Les Américains mettent en place une force anti-pirates: la CTF151

(B2)La concurrence fait rage dans l’Océan indien pour… lutter contre les pirates ! Après l’opération lancée par les Européens, les grandes manoeuvres russes dans la région, voici le tour de la marine américaine de lancer « son » opération de lutte contre les pirates.

Le QG américain a Bahrein vient, en effet, d’annoncer, jeudi, avoir mis en place une force spécifique maritime – la Combined Task Force 151 (CTF-151) pour mener des opérations de contre-piraterie, sous la direction du « Rear-Admiral » Terence « Terry » McKnigh. La force devrait être pleinement opérationnelle à la mi-janvier. Elle comprendra des navires, avions et autres moyens d’une vingtaine de Nations qui participent aux forces maritimes combinées. Cette force reprend les tâches effectuées, en partie, par la CTF-150 – chargée généralement de lutter contre le terrorisme, dans le cadre de l’opération « Enduring Freedom« , mais qui couvrait une zone beaucoup plus large (Océan indien, mer rouge, mer d’arabie, golfe d’Aden, golfe d’Oman). Elle est le prélude à différents réaménagements des forces US dans les opérations extérieures. Au point qu’on peut se demander si la piraterie est l’objectif principal visé ou si la présence et le contrôle de cette mer stratégique n’est pas aussi essentiel.

Aucune référence n’est faite, coté américain, à l’opération européenne EuNavfor Atalanta. Mais si les Américains se défendent de toute concurrence ou de copier l’opération européenne, force est de constater que c’est celle-ci qui sert de modèle. «Certains des navires dans notre coalition n’ont pas le pouvoir de mener des missions de contre-piraterie», a déclaré le vice-amiral Bill Gortney, commandant de la Combined Maritime Forces (CMF). « La création de la CTF-151 permettra à ces pays d’opérer sous l’égide de la CTF-150, tout en permettant à d’autres nations à se joindre à notre objectif de dissuader, perturber et, éventuellement,  traduire en justice les criminels impliqués dans maritime piratage événements ». Les Etats concernés pourrait être le Japon au premier chef, selon des premières indications, l’Inde également.

Curieux retournement de situation, il y a quelques années encore, l’Europe de la défense en gestation puisait son modèle d’organisation sur l’Otan normalement (donc sur les Américains) et suivait ou reprenait des opérations initiées et réalisées par l’Otan et les Américains. Aujourd’hui, c’est le contraire.

(NGV)

(Photo : Us Navy, McKnigh lors de la présentation à la presse, du corps expéditionnaire maritime, à New York, Vanderbilt Hall)

Nicolas Gros-Verheyde

Rédacteur en chef du site B2. Diplômé en droit européen de l'université Paris I Pantheon Sorbonne et auditeur 65e session IHEDN (Institut des hautes études de la défense nationale. Journaliste depuis 1989, fonde B2 - Bruxelles2 en 2008. Correspondant UE/OTAN à Bruxelles pour Sud-Ouest (auparavant Ouest-France et France-Soir).

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