Le soutien européen à l’Amisom continue

Mogadiscio vue de l'Aconit, la frégate française en mission d'accompagnement d'un porte conteneurs de l'Amisom (crédit : marine française / Aconit)

L’Union européenne a décidé de continuer à soutenir la force de paix de l’Union Africaine en Somalie (AMISOM) en versant pour la période février-juillet, 65 millions d’euros, provenant du budget communautaire. Le versement est effectué à l’Union africaine.

Cette décision intervient alors que l’Union africaine a décidé de porter les effectifs de la force de paix en Somalie de 8000 à 12.000 hommes essentiellement fournis par les Ougandais et les Burundais. Un troisième pays enverra des troupes : la Guinée. Et qu’un débat est entamé pour que l’AMISOM ait un mode plus offensif en Somalie. Des renforts en hélicoptères de combat ont également été demandés. Mais ainsi que l’a rappelé à la mi-janvier, lors d’une réunion à Djibouti, le représentant spécial de l’ONU pour la Somalie, Augustine Mahiga, le Fonds d’affectation spécial de l’ONU est « à son plus bas« . Cette décision de l’Union européenne est donc la bienvenue.

Les 65 millions d’euros versés par l’Union européenne à son homologue africain sont destinés surtout à payer les allocations des soldats de la paix, les salaires du personnel civil, le transport et le soutien médical. Les armes ne sont en revanche pas financés, précise un expert de ce dossier. Précisons également que Eunavfor, la force navale anti-piraterie européenne, assure l’escorte de tous les navires de l’AMISOM vers Mogadiscio (et retour). Le coût de cet accompagnement n’est pas compris dans le montant indiqué.

Nicolas Gros-Verheyde

Rédacteur en chef du site B2. Diplômé en droit européen à l'université Paris I Pantheon Sorbonne. Journaliste professionnel depuis 1989, fonde B2 - Bruxelles2 en 2008. Correspondant UE/OTAN à Bruxelles pour Sud-Ouest (auparavant Ouest-France et France-Soir). Auditeur de la 65e session de l'IHEDN (Institut des hautes études de la défense nationale).

Une pensée sur “Le soutien européen à l’Amisom continue

  • 3 février 2011 à 14:10
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    L’AMISOM, fort de 8000 soldats a été conçu pour protéger les institutions du GTN lesquelles avaient pour mission de poursuivre et d’achever le processus de réconciliation nationale.
    Il est, cependant, de notoriété publique que cette mission est vouée, irrémédiablement, à l’échec.
    Entachée d’illégitimité congénitale, dû à la mauvaise appréciation de la situation prévalant en Somalie par la communauté internationale, le GNT est perçu par l’immense majorité des somaliens comme des marionnettes aussi impuissants qu’isolés du reste de la communauté nationale. L’équipe gouvernementale et les parlementaires vivent, à Mogadisho, sur une surface de moins de 10KM sous la protection de l’AMISOM.
    Symbole d’incurie, de corruption, d’enrichissement personnel, coupable d’avoir cédè à des pays limitrophes une partie de la façade maritime somalienne et de collusion avec des sociétés de mercenaires, les membres du GNT ne croient, eux même, pas en l’avenir des institutions qu’ils prétendent représenter.
    Quant aux soldats de l’AMISOM, faute de pouvoir engager de combats d’infanteries pour déloger les combattants d’Al-Shabab, ils pilonnent, lâchement, les quartiers à fortes densité civile et les marchés populaires de Mogadisho.
    Plus il y’a de victimes civils dans ces massacres, tolérés et autorisés par la communauté internationale, plus la côté de popularité des insurgés islamistes monte en flèche.
    Question à un responsable européens : A quoi de bon de continuer à subvenir l’AMISOM ?
    -Réponse : C’est pour lutter contre le terrorisme islamiste.
    -Mais enfin, Monsieur, je m’évertue à vous expliquer que vous êtes entrain d’élargir les assises populaire d’Al-Shabab. Vous ne comprenez pas ce que je vous dis depuis des mois.
    – Oui et non, mais bon, je ne saurais comment vous répondre. Disons, pour faire court que pour le moment c’est le statuquo. Nous attendons que les politiques infléchissent leurs positions et pour cela il faut qu’ils une toute autre lecture de la situation somalienne. Je vous préviens cependant que ça ne sera pas pour demain, il faudra vous armer de beaucoup patience.

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