L’embargo (armes, finances) contre la Russie devient inéluctable

(BRUXELLES2) Après le crash du Boeing MH17, tiré par un missile provenant de l’est de l’Ukraine, des mesures plus strictes devront être prises par les Européens à l’encontre de la Russie. Le temps de la tergiversation et l’hésitation ne semble plus possible. Il ne parait plus possible maintenant d’égrener, quelques noms de plus sur une « liste noire » dont les avoirs seront gelés dans l’Union européenne (*). L’embargo sur les armes est désormais sur toutes les lèvres. Il s’agit aussi de viser au coeur, quelques sociétés de l’establishment russe (la société d’exportation d’armes par exemple…).

La suspension de la livraison des Mistral

La France, jusqu’ici réticente pour prendre des mesures sur la livraison de navires Mistral, est concernée au premier chef. La position de Paris de ne considérer ce contrat qu’au moment de la livraison en octobre devient intenable et engendre plus de confusion que nécessaire. Elle ressemble de fait à un feu vert symbolique à Moscou de faire ce qu’il veut en Ukraine. Il faut renverser le principe : le contrat est maintenu (**) mais il s’agit de conditionner de ces navires performants comme de l’échange de technologie qui l’accompagne au respect des principes définis en 4 points demandés, lors du conseil des ministres des Affaires étrangères de l’Union européenne, fin juin.

Un embargo total des armes…

Cette mesure ne doit pas rester isolée. C’est une mesure de suspension totale des échanges militaires (achat comme vente) qui doit être faite. Un embargo sur les armes, à tout le moins une mesure de suspension commune des licences d’exportations d’équipement militaire doit être prise à l’égard de la Russie (comme à l’époque de la répression sur la place Maidan, les « 28 » l’avaient fait contre le pouvoir de Kiev, mesure aujourd’hui levée). Pour les Européens, cette mesure ne va pas être aussi facile que certains le disent. Car de nombreux pays ont encore du matériel russe et dépendent de cet approvisionnement.

… et des mesures sur les marchés financiers

Les Européens ne peuvent pas s’arrêter un « simple » embargo sur les armes. C’est un peu une marque de bonne conscience. Mais il faut le reconnaitre, cela n’agira que peu sur le conflit en cours. La Russie dispose de ses propres capacités d’armement. Et ce n’est pas avec un navire de type Mistral qu’on a tiré sur un avion civil dans l’est de l’Ukraine. Si les Européens veulent être plus durs, plus efficaces dans leurs sanctions, ils devraient prendre des mesures, plus drastiques et plus efficaces, en limitant, par exemple, toutes les transactions financières de ou vers Moscou. Il s’agit là de frapper la Russie au porte-monnaie. Ce sera aussi un test pour savoir si ceux qui crient le plus fort pour obtenir des sanctions (Londres, La Haye…) maintiendront leur véhémence quand leurs propres économies pourront être touchées par contrecoup de ces mesures.

(Nicolas Gros-Verheyde)

(*) Procédure très « difficile » de l’aveu de plusieurs diplomates européens car soumise à un contrôle de plus en plus rigoureux de la Cour de justice.

(**) Rappelons que trois pays avaient concouru pour fournir des navires de type BPC à la Russie : la France, les Pays-Bas et l’Espagne.


Caisse de solidarité ou chambre de compensation

Pour que ces sanctions ne nuisent pas spécifiquement aux pays les plus touchés, l’idée d’une « caisse » commune de solidarité ou d’une « chambre de compensation », permettant d’amortir le choc aux pays concernés, est parfois évoquée. Mais sans vraiment dépasser le cercle des « think tanks » et autres observateurs. C’est une belle idée certes… Mais elle paraît difficile à mettre en pratique (qui finance, sur quelle base, pour quels montants, que prend-on en compte, …). Et ce n’est pas à l’ordre du jour (mais on peut rêver 🙂 En revanche, avoir une garantie européenne de risques à l’export plus développée, pour ce type de contrats gouvernementaux ou de secteurs exposés, serait un projet à creuser.

Moscou fournit Damas en billets de banque

(Crédit : Jim Gordon)

(BRUXELLES2) 240 tonnes de billets de banque. C’est un volume difficilement imaginable tant en poids qu’en trésorerie. Selon le site d’information Propublica, c’est pourtant la quantité de billets envoyée par la Russie au régime syrien de Bachar al-Assad entre le 9 juillet et le 15 septembre 2012. Selon les registres de demandes de survol récoltés par le site américain, huit allers-retours ont été effectués entre l’aéroport international de Damas et l’aéroport Vnukovo de Moscou, transportant chacun 30 tonnes de billets.

Il est impossible de savoir si les registres de vol sont exacts, c’est à dire de savoir si les appareils en question transportaient réellement et/ou uniquement des billets de banques, ni même de quelles devises s’agissait-il. Mais le régime de Damas pourrait avoir besoin tout tant de devises nationales qu’étrangères. « La plupart des recettes gouvernementales vient de l’impôt et se tarit rapidement » explique Ibrahim Saif, un économiste-politique jordanien.

Les livres syriennes pour payer les salaires (de l’armée)

Outre le gel des avoirs des soutiens économiques du gouvernement, depuis septembre 2011 l’Union européenne a interdit d’imprimer des livres syriennes au sein de ses Etats membres. Des entreprises allemandes, belges et autrichiennes, qui frappaient jusqu’alors la monnaie de Damas, ont cessé cette activité. Mais, afin de financer la machine de guerre, le régime d’Assad a été trouver la liquidité quelque part. En juin 2012, l’agence de presse Reuters, citant quatre banquiers de la capitale syrienne, annonçait que la Russie imprimait de la monnaie syrienne. La dépêche était démentie par la Banque Centrale Syrienne afin d’amortir l’inflation déjà présente, expliquant que les billets imprimés en Russie ne servaient seulement qu’à remplacer des billets abîmés (leur nombre a dû augmenter à cause des bombardements !). En août 2012, c’était au tour du vice-ministre de l’économie, Qadr Jamil, et au ministre des Finances Mohammad al-Jleilati de qualifier le soutien financier russe de « triomphe sur les sanctions ».

Des devises étrangères pour le commerce extérieur

En matière de monnaie étrangères, la Banque Centrale Syrienne disposait de 17 milliards de dollars en monnaies étrangères avant la fin du conflit. Selon Propublica, elle n’en compterait plus qu’entre 6 et 8 milliards, dépensant environ 500 millions $ par mois. « Il est possible que les Syriens fassent l’acquisition de réserves de devises étrangères (…) afin de procéder à quelque commerce sérieux que ce soit », explique Juan Zarate, un spécialiste américain du financement terroriste, cité par le site d’information. Avant le conflit, c’était le tourisme et les ventes de pétrole qui approvisionnaient l’économie syrienne en devises étrangères. Deux secteurs aujourd’hui sévèrement amputés.

Un trajet de route inhabituel

Ce sont des Illyushin « Candid » (ou Illyushin II-76) de l’armée de l’air syrienne qui sont répertoriés comme ayant transporté des « billets de banque ». Avec la dégradation des relations turco-syriennes, ces huit appareils ont évité l’espace aérien turc – utilisé par les avions civils faisant la liaison Moscou-Damas – préférant effectuer une longue boucle via l’Azerbaïdjan, l’Iran et l’Irak. Il faut dire qu’un mois plus tard, le 10 octobre, la Turquie arrêtait et contrôlait le cargo d’un avion de ligne syrien provenant de Russie. Le site Propublica dit avoir vérifié les rapports de vol grâce aux archives de systèmes de suivi, à des photos amateurs ou encore à l’aide des enregistrements de contrôle aérien.

Retrouver ici la liste des documents de vol

Lire également :

La menace turque…

Demetris Christofias - président chypriote - et Martin Schulz - président du Parlement européen (crédit : Parlement européen)

(BRUXELLES2 à Strasbourg) Le président chypriote Demetris Christofias a été clair lors de son intervention devant la presse au Parlement européen mercredi (4 juillet). Chypre doit faire face à un voisin « mençant, la Turquie ». Un mot qui est revenu Chypre est « un pays occupé à moitié – 37% de notre territoire est occupé. C’est un anachronisme au XXIe siècle. Chypre doit dépenser des millions pour sa défense pour faire face à la politique de la Turquie. Alors que nous voulons démilitariser Chypre ».

Cette visite habituelle en début de présidence (chaque présidence tournante vient devant le Parlement européen expliquer ses priorités) avait aussi un objectif, tout aussi rituel pour le pays cette fois, attirer l’attention sur l’occupation turque du nord de l’Ile et obtenir des soutiens. Celui-ci n’a pas manqué.

« Ce n’est pas l’UE qui adhère à la Turquie, c’est l’inverse »

Martin Schulz (PSE, Allemagne), président du Parlement européen, lui a apporté un soutien marqué. « L’Union européenne a des règles et la Turquie doit le respecter. Une des règles de l’Union européenne est la présidence tournante. C’est un droit et un devoir pour Chypre d’assurer la présidence. Je l’ai dit récemment lors d’une visite à Abdullah Gül (le président turc) et aux dirigeants turcs lors de ma visite récente à Istanbul. Ce n’est pas l’Union européenne qui va adhérer à la Turquie, c’est l’inverse, la Turquie doit respecter les règles de l’Union européenne. » « Je ne peux accepter qu’on accepte un Allemand et pas un Chypriote. » a-t-il ajouté. A la fin du rituel des questions réponses, le président a d’ailleurs repris la parole (ce qui est plutôt inhabituel) pour remercier chaleureusement l’Europe et le Parlement européen « du soutien face à la menace que représente la Turquie ».

Chypre confirme sa demande d’aide à la Russie

Le président chypriote a aussi expliqué sa position sur la demande d’aide financière de l’ile à la Russie. Une demande qui est toujours d’actualité. Les raisons de cette demande sont fort simples et prosaïques pour Demetris Christofias. Tout simplement ! « Les conditions offertes par Russie sont meilleures que le mécanisme européen. Et (la Russie) ne pose aucune condition, elle ne nous demande rien. Les taux d’intérêts sont bas. » Ce n’est pas sa qualité de communiste qui le pousse vers la Russie a-t-il tenu à avertir les profanes. « Laissez tomber l’histoire que les communistes sont à la tête de Chypre aujourd’hui. » a-t-il expliqué aux journalistes. « Chypre en tant que pays de la Méditerranée, habité par des orthodoxes chrétiens, a des liens traditionnels et culturels avec la fédération russe qui remontent à très loin. Il y a toute une histoire derrière. (Et d’ailleurs) La Russie est un partenaire de l’Union européenne, ce n’est pas un ennemi. » A noter que cette aide et viendra compléter celle demandée à l’Union européenne (et non la remplacer) a précisé un diplomate chypriote à B2. NB : c’est aussi un bon moyen de pression et de négociation…

NB : je suis à Chypre pour quelques jours. Et nous aurons donc certains détails ou informations sur cette nouvelle présidence qui s’annonce.

Les dispositifs d’espionnage de l’opposition interdits d’export vers l’Iran

(B2) Les ministres des affaires étrangères des « 27 » doivent adopter de nouvelle sanctions contre l’Iran. Elles viseront essentiellement la préservation des droits de l’Homme et à interdire le transfert de technologies permettant d’espionner et réprimer l’opposition. Selon le projet de texte vu par B2, il s’agit d’interdire la vente, la fourniture, le transfert et l’exportation d’équipements « susceptibles d’être utilisés à des fins de répression interne », une mesure liée à la détérioration de la situation des droits de l’homme en Iran. Les produits interdits seront « originaires ou non de l’Union européenne ». Sont principalement visés les matériels pouvant être utilisés pour « la surveillance ou l’interception (…) des communications Internet et téléphoniques via des réseaux mobiles ou fixes en Iran, ainsi que la fourniture d’une assistance en vue d’installer, d’exploiter ou de mettre à jour ces équipements ou logiciels ».

Cette mesure n’est que une longue suite de sanctions visant à amener l’Iran d’une part à la table de négociation sur ses implantations nucléaires (ce qui est fait apparemment) ; d’autre part à limiter ses capacités répressives (c’est le cas en l’espèce). Les 27 ont récemment interdit les « services spécialisés de messagerie financière, qui sont utilisés pour échanger des données finan­cières » (système Swap notamment), décision publiée au Journal officiel du 15 mars (télécharger ici).

L’Otan en pourparlers avec les Russes pour augmenter les capacités de transit

Un antonov 124 utilisé en Afghanistan (crédit : ministère français de la Défense / DICOD)

(B2) La base d’Oulianovsk, près de la Volga, va devenir un « hub » pour acheminer le matériel des forces de l’OTAN de retour d’Afghanistan. Moscou est en pourparlers avec l’Alliance pour un nouvel accord de transit, selon Kommersant citant des sources du ministère de la Défense.

L’accord permettra à la Russie d’obtenir une indemnisation pour augmenter les capacités de l’aéroport russe. Un véritable pont aérien va se mettre en place pour rapatrier tous les matériels des différentes armées engagées en Afghanistan. Les marchandises seront d’abord acheminées par avion jusqu’à Oulianovsk avant de repartir par train vers l’Europe.

Oulianovsk est connu des industriels pour abriter Aviastar, qui fabrique le mastodonte du transport, l’Antonov 124 dit « Rousslan ». L’aéroport servait déjà à acheminer environ la moitié des fournitures et équipements (non léthaux officiellement) de l’ISAF vers l’Afghanistan. Il s’agit maintenant de faire face aux besoins des troupes sur place alors que la route par le Pakistan devient difficile (parfois bloquée) et également d’accélérer le rapatriement des matériels.

La Banque centrale iranienne dans le viseur des 27 (Maj2)

(BRUXELLES, exclusif) Les ambassadeurs de l’Union européenne se réunissent à nouveau – pour la dernière fois ? – avec le dossier des « sanctions iraniennes » sur leur table. Le mot sanctions doit, en effet, être indiqué avec un « S », au pluriel. Car il ne s’agit pas uniquement de mettre en place un embargo pétrolier – dont on a beaucoup parlé – mais aussi de sanctions financières. En visant la Banque centrale iranienne, les 27 frappent au coeur du régime islamique pouvant limiter ainsi sa capacité d’agir au niveau international, notamment sur les places financières pour l’achat de devises. Ces sanctions pourraient aggraver encore la chute du Rial iranien qui atteint sur le marché noir 18.000 rials pour 1 $, selon les agences.

Les 27 avaient déjà convenu le principe de ces sanctions en décembre dernier. Mais il reste encore quelques points en discussion, comme l’a confirmé un diplomate à B2 ce matin, même si les discussions ont bien avancées et les points de vues se sont rapprochés. Le compromis paraît donc à portée de main. L’objectif des diplomates européens est ainsi d’arriver à un accord total, ou quasi-total, avant la réunion des ministres des Affaires étrangères, lundi 23 janvier.

Embargo pétrolier : une question de dates

Si l’embargo pétrolier paraît acquis pour le futur ainsi que les contrats en cours, c’est la date d’application de cette dernière qui suscite encore des discussions. La proposition évoquait la date du 1er juillet – date également retenue par les Américains – pour l’application aux contrats en cours. Mais cette date paraît trop proche pour plusieurs Etats qui dépendent du pétrole iranien. Et il n’y a « pas encore de consensus » explique à B2 un expert du dossier. La date de révision de la décision, un point plus technique mais tout aussi crucial, est aussi en discussion. La proposition évoquait la date du 1er mai, prévue pour évaluer si les pays dépendant du pétrole iranien avaient trouvé des alternatives ou si l’Iran avait fait des progrès…

Précisons que le pétrole n’est pas seulement concerné par cette décision mais également les produits pétrochimiques. En revanche, le gaz n’est pas concerné. Les exportations d’équipements ou les investissements dans les installations pétrolières ou gazières font déjà l’objet d’interdictions.

Le siège de la Banque centrale iranienne à Téhéran (crédit : Banque centrale)

Frapper au coeur de l’Etat iranien : les transactions de la Banque centrale

Les 27 veulent aussi frapper la Banque centrale iranienne en permettant le gel de ses avoirs et en partie de ses activités. Le gel de ses avoirs dans les banques européennes parait acquis : il obligera la Banque centrale iranienne à trouver d’autres banquiers. En revanche, le gel total des transactions (le paiement à la Banque centrale, les échanges) – parait exclu. Il faut préserver les « contrats commerciaux » qui demeurent « légitimes » estiment la plupart des Etats membres. La France serait, apparemment, selon nos informations, le dernier Etat à défendre encore cette option. Les 27 devraient donc adopter plutôt un gel partiel des transactions, « autorisées au cas par cas » pour les activités qui ne sont pas interdites par ailleurs, donc à condition de ne pas contribuer directement ou indirectement au programme nucléaire. Il reste à fixer l’étendue de cette mesure, et la procédure à suivre.

(Mis à jour, vendredi 20 janv. matin) La discussion entre ambassadeurs jeudi soir a été courte selon nos informations. L’accord sur la Banque centrale iranienne semble acquis, ainsi que l’a confirmé un haut diplomate européen. Quant à l’embargo pétrolier, c’est un « peu plus compliqué » non pas au point de vue politique mais technique, sur l’application de la mesure. La question du sort des contrats existants reste en débat mais pour un seul pays : la Grèce. Le pays demande une exception afin que les contrats en cours puissent perdurer « jusqu’au 1er octobre ». « Il s’agit surtout de rassurer la Grèce et de trouver une solution pour son cas » a précisé à B2 un expert du dossier. En clair, « de trouver une compensation ». Ce qui « prend un peu de temps. Il faut donc trouver pour lundi une solution », signale un diplomate européen. Les ambassadeurs se revoient le matin juste avant la réunion des ministres des Affaires étrangères. Les ministres des Affaires étrangères auront ensuite une session restreinte sur ce point.

Lire aussi :

Documents : télécharger la note de presse « background » du Conseil de l’UE sur l’Iran

Le mécanisme Athena finalement renforcé (maj)

(BRUXELLES2, exclusif) Les 27 (*) sont tombés d’accord pour améliorer, un peu, le mécanisme Athena, ce dispositif de gestion du financement des coûts communs des opérations de l`Union européenne ayant des implications militaires ou dans le domaine de la défense. Accord entériné hier lundi (12 décembre) au Coreper à la surprise générale. Il y a quelques jours, les esprits étaient plutôt pessimistes sur les chances d’obtenir un résultat. « Contre toute attente, nous avons obtenu un progrès », reconnait ainsi un diplomate.

Les frais des battlegroups

Le champ de financement des coûts communs pour le déploiement des battlegroups (groupements tactiques) est prolongé et étendu. Auparavant étaient pris en charge certains frais liés au transport aérien, les frais de déploiement terrestre ou maritime pourront désormais être pris en charge. Durant 2 ans, le mécanisme pourra rembourser certains frais liés aux battlegroups à 65% ou 85% – selon que les Etats membres n’ont pas ou ont des capacités.

Les VPD pour Atalanta

Autre avancée, obtenue là en comité Athena : les experts ont convenu de prendre en charge certains frais (transport…) liés aux équipes de protection embarquée (les VPD) sur l’opération anti-piraterie de l’UE, « Atalanta ». Mais seuls les frais d’intervention de militaires seront pris ainsi en charge, pas les frais des sociétés de sécurité privée.

Ces deux mesures pourraient ainsi encourager des pays qui n’ont pas automatiquement les moyens mais ont des capacités disponibles à participer aux battlegroups ou à envoyer des équipes de protection embarquée pour Atalanta. Elles permettront aussi de répartir les charges de façon un peu plus équitable entre les pays qui fournissent des moyens et ceux qui ne les fournissent pas.

(Maj) Document à télécharger dans les docs de B2

(*) formule de style, le Danemark ne participe pas à ces décisions en matière militaire.

Contre-amiral Canova : piraterie en baisse, rançons en hausse, action offensive

CA Canova face à B2 (copyright NGV / B2)

(BRUXELLES2, exclusif) Le contre-amiral Christian Canova, chef adjoint de l’opération anti-piraterie de l’UE, quitte ses fonctions ces jours-ci. Il a accepté de répondre à quelques questions de B2, lors d’un de ses passages à Bruxelles, un matin de décembre. Un entretien en forme de bilan rétrospectif et prospectif. Cela fait trois ans que l’opération Eunavfor Atalanta est lancée maintenant. Retardée au départ, critiquée ensuite, l’opération européenne a fait leur trou et prouvé leur efficacité. L’avantage pour moi c’est que le CA Canova n’a pas sa langue dans sa poche et n’esquive pas les sujets. Des difficultés existent – notamment un « trou d’air » dans la génération de force en décembre-janvier où seuls 2 ou 3 bateaux seront de permanence. Mais les annonces faites pour la prochaine génération de force sont rassurantes. Les difficultés sont essentiellement aujourd’hui financières et non politiques. Et Européens cherchent tous les moyens pour réduire les coûts, notamment en mettant en oeuvre une unité de désalinisation à Djibouti. Les résultats sont là. Avec toutes les mesures prises (best practices mieux appliquées, forces anti-pirates mieux coordonnées, emploi de gardes armés…), et la météo peu clémente, le nombre d’attaques réussies a chuté drastiquement passant d’1 sur 4 à 1 sur 14. Mais si ces chiffres sont rassurants, il faut rester prudent, très prudent… La mission a utilisé pour la première fois ses pouvoirs offensifs en sauvant de force un otage (dans le Tribal kat). En revanche, côté rançon, les pirates décrochent le jackpot ! Le montant explose par bateau. Et il reste toujours difficile de tracer l’argent des rançons.

Les chiffres varient, selon les sources, sur le nombre de bateaux otages. Où en est-on ? D’où tirez-vous vos chiffres ?

Nos chiffres sont vérifiés chaque jour, en temps réel. Chaque jour, par nos avions volent au-dessus des bateaux retenus et repèrent où ils se trouvent. Aujourd’hui, avec les récentes libérations du Mv Rosalia d’Amato et Mv Gemini, il reste encore 8 bateaux et 200 otages aux mains des pirates. Sur les dhows, c’est plus complexe. On n’en connaît pas automatiquement le nombre. Et on se pose parfois des questions sur leur degré possible de complicité ou d’affrètement. Ce n’est pas clair. Bien souvent, leurs équipages ne sont pas traités comme ceux des navires marchands, où les équipages sont totalement otages et voient leur liberté entravée.

Ce chiffre est relativement bas ?

Oui. On n’a jamais été aussi bas. A la même époque de l’année, il y avait 30 bateaux aux mains des pirates somaliens. Aujourd’hui, il y en a 8. Cela ne signifie pas une diminution des attaques. Au contraire, elles ont augmenté d’environ 15% par rapport à l’année dernière. Mais elles ne sont pas autant suivies de succès. Il y a un an, nous avions 1 attaque sur 4 couronnée de succès ; aujourd’hui, nous en sommes à 1 sur 14…

… Vous attribuez cette baisse à quelle cause ?

Les causes de cette diminution sont multiples. Il y a la présence de gardes privés ou de militaires à bord des navires marchands qui joue. Et la bonne coordination entre toutes les forces en présence, qui est meilleure que par le passé. Il y a aussi un phénomène météo : la mousson a été faible – et à l’intermousson, la mer était plus agitée. Cela n’empêchait pas les bateaux de prendre la mer mais rendait plus difficile l’abordage (NB : cela fait 15 jours que la mer n’est pas très bonne).

Et l’intervention du Kenya ?

Elle a davantage un effet collatéral. Soit certains pirates ont rejoint les milices, soit ils ont vu leur activité bouleversée. Mais, effectivement, il y a un problème à terre. On s’interroge encore sur les raisons.

On ne peut pourtant pas dire que la piraterie est éradiquée ?

Non. La piraterie n’est pas éradiquée. On la contient mieux qu’avant, c’est tout. Jusqu’ici, les pirates avaient toujours une longueur d’avance. Aujourd’hui, ce n’est pas le cas. Nous avons repris l’avantage. Mais cela reste fragile, très fragile. Il faut rester prudent, très prudent.

Quand vous dites cela, vous pensez aux moyens disponibles ?

Je suis un peu inquiet pour la fin de l’année. On est tombé à 3 début décembre et bientôt à 2 navires sur zone. Et sur les deux autres opérations multinationales, ce n’est pas mieux ; ce sont en fait les Américains qui comblent les trous avec leurs bateaux présents en permanence, faisant passer au besoin leur bateau du pavillon national à celui de l’opération quand il le faut. Les pirates ne sont pas stupides. Il y a des médias locaux qui reprennent les informations. Ils lisent. Ils sont donc au courant. Mais heureusement pour l’année prochaine, je suis assez optimiste.

La génération de force pour la prochaine période ?

Les annonces faites par les nations pour l’année prochaine sont rassurantes. Nous devrions avoir entre 6 et 8 bateaux, pour la génération de force pour le premier semestre 2012 (d’avril à août) (Nb : une autre réunion aura lieu dans le courant 2012 pour la période de la fin de l’année). Ce qui est le niveau nécessaire pour pouvoir contenir la piraterie. Les trois contributeurs majeurs – Espagne, Allemagne, France – continuent leur engagement. Et d’autres, également, ont indiqué leur volonté. Des plus petits pays, dont on ne parle pas toujours, comme le Luxembourg (avec ses avions affrétés et basés aux Seychelles) qui est là depuis le début de l’opération, Malte et l’Estonie avec des équipes de protection embarquée, continuent leur engagement. La Belgique va mettre un bateau et une EPE (Nb : sur le bateau français) l’année prochaine.

A quoi attribuez-vous donc ce « trou » d’air ?

Il n’y a pas de problème politique. Ce sont de plus en plus, voire uniquement, des contraintes budgétaires qui jouent. La Grèce – qui était très impliquée depuis le début de l’opération, avec toujours une frégate engagée – a ainsi arrêté l’envoi d’une frégate depuis août dernier. Le Portugal hésite également à mettre un bateau, toujours pour des raisons de coût. Les Portugais participent à la défense des pays baltes, avec les F16, et n’ont pas de moyen à fournir pour Atalante. A notre niveau, nous essayons de voir comment réduire les coûts, en étudiant toutes les pistes possibles. Par exemple sur l’eau. A Djibouti (où les navires se réapprovisionnent), un litre d’eau coûte plus cher qu’un litre de pétrole. Les Allemands avaient installé une unité de dessalinisation. On étudie l’achat d’une unité de dessalinisation, au niveau de l’Union européenne. Ce qui permettrait de faire baisser les coûts.

Et pourquoi pas une contribution des armateurs ?

Ce n’est pas notre rôle de le proposer. Mais effectivement on peut considérer que c’est assez incompréhensible que des armateurs – comme ceux que comptent la Grèce – ne puissent pas donner une petite aide à la marine qui les protège au moins pour les coûts de fonctionnement (l’essence, l’eau…). Car c’est cela qui coûte cher aux Etats, les soldats sont, de toute façon, payés. J’en parlais récemment avec les armateurs qui ne cessent de se plaindre du manque de moyens.

Ils sont disposés à bouger ?

Non. Ils ont un peu le comportement d’enfants gâtés qui attendent qu’une armée de casques bleus les protègent, sans que cela leur coûte rien.

Côté rançon, en revanche, c’est le jackpot !

Effectivement, on bat cette année tous les records de rançon. Les pirates ont récolté 135 millions de $ en 2011 – et l’année n’est pas terminée ! Contre 80 millions de $ l’année dernière. Depuis 2007, on assiste d’ailleurs à une montée exponentielle du montant des rançons par bateau. En 2007, la rançon était en moyenne de 600.000 $ par bateau. En 2009, on atteignait 2 millions $ ; en 2010, 3 millions $ ; en 2011, 4,6 millions $. Et les dernières rançons versées se montent à 6 millions $ ! Le nombre de bateaux n’intéresse pas automatiquement les pirates. C’est le montant obtenu en les monnayant. On est ici dans un phénomène de gestion de stock assez classique avec des négociations qui s’accélèrent à chaque période (NB : on pourrait ajouter, comme les soldes d’été et soldes d’hiver chez les marchands de vêtements) .

Le pirate est donc avant tout un industriel ?

Il faut effectivement arrêter avec l’image d’Epinal du pauvre Somalien qui devient pirate. C’était peut-être vrai en 2006, quand la piraterie a commencé avec la pêche illégale, après le Tsunami qui a permis de révéler de nombreux déchets déposés. Mais la piraterie, aujourd’hui, c’est surtout une PME du crime, avec des groupes constitués qui ont un but : l’argent.

La piraterie, une PME, il y a donc d’autres industries ?

Oui car il faut le comparer au narcotrafic qui, lui, est une multinationale, avec environ 500 milliards de $ générés par an. C’est pour cela aussi que c’est très difficile de tracer l’argent de la piraterie. Car les flux sont relativement plus faibles. Les grosses agences (interpol) se mobilisent. Mais la façon de recycler cet argent joue également. L’argent va dans les diasporas. Il est aussi recyclé de façon régionale, en Somalie, dans les Emirats (pour acheter les moteurs ou l’essence), à Djibouti (Nb : on pourrait ajouter le Kenya, Madagascar…).

Quand les navires sont libérés des pirates, comment agissez-vous ? Rien n’est prévu dans votre mandat …

Quand ils sont libérés, on leur prête assistance si nécessaire. Parfois ils n’ont plus rien : ni pétrole, ni eau ou ravitaillement. Quand la compagnie est sérieuse, elle met à disposition un remorqueur pour assurer ce ravitaillement. Et, dans ce cas, ils n’ont pas besoin de nous. Mais, parfois, ce n’est pas le cas. Dernièrement nous sommes ainsi intervenus pour le MV Blida (NB : où se trouvaient de nombreux marins algériens). On leur a prêté assistance pour redémarrer le moteur. Mais aussi assurer une présence à bord. L’équipage était très marqué par ces longs mois de détention, et était traumatisé à l’idée de reprendre la route. Ce qui est normal après presqu’une année en otage. Nous leur avons prêté une assistance psychologique en quelque sorte. C’est notre rôle aussi…

Vous avez davantage servi à l’OTAN. Et vous terminez dans quelques jours votre mandat de numéro 2 dans une opération de l’UE, quelles leçons en tirez-vous, à chaud ?

J’ai effectivement un background OTAN. Ce qui est bien dans l’Union européenne c’est la chaîne de commandement courte. Le fait que le patron de l’opération dialogue directement avec la Haute représentante ou les responsables du SEAE, c’est important. Les décisions se prennent assez vite. On arrive à des décisions dans un délai plutôt rapide, de 3 mois environ. Ce qui est court pour du politico-militaire. Nous avons adopté récemment des modes d’action plus offensif. Et, en septembre, on a eu la première opération de libération d’otages entièrement réalisée sous drapeau européen. J’ai obtenu l’accord de la France pour qu’un autre pays effectue cette opération de libération. Et mon homologue espagnol a fait de même pour obtenir l’autorisation identique de son gouvernement. Tout ça en urgence. La frégate française avait pris en charge le bateau (des Colombo, le Tribal Kat) mais il était vide. Et l’otage a été repérée à près de 8 miles des côtes. Il était moins une…

Les réseaux des pirates

(BRUXELLES2) Le dernier rapport des experts de l’ONU sur la piraterie maritime au large de la Somalie est intéressant car il donne quelques précisions sur les nouvelles tactiques utilisées par les pirates et clarifie certaines idées (vraies ou fausses).

Un réseau « erratique » de renseignements

Le rapport tord le coup à une information qui avait circulé parfois : l’existence de réseaux sophistiqués et étendus de renseignement alimentant les pirates en informations sur les bateaux à prendre. Les « cibles et tactiques utilisées suggèrent autre chose. Les groupes d’attaques pirates se positionnent sur les lignes maritimes les plus utilisées à la recherche de cibles, qu’ils choisissent apparemment au hasard. » En témoigne, selon le rapport de l’ONU, le nombre d’attaques pirates contre des navires militaires. Les capacités de renseignement sont donc « au mieux erratiques » (NB : plutôt que de réseaux de renseignements, on peut cependant s’interroger sur l’existence d’informateurs dans quelques ports à Djibouti, au Kenya, au Yemen, qui peuvent éventuellement signaler des proies possibles).

Des navires marchands utilisés comme bateaux mères

La présence de forces multinationales dans le Golfe d’Aden – dans le couloir international de transit – a entraîné une chute de la piraterie dans cette zone, c’est un fait acquis (environ 50% de chute) mais également une propagation dans les autres zones, à l’Est vers l’Inde, au Sud vers la Tanzanie. Les pirates ont adapté leurs tactiques utilisant des bateaux mères plus puissants, voire des navires marchands « réquisitionnés » pour l’occasion. Ils les ont utilisés d’abord comme comme base logistique (à partir de février 2010, par exemple avec le Samho Dream), puis directement comme navire d’attaque (à partir de novembre 2010). Cela a été le cas, par exemple, avec la capture du EMS River le 27 décembre, effectuée grâce au MV Motivator. Depuis on a pu dénombré au moins 19 navires marchands utilisés comme bateaux mères et au moins 16 incidents – « sans doute plus » – où un bateau mère a été utilisé directement pour attaquer

Les relations avec les Al Shabaab

Il y a des relations de voisinage avec les islamistes d’Al Shabaab mais pas de connexions avérées. Dans son rapport publié en octobre, le secrétaire général de l’ONU s’inquiète ainsi de « nouvelles faisant état de l’établissement de liens entre Al- Chabab et les groupes de pirates ». « L’intensification des mesures de répression par les autorités de certaines régions somaliennes a permis de repousser les nids de pirates plus loin vers le sud, dans des secteurs qui coïncident avec la zone d’influence d’Al-Chabab ». Il mentionne aussi  plusieurs cas « d’enfants qui se sont échappés d’Al-Chabab et se sont joints aux groupes de pirates dans le Puntland ».

(Nicolas Gros-Verheyde)

Un ministre du Puntland appelle à cesser de verser des rançons

(BRUXELLES2) Dans une interview au magazine allemand spécialisé IMS, le ministre du Puntland aux affaires maritimes, Saeed Mohamed Rage, appelle la communauté internationale à cesser de verser de rançons. Cela menace notre stabilité, explique-t-il. « Notre budget annuel est d’environ 20 à 30 millions de dollars US par an. Nous avons donc, pour l’ensemble du gouvernement, environ 2 millions de dollars US par mois. Les pirates continuent de recevoir les rançons très élevées d’environ cinq à sept millions de dollars par navire. C’est une situation très dangereuse pour nous, car nous pouvons payer nos forces de sécurité et de police, seulement environ 50 dollars US par mois. Il ya un risque qu’ils soient corrompus. Si nous ne faisons pas quelque chose très rapidement contre les pirates, nous courons le risque qu’ils prennent le pouvoir. Le versement de rançons élevées par les compagnies maritimes à saper nos efforts pour maintenir la situation sous contrôle et mettent en danger notre sécurité. Cela doit cesser. »

L’essor de la piraterie : une rançon de 700.000 $

Saeed Mohamed Rage était déjà ministre de la Pêche et responsable des ports du Puntland en 2007 quand la piraterie a pris son essor. Pour lui une des causes de la piraterie, c’est la pêche clandestine opérée par des gros navires « Une cause de la piraterie est le fait que depuis de nombreuses années, la pêche illégale au large de nos côtes a empêché nos pêcheurs de travailleurs. Beaucoup de pêcheurs ont tenté en vain de se défendre contre les clandestins, et il n’y avait pas de sources alternatives de revenus pour eux, beaucoup d’entre eux sont devenus pirates. »

Mais l’évènement déclencheur qui a tout dégénéré sont les rançons versées ; et le ministre accuse les occidentaux de s’être prêté à ce jeu dès les débuts. Il s’en souvient très bien. « Les pirates avaient détourné le MV Golden Nori à la fin 2007, un chimiquier, et avaient amené le navire à Bossasso. Il était accompagné par deux navires de guerre, y compris un Américain. Je ne voulais pas laisser les pirates le Golden Nori entrer dans le port et voulait la libération du navire. Les forces internationales nous ont demandé, pour libérer le navire, de ne pas arrêter les pirates. Il a finalement été versé 700.000 dollars de rançon et les pirates ont libéré le navire. (…) A cette époque, j’ai immédiatement démissionné de mon poste et je crois que ces rançons ont contribué à ce que la piraterie augmente ».

280 pirates derrière les barreaux au Puntland

Le Puntland tente avec les moyens du bord de lutter contre la piraterie. « 280 pirates sont en prison, dont environ 40 nous ont été remis par les forces navales (NB : la France essentiellement). Le reste a été arrêté par nos soins, dont certains leaders comme le plus populaire, Booyah » qui est derrière les barreaux.

Lutter avec les moyens du bord

L’information circule. Mais à des modalités qui ne sont pas en rapport avec les défis en cause. « J’informe l’OTAN quand un navire quitte le port de Bossasso et luit transmet son itinéraire et sa cible, de sorte que les forces de l’OTAN soient informés. Mais nous ne sommes pas connectés avec les systèmes d’information des forces armées. Tout ce que je peux faire est d’écrire un courriel quotidien à l’OTAN. »

Quant à la Garde côtière, « sept stations ont été construites le long des côtes » pour lutter contre la piraterie. Mais, le Puntland dispose « un seul bateau ». Le Puntland bénéficie de l’aide d’une société militaire privée, Saracen, pour la formation de ses gardes-côtes ; accusée dans le rapport de l’ONU de contourner l’embargo sur les armes imposé à la Somalie et l’Erythrée. « Nous avons besoin de Saracen » pour cela. « Nous avons invité les responsables de l’ONU à venir inspecter qu’il n’y avait pas d’armes. Ils n’ont pas encore répondu (…) En attendant le contrat avec Saracen est suspendu ».

L’Europe frappe la Libye au coeur de son système politico-financier. 5 entités visées (liste)

(BRUXELLES2) Aucun incident n’est venu interrompre le processus de décision européen sur les sanctions à l’encontre du régime libyen du colonel Kadhafi, dont nous avons détaillé le processus (1). Les 27, unanimes, ont ainsi adopté aujourd’hui (Jeu. 10 mars) une nouvelle décision visant à geler les avoirs de cinq entités libyennes qui sont placées au coeur de l’Etat, assurent son financement ou le financement d’activités extérieures. La liste devrait être publiée vendredi au Journal officiel.

Selon nos informations, il s’agit de la Banque centrale de Libye, de la Banque libyenne du commerce extérieur (Libyan Foreign Bank), des fonds d’investissements libyens Libyan Investment Autorithy (LIA), Libya Africa Investment Portfolo (LAIP) et de la Libyan Housing and Infrastructure Board (LHIB).

Un nouveau nom a également été ajouté à la liste des personnes interdites de visa et dont les avoirs sont gelés : Mustafa Zarti.

(1) Lire également :