La Transnistrie. Base arrière de la Russie vers l’Ukraine

Tiraspol (Loreline Merelle@B2)

Parlement transnistrien à Tiraspol (Loreline Merelle@B2)

(BRUXELLES2 – à Tiraspol) « Les militaires russes installés en Transnistrie pourraient passer la frontière ukrainienne en cas de besoin » affirme Vladimir Yastrebchak, ancien ministre transnistrien des Affaires étrangères, de 2008 à 2012 que nous avons rencontré à Tiraspol. La Transnistrie, état autoproclamé indépendant, entre la Moldavie et l’Ukraine, constitue, en effet, une base arrière stratégique pour la Russie. Elle concentre militaires et stocks d’armes russes au plus près de la frontière ukrainienne. Un enjeu stratégique pour la Russie qui garde une main de fer et une influence considérable sur ce petit territoire de 4 000 m2.

Maintenir la paix

1500 militaires russes sont stationnés sur le territoire transnistrien. Ils sont environ « 700 » dans la mission tripartite de maintien de la paix, où La Russie joue un rôle de leader aux côtés des Ukrainiens et des Moldaves. Ils sont présents sur l’ensemble des bordures transnistriennes. Mais « leur nombre décroit depuis 1998 » déclare Vladimir Yastrebchak.

Garder les stocks d’armes

Des groupes opérationnels sont également déployés pour garder des dépôts d’armes dans le village de Cobastna, au sein du district de Ribnita, à seulement deux kilomètres de la frontière ukrainienne. « La quantité de ces munitions est assez vaste pour fournir l’armée » nous affirme l’ancien ministre des Affaires étrangères. « Certaines munitions datent un peu toutefois, de 1940 ». Autrefois gardés par la 14e armée soviétique, ils le sont aujourd’hui par les militaires russes.

(Loreline Merelle)

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Le dessein de Poutine ? Une nouvelle Russie

    Vladimir Poutine lors du rituel "direct line" de questions-réponses avec les Russes (crédit : Kremlin)

Vladimir Poutine lors du rituel « direct line » de questions-réponses avec les Russes (crédit : Kremlin)

(BRUXELLES2) Si les desseins du président russe paraissent clairs à saisir sur la Crimée, pour l’Ukraine on peut encore avoir quelques doutes (un peu) mais, au-delà, il faut s’interroger si une nouvelle donne n’est pas en train de se dessiner au Kremlin : est-on simplement en présence d’une opportune tactique consistant, à courte vue, à saisir un bien et un territoire à sa portée (la Crimée), à moyen terme, à réduire une menace ressentie ou réelle à sa frontière (l’Ukraine) ou à plus long terme, à redessiner une politique mondiale. On peut ainsi tracer quelques pistes de réflexion sur les contours d’une (nouvelle) politique russe …

La Crimée ? L’annexion « blietzkrieg » de la Crimée parait logique au regard de son importance stratégique, économique et militaire pour la Russie. La volonté de protéger les minorités russes au-delà des frontières, annoncée ouvertement par le Kremlin, comme sa capacité à mobiliser les troupes, également annoncée, ne laissait pareillement aucun doute sur la volonté russe de déstabiliser l’est de l’Ukraine. Mais l’historique des discussions entre Russes et Ukrainiens pour renouveler le bail de leur base militaire – conclu difficilement par un accord en 2010 – a certainement pesé. Face à un pouvoir ukrainien affichant ostensiblement non seulement un penchant pro européen mais aussi pro atlantique, Moscou n’avait plus à hésiter. On assisterait donc à une attaque soigneusement planifiée qui a été, ensuite, mise à exécution et adaptée aux circonstances. Une offensive qui sera sans doute durant des années, détaillée, analysée, au plan tactique dans toutes les écoles de guerre et de (contre-)insurrection.

L’avenir de l’Ukraine ? Chacun sait qu’une Ukraine ancrée fortement dans l’euro-atlantiste n’est pas seulement un chiffon rouge pour Moscou. C’est une menace que la Russie se doit de neutraliser. Le nouveau pouvoir à Kiev, aveuglé par un soutien, fort dans les mots, faibles dans les actes, des Européens comme de l’OTAN, a mis du temps à comprendre cette donne. En cafouillant sur la langue russe, tout d’abord. En refusant ensuite la fédéralisation, qu’il se voit aujourd’hui contraint d’accepter comme dernier recours. En refusant de parler de neutralité auquel il pourrait bien se raccrocher comme une bouée de secours, il a signé là un certain arrêt de mort. L’Est du passe est en passe d’être déstabilisé durablement. Les forces armées ukrainiennes y sont faibles et désorganisées. Puis viendra le Sud Est et le Sud (Mykolaïv et Odessa décrits eux-même par Poutine comme ayant appartenu à la Russie lors de l’époque tsariste !). Et on verra si le reste (Kiev) tiendra tout seul ou tombera comme un fruit mûr. A suivre.

Les voisins touchés ? L’Ukraine reste cependant un cas très particulier dans le dispositif politique et économique de la Russie et dans son imaginaire, culturel comme historique. Conclure que la Russie ne s’arrêtera pas là pour reprendre des territoires où l’OTAN est installé est une vraie question. L’intention de Moscou est certainement de garder sa zone d’influence, un réservoir économique, un tampon de respiration, qui irait ainsi de l’Arménie à l’Ouzbékistan, en passant par la Belarus, avec une Géorgie et une Moldavie, sinon neutralisées du moins bienvaillantes. Commencer à fantasmer autour d’une idée du type « les Rouges sont de retour » et d’une « invasion » des pays Baltes serait erroné. La politique russe est pour l’instant « défensive », reconquérir les terres perdues. Pour autant, il ne faut pas rester naïf.

La Russie puissance ? C’est une évidence. La Russie veut retrouver sa place dans l’élite internationale. Elle veut récupérer l’aura perdue avec la chute de l’URSS. Moscou veut discuter avec les Grands : les Etats-Unis, la Chine, éventuellement l’Union européenne… Elle entretient une série de relations avec d’autres pays. Cette place sur la scène internationale a été reconquise ces dernières années dans quelques crises, en soufflant le chaud et le froid, notamment en Syrie et en Iran. En bloquant toute initiative au niveau international – sauf celle négociée par Moscou avec Washington sur les armes chimiques – Moscou s’est servi comme d’un levier du conflit syrien pour servir sa propre influence au Moyen-Orient, et ailleurs. En pesant d’un certain poids en faveur d’une solution sur le nucléaire iranien, il a contre-balancé cette attitude jugée négative par un rôle plus positif (aux yeux des occidentaux). Nous sommes là dans le classique.

Un certain manque de confiance entre Russes et occidentaux ? Si on peut voir la Crimée comme un acte contre le droit international, les Russes retournent également l’argument. L’intervention au Kosovo en 1999 – et surtout la reconnaissance en 2008 de l’indépendance du nouvel Etat détaché de la Serbie – est un premier exemple. Mais ce n’est pas le seul. Le conflit en Libye en 2011 est un accroc très sérieux pour les Russes. L’utilisation par l’OTAN et les Occidentaux de la résolution du Conseil de sécurité non pas seulement pour s’interposer mais pour abattre le pouvoir en place a semé plus que le trouble dans les esprits. A cela, on peut ajouter la volonté d’installer un bouclier anti-missiles en Europe, tourné a priori vers l’Iran, mais non dénué d’intérêt face à l’Est (le cas échéant). Citons encore la violation de l’accord oral Gorbatchev-Baker de non installation de base permanente de l’OTAN dans les pays « libérés » du Pacte de Varsovie. On peut concevoir qu’à Moscou, la coupe est pleine. Tous les moyens, dès lors, sont permis.

Une équipe au pouvoir ? Voir ensuite dans cette politique l’oeuvre d’un seul homme, Vladimir Poutine, l’imposant tel un tsar à un pays tout entier, et à son entourage pourrait relever sans doute d’une certaine vue de l’esprit. Pour être autoritaire, et adorer le culte de la personnalité, le président russe ne semble pas décider tout seul. Sans revenir à l’ère des Soviets, on est dans un collectif russe, une nouvelle organisation, plus économico-politique, que politico-idéologique peut-être. « Abattre » (au sens figuré) l’homme ne changerait pas automatiquement la donne en Russie, voire l’aggraverait. A étudier.

Une nouvelle pensée russe ? un anti-modèle. Il faut cependant s’interroger s’il n’y pas autre chose que l’ambition d’un homme et d’un pays. N’est-on pas là devant un tournant ? La Russie n’ambitionne-elle pas de redevenir d’une certaine façon un anti-modèle face au monde occidental. Un modèle fondée sur une certaine puissance, un refus d’une certaine arrogance, d’un certain diktat des pays occidentaux. L’asile donné à Snowden serait en quelque sorte précurseur de cette nouvelle politique. En accordant sa protection – par l’utilisation du droit de veto à l’ONU – au régime syrien de Bachar, elle développe une idée de La Russie n’est-elle pas en train de prendre la tête de « non alignés » version XIXe siècle ?

La fin de la Russie gentille ? La vision (occidentale) de voir la Russie perdre toute crédibilité au plan international, perdre son rôle de « gentil » partenaire, car elle commet des actes (Syrie, Crimée…) qui paraissent contraires aux intérêts européens ou américains est sans doute une erreur. La Russie ne veut pas être classée parmi les gentils. Elle préfère être crainte qu’adulée, jouer le rôle du puissant brutal, le hard power que le soft power. Comme le confiait en 2008, Dimitri Rogozine, alors ambassadeur de l’OTAN, lors d’une interview à propos de l’installation du bouclier anti-missiles : « on frappe d’abord, on discute après ».

La Russie isolée ? Les liens tissés avec plusieurs pays : l’Iran et la Syrie au Moyen-Orient, l’Afrique du Sud et l’Algérie – deux pays opposés à l’intervention de l’OTAN en Libye, l’Argentine ou le Brésil, sans oublier le Vénézuela ou le Nicaragua en Amérique latine, l’Inde dans une certaine mesure et la Chine mi partenaire, mi concurrent — en témoignent. Cela forme autour de l’axe euro-atlantique et de ses alliés asiatiques comme africains un ensemble qui sans avoir la cohérence économique et politique de l’axe « bleu-orange », un axe « vert-rouge-noir » qui peut largement contrecarrer ses vues.

Une stratégie de tension ? A l’heure de la mondialisation, ce changement de stratégie peut induire une perte de confiance, la perte de certains contrats, la baisse du rouble… Certes c’est un risque à prendre. Mais le pouvoir russe investit : dans le temps. Il va perdre cette crédibilité quelques mois, quelques années. Mais il mise sur une certaine dynamique de « crises » et de tensions internationales, renaissantes ou sous-jacentes. Certains préconçus européens – comme la diversification énergétique ont certaines limites ainsi. A part en Norvège, au Royaume-Uni et aux Etats-Unis ainsi que dans certains Etats pétroliers et gaziers du Golfe, la manne énergétique se retrouve dans des pays soit pas très éloignés de Moscou (Iran, Syrie), soit à risque (Libye, Syrie, Irak, Algérie, Soudan…).

Un dirigisme économique ? Au niveau économique, cette nouvelle doctrine russe ne refuserait pas le marché ou le business. Au contraire. c’est là toute une de ses différences avec l’URSS d’antan. Elle commerce. Mais elle ne veut pas du libre marché à l’occidentale. C’est un marché organisé, structuré autour de quelques grandes sociétés, reliées à l’Etat de façon sinon organique au moins personnelle. On est dans un « capitalisme étatique ». Une sorte de pays protecteur, de ceux qui ne trouvent pas place dans le monde euro-atlantique. Un modèle économique de la Russie de Catherine II ?

Trois atouts économiques ? Cette « Russie nouvelle » se fonderait sur deux-trois piliers politico-économiques : l’énergie (gaz et pétrole), l’industrie d’armements (prête à équiper toutes les armées du monde que ne voudraient ou ne pourraient pas équiper les Euro-Atlantiques) et le transport (une flotte aéronautique et maritime en voie de reconstitution), sans oublier sa puissance politique. Sur le point de l’énergie, il ne faut pas oublier que Poutine n’est pas un néophyte en la matière. En témoigne le titre de sa thèse présentée en 1996 : « la planification stratégique du renouvellement de la base minérale et des matières premières de la région de Leningrad dans le contexte du passage à une économie de marché  ». Un programme en quelque sorte !

(Nicolas Gros-Verheyde)

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Attaque pirate dans le golfe d’Aden

(BRUXELLES2) Un navire marchand a été approché par un skiff suspect, dans le Golfe d’Aden, dans la journée de dimanche (13 avril) a appris B2 de sources maritimes. Le skiff qui contenait 4 personnes a poursuivi le navire marchand durant une bonne demi-heure au large des côtés d’Oman (14° Nord, 55° Est). Les fusées de détresse ne lui ont pas fait peur. Il a fallu que l’équipe de sécurité fasse des tirs d’avertissement » pour que les poursuivants abandonnent.

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La guerre d’Ukraine commence. Kiev récupère sa marine et ses avions de Crimée

Le Balta à quai à Odessa (crédit : marine ukrainienne)

Le Balta à quai à Odessa (crédit : marine ukrainienne)

(BRUXELLES2) Malgré les tensions croissantes à l’est de l’Ukraine (*), l’armée et la marine ukrainiennes récupèrent peu à peu leurs « petits » abandonnés en Crimée. Le Balta (U-811), un bâtiment de démagnetisation  en provenance de Sébastopol, est ainsi arrivé à Odessa (dans le sud de l’Ukraine) lundi. Il y rejoint le Pryluky (U-153), un petit navire, et Fastiv (U-760), un ravitailleur pétrolier, déjà à quai. Le premier avion, un Beriev Be-12 (avion hydravion de surveillance maritime, anti-sous-marins) est arrivé à l’aéroport de Novofedorivka – Mykolayv, lundi. Tandis que deux hélicoptères « marine » Ka-27 retournaient… par la voie ferroviaire à Mykolayv.

Selon un accord conclu entre les Russes et les Ukrainiens, les navires « bloqués » ou « capturés » en Crimée lors de l’annexion du territoire par la Russie, ainsi que les avions, hélicoptères et véhicules restant dans la péninsule, vont être restitués aux autorités de Kiev. Le ministre de la Défense, Mykhaylo Koval, l’a confirmé après une réunion du cabinet des ministres vendredi dernier. « Nous avons des accords avec la partie russe sur l’évacuation de nos navires et matériels. Le schéma est le suivant : un avion vole, deux avions sont transportés démontés sur des remorques; un navire quitte le port, deux navires sont remorqués ». Une nouvelle réunion s’est tenue mardi entre représentants des ministères de la Défense russe et ukrainien afin de définir le calendrier d’évacuation des navires restant encore dans la péninsule, ainsi que le confirme le ministère ukrainien de la Défense.

La semaine dernière, plusieurs groupes d’officiers et militaires ukrainiens, et leurs familles, s’étaient déjà réinstallés dans le reste du territoire ukrainien. 80 hommes et 30 véhicules sont ainsi arrivés jeudi dernier à Odessa tandis que 100 autres hommes  en provenance de Crimée s’installaient à Ochakov.

Au total, la marine ukrainienne avait 70 navires en Crimée. Mais certains sont hors d’état de naviguer ou obsolètes et resteront dans la péninsule. Elle y disposait également d’avions MiG29 et de hélicoptères Ka-29, de tanks et de véhicules. Les « tanks de Perevalne sont en bon état » – a précisé le ministre ukrainien de la Défense. Ce qui n’est pas le cas des véhicules qui « ont été presque détruits ».

(Nicolas Gros-Verheyde)

(*) Le ministère de la Défense a ainsi confirmé ce mercredi (16 avril), que des éléments armés non identifiés ont pris possession de 6 véhicules blindés ukrainiens engagés dans l’opération anti-terroriste dans la région de Donestsk, à Kramatorsk.

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L’Europe va former policiers et gendarmes maliens

(BRUXELLES2 à Luxembourg) Les 28 ont approuvé le cadre d’une nouvelle mission destinée à renforcer l’Etat de droit au Mali. La mission EUCAP Sahel Mali aura pour rôle de former et d’assurer la restructuration des forces de sécurité — police, gendarmerie, garde nationale — maliennes. Cette mission constitue le pendant « civil » de la mission de formation de l’armée malienne (EUTM Mali).

La mission comprendra un volet de conseil stratégique – au plus haut niveau y compris des ministères – ainsi que des formations à l’intention des trois forces de sécurité intérieure du Mali. Un complément « important à l’effort de l’Union européenne pour la stabilité, les réformes institutionnelles et le plein rétablissement de l’autorité de l’Etat malien dans l’ensemble du pays » souligné-t-on au service diplomatique européen (SEAE).

L’état-major de la mission sera installé à Bamako, la capitale du Mali. Le mandat de la mission aura une durée initiale de deux ans à partir de son lancement. Un budget de 5,5 millions d’euros a été alloué pour la phase de démarrage, qui durera neuf mois et s’achèvera le 14 janvier 2015.

Commentaire : cette mission aurait dû être lancée il y a presque deux ans. Mais le coup d’Etat puis l’offensive des mouvements rebelles avaient renversé la donne et mis la priorité sur le rétablissement de l’armée malienne avant le renforcement des forces de sécurité intérieur. La stabilisation relative du Mali, comme le bon déroulement des élections et la constitution d’un gouvernement élu, ont rendu possible cette mission. Les premiers recrutements ont commencé pour constituer le premier noyau dur de EUCAP Mali mais la mission ne devrait pas être lancée avant plusieurs semaines, une fois le chef de la mission recruté. Le déploiement et la montée en puissance se feront progressivement d’ici la fin de l’année.

Lir aussi (sur le Club) – le contenu détaillé des décisions :

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La chasse russe joue avec les nerfs des marins US. A moins que ce ne soit le contraire. Le bon vieux temps…

(crédit : US Department of Defense)

(crédit : US Department of Defense)

(BRUXELLES2) Un avion d’attaque russe a volé à plusieurs reprises près de l’USS Donald Cook, dans les eaux internationales de la mer Noire, vendredi dernier (12 avril), a révélé aujourd’hui un porte-parole du Pentagone.

L’avion russe, un Sukhoi Su-24 (Fencer selon le code Otan), un bombardier tactique, qui était désarmé et volait en compagnie d’un autre avion du même type, a survolé à plusieurs reprises le navire de la marine américaine. « L’avion russe a fait un total de 12 passes » a expliqué le colonel Steve Warren. « Il est resté à une altitude assez élevée. Mais s’est approché à moins d’environ 900 mètres du navire. » Le Sukhoi russe « n’a pas répondu à plusieurs requêtes et avertissements de Donald Cook. L’événement s’est terminé sans incident au bout d’environ 90 minutes ». L’USS Cook n’a jamais été en danger a cependant précisé l’officier américain. (voir la fiche technique du Su-24 sur le site de RiaNovosti).

Les Américains ne croient pas à un acte improvisé. « J’aurais du mal à croire que les deux pilotes russes, eux-mêmes, auraient choisi de prendre une telle action », a dit Warren. « Nous avons vu les Russes se conduire de façon non professionnelle et en violation des normes internationales en Ukraine depuis plusieurs mois, et ces actes continus de provocation et de manque de professionnalisme ne font rien pour désamorcer la situation en Ukraine. »

(Maj) Arrivé en mer Noire, le 10 avril, le destroyer, de la classe Arleigh Burke, doit faire une escale à Constanza, en Roumanie. Côté russe, on se dit inquiet de la présence de ce navire, équipé du système de combat Aegis et de missiles Tomahawk. Et on accusé notamment la Turquie de violer la convention de Montreux qui limite la durée des navires de guerre dans cette mer semi-fermée à 21 jours. Moscou met en cause notamment la durée prolongée dans la mer nor de la frégate américaine USS Taylor du fait d’une « hélice endommagée ». Une accusation que Ankara réfute, par la voix de son ministre des Affaires étrangères, Ahmet Davutoğlu.

Lire aussi : Un navire espion français en balade en Mer noire. Il n’est pas le seul !

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Vers une mission européenne de la PSDC en Ukraine ?

Carl Bildt et William Hague, deux initiateurs de la mission PSDC au conseil des ministres le 14 avril (crédit : Conseil de l'UE)

Carl Bildt et William Hague, deux initiateurs de la mission PSDC au conseil des ministres le 14 avril (crédit : Conseil de l’UE)

(BRUXELLES2) C’est un des points clés des conclusions des ministres des Affaires étrangères de l’UE, réunis aujourd’hui à Luxembourg. Les « 28″ se sont dit ainsi « prêts à aider l’Ukraine dans le domaine de la réforme du secteur de la sécurité intérieure (*), le soutien de la police et à l’Etat de droit ».

Le service diplomatique européen (SEAE) a donc été chargé, d’une part, de déployer sur le terrain « une mission d’experts pour préparer une assistance appropriée et complémentaire avec les autres efforts en cours », d’autre part de préparer ce qu’en jargon européen on appelle le « document cadre politique pour l’approche de crise » (PFCA) qui devra examiner « toutes les options, y compris le déploiement d’une éventuelle mission de la PSDC – la politique de sécurité et de défense commune ».

L’objectif est de décider sur une action de l’UE « lors d’une prochaine réunion ». A noter que la prochaine réunion est fixée dans un mois, le 12 mai. Mais il n’est pas interdit de penser qu’une réunion exceptionnelle des ministres pourrait intervenir avant, si les évènements se précipitent en Ukraine… Il sera alors peut-être trop tard pour une mission de la PSDC.

Cette mission répond à une demande pressante des Polonais, Suédois… et Britanniques qui avaient produit un non-paper soumis à leurs collègues (lire sur le Club : Une mission de la PSDC en Ukraine demandent trois pays). C’est assez rare pour le souligner. Mais Londres commence à trouver des vertus à la politique européenne de défense et de sécurité commune. Original !

(*) Le terme utilisé dans les conclusions (en anglais) est « civilian security » qui ne peut être traduit littéralement par « sécurité civile », ce qui a un autre sens, à notre avis, puisqu’il concerne surtout le secours et la sécurisation des biens et des personnes face à des catastrophes naturelles, technologiques et autres. Ce qui est sous-entendu ici vise plutôt l’assistance à la réforme de la sécurité non militaire, non liée à l’armée. Ce qui ressort donc de la sécurité intérieure, ce qui englobe police, forces de maintien de l’ordre, anti-terrorismes, forces spéciales, services de renseignement, gardes-frontières et douanes.

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Coincidences troublantes

(B2) Il y des coïncidences troublantes. Ce cameraman ukrainien a reconnu dans les « forces d’auto-défense » présents à Sloviansk et Kramatorsk, une « connaissance » croisée en Crimée quelques semaines auparavant. Un militaire vêtu du treillis militaire, avec cagoule et armé. Avouons que cela fait beaucoup …

SoldatHelicoCrimée@TCH1403

En Crimée…

SoldatSlovansk@TCH1404

Le même à l’Est de l’Ukraine

 

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À Odessa, nationalistes, soviétiques et fédéralistes se font face

À Odessa, nationalistes, soviétiques et fédéralistes se font face

Viktor et son détachement de jeunes manifestants dans le camp pro-Russe Loreline Merelle@B2

Viktor et son détachement de jeunes manifestants pro-Russes Loreline Merelle@B2

(BRUXELLES2 à Odessa) 2 à 3000 pro-Russes ont défilé dimanche (13 avril) de leur place-forte de Kulikovo au sud de la ville portuaire d’Odessa aux marches de Potemkine, bastion des partisans pro-Ukrainiens d’Euromaïdan. La situation pourrait rapidement dégénérer. Depuis deux mois, la cité d’Odessa vit sur le pied de guerre entre deux camps qui se font face.

Les Pro-Russes ont construit leurs propres campements quasi-militaires autour de la place Kulikovo. Certains souhaitent le rattachement à la Russie, d’autres une fédéralisation de l’Ukraine. Qui leur fournit l’équipement et les vivres ? Des voitures noires aux vitres teintées circulent sur la place Kulikovo, parfois en pleine manifestation, alors que l’accès est barré par des policiers. Elles laissent ouvertes la voie à toutes les hypothèses.

Les partisans d’Euromaïdan, eux, affichent l’unité ukrainienne et appellent à la « résistance nationale » lors de manifestations autour du duc de Richelieu et des marches Potemkine. L’un et l’autre camp se traitent respectivement de « traitres ». Dans la rue, les drapeaux sont brandis, symboles de l’appartenance. Le bleu et le jaune ukrainien au nord de la ville fait face aux deux tendances pro-Russes au sud de la cité, divisé entre le drapeau rouge stalinien de l’ex-Union soviétique et le drapeau noir, blanc et jaune de l’impérialisme russe. Quant aux étoiles du drapeau européen, autrefois fièrement brandi, elles brillent aujourd’hui par leur absence.

Sur la place de Kulikovo : le camp pro-Russe et ses deux tendances 

La place Koulikovo avec ses campements et ses barricades Loreline Merelle@B2

La place Koulikovo avec ses campements et ses barricades Loreline Merelle@B2

Sur la grande place pavée de Kulikovo, en plein milieu du parc, à côté de la gare centrale, deux camps de manifestants Pro-Russes sont installés entourés de barricades.

Sur le premier campement, mis en place le 23 février dernier, le drapeau rouge est bien visible et la référence à l’Union soviétique omniprésente. Dans le deuxième qui lui fait face, installé il y a moins d’un mois et gardés par des jeunes hommes à la discipline militaire, les drapeaux noir blanc et jaune du tsar Paul 1er (1796-1801) sont affichés ostensiblement à l’entrée. Les deux camps se rejoignent lors des manifestations, formant les deux mêmes faces d’un même visage.

Pour un rattachement à la Russie

Jeep avec un drapeau stalinien sur la place Kulikovo Loreline Merelle@B2

Jeep avec un drapeau stalinien sur la place Kulikovo Loreline Merelle@B2

Dans le premier camp, au pied des colonnes du bâtiment Koulikovo, une cinquantaine de manifestants sont installés depuis deux mois dans des tentes en toile ou en plastique. L’ambiance est au camping. On sortirait presque le barbecue si le temps le permettait.

Une soixantaine d’hommes, de femmes entre quarante et quatre-vingt ans prennent le café, le thé et discutent avec entrain autour des drapeaux rouges de l’Union soviétique. Certains portent des uniformes kakis et des casques semblant sortir tout droit de leurs greniers et d’anciennes reliques de guerre. Une jeep avec un drapeau stalinien stationne d’ailleurs devant le campement. « Elle appartenait à l’armée soviétique lors de la seconde guerre mondiale » m’affirme fièrement Pavel, un Ukrainien et activiste pro-Russe venu tout droit de Los Angeles supporter le mouvement.

Juste à côté, des autels sont installés en l’honneur des morts des forces de l’ordre Berkout, tués lors des manifestations de Kiev. « Ils ne le méritaient pas » lâche une vielle femme en sortant son mouchoir.  Elle va ensuite se recueillir dans une tente à l’effigie chrétienne, l’église orthodoxe du camp. « Nous sommes pour un référendum et un rattachement économique à la Russie, à la Biélorussie et au Kazakhstan » déclare Natacha, une femme de cinquante ans, pour qui c’est le seul moyen de « s’en sortir ». Elle regrette ainsi le temps où l’ « éducation des jeunes était assurée par l’Union soviétique ».

Pour une fédéralisation de l’Ukraine 

Entrée du campement pro-Russe à Odessa, Loreline Merelle@B2

Entrée du campement pro-Russe à Odessa, Loreline Merelle@B2

L’ambiance est radicalement différente dans l’autre camp installé sur la place depuis un mois. Autour des tentes, une quarantaines de jeunes hommes de 16 à 25 ans, cagoulés, munis de battes, de boucliers et de matraques font la ronde avec une discipline toute militaire. Ils forment la « garde de protection des droits des citoyens », comme l’affirme fièrement leur « commandant » Viktor, ancien garde de sécurité à Odessa.

Il est à la tête d’une véritable petite armée avec des hommes mais aussi des femmes. Elles sont quatre à partager les dortoirs des jeunes sur des lits de fortunes, des planches en bois et des oreillers, dans des tentes chauffées à l’aide de vieux poêles. « Car la ville et le nouveau gouvernement ne nous fournissent pas l’électricité » déplore le commandant.

Leur objectif : « une fédéralisation de l’Ukraine, un peu à la manière de la fédération de Russie ». A l’intérieur d’une des tentes est d’ailleurs affiché fièrement le drapeau de la ville portuaire de Mykolaïv, capitale administrative de l’oblast (région) de Mykolaïv, fondée par le général russe Grigori Potemkine à l’embouchure de la mer noire et spécialisée dans la construction navale. « La ville est dans la même situation qu’Odessa et on est ensemble pour la fédéralisation » déclare Viktor avec fierté.

Au duc de Richelieu : les Euromaïdans affichent l’unité ukrainienne 

Des manifestants Euromaïdan devant le jardin de la ville, à Odessa  Loreline Merelle@B2

Des manifestants Euromaïdan devant le jardin de la ville, à Odessa Loreline Merelle@B2

Les partisans, pro-Ukrainiens, Euromaïdans se retrouvent au nord de la ville, devant le duc de Richelieu et les marches Potemkine. Ils affichent le drapeau ukrainien en signe d’unité. L’étendard européen, autrefois très présent dans les manifestations, a disparu des cortèges. D’ailleurs, on ne fait plus vraiment appel à l’Europe, mais plutôt à la «  résistance nationale » contre l’envahisseur russe. Les manifestations les plus importantes sont organisées le samedi soir à 18h avec quelques milliers de personnes. A l’aide des réseaux sociaux, les organisateurs mettent en place des points de ralliement et de « collectes ».

Une chaîne de solidarité s’est ainsi formée devant le « jardin de la ville » le long de la rue Mayakosvogo samedi (12 avril) à 13h. On aperçoit  à peine le drapeau ukrainien, symbole du ralliement. Petit à petit, les manifestants se réunissent en ordre dispersé, bravant le mauvais temps. Une cinquantaine puis une centaine de manifestants forment bientôt une ligne jaune et bleue. Agés de 20 à 40 ans,  ils ont le sourire et portent fièrement les couleurs de l’Ukraine. A 14h, ils se mettent à chanter l’hymne, brandissant leurs étendards. Dans les rues, on voit régulièrement passer des voitures de particuliers avec des portes-drapeaux aux couleurs de l’Ukraine. Et le discours se radicalise contre « les traitres qui vendent leur pays ».

(Loreline Merelle)

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