Obama fait des clins d’oeil de charme aux Européens sans plus

(B2) Tout occupé par mon déplacement à Djibouti, j’avais gardé de coté quelques petites remarques sur la visite du président américain sur le continent européen.

A Strasbourg, le 3 avril, le président américain Obama avait deux objectifs : premièrement, tendre la main aux Européens et montrer que le temps d’une Amérique arrogante est terminée, comme il le dit qu’il est temps de « forger de vrais partenariats et des alliances solides » ; deuxièmement, les convaincre que le sort de l’Afghanistan ressort de « notre sécurité commune » et que l’Alliance atlantique ne peut rester cantonnée à la sphère européenne. Si le premier objectif a été atteint ; pour le second, le résultat semble plus mitigé.

Les Européens sont merveilleux… Le président américain n’a, en effet, pas ménagé les hyperboles pour saluer le travail européen, en particulier lors de son dialogue très préparé avec des jeunes à Strasbourg. « En Amérique, nous avons une difficulté d’apprécier le rôle de direction de l’Europe dans le monde. Au lieu de célébrer votre dynamique union et chercher à être un partenaire avec vous pour des défis communs, l’Amérique a parfois montré de l’arrogance et a été démissionnaire, voire dérisoire.  (…) L’Amérique ne peut se confronter aux défis de ce siècle toute seule comme l’Europe ne peut s’y confronter sans l’Amérique. C’est ensemble nous devons trouver des solutions communes à nos problèmes communs ». « Nous devons renouveler nos relations pour une nouvelle génération, dans un nouveau siècle ». Et le président américain de citer en exemple à plusieurs reprises l’Europe pour son action « sérieuse » face aux défis du changement climatique, pour son système de sécurité social européen, qui n’existe pas aux USA – « Vous avez des millions de personnes qui travaillent et s’ils tombent malades perdent tout. Ce n’est pas acceptable pour moi » – ou pour ses lignes de train à grande vitesse – « pourquoi n’avons-nous pas cela aux Etats-Unis ».

Défense européenne: le service minimum. Quant à renforcer la défense européenne, le nouveau président américain s’en est tenu au service minimum. Bush en avait plus dit à sa façon et de manière plus convaincante à Bucarest. Obama s’est contenté d’un : « Nous soutenons une forte défense européenne » en saluant la décision française d’approfondir sa participation dans l’OTAN comme l’arrivée de la Croatie et de l’Albanie dans l’Alliance. Ensuite, chacun a été prié de bien vouloir apporter sa contribution – militaires, civils, financement – à la stratégie américaine en Afghanistan qui s’étend maintenant au Pakistan… En fait, l’attitude de Washington vis-à-vis de l’Europe c’est deux mots : honneur et sacrifice.

(NGV)

Nicolas Gros-Verheyde

Rédacteur en chef du site B2. Diplômé en droit européen à l'université Paris I Pantheon Sorbonne. Journaliste professionnel depuis 1989, fonde B2 - Bruxelles2 en 2008. Correspondant UE/OTAN à Bruxelles pour Sud-Ouest (auparavant Ouest-France et France-Soir). Auditeur de la 65e session de l'IHEDN (Institut des hautes études de la défense nationale).