Le battlegroup 2013-2 opérationnel. La Lituanie plaide pour son utilisation

Les forces lituaniennes lors de l’exercice commun (crédit: ministère de la défense lituanien / Alfredas Pliadis)

(BRUXELLES2) Le battlegroup britannique Royaume-Uni – de permanence européenne à partir du 1er juillet – est bon pour le service. Il  a reçu sa certification, le 16 mai, après un dernier exercice commun sur la zone d’entraînement des forces armées britanniques à Salisbury. Ce battlegroup, dirigé par le Royaume-Uni sera composé, de 2200 militaires britanniques, lituaniens, lettons, néerlandais, suédois.

Pour la Lituanie, qui présidera  l’Union européenne au 2e semestre, c’est l’occasion de montrer son savoir-faire. Ce n’est pas la première fois que la Lituanie participe à des battlegroups ; elle l’a déjà fait en 2010 et 2011 et devrait être engagée dans le battlegroup nordique, emmené par la Suède, en 2015.

Plus souple et plus longtemps

 Le développement de la force de réaction rapide figure parmi les priorités “Défense” de la présidence lituanienne. Il devrait être ainsi abordé au Conseil européen de décembre. Notre priorité est de « renforcer les capacités de réaction aux crises multinationales de l’UE à travers les battlegroups » explique-t-on à Vilnius. La Lituanie promeut ainsi « une utilisation plus souple et sur une plus longue période d’astreinte (…) en vue d’accroître leur ratio coût efficacité ». Elle défend également une « répartition plus équitable des charges liée à l’activation des Battlegroups entre les Etats-membres ». Mais surtout le vice-ministre de la défense lituanien, Marijus Velička, a plaidé pour l’utilisation de ces unités, « nous ne devrions pas hésiter et déployer les battlegroups en cas de menaces ».

Soyez rassurés, vous ne serez pas utilisés !

Cette non-utilisation des bataillons européens, a relevée fort ironiquement par le ministre britannique en charge de la sécurité internationale, Andrew Murrison, lors d’un discours devant les soldats du bataillon. « Nous n’avons aucune illusion sur le fait que vous pourriez ne pas être appelé à effectuer les tâches que vous avez si bien démontré »…

A noter : un séminaire international sur l’efficacité de cet instrument à Londres en octobre.

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L’UE va débloquer 37 millions d’euros contre la piraterie dans l’Océan indien (maj)

La visite d’un bateau de pêche par la frégate roumaine Regele Ferdinand (crédit : Eunavfor)

(BRUXELLES2) L’Union européenne va apporter 37 millions € pour renforcer la lutte contre la piraterie dans plusieurs pays d’Afrique orientale et australe, a annoncé la Commission européenne aujourd’hui (21 mai). Ce financement s’intègre dans le Programme de promotion de la sécurité maritime régionale (MASE) mené par la Commission européenne.

« Ce nouveau soutien européen marque un pas en avant dans la lutte contre la piraterie car elle démontre l’engagement continu de l’UE à combattre ce problème complexe » a expliqué le commissaire au Développement, Andris Piebalgs dans un communiqué (*). « Renforcer la sécurité sur les routes maritimes est crucial pour nous car il aidera à stimuler le commerce et la croissance dans la région, ce qui devrait considérablement améliorer la vie de la population ». « Nous avons fait d’énormes progrès au cours des dernières années. Ce nouveau financement fait partie de notre approche globale de l’aide aux pays de la région. Il signifie que nous traitons les causes ainsi que les symptômes de la piraterie. » a ajouté de son coté, la Haute représentante de l’UE pour les Affaires étrangères, Catherine Ashton.

Ce programme vise plusieurs types d’actions :

  • développer les systèmes légaux et judiciaires, afin qu’ils soient mieux armés pour l’arrestation et le transfert des pirates ;
  • renforcer les contrôles financiers, en donnant une formation aux autorités pour contrôler les mouvements de fonds qui contribuent ou résultent de la piraterie ;
  • renforcer les capacités (par exemple, le partage d’expertise et la mise en œuvre de formation), et fournir un soutien logistique important qui aideront à la sécurité, la surveillance et les patrouilles le long de la côte ;
  • mener des campagnes de sensibilisation anti-piraterie dans les zones “où la piraterie est répandue” (= en Somalie) ;
  • fournir aux jeunes hommes, particulièrement visés par la piraterie, des formations pour trouver des alternatives à la piraterie (= en Somalie). 

Commentaire : on peut être assez étonné de ne voir citer la mission “Eucap Nestor” au fin fond de la note “background” du communiqué. Alors que la mission EUCAP Nestor et le programme MASE auraient normalement vocation à se compléter parfaitement. L’un fournissant une expertise directe, l’autre des moyens financiers et matériels. Quant à la mission Marsic pourtant financé par la Commission européenne au titre de l’instrument de stabilité, il n’est même mentionné ! L’ “approche globale”, pourtant vantée systématiquement par les institutions européennes, en prend un coup. Ce n’est pas très sérieux !

(*) communiqué publié uniquement en anglais. Traduction par nos soins.

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Des drones européens… Oui mais quels drones ? Et avec qui ?

L’évolution des générations de drones aux USA. Et en Europe ?

(BRUXELLES2 à Strasbourg) Qu’ont fait les Européens durant ces dix ou vingt dernières années ? C’est en gros la question que le ministre de la Défense français, Jean-Yves Le Drian, a posée publiquement, hier soir, au Parlement européen.

Un appel aux Européens à réagir

Il n’existe pas de drones français (et européens) sur le marché capables de voler longtemps et haut (MALE). « Alors que l’Europe a des capacités avioniques importantes, pourquoi faut-il aller acheter des drones aux Américains et en Israël ? Comment se fait-il qu’on n’a pas été capable de faire (un drone) alors qu’il y a des industriels capables de faire ? » L’achat français de deux drones sur étagère se trouve ainsi justifié, selon lui. Il faut trouver une réponse « immédiate » à un « vide sécuritaire » en achetant soit aux Etats-Unis « avec qui les discussions avancent plutôt bien », soit aussi « peut-être Israël ». Mais cela « ne doit pas empêcher qu’on ait une discussion (entre européens) pour concevoir un drone  à l’horizon 2020 ». Et de lancer un appel. « Il faut que les pays qui ont besoin de capacités se déclarent et que les industriels puissent mettre en œuvre un processus technologique européen ? »

Des capacités mais pas de drones

Commentaire. Là effectivement réside le problème. Les Européens sont bien arrivés à produire simultanément trois modèles d’avions de chasse modernes (Eurofighter, Gripen, Rafale), voire 4 si on inclut le programme américain d’avion F-35 ou JSF qui a pompé les ressources R&D de plusieurs pays (Pays-Bas, Danemark, Norvège…). Ces avions ne trouvent pas suffisamment de clients, aujourd’hui, pour atteindre un seuil de rentabilité satisfaisant. Et le prix unitaire s’est renchéri. On atteint même le seuil de saturation en matière d’offre. Alors que, dans le même temps, sur le marché des drones, rien ou presque. Pourtant l’utilité du drone en opération a déjà été prouvée. Et le marché paraît prometteur tant au plan militaire que civil.

Gouvernements comme industriels se sont contentés d’un status quo satisfaisant mais destructeur. Chacun a espéré l’autre. Les industriels ont attendu la définition du besoin (comme l’a expliqué lundi Eric Trappier de Dassault) et… la commande. Les gouvernements attendaient un produit miracle. Et souvent chacun a joué perso, espérant pouvoir tirer son épingle du jeu. Il serait donc temps de se réveiller. Et les apôtres du tout national revenir à la réalité. La France ne peut plus, toute seule, faire les investissements nécessaires. Le Royaume-Uni et l’Allemagne, non plus ! Berlin vient de le prouver en renonçant au projet Euro Hawk (visant à européaniser le Global Hawk).

Il serait peut-être utile d’aboutir à la création d’un “Airbus du drone” regroupant les industriels volontaires sur ce domaine et capable d’occuper tous les segments du drone — du tactique au stratégique en passant par le combat le cas échéant —. Mais cette décision ne peut être prise par les seuls ministres de la Défense. Elle doit être prise au plus haut niveau, par les Chefs d’Etat et de gouvernement. En attendant, il sera nécessaire d’adopter un plan d’équipement “d’urgence” coordonné, et conséquent, avec ce projet européen. Faute de quoi, il faudra se résoudre à acheter Américain ou Israélien demain, Chinois ou Indien après-demain…

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La mission frontières en Libye : trop tard, trop faible ?

(BRUXELLES2) Il n’est pas évident que la mission EUBAM Libya (qui va se décider cette semaine) pourra avoir « une vraie valeur ajoutée ». C’est le sentiment de l’eurodéputée allemande Franziska Brantner (Verts), spécialiste des questions de défense et sécurité pour son groupe, qui s’est confié à quelques journalistes (dont B2). Et d’expliquer. « Au départ, j’étais pour une mission de la PSDC (politique de sécurité et défense commune). Mais maintenant je suis très sceptique. Cette mission arrive un peu tard. Elle est un peu sous-dimensionnée. » Et ses objectifs « On aurait peut-être été plus vite en envoyant quelques experts financés par la Commission européenne » au titre de l’instrument de stabilité, par exemple. « Aujourd’hui, le problème le plus préoccupant est plutôt  la question du désarmement et de la démobilisation (DDR). Ce sont les milices qui, de fait, contrôlent certains points de passage. »

Former sans vraiment connaître la situation

Pour F. Brantner, la future mission EUBAM Libya n’embrasse pas toutes les questions. Ce n’est pas seulement un problème de garde des frontières. « Il y a un contexte politique très complexe, où les Touaregs ne reconnaissent pas la frontière. » Et elle ne paraît pas très au fait de certaines questions. « En Libye, la situation est très volatile dans le sud. » Mais « les équipes d’évaluation n’ont pas été dans le sud », et ne pourront y aller tout de suite apparemment (comme le prouvent quelques télégrammes diplomatiques dont B2 a eu connaissance, détails sur le Club). Résultat, les Européens risquent bien « de former des gens à une situation qu’ils ne connaissent pas. » En fait, l’eurodéputée l’impression que ce n’est pas tant la gestion politique de ses frontières par la Libye qui intéresse les Européens. « C’est la frontière maritime et le contrôle de l’immigration – empêcher que les migrants franchissent la Méditerranée – qui nous intéresse le plus. On est ainsi davantage dans une mission de type Frontex » que de stabilisation.

Faiblesse européenne

De façon plus générale, l’eurodéputée regrette le faible engagement sur place. Alors que l’Union européenne avait ouvert, très vite, un bureau de liaison à Benghazi, celui-ci est fermé aujourd’hui. « Ce qui est une erreur. Car le responsable du bureau avait développé un réseau important sur place. » Et la délégation ouverte à Tripoli avec tambours et trompettes, n’a plus aujourd’hui de chef de délégation en titre. « Elle compte juste deux personnes. Ce qui est bien peu. » D’autant que, sur place, les différents acteurs européens (Italiens, Français, Britanniques…) sont « en compétition ». L’objectif semble ainsi davantage de « conquérir des marchés » ou de placer des pions au niveau national que « de jouer européen ».

Perte de crédibilité dans le Maghreb

Pour l’Union européenne, il y a ainsi une perte de crédibilité. Mais ce n’est pas limité à la Libye. Les pays environnants aussi sont concernés. L’eurodéputée estime que « l’Union européenne a perdu beaucoup de crédibilité dans le Maghreb, suscité beaucoup d’espoirs, promis beaucoup mais peu réalisé ». Le “more pour more” est un « leurre ». « En fait, rien n’a vraiment changé ». « Les activistes des ONG de droits de l’homme en Egypte et Libye, sont amers. Ils nous demandent “qu’est-ce que vous faites aujourd’hui ?” ».

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L’oeil nécessaire du psychiatre en Afghanistan

(BRUXELLES2) Le livre est paru il y a déjà quelques mois. Mais je n’avais pas pris le temps de lire. Dans “Dix semaines à Kaboul. Chroniques d’un médecin militaire”, Patrick Clervoy, tient un journal de bord de son séjour à l’hopital des forces internationales de l’ISAF à Kaboul (le KiA) et de ses déplacements au gré des urgences ou réunions à Kandahar, Tagab… Celui qui attend de la littérature romantique peut passer son chemin. Les phrases sont courtes, hachées. Parfois sans vie, comme un récit distant. Mais très vite on est pris dans l’action. Car derrière la sécheresse des mots apparait des destins d’hommes et de femmes engagées.

La vie de l’hôpital des forces internationales à Kaboul demeure rythmée par les “Nine Lines”, ces messages qui annoncent en neuf lignes l’arrivée d’un blessé dont l’état est critique (Alpha), grave (Bravo) ou qui peut attendre (Charlie). Les soldats, engagés, victimes directes ou collatérales (celles qui ont vu mourir ou disparaitre un de leurs collègues), passent devant le médecin, ont parfois des difficultés à révéler une histoire, souvent refoulée depuis des mois. Patrick Clervoy est en effet le médecin psychiatre du contingent français. Une présence qui s’est imposée au fil des évènements. Depuis la tragédie d’Uzbin, en 2008, le soins psychologiques directement auprès des troupes se sont imposées au même titre que le réanimateur ou le chirurgien.

Une guerre en deux temps

L’auteur le rappelle. Chaque guerre « génère des troubles psychologiques qui évoluent en deux temps: immédiatement au moment de l’exposition aux combats, puis, insidieusement , plusieurs années après ». Et de rappeler quelques chiffres qui, bien souvent, font froid dans le dos. Car ils ne sont pas toujours glorieux. « Dans les premiers mois de la guerre de Corée, les troupes américaines ont fait face à un taux très levé de pertes psychiatriques, un quart du total des blessés. Lors de la guerre du Kippour, sur les 1500 premiers soldats israéliens évacués, 900 le furent pour des troubles psychiatriques. » Cela c’est pour le premier temps.

Pour le second, ce n’est pas mieux. « La guerre des Malouines, en 1982, fit 214 morts parmi les Britanniques, en trois semaines. En plus de trente ans, 260 vétérans de cette guerre s’étaient donné la mort. Le suicide a emporté un nombre supérieur de vétérans qu’il n’était tombé de combattants au moment des combats. »

Autre chiffre, pour saisir l’ampleur du problème. Ce que les médecins des armées ont appelés le mild trauma brain injury ou mTBI (commotions cérébrales modérées). « En 2008, 300.000 vétérans américains étaient recensés comme souffrant de mTBI. Le nombre sera probablement plus du double après que les forces se seront retirées (…) en 2013. Comme le contingent américain constitue les deux tiers de la coalition, on peut anticiper que plus d’un million de vétérans souffrira de cette pathologie » parmi les forces de la coalition qui se sont déployées en Afghanistan. On comprend mieux ainsi cette phrase du psychiatre qui sonne comme un avertissement. « Que vont devenir les militaires que j’ai vus ici ? Pour certains, le moins possible j’espère, le parcours sera difficile. »

• Dix semaines à Kaboul. Chroniques d’un médecin militaire”, Patrick Clervoy. Editions Steinkis. Novembre 2012. 296 pages. Prix : 19,90 €.

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Hollande dit “oui mais” à Merkel. Son “Initiative européenne”. Nos commentaires (maj)

(BRUXELLES2) Le président français a présenté hier (16 mai) lors d’une conférence de presse formelle, à Paris, la volonté de passer à « l’offensive » notamment au niveau européen. Son « initiative européenne » a un objectif « sortir l’Europe de la langueur qui la saisit et de réduire la désaffection des peuples qui ne peut que compromettre l’avenir même de l’Union européenne ». Je ne suis pas sûr que ses propositions répondent à tous ces objectifs. Elles ne sont pas totalement originales et “décoiffantes”. Mais elles ont le mérite de remettre le couple franco-allemand au coeur du jeu de la négociation.

Le constat du cycliste

F. Hollande reprend ainsi le constat du cycliste cher à Jacques Delors – qui fut un de ses mentors en politique – et veut imprimer un nouveau mouvement. « L’idée européenne exige le mouvement. Si l’Europe n’avance pas, elle tombe ou plutôt elle s’efface ; elle s’efface de la carte du monde, elle s’efface même de l’imaginaire des peuples. Il est donc plus que temps de porter cette nouvelle ambition.»

Les éléments d’une nouvelle discussion intergouvernementale

Cette initiative repose sur 4 propositions : gouvernement économique et capacité budgétaire pour la Zone Euro, plan pour les jeunes et plan d’investissements, Communauté européenne pour l’énergie. 4 points qui ne sont pas automatiquement totalement novateurs dans la position française mais figurent un peu comme les conditions d’une nouvelle négociation européenne. Car, dans le même temps, le président français dit clairement “oui” à la proposition de la chancelière allemande “d’une Union politique”. Un ton nouveau qui peut donner, selon la stratégie classique européenne donnant-donnant (‘j’accepte ce que tu demandes, tu acceptes ce que je veux’), les éléments d’une nouvelle discussion intergouvernementale.

Une Union politique : une vieille demande allemande

L’Union politique, cette “nouvelle étape d’intégration“, Berlin l’a prôné de ses voeux. Depuis plusieurs mois (plusieurs années), les principaux dirigeants allemands le serinent sur tous les tons. La France réservait jusqu’ici sa réponse, se contentant de réponses dilatoires. François Hollande répond aujourd’hui : chiche ! Allons-y … “La France est disposée à donner un contenu à cette Union politique” se donnant “deux ans pour y parvenir“. Deux ans, “quels que soient les gouvernements qui seront en place” prend-il bien soin de préciser.

  • NB : Un petit point destiné à souligner que si ce n’est pas avec Merkel version CDU-FDP, que le président négociera, ce pourrait être avec Merkel dans une autre configuration (CDU-SPD ou CDU-SPD-VERTS) ou un autre chancelier (SPD-VERTS). A quelques jours de la venue du président français aux 150 ans du SPD à Lepizig, ce n’est pas tout à fait innocent… “Ce n’est plus une affaire de sensibilité politique, c’est une affaire d’urgence européenne.”  ajoute-t-il.

Un gouvernement économique pour la Zone Euro : une vieille demande française

Ce “gouvernement économique” se réunirait, “tous les mois“, autour d’un “véritable Président nommé pour une durée longue et qui serait affecté à cette seule tâche“.

  • NB : En octobre 2011, les “27″ avaient décidé de créer cette fonction mais en l’alignant sur celle du président du Conseil européen, même date de nomination, même durée de mandat… Sans aller jusqu’à indiquer que les personnes étaient les mêmes, c’était une incitation implicite à la fusion des deux postes. Le Traité “budgétaire” (sur la stabilité, la coordination et la gouvernance au sein de l’Union économique et monétaire) avait entériné cette création en indiquant un minimum de deux réunions par an. La proposition “Hollande” suppose donc que ce président soit différent du président du Conseil européen, ait un mandat de 5 ans (et non 2 ans et demi renouvelable une fois) et un rythme de réunions plus soutenu. Cette disjonction des deux postes aurait des avantages : éviter toute prééminence de la Zone euro sur le choix futur du président du Conseil européen ou, à l’inverse, que la Zone euro “subisse” un président “hors zone euro. Elle aurait un inconvénient : multiplier le nombre de postes. Ou alors il faudrait ce “président de la Zone euro” préside également les conseils des ministres de l’Eurogroupe.

Ce gouvernement économique aurait quatre fonctions :

- débattre « des principales décisions de politique économique à prendre par les États membres » ;
- « harmonise(r) la fiscalité » ;
- commencer à « faire acte de convergence sur le plan social par le haut » ;
- engager un plan de lutte contre la fraude fiscale”.

  • NB : le gouvernement économique pour la Zone euro est une antienne française. On se souvient de la volonté affichée par le président Sarkozy sous la présidence française de l’UE en 2008 et ensuite. Mais cette idée est présente dans le corpus politique français bien avant. Le président François Mitterand l’avait déjà exprimée très clairement lors de l’ouverture à Rome, en 1990, de la conférence intergouvernementale, qui devrait présider à la mise en place du Traité de Maastricht. « Si la CIG chargée de cette union économique et monétaire parvient à cette conclusion qu’il faut une monnaie (…) elle sera fatalement contrainte d’en conclure qu’il faut un gouvernement économique de l’Europe » disait-il.

Un budget pour la zone Euro

Une capacité budgétaire “serait attribuée à la zone euro” et la possibilité, “progressivement, de lever l’emprunt” demande F. Hollande. NB : Une proposition qu’il classe dans son discours en 4e position. Nous l’avons ramené dans la logique du gouvernement économique en 2e position. Le point est, en effet, très discuté et disputé. Berlin mais d’autres capitales n’étaient pas très chauds du tout sur cette proposition, voire hostiles.

Un plan pour l’insertion des jeunes

Le cadre financier européen, le budget européen a déjà prévu six milliards d’euros pour l’emploi des jeunes.” Pour le président il faut “mobiliser tout de suite, avant même que le cadre financier ne soit en place pour 2014, une partie de ces fonds pour que nous puissions venir en soutien de tous les jeunes d’Europe qui, aujourd’hui, peinent à trouver une formation ou un emploi“. En complément, l’Europe devrait définir “une stratégie d’investissements, notamment pour les nouvelles industries et pour les nouveaux systèmes de communication“.

  • NB : on est, ici, dans un schéma assez classique européen, le Fonds social européen comme la stratégie de Lisbonne avaient déjà indiqué comme priorité l’emploi des jeunes ou les nouveaux systèmes de communications. On attend simplement de voir ce que veut dire cette “nouvelle stratégie d’investissements”.

4° Une “Communauté européenne de l’énergie”

Cette “CEA” serait destinée à « coordonner tous les efforts pour les énergies renouvelables et réussir ensemble – alors que l’Europe a des pays qui n’ont pas les mêmes politiques énergétiques – à assurer la transition énergétique ».

  • NB : C’est une promesse de campagne du président Hollande. Mais il y a une division fondamentale, tue souvent à Bruxelles, sur le nucléaire. Un point qui oppose, là encore, Berlin et Paris. On ne peut aussi qu’être sévère. Que de temps perdu ! Il y a dix ans, on laissait s’enterrer la CECA, la Communauté européenne du Charbon et de l’Acier, au prétexte que le “charbon c’est le passé”. Et que les instruments communautaires existants suffisaient bien assez. La CECA avait cependant des instruments assez innovants (prélèvements sur les producteurs, réinjection dans les capacités et la formation) que n’avaient pas et n’ont toujours pas les instruments actuels européens.

(Maj) Ajout de complément d’informations sur la gouvernance économique. Et rappel du traité budgétaire.

Télécharger l’intervention du président Hollande

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Eubam Libya sur les rails. Officialisée la semaine prochaine… (Maj)

(BRUXELLES2) Il aura fallu plus de deux ans après le début de l’offensive occidentale en Libye pour que l’Union européenne lance, enfin, une mission d’assistance aux frontières (EUBAM Libya). Si cette mission avait été demandée ardemment par certains pays, elle avait suscité la réticence de plusieurs autres (Royaume-Uni notamment) estimant notamment que le gouvernement libyen n’était pas consolidé. La position officielle du SEAE s’était ralliée à cette dernière position. Finalement l’évolution politique en Libye (la constitution d’un gouvernement) mais également l’évolution sécuritaire avec l’augmentation de la menace terroriste aux pourtours de ce pays (attentat d’In Amenas en Algérie, offensive djihadiste et touareg au Mali notamment) ont convaincu les plus réticents de la nécessité de boucler rapidement cette mission.

La décision cadrant cette mission est prête depuis plusieurs semaines (ainsi que les lecteurs membres du Club le savent déjà, EUBAM Libye, le projet de décision est prêt. Détails). Le budget est adopté et le chef de mission désigné. Il ne manque plus, en fait, pour adopter formellement ce texte et donc permettre le déploiement de la mission qu’une “pièce” extérieure au dispositif européen : un Ok de Westminster. On attend en effet l’avis de la commission parlementaire britannique sur les questions européennes. La décision serait alors donc prête à être adoptée la semaine prochaine.

Selon nos informations, la mission aura un objectif  à court terme : « aider les autorités libyennes à se doter des capacités nécessaires pour améliorer la sécurité aux frontières libyennes terrestres, maritimes et aériennes » et un objectif à plus long terme : « définir une stratégie plus large de gestion intégrée des frontières ». La mission sera commandée par un Finlandais, Antti Hartikainen, et un Britannique devrait être son adjoint. Elle devrait démarrer en juin pour une durée de 24 mois. Dotée d’un budget de 30,3 millions d’euros, elle disposera d’environ 165 personnels : 83 personnels détachés par les Etats membres, 27 contractuels internationaux et 54 contractuels locaux (+ le chef de mission).

(Mis à jour mercredi 22 mai) La décision devrait être adoptée par procédure écrite le mercredi 22 mai.

Lire aussi :

Et sur le Club de B2 (pour les membres- s’abonner ici) :

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La piraterie : ce n’est pas fini !

(BRUXELLES2) « La tendance est bonne. Il n’y a aujourd’hui plus que 2 navires et 54 otages aux mains des pirates » a expliqué le Rear-Admiral Tarrant, chef de l’opération anti-piraterie de l’UE (EUNAVFOR Atalanta). Un chiffre à comparer à ce qui était le cas, il y a un an. « Début 2011, il y avait encore 32 navires et 736 otages aux mains des pirates somaliens ». Pour autant, il ne faut pas relâcher les efforts, a expliqué l’officier aux Chefs d’Etat-Major des “27″, réunis, ce jeudi (16 mai), au sein du comité militaire de l’UE au Justus Lipsius. Il y a une « nécessité de poursuivre les efforts. La piraterie n’est pas entièrement éradiquée. On continue d’arrêter des pirates. » (Cela a été le cas récemment, lire : Six “suspects” appréhendés dans l’Océan indien).

La vigilance doit rester de mise

Peu avant, le QG d’Atalanta avait diffusé un message s’adressant plus spécifiquement au milieu maritime. « Les marins et les nations (ne doivent pas) baisser la garde et le soutien aux opérations de lutte contre la piraterie en croyant que la menace de piraterie est terminée. (…) Les pirates somaliens sont toujours déterminés à sortir en mer. Et, si il se présente une cible facile, ils pourront attaquer. (…) Il est essentiel que nous restions vigilants. Ou alors le nombre d’attaques va encore une fois augmenter. »

NB : Ce message de vigilance est constant dans l’esprit de l’opération anti-piraterie de l’UE. Avant de quitter ses fonctions, le mois dernier, le contre-amiral espagnol Pedro Garcia De Paredes l’avait déjà précisé. Lire : Une vigilance de mise. Bilan de 4 mois en mer du commandant espagnol

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