EUNAVFOR Atalanta manque d’effectifs aériens


(B2) C’est une note du commandement d’EUNAVFOR Atalanta qui a été reçue, il y a quelques jours, par toutes les représentations militaires des Etats membres à Bruxelles. La mission européenne de lutte anti-pirates manque de moyens aériens (avions de patrouille maritime essentiellement) et souhaiterait que les Etats membres fassent leur possible pour combler ce vide le plus vite possible. Si le besoin a été identifié et la missive envoyée il y a quelques jours, la recrudescence d’actes de piraterie du week-end atteste qu’il s’agit d’un besoin vital et non d’une « lubie » d’un commandant d’opération (toujours demandeur de moyens).

Le patrouilleur maritime est, en effet, l’instrument idéal et quasiment unique pour surveiller une zone aussi vaste, que ce soit dans le Golfe d’Aden ou dans l’Océan indien. Or, EUNAVFOR ne dispose pour l’instant que d’un ou deux avions patrouilleurs maritimes. Si l’avion espagnol P3 Orion est, en effet, placé sous le commandement de l’opération, l’avion français Breguet Atlantic 2 n’est à disposition que certains jours. Quant à l’avion allemand, qui sera basé aussi à Djibouti, il est essentiellement dédié à l’opération Enduring Freedom (anti-terroriste). L’objectif du QG d’EUNAVFOR est d’obtenir soit de nouveaux moyens, soit davantage d’heures de vol, des avions déjà basés à Djibouti. En attendant, EUNAVFOR bénéficie temporairement d’un nouveau moyen. Un Falcon va être à disposition pour une semaine pour surveiller la zone autour des Seychelles.

(photo : P3 espagnol basé à Djibouti, © NGV)

(NGV)

Nicolas Gros-Verheyde

Rédacteur en chef du site B2. Diplômé en droit européen de l'université Paris I Pantheon Sorbonne et auditeur 65e session IHEDN (Institut des hautes études de la défense nationale. Journaliste depuis 1989, fonde B2 - Bruxelles2 en 2008. Correspondant UE/OTAN à Bruxelles pour Sud-Ouest (auparavant Ouest-France et France-Soir).