L’Iran dresse le bilan de sa lutte anti-piraterie

(B2) L’Iran a dressé le bilan de son action anti-piraterie dans le golfe d’Aden. Intéressant

4400 navires escortés

Les escadres de la Marine iranienne « escortent régulièrement des navires pour leur permettre de traverser en toute sécurité le golfe d’Aden » écrit le représentant iranien à l’ONU dans une lettre envoyée début décembre au secrétaire général de l’organisation (1). « À ce jour, 65 escadres de la Marine iranienne ont été envoyées dans la région », dont plusieurs au cours de l’année écoulée. Et « plus de 4400 navires battant pavillon de différents pays » ont déjà été escortés, durant la période. NB : la période n’est pas précisée, mais elle s’étend en fait sur plus de 10 ans, depuis 2008, la résurgence de la piraterie dans la région et les premières résolutions du Conseil de sécurité des nations unies.

La manière forte employée 234 fois

« Des efforts ont été engagés » pour libérer « rapidement » les gens de mer iraniens capturés par des pirates somaliens. Ces dernières années, les forces iraniennes ont « souvent combattu des pirates ou repoussé leurs attaques ». De tels « affrontements se sont produits à 234 reprises ». Les forces iraniennes ont également « capturé plusieurs pirates ». « Certains d’entre eux sont toujours détenus dans des prisons iraniennes ».

Commentaire : Ces chiffres doivent être pris avec précaution. La présence maritime iranienne tient tout autant à la volonté de Téhéran d’être présent au large de voisins arabes ou du Yémen, où le paus a des intérêts stratégiques, qu’à la lutte contre une criminalité maritime.

Il n’en reste pas moins que 1) les boutres et bateaux de pêche iraniens sont nombreux dans la région ; 2) ils ont été à plusieurs reprises attaqués par les pirates somaliens (1) ; 3) la marine iranienne a une réelle action anti-pirates.

À noter que l’Iran est un des seuls pays qui n’est pas présent dans le système de coordination et de ‘déconfliction’ mis au point par les Européens et Américains dans la région (SHADE). Officiellement, il n’y a pas de contact avec les Iraniens, même en matière de piraterie. Et du côté européen comme otanien, c’est silence et bouches cousues quand on aborde le sujet (2). Officieusement, c’est légèrement différent…

(NGV)

(1) Lire par exemple  :

(2) Cela ne date pas d’aujourd’hui. Durant plusieurs années, les Européens ont fait disparaître de leurs statistiques des marins otages des pirates somaliens, les pêcheurs iraniens. Raison invoquée (officielle) : on ne connait pas. Raison (officieuse) : on ne sait pas vraiment s’ils sont otages ou complices des pirates. Lire : Combien de marins sont encore otages des pirates somaliens ?

Nicolas Gros-Verheyde

Rédacteur en chef du site B2. Diplômé en droit européen de l'université Paris I Pantheon Sorbonne et auditeur 65e session IHEDN (Institut des hautes études de la défense nationale. Journaliste depuis 1989, fonde B2 - Bruxelles2 en 2008. Correspondant UE/OTAN à Bruxelles pour Sud-Ouest (auparavant Ouest-France et France-Soir).