Les Lituaniens à bord des navires du PAM

(B2) Un détachement lituanien de protection des navires (VPD) assure actuellement au sein de la force navale de l’UE présente dans l’Océan indien contre la piraterie la protection du navire du Programme alimentaire mondial (PAM), le MV Esbjerg. Ils ont pris le relais de l’équipe serbe.

Depuis le début de l’opération EUNAVFOR Atalanta en 2008, la force navale de l’UE a commencé à assurer la protection de plus de 400 navires du PAM, qui ont permis d’acheminer plus de 1,5 million de tonnes d’aide alimentaire aux Somaliens. La technique des détachements de protection de navires autonomes a été mise en place depuis 2010 et a prouvé son efficacité.

Elle permet, en effet, avec des moyens assez limités (une douzaine d’hommes) d’assurer la protection des navires. Elle permet aussi à de nombreux pays de l’UE (pays baltes notamment) comme extérieurs (Serbie, Monténégro, …), qui ne disposent pas automatiquement de moyens maritimes importants (voire pas de marine du tout), de participer de façon active à l’opération européenne de lutte anti-piraterie.

(NGV)

Le Sierra Leone autorise les équipes embarquées à bord de ses bateaux

Présence avancée. La logistique belge à l’appui à Rukla

Au camp de base logistique (© NGV / B2)

(B2 à Rukla) La présence avancée renforcée (« Enhanced Forward Presence » ou EFP) des pays de l’OTAN s’ancre peu à peu dans le paysage lituanien. Le système se rôde peu à peu. Et l’on prépare déjà la prochaine rotation, en 2018.

Une partie du camp de Rukla – Lituanie (© NGV / B2)

Dans la base de Rukla, nombre de bâtiments ont déjà été rénovés. Mais les pelleteuses continuent de s’activer dans tous les coins pour étendre le camp et dresser de nouveaux bâtiments. Le gouvernement lituanien a prévu de consacrer une vingtaine de millions d’euros – avec l’aide de l’OTAN et des États-Unis – à moderniser et étendre ses casernements.

Les pelleteuses à l’action à Rukla (© NGV)

 

Détachement allemand à Rukla (© NGV)

Les Français, Tchèques et Croates devraient rejoindre ce bataillon en janvier. Mais certains éléments précurseurs seront là dans quelques semaines, dès décembre.

La logistique, élément primordial du déploiement de l’OTAN

A quelques centaines de mètres de la base de Rukla, le dépôt logistique… Véhicules de transports, grues, engins de levage, conteneurs, réserve d’engins blindés ou de chars. C’est dans cet espace entouré de forêts, un rien boueux (mes chaussures s’en souviennent) qu’œuvrent les hommes et femmes de la logistique. Sans eux, rien ne serait possible. « S’ils ne ne sont pas là, l’opération s’arrête à l’instant » confie un responsable. Tout le monde le sait. Mais inévitablement cela attire moins l’œil que des chasseurs qui décollent, faisant vrombir les moteurs. Les journalistes et télévisions sont beaucoup moins nombreux à être présents.

Véhicules de transport lourd et engins grues

Les Belges fournissent notamment l’essentiel des moyens de transport lourd qui sont arrivés par la route au début de l’année. Les sept Scania porte-chars ou véhicules lourds ne chôment pas. Mais les six ALC (Automatic Load Carriers) et les deux Astra 12 tonnes — qui peuvent transporter des conteneurs – et leurs sept petits frères Astra de 8 tonnes, ainsi que les six Unimog ne sont pas en reste. « Nous sommes tous les jours sur la route », nous confie un officier, « notamment pour acheminer les engins vers les lieux d’entraînement » — les véhicules chenillés ne peuvent pas passer sur les routes lituaniennes.

 

Char Leopard sur véhicule (© NGV)

Un savoir faire belge apprécié

« Peu de pays ont des véhicules lourds de transports ». Et le savoir-faire belge semble apprécié des autres nationalités. Les premiers éléments arrivés en janvier ont assuré des navettes régulières vers le port de Klaipeida pour récupérer le matériel qui arrive dans des conteneurs par voie maritime ou par voie aérienne à l’aéroport de Kaunas. Et, à chaque rotation, les mouvements sont plus intenses. Le principal camp, Pabrade, situé non loin de la frontière biélorusse, est en effet à deux heures de route de là (trois heures avec un moyen de transport lourd). Et les militaires des pays de l’OTAN vont régulièrement s’y entraîner. Le gros avantage de ce camp sur ceux que connaissent les militaires : un grand champ de tir, « plus profond que ce qui existe dans nos pays » témoigne un officier, et une petite zone urbaine reconstituée. C’est aussi le seul centre d’entraînement en combat urbain dans les pays baltes, comme le revendiquent (fièrement) les Lituaniens.

Convoi routier (Crédit : MOD Belgique)

Une cinquantaine de militaires belges, essentiellement du 4e bataillon logistique de Marche-en-Famenne (1), forment l’ossature de la compagnie logistique du bataillon multinational déployé en Lituanie, intégrant des éléments luxembourgeois. Les Allemands (du 371e bataillon d’infanterie mécanisée) et Néerlandais (du 42e bataillon d’infanterie) composent le reste de la compagnie. Encore quelques semaines, le temps d’apercevoir les premières neiges, et de sortir de la boue, et ils seront de retour au pays. Ce sont les Allemands qui prendront alors le relais sur l’aspect logistique.

(crédit : MOD Belgique)

Les Belges ne devraient cependant pas rester longtemps absents de Lituanie, nous a affirmé le ministre de la Défense Steven Vandeput dans un entretien (lire : Tous les investissements, nous les ferons en coopération (Steven Vandeput) : la Belgique devrait fournir une compagnie de combat et différents éléments à partir de septembre 2018 (environ 230 hommes), à ajouter à la présence des avions F-16 belges qui participeront à la Baltic Air Policy, la surveillance du ciel balte effectuée à tour de rôle par les pays de l’OTAN, à partir de la base aérienne de Siauliai.

(Nicolas Gros-Verheyde)

(1) Le détachement belge logistique comprend 44 militaires du 4e bataillon logistique de Marche-en-Famenne, deux du groupe de contrôle des mouvements et quatre du groupe de communication et de systèmes d’information de Peutie, deux policiers militaires d’Evere ainsi qu’un élément médical d’intervention de Lombardsijde. Soit 55 soldats, officiers et sous-officiers.

(2) Le Bataillon logistique est en filiation directe avec les premières unités logistiques qui ont été créées en 1830 pour soutenir les unités d’artillerie. Comme leurs homologues françaises, elles prennent alors le nom de « compagnie du train ». Elles acquièrent leur autonomie de l’artillerie après la guerre de 1870 qui oppose Français et Prussiens. Durant la seconde guerre mondiale, nouvelle évolution, les Belges servent au sein du Royal Army Service Corps (RASC) créé en 1942, et ils sont intégrés dans la Brigade Piron (l’équivalent pour les Belges de la 2e DB du général Leclerc).

Zapad : un exercice russe qui ne fait pas peur aux Estoniens

(B2 à Tallinn) L’exercice Zapad organisé, par les Russes et Biélorusses, en Biélorussie, du 14 au 20 septembre, ne devrait rassembler que 13.000 hommes (selon les Russes), 100.000 selon les Lituaniens … et les Estoniens. Une démonstration de force qui n’est pas nouvelle en soi.

Un exercice pas nouveau et souvent conçu sur un mode agressif

L’exercice Zapad est un vieil exercice de l’armée soviétique. Dans le passé, durant la guerre froide, il rassemblait déjà au-delà de 100.000 hommes jusqu’à 150.000 hommes. Après un temps d’interruption, il a été repris en 1999 (Poutine est devenu Premier ministre). Et son objectif est déjà tout autant politique (vis-à-vis des pays de l’Alliance atlantique) que militaire (pour qualifier ou, à l’inverse, déclencher de nouveaux concepts). L’exercice organisé en 1999, par exemple, avait conduit la Russie à adopter un nouveau concept de sécurité (en 2000). La thématique avait souvent trait à l’OTAN…

Un exercice tourné vers / contre l’Ouest

L’exercice Zapad 2009, dix ans plus tard, s’il ne rassemblait officiellement que 12.000 hommes (avec 900 tanks et 100 avions et hélicoptères) avait un scénario pour le moins offensif. Face à une attaque des troupes de l’OTAN, il réagissait avec une attaque simulée nucléaire contre la Pologne et la répression d’un soulèvement fomenté par la minorité polonaise en Biélorussie (lire dans le Telegraph). Rien de très pacifique ! A côté de cela, l’exercice d’aujourd’hui pourrait presque paraître champêtre.

Pas de menace directe

L’émoi face à cet exercice des autorités politiques – surtout en Pologne (1) et en Lituanie – ne semble pas partagé dans les rangs militaires ni alliés ni même des pays baltes. Le chef d’état-major estonien l’a confirmé à ses homologues alliés qui l’interrogeaient pour savoir s’ils étaient menacés. En substance, la réponse a été « Nous n’avons pas peur. Nous ne nous sentons pas menacés. Nous avons des moyens de réagir, avec des alliés prêts à nous épauler, si on était menacés. » En revanche, ce que craignent et redoutent davantage les autorités estoniennes (militaires et politiques), ce sont des attaques de basse intensité militaire, mais tout autant déstabilisante pour la vie ordinaire. Face à ces attaques hybrides, par nature, mêlant cyber attaque, désinformation, manifestations civiles sont ressenties dans des pays qui comportent une forte minorité russophone comme la « vraie » menace (lire : A Tallinn, les ministres jouent à la guerre cyber hybride).

 

(Nicolas Gros-Verheyde, à Tallinn)

(1) Pour des raisons essentiellement de politique interne qui n’échappent à aucun allié et dans la hiérarchie de l’OTAN.

Des armes à bord d’un navire libyen. Une première saisie pour Sophia (V2)

C’est une équipe de marins lituaniens qui a procédé à la saisie d’armes (crédit: EUNAVFOR Med)

(B2) Lundi 1er mai, les gars de l’opération Sophia ont effectué une saisie d’armes, la première du genre depuis que l’opération européenne en Méditerranée (EUNAVFOR Med) a débuté le contrôle de l’embargo sur les armes, en octobre dernier, conformément à la résolution 2292 du Conseil de sécurité des Nations unies. De quoi démentir notre article publié avant le week-end qui mentionnait zéro saisie d’armes (lire au bilan de l’opération Sophia)

Un navire portant pavillon libyen

Cette prise revient au navire allemand, le navire auxiliaire Rhein, ou plus exactement à l’équipe d’abordage lituanienne qui était à bord… Les Lituaniens ont abordé un navire El Mukthar arborant le pavillon libyen. Ils ont découvert à bord un petit arsenal : des mitrailleuses, des fusils AK47 (Kalachnikov), des lances roquettes type RPG et les grenades, des grenades de mortier et des munitions.

Le Parquet de Marseille devrait être saisi

Toutes les armes ont été saisies et ensuite transférées à bord du navire allemand pour être vérifiées, comptées et ensuite éliminées par des militaires. Les auteurs des faits délictueux pourraient être poursuivis. Normalement, selon le protocole interne conclu au sein de l’Union européenne, c’est le Parquet de Marseille qui devrait être saisi.

(Maj 13.5) Selon nos informations, le navire saisi se rendait de Misrata à Benghazi, transportant des armes en nombre, loin d’être défensives : des mines terrestres, des matériels en nombre destinées à une offensive, et à destination apparemment des troupes anti-Haftar.

(Nicolas Gros-Verheyde)

Lire aussi :

HelicopterePumaMk2KaboulAfghanistan@Uk1503

Crash d’un hélicoptère britannique en Afghanistan (maj)

HelicopterePumaMk2KaboulAfghanistan@Uk1503(B2) Un hélicoptère Puma MK2 de la Royal Air Forces (RAF) s’est écrasé, dimanche dans l’après-midi, sur le quartier général de l’opération de l’OTAN, Resolute Support, à Kaboul, en Afghanistan.

L’hélicoptère revenait d’une mission de formation et s’est écrasé à l’atterrissage. Une de ses pales a heurté, apparemment, un des câbles retenant un ballon. Neuf personnes se trouvaient à bord. On dénombre cinq tués — deux Britanniques, deux Américains et 1 Français (un civil) — et 4 blessés — dont un Lituanien. « Un accident et non pas le résultat de l’activité des insurgés » prend-on bien soin de préciser du côté du ministère britannique de la Défense.

(NGV)

Mis à jour – 12.10, avec détail sur les nationalités des victimes

Prisons secrètes de la CIA. Les Etats européens doivent enquêter plus sérieurement dit Amnesty

(B2) Amnesty international, vient de dénoncer dans un rapport les pratiques de plusieurs pays européens qui ont collaboré avec la CIA, sur les sites de détention secret, mis en place pour traquer le terrorisme international sous le gouvernement Bush. Une pratique « plus répandue que ce qu’on a bien voulu dire » souligne l’organisation des droits de l’Homme qui épingle, exemples à l’appui du rapport américain du Sénat, 5 pays. Les enquêtes menées dans ces pays sont au point mort, ou plutôt « se poursuivent » sans vraiment de résultat.

Les gouvernements européens doivent enquêter plus sérieusement

Une situation que veut dénoncer Amnesty. « Les gouvernements européens impliqués dans les opérations de la CIA contre le terrorisme doivent mener de toute urgence une enquête efficace et de grande ampleur, et réformer les lois, politiques et pratiques ayant rendu possibles de tels agissements, à la fois cruels et illégaux » estime Julia Hall. « Toutes les personnes responsables d’actes de torture et de disparitions forcées sur les territoires des États européens doivent être inculpées au pénal et rendre des comptes à l’issue d’un procès équitable. Les victimes de torture doivent obtenir justice ».

Site « Blue » en Pologne : enquête en cours

Deux anciens fonctionnaires polonais ont finalement admis que la Pologne avait accueilli un site de détention secret de la CIA. Le rapport du Sénat fait référence au « Detention Site Blue » et fournit des détails sur le site qui concordent avec des informations publiques visant un site secret de la CIA en Pologne. Il complète ainsi deux décisions de la Cour européenne des droits de l’homme émises en juillet 2014, selon lesquelles la Pologne était complice du programme secret de « restitution » et de détention secrète des États-Unis. Parmi les exemples de « techniques renforcées d’interrogatoire », il a été mentionné qu’un ou deux hommes ont subi des simulacres de noyade, des simulacres d’exécution avec une arme non chargée, des menaces de mutilation à la perceuse, et des menaces d’agression sexuelle contre la mère de l’un des détenus. L’enquête criminelle en Pologne, lancée en 2008, « a été retardée à plusieurs reprises et est toujours en cours ». La faute aux Américains selon Varsovie. Un responsable polonais a déclaré à Amnesty International que « le gouvernement américain a ignoré un certain nombre de demandes d’informations nécessaires à l’enquête ».

Site « Black » en Roumanie : faire plaisir aux Américains pour adhérer à l’OTAN

En Roumanie, après des années de dénégation, l’ancien chef du service roumain des renseignements et conseiller en matière de sécurité nationale du président de l’époque a admis que les Renseignements roumains avait permis aux États-Unis d’ouvrir un ou deux centres de détention dans le pays, dénommé « Detention Site Black » dans le rapport du Sénat US. Il a expliqué cette coopération par le fait que la Roumanie était candidate à l’adhésion à l’OTAN. Ka Roumanie aurait reçu des millions de dollars du gouvernement américain. Les autorités roumaines ont déclaré avoir ouvert une enquête et demandé une version complète, non expurgée, du rapport du Sénat.

Site Velvet en Lituanie

Après la publication du rapport du Sénat, un parlementaire précédemment chargé d’enquêter sur des allégations concernant l’existence d’un site secret a reconnu que le rapport indiquait que des détentions avaient effectivement eu lieu en Lituanie. Un groupe de députés lituaniens a déposé une motion au Parlement pour établir une nouvelle commission d’enquête sur la participation de la Lituanie aux opérations de détention secrète de la CIA.

Royaume-Uni : l’allié le plus important

Le Royaume-Uni était « sans doute l’allié le plus important des États-Unis dans les opérations de contre-terrorisme mondial de la CIA ». Le rapport du Sénat contient une référence à l’implication possible du Royaume-Uni dans les opérations secrètes de détention et d’interrogatoire : la torture de l’ancien détenu de Guantánamo Bay, Binyam Mohammed. Est-ce que Diego Garcia (territoire britannique dans l’Océan Indien) a été utilisé comme point de transit ou lieu de détention dans le cadre de « restitutions », se demande Amnesty qui se plaint de l’absence d’enquête réelle. Même si le Premier ministre David Cameron a affirmé que « le Royaume-Uni enquêtait sur les allégations selon lesquelles ses agents ont été impliqués dans des tortures et des mauvais traitements infligés à des détenus étrangers hors du territoire britannique », cette affirmation « ne résiste pas à l’examen » selon Amnesty International. « L’enquête menée par le comité des renseignements et de la sécurité du Parlement n’est pas indépendante » et ce travail est « bridé du fait que le gouvernement disposait d’un pouvoir discrétionnaire absolu sur la divulgation des informations au nom de la sécurité nationale ».

Fyrom Ex-République de Macédoine et Allemagne

La torture et la disparition forcée du ressortissant allemand Khaled el Masri alors qu’il était détenu par les Américains a donné lieu à une décision de la Cour européenne des droits de l’homme en 2012. Mais « le gouvernement macédonien n’a fait aucun commentaire sur le rapport et n’a pas encore appliqué (cette) décision ». Le gouvernement allemand n’a pas non plus « enquêté efficacement sur son propre rôle dans les opérations de la CIA, ni demandé l’extradition des États-Unis de treize anciens employés de la CIA soupçonnés d’avoir été impliqués dans la « restitution » de Khaled el Masri ».

(NGV)

Lire aussi : Détentions secrètes de la CIA. Les eurodéputés demandent la réouverture d’enquêtes dans 8 pays

ambulances sur le tarmac de l'aéroport prenant en charge les blessés (crédit : MOD Lituanie)

La prise en charge de blessés ukrainiens continue à Vilnius

ambulances sur le tarmac de l'aéroport prenant en charge les blessés (crédit : MOD Lituanie)

ambulances sur le tarmac de l’aéroport prenant en charge les blessés (crédit : MOD Lituanie)

(B2) Un avion Spartan de la Force aérienne lituanienne a rapatrié vendredi (9 janvier), de Kiev à Vilnius sept participants blessés dans « l’opération anti-terroriste » (ATO) mené par le gouvernement de Kiev dans l’Est de l’Ukraine. « Ils devraient être soignés au Centre de réadaptation militaire de Druskininkai et dans d’autres structures civiles de santé ailleurs en Lituanie » précise un communiqué de la Défense lituanienne parvenu à B2. Ce n’est pas la première fois qu’un tel rapatriement est organisé. Plusieurs pays européens (Pologne, Allemagne, Rép. Tchèque) notamment participent aux côtés des pays baltes à la prise en charge de blessés lors des opérations en Ukraine.

(crédit : MOD Lituanien)

Les Italiens et Polonais prennent la relève des Portugais et Canadiens au-dessus des pays baltes

(crédit : MOD Lituanien)

(crédit : MOD Lituanien)

(B2) Les Eurofighter italiens, ont pris le relais depuis le début de l’année des F-16 portugais sur la base de Šiauliai en Lituanie. Assistés de 4 MIG-29 polonais qui sont arrivés à Siauliai, le 5 janvier, d’Eurofighter espagnols, basés à Ämari (Estonie), et des F-16 belges basés à Malbork, Pologne, ils assureront ainsi jusqu’à fin avril la surveillance aérienne des pays baltes.

Cette mission assurée dans le cadre de l’OTAN, à tour de rôle par les pays membres de l’organisation Atlantique, est particulièrement cruciale aujourd’hui à l’heure où le ciel balte, est survolée régulièrement par des avions militaires russes qui « s’égarent » ou « dévient » de la route. Au-delà de l’aspect technique de la police du ciel, cette mission a ainsi un objectif plus politique : réassurer les pays baltes de la solidarité européenne et envoyer un signal à Moscou que ceux-ci ne sont pas seuls.

 « Je suis extrêmement reconnaissant aux gouvernements de ces pays. Car ils comprennent la nécessité de la solidarité aujourd’hui, quand c’est le plus nécessaire » a d’ailleurs souligné Juozas Olekas lors de la cérémonie de passation du commandement qui s’est déroulée à la fin de l’année sur la base de Šiauliai. « C’est très important de pouvoir faire confiance à nos partenaires dans les jours comme ça, où la situation géopolitique dans la région est tendue, où les mesures de dissuasion sont essentielles ».

Si les Polonais – la sixième fois qu’ils participent à la mission – et Belges sont des habitués du ciel balte, c’est la première fois que les Italiens assurent cette mission. Le contingent polonais qui provient de la base 23 « MinskMazowiecki » comprend environ 100 personnes (pilotes, techniciens, personnel médical, groupe de soutien et communications).

Les quatre avions portugais F-16, renforcés de quatre avions de chasse CF-188 canadiens, d’Eurofighter allemands basés à Ämari (Estonie) et d’avions F-16 néerlandais, basés à Malbork (Pologne) ont mené environ 70 interceptions sur la mer Baltique durant les 4 derniers mois, selon les sources du ministère lituanien de la Défense.

(NGV)

Un MIG-29 polonais et un Typhoon FGR4 anglais lors d'un exercice à Siaulai dans le cadre de la mission Baltic Air Policing de l'OTAN

Baltic Scramble

(B2 à Šiaulai) Il fait beau sur la Baltique, ce jour-là. Et les quatre avions — britanniques et  polonais — sont en mission d’entraînement

Un MIG-29 polonais et un Typhoon FGR4 anglais lors d'un exercice à Siaulai dans le cadre de la mission Baltic Air Policing de l'OTAN

Un MIG-29 polonais et un Typhoon FGR4 anglais lors d’un exercice à Siaulai dans le cadre de la mission Baltic Air Policing de l’OTAN (© Mark Hookham)

La routine, pour les pilotes des 4 avions qui sont en l’air, 2 Typhoon FGR4 britanniques et 2 MIG-29 polonais… Nous les observons à distance dans l’avion C27J de l’armée lituanienne. Soudain, c’est l’alerte. Les deux Typhoon changent de trajectoire, virent d’aile. Ils quittent le champ de vue. « Something is wrong » confie un pilote anglais expert de ce genre de situations. Un appareil non identifié a, en effet, été repéré frôlant la frontière d’un des pays baltes sur lequel s’exerce la surveillance des appareils de l’OTAN.

Alpha scramble pour la Royal Air Force !

L’alerte est bien réelle (un « Alpha Scramble » comme aiment à l’appeler les aviateurs). C’est bien un appareil russe, un hélicoptère militaire K-27 HELIX qui vole au-dessus des eaux internationales, tout proche de la frontière lettone. Plusieurs éléments le rendent suspects aux yeux des contrôleurs aériens de l’OTAN du CAOC (Combined Air Operation center) de Uedem, en Allemagne, qui commande tout le dispositif. Son « transpondeur était éteint » et il n’avait « pas de plan de vol défini » nous explique un officier. Il n’a pas répondu aux premiers signaux des contrôleurs du ciel. Autrement dit il était suspect. Une patrouille danoise l’a prise en chasse avec la patrouille britannique. Renseignement pris : l’hélicoptère provient bien du Stereguschiy (530), une corvette de la flotte de la mer de la Baltique. Localisation effectuée, les avions retournent à leur base. Les Danois à Amari (Estonie), les Britanniques à Siaulai.

La base d’attache : Šiaulai

 Située à près de 300 km de la capitale lituanienne Vilnuis, la base militaire de Šiaulai est aujourd’hui le centre nerveux de la surveillance aérienne, renforcée, mise en place par l’OTAN dans le cadre de la Baltic Air Policy (Lire : Au-dessus des pays baltes, des avions de l’OTAN veillent). Dans le passé (quand la Lituanie faisait partie de l’URSS), elle était déjà « stratégique ». Car les avions bombardiers russes pouvaient ainsi atteindre l’Allemagne et le Nord de l’Europe. Les stigmates de la période soviétique sont d’ailleurs visibles avec des installations datées comme de vieux hangars, qui servent aujourd’hui à ranger du matériel.

La peur lituanienne

Pour les Lituaniens, avoir cette présence des autres pays n’est pas du luxe. La Lituanie est très « heureuse d’accueillir un renfort de l’OTAN et de ses alliés » explique la ravissante First Lieutenant Leva Gulbiniene, assistante du commandant de la base, qui nous sert de guide. Les Lituaniens ont « peur » et craignent leur grand voisin russe, qui les a occupés durant près de 120 ans. Près de 400.000 personnes ont été déportés en Sibérie. « L’annexion de la Crimée par Poutine fait peur aux Lituaniens » explique le First Lieutenant Gulbiniene et a rappelé de mauvais souvenirs.

MIG-29 Polonais à la base de Siaulai en Lituanie.

(© Mark Hookham) MIG-29 Polonais à la base de Siaulai en Lituanie.

Des Polonais…

Ce sont les Polonais dirigés par le Ltt-Col Krzysztof Stobieski, qui sont de permanence sur le territoire balte en ce moment. Les 4 MIG-29 du « ORLIK 5 »le cinquième détachement polonais du genre  à la base de Šiaulai depuis le début des missions de l’OTAN, en 2004 — sont prêts à répondre à toute alerte, 24h/24 et 7 jours/7. Le « scramble » — terme de l’aviation internationale qui signifie une alerte et un décollage d’urgence — est de deux types : l’alerte réelle (ou Alpha Scramble) : une mise en alerte d’avions de combat pour une mission de sûreté aérienne et l’alerte d’entrainement (ou Tango Scramble) qui est une alerte d’entrainement pour une mission réelle d’interception d’un aéronef.

Billy Cooper, Squadron leader, commandant opérationnel de la 135 EAW.

(© Mark Hookham) Billy Cooper, Squadron leader, commandant opérationnel de la 135 EAW

Et des Britanniques

En renfort des Polonais, les quatre Typhoon britanniques ont aussi pris leurs aises, depuis le 1er mai, sur la base de Šiaulai. Un camp provisoire a été monté de toutes pièces. La base de Siaulai ne pouvait, en effet, accueillir ce renfort de quatre avions supplémentaires. Il aura fallu 10 jours aux 135 personnes du détachement pour « construire un camp complètement opérationnel » comme l’explique Simon Hulme, chef du détachement du 135e Expedionary Air Wing (EAW). Le montage des deux « tentes de luxes » pour avions de chasse n’a pas été « une partie de plaisir » à cause des mauvaises conditions climatiques.

Dix minutes pour être en l’air après alerte

Tous les jours – alerte ou pas – les pilotes s’entraînent. Il faut être « prêt à répondre, à toute heure du jour, 24h/24 et 7 jours/7 » à une alerte, explique le squadron leader Billy Cooper. Quand la sirène retentit – un long signal continu et strident – c’est la course contre la montre.

Les techniciens (ils sont 4 ce jour-là) s’affairent à la mise en route de l’avion de chasse, retirent les différentes protections, démarrent les moteurs et tous les systèmes de contrôle. Le pilote, déjà habillé et harnaché (c’est la règle en cas d’astreinte), déboule dans le hangar. Un peu plus loin, à l’autre bout de la piste, son alter ego effectue le même trajet. Monté à toute vitesse dans l’appareil – échelle retirée par le technicien -, chacun des pilotes fait les vérifications d’usage avant le décollage. Les avions sortent du hangar, parcourent quelques mètres pour atteindre leurs positions sur la piste de décollage. Le pilote en position « met littéralement à feu » les moteurs.

L’un après l’autre, les avions prennent rapidement de la vitesse et décollent quelques centaines de mètres plus tard dans un bruit fracassant. On ne distingue désormais que deux traces de kérosène noire, qui s’estompent lentement dans le ciel bleu lituanien. Les avions sont déjà loin, hors de notre champ de vision. Un coup d’oeil sur la montre : moins de 10 minutes. Les pilotes du 135e Expedionary Air Wing ont tenu le délai. Ils sont prêts. Un « appui nécessaire » pour  « sécuriser » la région Baltique et « occuper » le plus possible le ciel en raison de la recrudescence des exercices militaires russes dans la région, justifie Billy Cooper.

(Jérémy Cauderlier st.)

A lire aussi  : 4 Rafale français présents à Malbork. Plus qu’un symbole …

Nb : Photos utilisées avec la courtoisie de notre collègue Mark Hookman du Sunday Times

 

F 15 à son arrivée à la base aérienne de Siauliai (crédit : ministère lituanien de la Défense)

Avions US en renfort dans les pays baltes et en Pologne

F 15 à son arrivée à la base aérienne de Siauliai (crédit : ministère lituanien de la Défense)

F 15 à son arrivée à la base aérienne de Siauliai (crédit : ministère lituanien de la Défense)

(BRUXELLES2) A la demande des pays baltes et de la Pologne, l’US Air Force a commencé à déployer dans la zone des avions de chasse. Une décision prise par Chuck Hagel, le secrétaire d’Etat à la Défense, mercredi.

12 avions F-16 en Pologne arrivent la semaine prochaine

12 avions F-16 doivent ainsi arriver en Pologne la semaine prochaine a annoncé ce matin le ministre polonais de la Défense, Tomasz Siemoniak, invité dans l’émission politique de la radio polonaise, ce matin. « A notre demande, les Américains ont accéléré » le déploiement de ces avions qui « devaient participer à un exercice et l’ont considérablement augmenté ». Les détails ne sont pas encore connus, mais « nous y travaillons » a ajouté le ministre. L’ambassadeur américain en Pologne Stephen Mull a confirmé, sur Radio 3, que ces avions seront présents « aussi longtemps que nécessaires ».

Six avions F-15 viennent d’arriver dans les pays baltes…

Six avions US F-15 C Eagle venant de la base de Lakenheath (Royaume-Uni) avaient déjà atterri sur la base aérienne de Šiauliai (Lituanie), hier, jeudi (6 mars), ainsi que l’ont annoncé les ministres estonien et lituanien de la Défense. Des avions, accompagnés de deux avions KC-135 (*), qui ont acheminé le personnel. Ils viennent ainsi renforcer les 4 avions déjà présents sur place (qui proviennent de la même base de Lakenheath) et assurent la police de l’air du ciel balte. Une mission classique, assurée à tour de rôle par les pays de l’OTAN tous les 3 ou 4 mois. Les Belges étaient ainsi de permanence auparavant et les Français à l’été 2013. Les F-15 participeront à l’exercice régional de l’OTAN « BRTE » (Baltic Regional Training Event qui se déroulera début avril associant tous les pays de la région, y compris la Suède et la Finlande (qui ne sont pas membres de l’OTAN).

Lire aussi :

Une présence liée à la crise ukrano-russe

En soi, cette présence aérienne américaine n’est donc pas une totale nouveauté (outre la mission de surveillance aérienne dans les pays baltes, les Etats-Unis ont un accord avec la Pologne). Mais c’est surtout la situation dans la région, avec les propos belliqueux des Russes sur l’Ukraine comme les manoeuvres militaires dans la région (Kaliningrad notamment), qui provoquent cette réaction. Ce qu’a confirmé le ministère lituanien de la Défense. C’est une « réponse aux développement dans la région et une démonstration de l’engagement à long-terme des Américains pour l’OTAN et la sécurité européenne« .

Commentaire. En clair, ce déploiement de 18 avions au total rassure les pays de l’Est, particulièrement inquiets, que le « pivot » américain vers l’Asie ne signifie un complet désengagement d’Europe. Cette présence est la marque que Washington ne se désintéresse pas (totalement) du continent européen. On peut remarquer aussi que les Européens en soi sont absents de cette manoeuvre, non seulement les pays ouverts au dialogue (Français, Italiens, Allemands…) mais aussi les Suédois ou Britanniques, pourtant adeptes d’une position vis-à-vis de Moscou. On peut noter aussi que cette manoeuvre ne participe pas vraiment à une « désescalade » de la tension dans la région – comme souhaité par les Européens – mais plutôt à un message de « fermeté » par rapport au pouvoir russe. Un point que l’on ne souhaite pas vraiment « commenter » au Service diplomatique européen. « Notre message est celui fixé par le Conseil européen hier » a ainsi précisé la porte-parole de Catherine Ashton à une question de B2.

(*) NB : Il faudra vérifier si ces avions KC135 – qui sont surtout des ravitailleurs – resteront sur place. Ce qui permettrait de doter les F-15 d’une capacité de durée en vol ou d’une élongation (distance d’action), supérieure…

(crédit : Eunavfor Atalanta)

Des VPD Serbes de garde sur les bateaux du PAM

(crédit : Eunavfor Atalanta)

Voir un soldat serbe avec le logo européen au-dessous … (crédit : Eunavfor Atalanta)

(BRUXELLES2) Des militaires serbes vont être engagés pour la première fois dans l’opération de lutte anti-piraterie de l’Union européenne (EUNavfor Atalanta), au large de la Somalie. Ils vont en effet former un détachement de protection embarquée (VPD) qui servira à protéger les navires du Programme alimentaire mondial (PAM).

Un logo européen, un drapeau serbe

C’est la première fois que la Serbie – pays non membre de l’Union européenne – est engagée dans l’opération EUNavfor. Mais ce n’est pas une première totale. Un médecin serbe assurait déjà la partie soins médicaux dans la mission de formation de l’armée somalienne EUTM Somalia.

Relève effectuée à Djibouti

Ils prennent le relais d’un détachement de militaires lituaniens qui ont assuré ce travail d’escorte embarquée dans les 4 derniers mois, à bord du MV Caroline Scan, un navire affrété par l’organisation internationale. Le passage de « témoin » s’est effectué à Djibouti. Protection efficace puisque le navire n’a subi aucune attaque pirates et a pu délivrer ses 730.000 tonnes de vivres sans encombre jusqu’aux ports somaliens.