Fabius nommé au Quai d’Orsay (maj). Le Alain Juppé de gauche

(BRUXELLES2, mis à jour à 19h25) On attendait Pierre Moscovici, l’Européen, ce sera finalement Laurent Fabius (@LaurentFabius) qui occupera le Quai d’Orsay (le ministère français des Affaires étrangères) remplaçant Alain Juppé, selon les dernières informations qui filtrent de l’Elysée. Informations confirmées par le secrétaire général de l’Elysée à 19h25. Fabius venant dans l’ordre protocolaire en premier de la liste du gouvernement. Il sera flanqué d’un ministre délégué aux Affaires européennes en la personne de Bernard Cazeneuve (@BCazeneuve), maire de Cherbourg et fabiusien, et d’un ministre délégué au Développement, confié à Pascal Canfin (@pcanfin), jusqu’alors eurodéputé écolo et plutôt spécialiste des questions de régulation financière.

A la Défense, c’est bien, comme annoncé, Jean-Yves Le Drian, le président (socialiste) de la région Bretagne qui sera le nouveau locataire de l’Hotel de Brienne (Lire aussi : Le Drian, le monsieur « Défense » de F. Hollande. Portrait d’un Européen). Celui-ci sera assisté par Kader Arif (@kaderarif), un autre eurodéputé (PS), originaire de la région toulousaine, et plutôt spécialiste de la mondialisation, qui sera chargé des Anciens Combattants.

Le Alain Juppé de Gauche

Cette nomination ne devrait pas infléchir notablement la politique étrangère française, du moins celle pratiquée dans la dernière partie du quinquennat de Nicolas Sarkozy. Dans le parcours, le positionnement au sein de son parti, Fabius est un peu l’alter ego de Juppé pour le PS. Brillant, tête froide, il a une longue carrière derrière lui, marquée par plusieurs coups durs (notamment l’affaire du sang contaminé). Après avoir occupé, l’aile libérale du PS, il campe sur la gauche. Mais, surtout, il occupe un positionnement idéologique sur la tradition de l’Etat, du rôle de l’Industrie, de la France dans l’Europe, des relations avec les USA notamment, dans un certain classicisme, qu’on pourrait qualifier de gaullien.

Vieux routier de la politique

Vieux routier de la politique, membre du PS depuis 1974, Laurent Fabius est jeune quand il accède aux premières responsabilités ministérielles. A 34 ans, il prend en charge en 1981, le portefeuille du Budget, puis de l’Industrie, avant d’accéder (en 1984) à la charge de Premier ministre. Poste qu’il occupe jusqu’à la chute de la gauche en 1986. En 1988, quand le PS est de retour, il préside l’assemblée nationale jusqu’à prendre la direction du PS. Il est député européen de 1989 à 1992. En 1995, il retrouve son poste à l’Assemblée nationale jusqu’à sa nomination au gouvernement Jospin, en 2000, à la tête d’un grand ministère de l’Economie, des Finances et Industrie. A ce titre, il assure le passage du Franc à l’Euro. En 2005 il appelle à voter « Non » au projet de constitution européenne, suivant en cela un feeling politique et quelques convictions. Il sera perçu comme un « traitre » par nombre de ses collègues au PS. Et ne sera pas désigné comme candidat à la primaire socialiste, en 2007.

Critique de la réintégration de l’OTAN

Laurent Fabius avait marqué l’opposition du PS à la réintégration de l’OTAN, d’un commun accord avec Lionel Jospin (avec qui il n’entretient pas – c’est peu dire :-) – une amitié notable). Il critiquait cette réintégration, qui « rompait à la fois avec la tradition de la France et avec le consensus, n’était pas utile, pas nécessaire et même, à certains égards, dangereuse ». Il déniait le fait que cela puisse renforcer la défense européenne et demandait un « rapport annuel » pour examiner ce que cela « aura rapporté en termes de défense nationale et européenne ». Regardez son intervention devant l’Assemblée nationale. Un propos qu’il confirmait encore récemment, à l’assemblée nationale. Mais, devant nos collègues de la presse diplomatique (ici), en 2010, il affirmait ne pas vouloir revenir sur cette réintégration. « On ne ressortira pas du commandement. Nous demanderons que les deux exigences formulées par la France – un poids accru de notre pays dans les structures militaires et une défense européenne plus forte – soient satisfaites. »

Partisan du développement européen par cercles successifs

En 2005, lors d’un débat au Parlement européen (auquel j’assistais), il exprimait ainsi ses positions (selon mes notes de l’époque :-) ) : « Je suis partisan depuis longtemps de l’Europe des 2 ou 3 cercles. C’est une illusion ou un manque de réalisme que de croire que tous les pays peuvent ou doivent avancer à la même vitesse. (…) S’il n’y a aucune limite, on dilue l’Europe dans un espace qui n’en finit pas d’exister. » Une position ainsi pas très éloignée de celle… de Nicolas Sarkozy. « Qu’est-ce que nos citoyens attendent de l’Europe ? » s’interrogeait-il alors. Et de répondre : « Progresser et protéger, c’est autour de ce couple là que se fait l’adhésion à l’Europe. (Or) L’Europe, ces derniers temps n’a pas beaucoup progressé et elle ne protège pas. C’est seulement si on répond à ces questions qu’on réembraye. Si on ne répond pas qu’on ne s’étonne pas alors qu’il y ait un décrochage dans une partie de la population. »

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Rotation 2012 de la diplomatie européenne : 17 nommés

(BRUXELLES2) 15 nouveaux chefs de délégation et deux adjoints viennent d’être nommés par la Haute représentante de l’UE, Catherine Ashton, pour prendre des postes dans les délégations : 8 viennent du propre Service, 2 de la Commission et 7 des diplomaties des Etats membres. Un poste qui devait être recruté, celui de chef adjoint de la délégation en Turquie n’a pas été confirmé.

Parmi les 17 nouveaux ambassadeurs (ou adjoints) de l’Union européenne, 5 d’entre eux viennent de pays d’Europe centrale et orientale. On notera une nomination attendue, celle du Polonais Tombinski en Ukraine, et la bonne performance des diplomates slovènes, qui continuent à occuper le terrain dans les Balkans : c’est un Slovène qui est nommé au Montenegro. On peut remarquer aussi qu’un(e) seul(e) français(e) venant de la Commission arrive au bout du processus… 2 Allemands et 2 Britanniques sont nommés.

Comme c’est la coutume, C. Ashton s’est félicitée de cette nomination (en anglais) : « J’ai une fois de plus été impressionnée par la qualité des candidats à ces postes importants. Le (SEAE) dépend de la qualité de ses personnes et sa capacité à attirer les plus brillants diplomates est vitale. »

Un quart des diplomates européens issus des diplomaties nationales

Selon un dernier décompte, réalisé par le SEAE, en tenant compte de ces nominations, 57 des 153 ambassadeurs et ambassadeurs adjoints dans les délégations sont occupés par des diplomates issus des Etats membres. Plus d’un quart du SEAE est ainsi constitué de diplomates nationaux (26.4% exactement, répartis à 37.8% dans les délégations et 19.3% au siège).

Rééquilibrage hommes/femmes en progression lente

Dans les 15 nominations d’ambassadeurs, 3 sont des femmes. Un point important pour la Haute représentante. « La réalisation de nos objectifs sur l’équilibre entre les sexes est importante pour moi. (…) Je continue à encourager les bonnes candidates à se mettre en avant pour les postes au sein du SEAE, y compris au plus haut niveau. » Mais il n’y a pas eu assez de candidatures féminines, seuls 87 candidatures sur un total de 717 candidats étaient des femmes (soit 12 %). Parmi les responsables de délégations (chefs / chefs adjoints), 31 postes (sur 153, soit 1 sur 5) sont aujourd’hui occupés par des femmes. Ce qui est sensiblement plus important que ce qui préexistait à l’entrée en vigueur du Traité de Lisbonne et ce qui est sans doute légèrement plus que dans certaines diplomaties nationales (suivez mon regard :-) )

Recrutement en cours

Des procédures continuent pour les chefs de délégation pour Cuba, Djibouti, l’Islande, le Maroc, le Nigeria, le Paraguay, la région pacifique (Fidji) et l’Uruguay. Au siège, on recrute encore un Directeur de département (Europe/Asie centrale) après le départ de M. Lajcak, 2 Directeurs (Affaires multilatérales et Politique de sécurité et de prévention des conflits et 1 Envoyé spécial pour le Désarmement et la Non-prolifération).

# Délégation Nomination Source/Nationalité Masc/Fem
1 ALGERIE, Alger Marek SKOLIL Rép. Tchèque M
2 TUNISIE, Tunis Laura BAEZA SEAE/Espagne F
3 UKRAINE, Kiev Jan TOMBINSKI Pologne M
4 BARBADES, Bridgetown Mikael BARFOD Commission/Danemark M
5 BOLIVIE, La Paz Timothy TORLOT Royaume-Uni M
6 CAP VERT, Praia Manuel PINTO TEIXEIRA SEAE/Portugal M
7 CHILI, Santiago Rafael DOCHAO MORENO SEAE/Espagne M
8 CHINE, Hong Kong Vincent PIKET SEAE/Pays-Bas M
9 TIMOR-LESTE, Dili Sylvie TABESSE Commission/France F
10 KENYA, Nairobi (envoyé spécial Somalie) Michele CERVONE D’URSO SEAE/Italie M
11 MALAYSIE, Kuala Lumpur Luc VANDEBON SEAE/Belgique M
12 MONTENEGRO, Podgorica Mitja DROBNIC Slovénie M
13 ARABIE SAOUDITE, Ryad Adam KULACH Pologne M
14 OUZBEKISTAN, Tashkent Yuri STERK Bulgarie M
15 YEMEN, San’a Bettina MUSCHEIDT SEAE/Allemagne F
16 AFGHANISTAN, Kabul (chef adjoint) Alfred GRANNAS Allemagne M
17 SWITZERLAND, Geneva (UN) (chef adjoint) Dominic PORTER SEAE/Royaume-Uni M

 

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Armes, frontières, police : les enjeux de la sécurité en Libye (vice-Premier ministre libyen)

Mustafa Abushagur à la commission AFET du Parlement Européen le 15 mai 2012 (Crédit: Parlement Européen)

(BRUXELLES2) La sécurité aux frontières et le contrôle des stocks d’armes : voilà les deux priorités en termes de sécurité retenues par le vice-premier ministre libyen, Mustafa Abushagur, qui s’entretenait hier avec les députés membres de la commission des Affaires étrangères du Parlement européen. Pour cela, il faut réussir à bâtir une armée et une police, en intégrant les milices autonomes. Le soutien de l’UE est nécessaire et apprécié.

La sécurité des frontières: à construire ex nihilo

Avec 4000km de frontières terrestres et 2000km en mer, cette question n’est pas anodine. C’est même une priorité « pour empêcher l’immigration massive et le trafic d’armes et d’êtres humains », selon le ministre. Mais c’est aussi un défi considérable. « La police des frontières [est] inexistante ». Il faut la créer « à partir de rien ». C’est ce que nous faisons, dit Mustafa Abushagur, en intégrant « les jeunes qui ont participé à la révolution ». Et avec l’aide de l’UE, qui a déployé une mission d’évaluation des besoins. En particulier pour les frontières du Sud. « C’est là où passe le gros de l’immigration ». Et pour les Européens, c’est là ce qui les concerne en priorité. « Nous voulons empêcher de nouveaux flux d’immigration illégale et de nouvelles tragédies dans la mer Méditerranée » avait affirmé lundi (14 mai) le ministre italien des affaires étrangères Giulio Terzi. Selon lui, les Européens comprennent le « besoin urgent » qu’il y a à prévenir cette immigration plutôt qu’à la combattre après coup.

Le contrôle des stocks d’armes: éviter le char dans le jardin

Pour le gouvernement de transition, et pour l’avenir du pays plus généralement, le contrôle des armes « après huit mois de conflit armé » où tous les Libyens ont été impliqués d’une façon ou d’une autre, est également une priorité pour la sécurité. Selon le Ministre, presque tous les foyers libyens se retrouvent avec des armes chez eux. « Certains ont même un char dans leur jardin ». Il y a donc « beaucoup d’armes dans la nature« . Le gouvernement s’est d’abord concentré sur les armes lourdes présentes dans les villes « car ce sont les plus dangereuses ». « Un grand nombre de mesures » ont été prises si bien que « il y en a pratiquement plus », affirme Mustafa Abushagur. Étape suivante:  « nous travaillons avec la police militaire pour établir des points de contrôle pour confisquer les armes lourdes » dans le reste du pays. Et ici, on rejoint la question des frontières, où le contrôle des armes est « plus difficile ». La coopération avec les pays voisins n’est forcément facile non plus. Par exemple, l’Algérie a été « tatillonne » pour reconnaître la révolution. De manière générale, c’est le problème du manque de ressources que pointe le ministre.

Des capacités libyennes en forces de sécurité limitées : intégrer les milices

L’enjeu pour l’avenir est donc de bâtir une police et une armée modernes « capables de protéger les intérêts du pays ». En ce qui concerne la police, des structures existent déjà, le problème est de les reconstruire, de les faire revivre.

Ainsi, le gouvernement continuer à payer le salaire de 160 000 policiers « mais il faut qu’ils reviennent au travail sinon nous couperons les salaires ». Pour l’armée, il faut par contre repartir de zéro, créer les structures et trouver les effectifs. Il y a un besoin de réconciliation entre les différents acteurs de la révolution. En particulier, la difficulté est de donner une cohésion aux forces de sécurité du pays. Il faut donc intégrer les milices autonomes et les Touaregs, qui représentent un quart de million de personnes. C’est « important car ils ont participé à la révolution ». Il faut savoir ce qu’elles veulent. « Nous aimerions qu’elles se rencontrent afin de discuter de ce qu’elles veulent faire dans le futur ».

Sur les 750 000, 230 000 ont déjà été enregistrées sur les listes électorales, se félicite le ministre. Ce qui a permis d’avoir des informations sur leur projet: 30% voudraient participer à l’armée ou à la police, 35% voudraient exercer une profession libérale (« très bien pour relancer l’économie »). Plusieurs ateliers ont été organisés pour leur intégration, avec l’aide et l’expertise de l’UE. Le ministre souligne d’ailleurs les efforts déjà déployés par l’UE pour bâtir des forces de sécurité modernes en Libye.
Comme l’ont remarqué les eurodéputés, un des moyens de renforcer les capacités libyennes passe par la réappropriation des finances accaparées par Kadhafi et éparpillées dans le monde entier.

Voir la vidéo de l’échange de vues

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Eucap Nestor, une mission de 200 personnes aux multiples facettes

Des formations de gardes cotes à Djibouti ont lieu régulièrement lors des escales des navires européens. Ici avec les marins espagnols (Crédit : EUNAVFOR / Marine espagnole)

(BRUXELLES2, exclusif) La solution de la piraterie n’est pas militaire et en mer, mais à terre et civile » c’est le constat partagé par tous les acteurs de terrain et responsables politiques depuis quelques années déjà. Après plusieurs mois intenses de préparation, la mission de renforcement des capacités maritimes de l’Union européenne (Rmcb renommée Eucap Nestor) est prête. Tous les documents de planification sont prêts. Un premier élément avancé d’experts va se déployer dans les différents pays concernés. B2 a obtenu quelques détails sur le détail de ses missions et sa composition. Son chef ? Vous le connaissez si vous avez déjà lu ce blog… Cette troisième mission dans la région vient ainsi compléter l’action en mer (Eunavfor Atalanta) et la formation militaire (EUTM Somalia) en assurant le chaînon manquant : la poursuite pénale.

Rétablir l’Etat de droit et une chaîne pénale conséquente

La mission Eucap Nestor devrait avoir un champ assez large, permettant de reconstituer toute la chaîne pénale : de la formation d’une loi, aux techniques d’enquête et d’instruction, et au jugement. Il s’agit d’une initiative notable, menée par des Etats, qui succède à une série d’initiatives, souvent menées par des sociétés privées (Hart Security, Saracen international, Halliday finch…), qui ont soit avorté, soit n’ont pas produit les effets escomptés, quand elles ne poursuivaient pas sous couvert de formation de la police anti-pirates d’autres buts qui avaient peu à voir (la protection des puits de pétrole par ex.).

  • La formation de la police cotière. La force du Puntland compte 1200 policiers qui ont commencé d’être formés par l’UNDP. Une formation initiale basique, destinée à donner les rudiments du travail : discipline, fonctionnement en équipe, port de certains équipements… Les Européens devraient former de façon spécialisée environ 200 personnes dans un premier temps. Cette formation devrait se dérouler à Djibouti, pour des raisons de sécurité. Les policiers étant acheminés par voie aérienne de Garowe, la capitale du Puntland. Elle aura pour objectif de donner aux policiers les notions essentielles d’enquête, de rassemblement des preuves, de constitution de dossier. Ce que l’on demande en France à un gendarme par exemple.
  • L’assistance législative. La poursuite des pirates est avant tout une question juridique. Et il importe d’avoir des lois à jour, prévoyant toutes les possibilités, et conformes aux standards internationaux, afin de permettre la remise des suspects par les forces multinationales. Eucap Nestor comprendra donc une bonne vingtaine d’experts législatifs, placés dans les différents ministères concernés à titre de conseillers. Un réseau sera mis en place pour relier ces conseillers et leurs homologues nationaux dans les différents pays concernés.
  • La formation des juges. Finalement retenue comme un élément de la mission, la formation des magistrats sera assurée lors d’ateliers de travail, réalisés normalement sur place, y compris au Puntland, dans des lieux tenus secrets et changeant à chaque reprise, pour éviter tout problème de sécurité.

Plus de 200 personnes

Eucap Nestor ne sera pas une toute petite mission. Environ 200 personnes dont 175 experts internationaux, provenant de différents horizons : magistrats, policiers/gendarmes, et souvent d’anciens militaires ; tous normalement familiarisés avec la notion de poursuite en justice. Un nombre qui peut paraître important pour une mission de conseil et de formation. Mais c’est assez logique car la mission est répartie sur 5 pays au départ : Djibouti, Kenya, Seychelles, Somalie (Puntland/Somaliland), Tanzanie (*). Il faut donc dans chaque pays une petite structure, formée d’experts et de soutien. A ce nombre d’experts permanents, viendra s’ajouter des experts dédiés à un aspect particulier, qui pourront être appelés ponctuellement pour assurer une formation plus technique (maniement des radars…).

Equipements, laissés sur place ensuite

Point original, la mission a obtenu de pouvoir acquérir les matériels et de les laisser sur place. Une disposition négociée avec les administratifs/financiers de la Commission. Cela nécessite de « bien examiner les spécifications des matériels lors des appels d’offre » m’a précisé un expert du dossier.  Ce qui « n’est pas évident, car nous n’avons pas dans les spécifications européennes habituelles ce type de matériel. Nous allons travailler avec des marines des Etats membres. » Il faut, aussi, penser à la maintenance ultérieure de ces équipements, pour qu’elle puisse être utilisée facilement ensuite. En revanche, le budget européen ne prévoit d’équipement en navires. Ceci devrait être fait de manière bilatérale par les Etats membres. Certains pays – Etats-Unis, Japon par exemple – ont déjà fourni ou promis certains matériels, le premier en Tanzanie et au Kenya, par exemple, le second à Djibouti. Mais bien souvent ces offres ont été revues à la baisse.

Commentaire : une mission emblématique

Les missions européennes sont rarement similaires. Celle-ci est d’un genre tout à fait nouveau. Tout d’abord elle ne concerne pas un seul pays (ou une seule frontière) et une seule thématique. Elle s’étend plusieurs pays souvent éloignés des uns et des autres, aux traditions et intérêts très différents, et qui ont peu d’intérêt en commun sinon de partager l’Océan indien. Certains, malgré leur proximité côtière, n’ont pas une forte tradition maritime (Kenya, Tanzanie…), étant davantage tournés vers la terre. Eucap Nestor s’inscrit également dans un panorama maritime, international et dans un lieu où se rencontrent toutes les pulsions stratégiques. L’Inde, notamment, veille au grain qui a toujours considéré cette étendue d’eau et les pays qui la bordent comme son arrière cour (cf. sa présence aux Seychelles, en Ile Maurice, ou la récente visite du président du Puntland en Inde). Mais ce n’est pas le seul pays « intéressé »… La mission n’est pas non plus dénuée de tout danger. Aller former au Puntland quelques juges expose à un risque certain. Le séjour au Kenya est également rythmé par des alertes « terrorisme » ou des attentats.

(*) Plusieurs autres pays figuraient dans le concept de gestion de crises. Mais ils n’ont pas été retenus pour des raisons de sécurité (Yemen), pour des raisons politiques ou internes à chaque pays ( Ile Maurice, Mozambique)

Lire aussi :

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Un amiral Français à la tête de Nestor ?

(crédit : ministère français de la Défense / DICOD)

(BRUXELLES2, exclusif) C’est un ancien Alindien – commandant des forces françaises dans l’Océan indien de 2007 à 2009 – , qui pourrait prendre la tête de la mission européenne de renforcement des capacités maritimes dans l’Océan indien Eucap Nestor. Le board de sélection a retenu sa candidature qui doit désormais être entérinée par la Haute représentante. L’amiral Jacques Launay était jusqu’à peu (février) inspecteur général des armées. Il a également été d’attaché naval à l’ambassade de France à Bonn (de 1995 à 1998) et attaché de défense à l’ambassade à Londres (de 2004 à 2007). Il a participé à l’opération des Alliés pour le Kosovo (Allied Force/Trident) à bord du porte-avions Foch, comme sous-chef opération de la TF 470 au printemps 1999. C’est un adepte de la pensée à long terme. Lors d’une conférence à Dunkerque au début de l’année, il expliquait : « Il faut mesurer le temps long, qui manifeste la permanence et la volonté politique, l’intérêt stratégique sur le long terme, et non sacrifier à des réflexions de court terme ».

Né le 30 novembre 1954, Jacques Launay est entré à l’école navale en septembre 1974. Il sert d’abord sur le patrouilleur La Dieppoise à Nouméa à partir de 1977, puis sur le sous-marin Le Foudroyant en 1979. En 1980, il prend le commandement du dragueur Pivoine. Ayant suivi le cours d’officier détecteur, il est affecté en 1982 sur la frégate anti-sous-marine Tourville. Il exerce ensuite les fonctions de chef du service détection sur le porte-hélicoptères Jeanne d’Arc (1984 à 1986) puis sur la frégate antiaérienne Cassard. En 1988, il prend le commandement de l’aviso Commandant l’Herminier. Après un passage à l’état-major du commandement de la région et la zone maritime atlantique, il suit les cours de l’Académie militaire de Hambourg de 1990 à 1992 où il reçoit le prix « Clausewitz ». De 1992 à 1995, il est affecté à la direction du personnel militaire de la marine en tant que gestionnaire officiers. En 1998, il rejoint l’état-major de la force d’action navale, au sein de la division conduite des forces, et prend le 1er septembre 1999 le commandement de la frégate anti-sous-marine Latouche-Tréville à Brest jusqu’à l’été 2001. Après avoir suivi la session nationale de l’IHEDN, il devient, en 2002, sous-directeur « Affaires européennes et stratégiques » au SGDN.

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Les ministres italien et allemand veulent renforcer l’Europe de la Défense

Les ministres italien et allemand veulent renforcer l’Europe de la Défense

Giampaolo di Paola et Thomas de Maizière au dernier conseil des ministres de la défense de l'Alliance atlantique (crédit : OTAN, février 2012)

(BRUXELLES2) A quelques jours du sommet de l’OTAN à Chicago, deux ministres de la Défense, l’Italien Di Paola, et l’Allemand De Maizière viennent de signer dans le Corriere un article commun présentant « Cinq objectifs » pour « Elargir la défense commune européenne ». Pour les deux hommes, leur conviction est faite : « L’UE a à offrir beaucoup plus que ce qu’il a fait jusqu’ici, et plus peut-être que certains le pensent ». Et ils prennent en exemple la politique menée actuellement dans la Corne de l’Afrique (avec non seulement l’opération Atalanta, la formation des soldats somaliens et le renforcement des capacités maritimes locales mais aussi l’aide humanitaire et l’aide au développement). C’est un « cas d’école » soulignent-ils.

De façon générale, la coordination efficace entre les Etats-membres et au sein des institutions de l’UE pour la gestion des capacités civiles et militaires existantes « fait aujourd’hui défaut » précisent Di Paola et De Maizière. Un engagement pour renforcer les capacités européennes civiles et militaires est donc « nécessaire ». Cela comprend aussi le « renforcement de l’intégration » entre les institutions de l’UE pour la défense et la sécurité et de leur capacité à « conduire des missions et des opérations ». L’Europe doit franchir un pas. « Il est temps d’élargir le champ d’application de la sécurité et de défense commune » et d’avoir une politique de sécurité et de défense plus « efficace et complète afin de poursuivre nos intérêts communs avec nos partenaires  l’Atlantique ».  Les deux signataires voient ainsi cinq objectifs à assumer :

  • Premier principe : L’engagement. L’Europe sera « tenue d’assumer des responsabilités toujours plus grandes dans le domaine de la sécurité », les Américains donnant une « plus grande importance stratégique » au Pacifique. L’engagement engagement européen existe déjà dans les Balkans et en Afrique. La contribution de l’Union européenne en tant que partenaire sur le terrain sera « d’autant plus nécessaire dans le futur ».
  • Deuxième principe : L’approche globale [comprehensiveness]. La « force spécifique de l’Union européenne est sa capacité à appliquer cette approche à civilo-militaire d’une manière unifiée ». « Maintenir une situation de sécurité durable ne peut être garantie que par une large interaction entre les moyens diplomatiques, économiques, de développement, sociaux, politiques et militaires. » (Nb : la notion militaire arrive en dernier dans cette énumération).
  • Troisième principe : Les capacités. C’est sans doute le paragraphe le plus important (à mon avis) car les deux signataires appellent à une intégration et une coopération plus étroites entre les Etats-membres de l’UE, à dépasser les intérêts nationaux et accepter une dépendance réciproque. « Si nous n’intégrons pas nos efforts pour la défense, aucun Etat, individuel, et même l’Europe comme un tout, ne pourra jamais garantir sa sécurité à long terme » soulignent-ils. « Une coopération plus étroite et plus forte entre les Etats européens est nécessaire pour des raisons à la fois économiques et stratégiques. Si nous n’arrivons pas à coordonner nos plans pour la défense nationale, nous courons le risque de perte de capacité. Il est d’autant plus important de coordonner la planification nationale au niveau international. La condition préalable est de surmonter les réserves au niveau national et de se préparer à abandonner certaines compétences et à accepter la dépendance mutuelle. » (Nb : c’est sans doute le point le plus important).
  • Quatrième principe : la complémentarité entre l’UE et OTAN. Ces deux organisations « devraient être considérées comme complémentaires et non concurrentes. « Les deux organisations ont, toutes deux, leurs mérites : l’Union européenne met l’accent sur civilo-militaire et l’OTAN sur une alliance de défense collective. » Le renforcement de l’industrie de défense européenne renforcera l’ensemble de la communauté euro-atlantique.
  • Cinquième et dernier principe : la coopération, avec les organisations internationales comme l’ONU, l’Union africaine et l’Association des nations d’Asie du Sud doit être « élargie et intensifiée ».

Commentaire : Allemagne et Italie avaient signé en novembre 2011 une déclaration de coopération bilatérale. Un peu par dépit également de la signature des accords de coopération franco-britannique. En invitant, les Européens à aller « vers une solide architecture de sécurité européenne », ils envoient aussi un message, non subliminal, au nouveau gouvernement français pour élargir son horizon et envisager un nouveau saut qualitatif et quantitatif envers ses partenaires européens. Le problème, néanmoins, est que ces deux pays – Italie et Allemagne – ont drastiquement limité certains de leurs moyens opérationnels. C’est un inconvénient aujourd’hui. Ce pourrait être un atout demain. A Paris désormais de saisir ce qui peut s’interpréter comme une main tendue (considérons le bon coté des choses…).

(*) ceci est une traduction non officielle, effectué par mes soins, du texte publié en italien.  Thomas de M. et Giampaolo di P. ne m’en voudront pas, j’espère de quelques approximations dans la traduction. Mais l’essentiel y est, j’espère :-)
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Cinq nouveaux noms sur la liste de l’UE pour la Syrie

(BRUXELLES2) Depuis ce matin, la liste noire des individus et entités syriennes interdites de séjour dans l’UE et dont les avoirs sont gelées s’est enrichie de cinq nouveaux noms. Deux nouvelles entités économiques « soutenant financièrement le régime » voient ainsi leurs avoirs gelés : la General Organisation of Tobacco, entreprise détenue à 100% par l’Etat syrien et dont les bénéfices liés à l’importation et à la vente de tabac de marque étrangère sont directement versés au régime, et Altoun Group, entreprise participant à l’exportation du pétrole syrien grâce à un accord avec l’entreprise nationale Sytrol. Trois personnes physiques figurent également sur cette liste publiée au Journal officiel ce matin et se voient donc interdits de séjour dans l’UE en plus du gel de leurs avoirs. Il s’agit du PDG d’Altoun Group, Salim Altoun, de nationalité vénézuélienne, de son assistant Youssef Klizli et du gouverneur de la Banque Centrale Syrienne, Adib Mayaleh. C’est la quinzième vague de sanctions de la part de l’UE, qui porte le nombre de personnes ciblées à 128 et celui d’entités à 43. « L’UE va continuer sa politique de sanctions contre le régime, pas la population civile, tant que la répression continuera » ont déclaré les ministres de l’Union européenne.

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Première action offensive des forces anti-pirates de l’UE sur la côte somalienne (maj)

Un hélicoptère Sea Lynx MK 88A de la marine allemande qui est surement resté au repos ici. Les Allemands n'ont pas participé directement à l'opération. Le Bundestag a approuvé récemment l'extension de l'opération Atalanta (©Bundeswehr/Ortmann)

(BRUXELLES2) Les forces européennes n’ont pas traîné. Sitôt l’approbation par le Bundestag du nouveau mandat offensif de l’opération européenne anti-pirates (entériné le 10 mai), les marins d’Eunavfor Atalanta ont mené cette nuit une opération de destruction des stocks pirates sur la côte somalienne, près de la ville de Haredhere, un des repères pirates les plus célèbres, situés au Galmudug selon nos informations.

Cible atteinte par voie aérienne

« La cible, précise et proportionnée, a été atteinte à partir des voies aériennes » précise-t-on au QG d’Atalanta, sans doute par voie d’hélicoptère. « Et toutes les forces sont retournées saines et sauves à bord des navires, une fois l’action terminée ». L’évaluation est « en cours » mais « la surveillance de la zone durant l’action indique qu’aucun Somalien n’a été blessé à terre lors de cette action de l’Union européenne ». L’opération a été « menée en plein respect de la résolution 1851 du Conseil de sécurité des Nations-Unies et avec le plein soutien du gouvernement fédéral de transition somalien » précise-t-on.

La nationalité des moyens engagés n’a pas été précisée. Il s’agit de « moyens européens » m’a-t-on affirmé. Et tous les représentants militaires de chaque nation impliquée dans l’opération ont donné leur accord. Si des moyens « tricolores » (français) ont été engagés – comme certains indices nous le laissent à penser – ce serait ainsi la dernière « opération » menée sous l’égide du président Sarkozy.

Plusieurs skiffs détruits

Selon les détails que B2 a obtenu d’officiers impliqués dans l’opération, « Plusieurs skiffs ont été détruits », lors de cette opération impliquant effectivement « un seul hélicoptère » qui s’est déroulée un peu avant minuit. Un avion de patrouille maritime a survolé la zone en soutien et en reconnaissance. Il s’agit d’un « geste clair marquant notre détermination » m’a expliqué un interlocuteur. « D’autres actions pourraient être menées dans un bref délai si nécessaire ». Une douzaine de dépôts ont ainsi déjà été repérés. Certains sont facilement déplaçables, d’autres beaucoup moins. Car ils sont ancrés au regard de navires détenus en otage. Mais le simple fait pour les pirates de déplacer leurs camps participe déjà à la perturbation de leur activité.

Accroitre la pression sur les pirates, les empêcher de prendre la mer

C’est la leçon que tire le contre-amiral Duncan Potts, chef de l’opération Eunavfor Atalanta. « Cette mesure va encore accroître la pression sur les pirates, perturber leur activité et les empêcher de prendre la mer pour attaquer les navires marchands et boutres. » « Les populations locales et les pêcheurs somaliens, dont beaucoup ont tant souffert à cause de la piraterie dans la région, peuvent être rassurés que notre objectif vise les équipements de pirates connues et le restera à l’avenir ». a-t-il ajouté, tenant à rassurer les populations locales et pêcheurs, inquiets de cette nouvelle attitude des forces anti-piraterie. « A aucun moment, la force navale européenne n’a eu de présence au sol » ( ‘boots’ go ashore). NB : la force européenne Eunavfor comprend actuellement 9 navires et 5 avions sur une zone vaste qui couvre tout l’Océan indien de la mer d’Arabie au Canal du Mozambique, en passant par le Golfe d’Aden et le bassin somalien.

Commentaire : une première européenne et un sérieux avertissement aux pirates

On peut préciser que cette action offensive directe est une première non seulement au niveau de l’opération anti-pirates mais aussi des opérations de maintien de paix de l’Union européenne qui ne répliquaient jusqu’ici qu’en cas de légitime défense.

Elle constitue également un avertissement sérieux aux pirates qui sont pris entre deux ou trois fronts. A terre, l’offensive de l’Amisom bouscule les petits arrangements locaux avec des responsables des Al Shabaab. Tandis que les forces du Puntland tentent de s’organiser en matière de police côtière. Sur mer, le renforcement des moyens navals et aériens ainsi qu’une meilleure coordination des forces et des tactiques plus ciblées rendent plus difficiles leur action. Plusieurs bateaux-mères ont ainsi été repris ces derniers temps par les forces anti-pirates (Eunavfor, Otan, CTF 151). Résultat : la productivité des pirates intense dans les dernières années s’est sérieusement ralentie depuis le début de l’année, alors même que nous sommes entrés dans l’inter-mousson normalement plus propices aux sorties des pirates. Moins de bateaux = moins de rançons, donc moins de moyens disponibles et moins d’attractivité locale. Et maintenant, c’est sur les plages qu’ils risquent d’être atteints.

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La transition politique doit se terminer en Somalie, ou alors on sanctionne, disent les 27

(BRUXELLES2) Trois mois avant la fin prévue du gouvernement transitoire en Somalie, les 27 ministres des affaires étrangères de l’UE appellent ce dernier à respecter ce délai (le 20 août pour être précis). Ils rejettent « toute nouvelle extension du mandat des Institutions Fédérales de Transition« .  En somme, ils ne veulent pas répéter ce qui s’est fait il y a un an, date initialement prévue pour la fin de la transition, quand le mandat du Gouvernement Fédéral de Transition (GFT) avait été prolongé d’un an, faute de pouvoir établir une assemblée constituante. Mais depuis, le GFT est de plus en plus critiqué (et de plus en plus difficile à soutenir pour la communauté internationale) en raison des divisions internes qui empêchent le dialogue avec les acteurs susceptibles de rejoindre le processus de construction étatique.

Sanctions contre ceux qui freinent la transition ?
Les 27 s’inquiètent « 
des retards dans l’implémentation des tâches prioritaires » prévues par la feuille de route adoptée le 6 juillet dernier. Il est « crucial » maintenant d’adopter une nouvelle constitution et d’établir de nouvelles institutions comme prévu. Par conséquent, les ministres lancent un avertissement « à ceux qui sont jugés responsables du blocage des progrès ». Et ils vont donc « considérer des actions appropriées contre eux ». Le genre de vocabulaire utilisé pour des sanctions…

Il faut transférer les compétences aux forces somaliennes

Les ministres soulignent en outre « l’importance de finalement transférer les responsabilités en termes de sécurité aux autorités somaliennes ». Pour cela, il faut les aider financièrement, et les 27 « encouragent les autres donneurs à rejoindre ce processus. » Ils rappellent aussi le rôle particulier de la mission européenne EUTM Somalia à cet égard, qui va se concentrer sur les structures de commandement. Par ailleurs, « la nouvelle mission de l’UE EUCAP NESTOR va assister les Etats de la Corne de l’Afrique et de l’Océan Indien, y compris la Somalie, à développer des capacités durables et autonomes pour renforcer leur sécurité maritime et leur gouvernance, dont les capacités judiciaires. »

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Davantage d’autorité palestienne sur la Zone C, disent les Européens

(BRUXELLES2) La situation au Proche-Orient a, à nouveau, été au centre des débats des 27 ministres des affaires étrangères de l’UE. Ceux-ci ont « une profonde inquiétude » vis-à-vis de la situation « sur le terrain ». Ce n’est pas nouveau. Mais les « 27″ ont entendu cette fois s’intéresser plus particulièrement, à la zone C. Cette zone est sous contrôle israélien, et les forces palestiniennes n’y ont pas accès, même pour poursuivre des individus qui ont commis des faits délictueux dans les zones contrôlées par l’autorité palestinienne. Ce qui pose de sérieux problèmes au quotidien et pour le futur. Ce que redoutent en effet par dessus tout les ambassadeurs des 27, c’est de voir la solution à deux Etats – prônée par la communauté internationale et les Européens – rendue quasiment impossible à réaliser par la pratique sur le terrain.

Les ministres pointent ainsi « la détérioration des conditions de vie des palestiniens dans la zone C et les sérieuses limitations à l’encontre des Autorités Palestiniennes dans la promotion du développement économique », ainsi que « les plans de transfert forcé des communautés bédouines ». L’UE appelle ainsi Israël à « remplir ses obligations » à ce sujet, en cessant les transferts forcés de population et les démolitions de bâtiments palestiniens, ou encore en assurant un accès à l’eau et autres besoins humanitaires. Israël doit également « donner plus d’accès et de contrôle aux Autorités Palestiniennes sur la zone C ».

Transférer les taxes aux palestiniens, protéger les infrastructures

L’UE va continuer à fournir une assistance financière dans cette zone. Une série de projets vont être mis au point pour éviter que ces zones ne soient un désert économique. Mais les européens veulent que ce « qu’elle investit dans cette zone soit protégé dans le futur ». Il s’agit « d’éviter que les bâtiments que nous construisons et finançons ne soient détruits par la suite par les autorités israéliennes, comme cela a été le cas par le passé » explique un diplomate européen. L’UE appelle également Israël à ne pas retenir les taxes et droits de douanes prélevés pour le compte de l’autorité palestinienne. Ces « transferts par Israel sont une obligation selon le protocole de Paris ». disent-ils.

Télécharger les conclusions du Conseil (en anglais)

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La police civile, une priorité pour l’UE. Mais les 27 refusent de s’engager après 2014

(BRUXELLES2) L’Afghanistan était l’un des sujets à l’ordre du jour de la réunion des 27 ministres des affaires étrangères de l’UE aujourd’hui (14 mai). Point important avant la réunion de l’Alliance Atlantique à Chicago. Les « 27″ ont souligné « l’importance pour la communauté internationale d’adopter une approche globale de l’engagement post-2014, étant donné la corrélation entre la sécurité et le développement à long-terme de l’Afghanistan. » Mais ils ont refusé de s’engager sur un financement précis après 2014. Ce que demandait notamment l’OTAN et les Américains.

La sécurité, « vitale », la police civile « priorité » pour l’UE

En ce qui concerne la sécurité, elle est « vitale pour que les donateurs puissent donner une assistance effectivement à travers tout le pays. » Les 27 mettent l’accent sur le renforcement de la police civile car « assurer le professionnalisme et la qualité de la police afghane est une plus haute priorité que seuls les chiffres des fonds suffisants« . « La police civile va rester la priorité de l’assistance de l’UE au secteur de la sécurité« . Les ministres soulignent « l’importance d’une coopération et une coordination continue entre les missions de formation d’EUPOL, de l’OTAN et des Etats Membres« .

Après 2014, engagement de principe, à définir par la suite

La mission EUPOL Afghanistan doit continuer jusqu’à fin 2014, déjà. La décision de principe avait déjà été acquise. « Le soutien de l’UE aux efforts afghans de renforcement de la police et de l’Etat de droit » continuera « après 2014« . Les ministres n’ont pas voulu s’engager au delà. Car tout dépendra aussi d’une séquence de  réunions internationales qui vont s’étaler dans les prochaines semaines : Otan les 20 et 21 mai, Kaboul le 14 juin, Tokyo le 8 juillet. Le Conseil doit aborder « sous peu » la question de la forme que cela doit prendre.

L’UE entend par ailleurs augmenter le montant de son aide financière à destination de la Police Nationale Afghane à  travers le fonds LOFTA (Law and Order Trust Fund). « Il est essentiel que le LOFTA soit géré de manière efficace, transparente et responsable. » Mais certains pays – notamment les contributeurs nets comme la France ne veut pas qu’il y ait d’engagement sur l’Afghanistan avant un accord plus global sur le cadre financier pluriannuel de l’UE pour 2014-2020.

Les autorités afghanes renvoyées à leur responsabilité sur les élections, les finances et la justice

Les 27 ont rappelé leur soutien au gouvernement afghan « au cours de la décennie de la transformation« . Ils appellent les autorités locales à prendre leurs responsabilités quant à « l’exécution de leurs engagements à améliorer la gouvernance politique et économique« . En particulier pour « la tenue d’élections présidentielles et législatives inclusives et crédibles« . Pour cela, « l’UE est prête à continuer à soutenir les efforts afghans pour réformer le système électoral« . En outre, la priorité doit être donné à l’établissement d’une « société civile active et indépendante« , « au respect des droits de l’homme, particulièrement ceux des femmes et des enfants » ainsi qu’au « renforcement du secteur judiciaire, qui est une contrepartie essentielle d’une police civile plus forte« . La gestion des finances publiques doit être améliorée, notamment en assurant une transparence des flux liés à l’aide internationale. La question de la corruption et de « l’évaporation » des différentes sommes données par la communauté internationale est et reste toujours problématique.

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