(B2) Un premier verdict est tombé au Kosovo contre Albin Kurti. Leader de Vetëvendosje, opposé à la présence internationale, était soupçonné d’avoir fait obstruction aux forces de l’ordre lors d’une manifestation en février 2007 qui avait dérapé. Les forces de police internationale (à l’époque de la MINUK) avaient tiré avec des balles plastiques et fait 2 morts et plusieurs dizaines de blessés. Albin Kurti a été condamné, lundi 14 juin, à 9 mois de prison par la Cour de Pristina composé d’un juge kosovar et deux juges européens. Il a cependant été relâché immédiatement après le temps fait en préventive.

C’est le premier procès de ce type au Kosovo depuis l’indépendance. Et la mission européenne « Eulex » (Etat de droit) en avait fait un test de la capacité de la justice kosovare de remplir son rôle. Le procès, qui avait été entamé en 2007, puis interrompu et repris en février 2010, avait d’ailleurs été marqué par plusieurs incidents : une fois l’avocat n’était pas là, une fois c’était l’accusé, une fois c’était un juge. La libération d’Albin Kurti clot aussi une affaire judiciaire qui avait des relents de règlement de compte politique.

NB : Proche de Demaci, le chef de l’UCK, l’armée de libération du Kosovo, Albin Kurti avait également été arrêté en 1999 par les forces serbes puis inculpé pour menace à l’intégrité territoriale et liens avec mouvements terrorisme.

(NVG)

 

Nicolas Gros-Verheyde

Rédacteur en chef du site B2. Diplômé en droit européen de l'université Paris I Pantheon Sorbonne et auditeur 65e session IHEDN (Institut des hautes études de la défense nationale. Journaliste depuis 1989, fonde B2 - Bruxelles2 en 2008. Correspondant UE/OTAN à Bruxelles pour Sud-Ouest (auparavant Ouest-France et France-Soir).

Une réflexion sur “Le procès d’Albin Kurti au Kosovo se termine

  • 21 juin 2010 à 08:35
    Permalien

    Il ne faut surtout pas oublier qu’Albin Kurti n’a aucun lien avec des mouvements terroristes.  Terroristes sont plutôt ceux qui ont tué les deux activistes de l’organisation de résistance non-violente Vetëvendosje! (Auto-determination) et qui n’ont toujours pas été jugés.L’Eulex a même proposé une somme d’argent pour acheter le silence des familles des 2 victimes.

    L’Eulex ou la MINUK n’ont rien d’une administration, mais plutôt d’un régime néo-colonial. 

    La seule opposition au Kosovo est bel et bien le mouvement Vetëvendosje! Les ministres kosovars n’ont aucune souveraineté et s’agenouillent devant les décisions européennes.

    Il est  temps de mettre fin à cette escroquerie politique. Les serbes sont une minorité au Kosovo et ils représentent seulement 5% de toute la population. Pourtant,ils jouissent de 100% des droits que les communautés albanaises en Serbie, Macédoine, Grèce, Monténegro n’ont pas. 

Commentaires fermés.

Inscrivez-vous à notre newsletter