Le cabinet d’Ashton n’aura plus de conseiller « défense »

Le cabinet de la Haute représentante, Cathy Ashton, pourrait bientôt ne plus avoir de conseiller spécifiquement dédié à la “défense commune”. C’était jusqu’ici la française Alice Guitton qui avait la responsabilité (entre autres) de ce dossier. Mais son départ est désormais acquis. Et, jusqu’à présent, il n’est pas prévu qu’un remplaçant soit engagé pour traiter ce dossier.

L’idée qui prédomine au cabinet est plutôt de partager les compétences en matière de défense entre les différents conseillers, par zone géographique, suivant le principe de “l’approche globale”. Chacun des conseillers aura en charge les missions déployées dans la zone qu’il couvre (Afrique, Moyen-Orient…). Et, pour le reste, on fera appel aux compétences déployées dans le service diplomatique. De fait, ainsi plus personne ne couvrira de façon politique les questions de défense commune. Mais Robert Cooper, désormais “conseiller” de Cathy Ashton pourra être de “bon conseil”.

Même s’il peut paraitre de bonne politique pour un cabinet de recourir aux compétences internes, cette absence de couverture politique est un signe de plus de la volonté de renationalisation et d’otanisation de la politique de défense commune de l’Union européenne.

Nicolas Gros-Verheyde

Rédacteur en chef du site B2. Diplômé en droit européen de l'université Paris I Pantheon Sorbonne et auditeur 65e session IHEDN (Institut des hautes études de la défense nationale. Journaliste depuis 1989, fonde B2 - Bruxelles2 en 2008. Correspondant UE/OTAN à Bruxelles pour Sud-Ouest (auparavant Ouest-France et France-Soir).

Une réflexion sur “Le cabinet d’Ashton n’aura plus de conseiller « défense »

  • 15 janvier 2011 à 19:59
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    Jusqu’à un certain point, je peux apprécier la volonté d’une “approche globale”, dans la mesure où la PSDC doit faire partie du “policy” intégré de l’UE, et pas s’y substituer. Sauf que notre pratique montre que c’est plus que difficile à mettre en oeuvre – processus décisionnels complexes entre groupes de travail, expertises spécifiques (notamment en PSDC). Paradoxalement, je pense que vouloir “consciemment” mettre en oeuvre l’approche globale freine sa mise en oeuvre effective. Espérons que l’arrivée du SEAE va améliorer les choses – mais j’ai mes doutes…

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