congo, Kenya, Yemen). Les ambassades au Venezuela et au Costa Rica sont également concernées. Cette annonce n’est pas isolée en Europe et d’autres pourraient suivre, la crise budgétaire aidant. La montée en puissance du service diplomatique permet également, sans trop de douleur, à un pays de pouvoir maintenir, via l’Europe, une possible présence, à des coûts modiques.

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Andy Sparkes devient le chef adjoint de la mission Eulex

(crédit photo : UK Foreign office)

Il était jusqu’ici l’ambassadeur britannique au Kosovo – le premier puisqu’il avait pris ses fonctions peu de temps après la déclaration d’indépendance, en avril 2008. Andy Sparkes a été nommé chef adjoint de la mission « EULEX  » (Etat de droit) de l’Union européenne au Kosovo, aux cotés du général français Bout de Marnhac. L’équilibre du départ est donc préservé puisque Sparkes succède à son compatriote Roy Reeve, qui officiait depuis le début de la mission. Il prend ses fonctions à la mi-octobre.

Diplomate britannique, il a été en poste au Congo (2004-2007), à un moment délicat – la transition entre la guerre civile et les élections démocratiques en 2006 – en Afrique du Sud (2001-2004) et en Indonésie (1999-2001) et auparavant en Turquie et Thaïlande. Il a occupé différents postes également au Foreign office à Londres, notamment comme assistant du directeur des ressources humaines ou directeur de l’exportation des services à l’Agence britannique pour la promotion du commerce et de l’investissement (UKT&I).

Divorcé, il est père de deux enfants, parle couramment le français, pratique l’albanais et comprend le turc. Il joue du piano, chante, joue au golf et adore faire de la voile, comme tout sujet de sa Gracieuse majesté qui se respecte…

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Le vice-ministre de la défense tchèque, soupçonné de corruption, relevé de ses fonctions

Crédit : Mlada Fronta Dnes

Nouveau rebondissement dans les affaires de corruption en république tchèque qui implique – encore une fois – le constructeur de blindés finlandais, Patria. Le vice-ministre tchèque de la Défense, Jaroslav Kopřiva, vient d’être relevé de ses fonctions par son supérieur, le ministre Alexandr Vondra. Cette décision fait suite à un article paru dans le journal Mladá Fronta Dnes qui détaille, enregistrement et photo à l’appui, plusieurs « conversations » entre le ministre, son ami et lobbyiste Josef Jindra et les représentants de l’industriel, sur un contrat de mortiers pour l’armée tchèque. Ces conversations se tiennent dans un cabinet d’avocat international au centre de Bratislava, la capitale de l’Etat voisin slovaque, d’autres dans un restaurant du Vieux Prague. Il y est question notamment d’un mécanisme assez sophistiqué pour contourner la procédure officielle de sélection (en impliquant la Slovaquie et en invoquant des intérêts stratégiques, il est possible d’échapper ainsi aux procédures d’appels d’offre), d’une conversation de marchés, d’une commission sous forme de pourcentage, d’un versement venant d’un compte étranger… Bref du grand art.

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Les frégates allemandes prennent le large… vers les Emirats

crédit TKMS

Cela n’a pas suscité vraiment grande discussion ni polémique. La Commission européenne a autorisé, mardi, sans coup férir, la prise de contrôle par le groupe Abu Dhabi MAR (ADM) de plusieurs activités de l’industriel allemand TKMS dans les domaines de la construction et de la réparation de navires civils ET militaires. Cette autorisation permet ainsi au groupe des émirats de prendre un pied plus que solide dans une activité stratégique : la production de navires de guerre.

Un rapprochement arabo-allemand

Ce rapprochement comporte, en effet, deux volets. L’un est proprement civil : ADM acquiert les activités de TKMS dans le domaine des navires civils, comme le chantier naval Blohm+Voss de Hambourg, celui de Kiel ou les chantiers navals grecs de Scaramanga. Le groupe des émirats devient ainsi un acteur majeur européen dans la construction navale. L’autre est typiquement militaire : ADM et TKMS créent une entreprise commune dans le secteur des navires militaires de surface contrôlée conjointement (50/50). Un partage de marché s’opérera, l’Allemand gardant le leadership pour tous les projets de la Bundesmarine et des partenaires de l’OTAN tandis que l’arabe prendra en charge la région Moyen-Orient/Afrique du Nord (1). Seule exception : l’opération n’inclut pas (pour l’instant), l’activité sous-marins de TKMS.

Un choix entériné sans discussion par Bruxelles

Ce rapprochement répond au choix du gouvernement allemand qui a préféré privilégier l’intérêt (louable) de l’emploi dans les chantiers locaux à une « aventure » européenne éventuelle, comme le projet d’EADS naval caressé en son temps et repris par Hervé Morin.

Pour la Commission qui n’a pas ouvert d’enquête approfondie et s’est contentée de l’enquête habituelle de 2 mois, il n’y a pas de problème. « La concentration envisagée ne pose aucun problème de concurrence. Elle n’entraîne pas de chevauchement important, le seul, relativement mineur, étant observé sur le marché des mégayachts. Sur les marchés de la construction de navires militaires, ADM n’est pas présente en Allemagne, en Suède ou en Grèce, où TKMS était traditionnellement fortement implantée. En outre, l’enquête sur le marché menée par la Commission a également confirmé que, sur les marchés des composants de navires subissant des effets verticaux, il n’existait pas de risque de verrouillage en aval par TKMS ou Atlas Elektronik, entreprise commune contrôlée par TKMS. » Circulez…

L’analyse s’est déroulée au plan économique (la concurrence, l’effet sur les prix…) et aucunement sur la perte stratégique et… de technologie (même si certainement les vendeurs s’en défendent). On ne peut s’empêcher d’avoir ainsi un peu de gêne à voir un « joyau de la couronne » (le groupe TKMS est un des principaux acteurs européens dans la fabrication de frégates) quitter le giron européen pour s’en aller voguer ailleurs, sans réel débat, ni enquête approfondie d’un autre point de vue qu’un calcul de ratio économique.

Un groupe déjà bien implanté en Europe

Le groupe d’Abu Dhabi est un holding contrôlé par Al Ain International Group (70%) et Privinvest (30%) et appartient à un des sheik de la famille régnante de l’Emirat d’Abou Dhabi, Hamdane ben Zayed El Nahyan. En Europe, il est déjà propriétaire de plusieurs installations notamment des Constructions mécaniques de Normandie (CMN) à Cherbourg, connue pour sa production militaire, particulièrement dans les patrouilleurs et autres vedettes rapides, et qui fabrique actuellement plusieurs corvettes type Baynunah pour les Emirats. La première a réussi son test en mer mi-janvier 2010 et devrait être livrée à la mi-2011 aux Emirats arabes unis (avec transfert de technologie à la clé !). ADM exerce également ses activités à Nobiskrug à Rendsburg (Allemagne) ainsi que, sur place, aux chantiers navals Abou Dhabi (Émirats arabes unis).

(1) En complément, on peut lire sur TKMS et ce rapprochement une note du Cirpes rédigée par Louis Marie Clouet.

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