France

Lever l’embargo des armes en Syrie ? Un signal à Moscou

Fr. Hollande signe le livre d’or de l’IHEDN après son passage

(BRUXELLES2 à Paris, exclusif) Après son passage à l’IHEDN, François Hollande a répondu à quelques questions de façon improvisée. Ce qui a été l’occasion de recueillir son explication sur l’embargo sur les armes en Syrie. On peut effectivement se poser la question de savoir si on ne doit pas choisir entre la peste et le choléra. Effectivement, il reste peu de marge entre le mouvement Al Nosra et consorts — qui combattent le régime de Bachar mais dont l’inscription sur une liste anti-terroriste est demandée par les USA, la France, et la Syrie (Damas) —, et le Hezbollah branche militaire — qui soutient le régime et dont l’inscription sur la liste est demandée par le Royaume-Uni… A cette question, il n’a pas dénié la difficulté. « Nous devons faire évoluer la situation » m’a-t-il répondu. Eventuellement même de façon « militaire » pour faire avancer la « solution politique ». « La Russie continue de fournir des armements. Il faut lui adresser un signe. (…) Oui, un signe, que nous aussi nous pouvons armer ». Autrement dit, alors que se prépare la conférence de Genève 2, il ne faut pas faire baisser la pression. La discussion, lundi, entre les ministres des Affaires étrangères de l’UE, s’avère donc difficile ; les “27″ sont divisés… (lire notre analyse détaillée sur le club – abonnés).

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La sécurité de la France, c’est la sécurité de l’Europe… (Fr. Hollande)

(BRUXELLES2) En venant devant l’Institut des Hautes Etudes de la Défense nationale (IHEDN) François Hollande aujourd’hui (24 mai) a tenu à redire toute sa conviction dans l’armée et la défense pour la France. « La France a été saluée pour son intervention au Mali. J’ai pu mesurer l’influence de la France. La France a été attendue, espérée, saluée. Elle le doit aux militaires » a-t-il précisé saluant leur « professionnalisme, leur efficacité, leur dévouement ». Un hommage qu’il a répété à plusieurs reprises. Au delà de l’exercice imposé, le président a cependant répondu à quelques critiques et posé quelques bases pour le Conseil européen de décembre. La « défense de la France, c’est aussi la sécurité de l’Europe » a-t-il conclu, reliant ainsi la nécessité française d’une défense nationale et son implication avec les alliés.

Un exercice calibré

Les mots étaient pesés et l’exercice calibré. L’intervention à l’école militaire rentre dans une campagne du gouvernement français pour assurer le service après-vente du Livre blanc sur la défense. Le ministre français de la Défense, Jean-Yves Le Drian revient d’ailleurs une tournée à Bruxelles, Londres, Washington et Moscou. Et une bonne partie du corps diplomatique en poste à Paris avait d’ailleurs été convié à assister à l’évènement dans l’amphithéâtre Foch aujourd’hui.

La France ne baisse pas la garde…

Le message important à faire passer est que la France ne baissait pas la garde. L’A400M, le Barracuda… « aucun programme lancé ne sera arrêté ». Il s’agit aussi de « préserver l’ industrie de la défense ». Pour 2014, le budget sera de 31,4 milliards d’euros « soit le même qu’en 2013 et 2012 » et de « 179,2 milliards d’euros pour la période 2014-2019 » (sans compter l’inflation et les dépenses exceptionnelles, cela équivaut en fait à une baisse).

Et pan…

Le président a d’ailleurs émaillé son discours de références qui sonnent comme autant de réponses à certaines critiques… ou positions. Exemples

L’armée française. Avec « 250.000 personnels employés dans la défense (*) » l’armée française représente le nombre « le plus important en Europe ». « C’est un pays qui peut parler car il a les moyens de se faire respecter » a-t-il asséné. Et pan pour Angela Merkel !

L’indécision. François Hollande met en avant Clemenceau : « Il faut d’abord savoir ce que l’on veut, il faut ensuite avoir le courage de le dire, il faut ensuite l’énergie de le faire. Les lois de programmation militaires précédentes n’ont pas vraiment appliqué ce principe à la lettre. Elles ont dit mais n’ont pas toujours été en possibilité de faire ». Et pan pour ses prédécesseurs, Sarkozy et Chirac notamment !

La dissuasion nucléaire. François Hollande défend la doctrine de “stricte suffisance” de la dissuasion nucléaire suivie par la France comme son coût. « J’ai pris la décision de conserver des 2 composantes – océanique et aérienne. (…) Cela représente 11% du budget. Est-ce trop pour sanctuariser notre pays ? Je ne le pense pas. » Il y a la sécurité mais aussi l’industrie. « L’innovation et recherche nous ont permis de faire des économies ». . Fermez le ban au PS ou à gauche !

Afghanistan. « J’ai décidé du retrait des troupes combattantes en Afghanistan ». « On m’avait dit c’est impossible, c’est dangereux, je constate que c’est fait. Nous n’avons plus en Afghanistan que les troupes conformes au Traité d’amitié signé avec l’Afghanistan. » Et pan pour les critiques venues des armées lors de la campagne électorale !

Des propositions pour le conseil européen de Décembre

Face à l’échéance du Conseil européen de décembre consacré à la Défense, le président de la République a rappelé sa volonté de présenter des propositions de manière concertée avec tous les partenaires : britanniques comme allemands, mais aussi au-delà. « L’Europe de la défense est l’Europe toute entière » y compris celle qui était de l’autre coté du mur avant 1989. Il a tenu à poser trois lignes de principe des propositions françaises :

• La cohérence de l’action : « L’Europe est là dans les Balkans, l’Asie, le Proche-Orient, en Méditerranée. Coordonne-t-elle ses actions ? Réfléchit-elle à ce qu’on peut faire mieux et moins cher ? »

• Remédier aux lacunes. Des « propositions » sur « le transport aérien, les satellites aériens, le ravitaillement, les drones » seront faites. L’objectif est de combler « les échecs du passé ».

• La politique industrielle. Mon « grand souci n’est pas seulement un grand marché, ou une zone monétaire stable mais aussi d’avoir une politique industrielle, et la défense en fait partie ». Je veux « avoir des champions européens pour notre propre sécurité mais aussi maintenir une base industrielle de défense pour l’Europe ».

NB : Ces trois lignes forces restent cependant assez floues. Il y a des questions et peu de réponses. François Hollande suit ainsi sa ligne politique classique : poser les questions, entretenir le flou sur les réponses, négocier le possible et réserver une annonce le cas échéant quand l’attente est devenue trop forte. Mais trouver un consensus européen avec le Royaume-Uni et l’Allemagne est une gageure. Sur le moment de la présentation, Fr. Hollande est resté elliptique. D’après un de ses proches, interrogés par B2, ce sera certainement après les élections allemandes. Ce qui laisse ainsi très peu de temps pour à la fois engranger des soutiens et faire des propositions audacieuses. Le risque est désormais grand que ce sommet soit un sommet pour rien. Ce qui serait une erreur notable. Et pire que pas de sommet du tout.

La 65e session nationale de l’IHEDN à l’écoute…

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Hollande dit “oui mais” à Merkel. Son “Initiative européenne”. Nos commentaires (maj)

(BRUXELLES2) Le président français a présenté hier (16 mai) lors d’une conférence de presse formelle, à Paris, la volonté de passer à « l’offensive » notamment au niveau européen. Son « initiative européenne » a un objectif « sortir l’Europe de la langueur qui la saisit et de réduire la désaffection des peuples qui ne peut que compromettre l’avenir même de l’Union européenne ». Je ne suis pas sûr que ses propositions répondent à tous ces objectifs. Elles ne sont pas totalement originales et “décoiffantes”. Mais elles ont le mérite de remettre le couple franco-allemand au coeur du jeu de la négociation.

Le constat du cycliste

F. Hollande reprend ainsi le constat du cycliste cher à Jacques Delors – qui fut un de ses mentors en politique – et veut imprimer un nouveau mouvement. « L’idée européenne exige le mouvement. Si l’Europe n’avance pas, elle tombe ou plutôt elle s’efface ; elle s’efface de la carte du monde, elle s’efface même de l’imaginaire des peuples. Il est donc plus que temps de porter cette nouvelle ambition.»

Les éléments d’une nouvelle discussion intergouvernementale

Cette initiative repose sur 4 propositions : gouvernement économique et capacité budgétaire pour la Zone Euro, plan pour les jeunes et plan d’investissements, Communauté européenne pour l’énergie. 4 points qui ne sont pas automatiquement totalement novateurs dans la position française mais figurent un peu comme les conditions d’une nouvelle négociation européenne. Car, dans le même temps, le président français dit clairement “oui” à la proposition de la chancelière allemande “d’une Union politique”. Un ton nouveau qui peut donner, selon la stratégie classique européenne donnant-donnant (‘j’accepte ce que tu demandes, tu acceptes ce que je veux’), les éléments d’une nouvelle discussion intergouvernementale.

Une Union politique : une vieille demande allemande

L’Union politique, cette “nouvelle étape d’intégration“, Berlin l’a prôné de ses voeux. Depuis plusieurs mois (plusieurs années), les principaux dirigeants allemands le serinent sur tous les tons. La France réservait jusqu’ici sa réponse, se contentant de réponses dilatoires. François Hollande répond aujourd’hui : chiche ! Allons-y … “La France est disposée à donner un contenu à cette Union politique” se donnant “deux ans pour y parvenir“. Deux ans, “quels que soient les gouvernements qui seront en place” prend-il bien soin de préciser.

  • NB : Un petit point destiné à souligner que si ce n’est pas avec Merkel version CDU-FDP, que le président négociera, ce pourrait être avec Merkel dans une autre configuration (CDU-SPD ou CDU-SPD-VERTS) ou un autre chancelier (SPD-VERTS). A quelques jours de la venue du président français aux 150 ans du SPD à Lepizig, ce n’est pas tout à fait innocent… “Ce n’est plus une affaire de sensibilité politique, c’est une affaire d’urgence européenne.”  ajoute-t-il.

Un gouvernement économique pour la Zone Euro : une vieille demande française

Ce “gouvernement économique” se réunirait, “tous les mois“, autour d’un “véritable Président nommé pour une durée longue et qui serait affecté à cette seule tâche“.

  • NB : En octobre 2011, les “27″ avaient décidé de créer cette fonction mais en l’alignant sur celle du président du Conseil européen, même date de nomination, même durée de mandat… Sans aller jusqu’à indiquer que les personnes étaient les mêmes, c’était une incitation implicite à la fusion des deux postes. Le Traité “budgétaire” (sur la stabilité, la coordination et la gouvernance au sein de l’Union économique et monétaire) avait entériné cette création en indiquant un minimum de deux réunions par an. La proposition “Hollande” suppose donc que ce président soit différent du président du Conseil européen, ait un mandat de 5 ans (et non 2 ans et demi renouvelable une fois) et un rythme de réunions plus soutenu. Cette disjonction des deux postes aurait des avantages : éviter toute prééminence de la Zone euro sur le choix futur du président du Conseil européen ou, à l’inverse, que la Zone euro “subisse” un président “hors zone euro. Elle aurait un inconvénient : multiplier le nombre de postes. Ou alors il faudrait ce “président de la Zone euro” préside également les conseils des ministres de l’Eurogroupe.

Ce gouvernement économique aurait quatre fonctions :

- débattre « des principales décisions de politique économique à prendre par les États membres » ;
- « harmonise(r) la fiscalité » ;
- commencer à « faire acte de convergence sur le plan social par le haut » ;
- engager un plan de lutte contre la fraude fiscale”.

  • NB : le gouvernement économique pour la Zone euro est une antienne française. On se souvient de la volonté affichée par le président Sarkozy sous la présidence française de l’UE en 2008 et ensuite. Mais cette idée est présente dans le corpus politique français bien avant. Le président François Mitterand l’avait déjà exprimée très clairement lors de l’ouverture à Rome, en 1990, de la conférence intergouvernementale, qui devrait présider à la mise en place du Traité de Maastricht. « Si la CIG chargée de cette union économique et monétaire parvient à cette conclusion qu’il faut une monnaie (…) elle sera fatalement contrainte d’en conclure qu’il faut un gouvernement économique de l’Europe » disait-il.

Un budget pour la zone Euro

Une capacité budgétaire “serait attribuée à la zone euro” et la possibilité, “progressivement, de lever l’emprunt” demande F. Hollande. NB : Une proposition qu’il classe dans son discours en 4e position. Nous l’avons ramené dans la logique du gouvernement économique en 2e position. Le point est, en effet, très discuté et disputé. Berlin mais d’autres capitales n’étaient pas très chauds du tout sur cette proposition, voire hostiles.

Un plan pour l’insertion des jeunes

Le cadre financier européen, le budget européen a déjà prévu six milliards d’euros pour l’emploi des jeunes.” Pour le président il faut “mobiliser tout de suite, avant même que le cadre financier ne soit en place pour 2014, une partie de ces fonds pour que nous puissions venir en soutien de tous les jeunes d’Europe qui, aujourd’hui, peinent à trouver une formation ou un emploi“. En complément, l’Europe devrait définir “une stratégie d’investissements, notamment pour les nouvelles industries et pour les nouveaux systèmes de communication“.

  • NB : on est, ici, dans un schéma assez classique européen, le Fonds social européen comme la stratégie de Lisbonne avaient déjà indiqué comme priorité l’emploi des jeunes ou les nouveaux systèmes de communications. On attend simplement de voir ce que veut dire cette “nouvelle stratégie d’investissements”.

4° Une “Communauté européenne de l’énergie”

Cette “CEA” serait destinée à « coordonner tous les efforts pour les énergies renouvelables et réussir ensemble – alors que l’Europe a des pays qui n’ont pas les mêmes politiques énergétiques – à assurer la transition énergétique ».

  • NB : C’est une promesse de campagne du président Hollande. Mais il y a une division fondamentale, tue souvent à Bruxelles, sur le nucléaire. Un point qui oppose, là encore, Berlin et Paris. On ne peut aussi qu’être sévère. Que de temps perdu ! Il y a dix ans, on laissait s’enterrer la CECA, la Communauté européenne du Charbon et de l’Acier, au prétexte que le “charbon c’est le passé”. Et que les instruments communautaires existants suffisaient bien assez. La CECA avait cependant des instruments assez innovants (prélèvements sur les producteurs, réinjection dans les capacités et la formation) que n’avaient pas et n’ont toujours pas les instruments actuels européens.

(Maj) Ajout de complément d’informations sur la gouvernance économique. Et rappel du traité budgétaire.

Télécharger l’intervention du président Hollande

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Donnant donnant. Les 10 préconisations de Paris pour l’Europe de la défense

Donnant donnant. Les 10 préconisations de Paris pour l’Europe de la défense

(BRUXELLES2) Le Livre blanc présenté aujourd’hui à Paris consacre quatre pages à la politique européenne de défense. Un espace qui n’est pas juste de pure forme et contient en filigrane la volonté d’opérer un changement dans la PSDC que ce soit au plan politique ou opérationnel, qu’on peut résumer en une dizaine de points.

Dès les premières lignes, la couleur est affichée. « Le contexte actuel rend possible et urgente une relance pragmatique de la politique de sécurité et de défense commune (PSDC) ». Mais ce développement ne peut pas être qu’incantatoire. La politique de sécurité et de défense commune n’est pas « une fin en soi (…) mais un instrument au service des intérêts essentiels de l’Union européenne ». Cela doit être un échange donnant donnant. Si la France « se tourne vers l’Union européenne avec la volonté d’y apporter sa connaissance des crises et ses propositions concernant les réponses à leur donner », elle souhaite « en retour bénéficier de celles de ses partenaires européens » et de structures européennes « renforcées » (voir notamment le point 6).

1. La mission de l’Union européenne : stabiliser le voisinage. C’est un « intérêt de sécurité majeur » avec la nécessité pour les Européens « d’agir préventivement sur les foyers de crises émergents ». Cinq zones d’actions sont définies : 1) les pays de la zone allant du Sahel à l’Afrique équatoriale, 2) le processus de paix au Proche-Orient, 3) la réussite des transitions politiques dans certains pays arabes, 4) le règlement des conflits du Caucase, 5) la consolidation de la paix dans les Balkans notamment au Kosovo ; et la lutte contre « toutes les formes de terrorisme ».

2. Le cadre européen a vocation à « devenir le cadre de référence dès lors qu’il s’agit de mobiliser toute la gamme des instruments civils et militaires requis pour mettre en œuvre une approche globale des crises ».

3. Une impulsion politique. Dans cet ensemble, l’impulsion doit « venir du plus haut niveau politique de l’Union, celui du Conseil européen ». Aux chefs d’Etat et de gouvernement « de déterminer le rôle que l’Europe entend jouer sur la scène internationale et la nature de l’ordre mondial que les Européens souhaitent promouvoir dans les enceintes internationales et auprès des autres États ».

4. Un Livre blanc européen. Les Français reprennent une notion chère aux parlementaires européens, l’idée d’un « Livre blanc de l’Union européenne », qui définirait « plus clairement les intérêts et les objectifs stratégiques de l’Union ». Sauf inconnue, on devrait retrouver cette notion dans les conclusions du Sommet européen à la fin de l’année.

5. Une réorganisation et des réformes sont nécessaires. L’Union européenne n’a « pas encore tiré parti de tous les moyens dont la Commission et les États membres disposent » pour apporter une réponse globale aux crises. Une « meilleure coordination des moyens civils et militaires », est nécessaire et les procédures de l’Union doivent être « adaptées à son rôle opérationnel ».

6. Un Service extérieur renforcé. La France souhaite « un Service d’action extérieure au rôle renforcé, notamment dans la gestion des crises » tout comme voir les « atouts » des agences de l’Union européenne (comme par exemple l’Agence européenne de défense, ou le centre satellitaire de Torrejon) mieux utilisés.

7. Une plus grande réactivité. La France souhaite que l’Union renforce « la réactivité et les capacités d’intervention des forces » mises à la disposition de la PSDC. Formation commune, entraînement, disponibilité et génération de forces mieux coordonnée entre États européens sont des « domaines où les progrès sont urgents et accessibles ».

8. Utiliser tous les instruments du Traité.  La France veut « mieux utiliser les institutions et cadres de concertation existants et tirer parti de toutes les possibilités ouvertes par les traités, y compris la coopération structurée permanente et les coopérations renforcées. »

9. Une volonté et des capacités de projection. La « volonté de se projeter » n’a de sens que si elle repose sur la « possibilité, pour les États qui y souscrivent, « de mobiliser des moyens civils et militaires crédibles ». La France s’engage à disposer des capacités critiques dans certains secteurs « renseignement, surveillance, ravitaillement en vol, transport stratégique, etc. », tout en réaffirmant sa volonté de « mutualiser les programmes correspondants avec les États les plus capables d’y contribuer ».

10. Mutualisation et partage des capacités. La France répète son souhait « résolu (de) s’engager dans l’initiative de mutualisation et de partage capacitaire (pooling and sharing), confiant à l’Agence européenne de défense (le soin) d’identifier des programmes qui pourraient être développés en commun, de tester leur faisabilité et d’organiser leur montage ». Les coopérations, avec un ou plusieurs États, de programmes d’armement dans le cadre de l’OCCAR doivent être envisagées « non pas comme des alternatives ou des substituts, mais comme des leviers supplémentaires pour susciter une dynamique capacitaire européenne ».

Enfin, la France affiche un objectif plus général « que se poursuive et s’intensifie la construction européenne en matière de sécurité intérieure » avec élaboration d’une « stratégie davantage intégrée ». Deux exemples sont données : la « protection des infrastructures critiques européennes » et « la coordination politique en cas de crise majeure » (protection civile) .

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Les Mirage français prennent l’air, coté balte

Un Mirage F1 de la BA 118 arborant les couleurs de l’escadrille BR11 pour fêter ses 100 ans (crédit : Ministère de la Défense)

(BRUXELLES2) Quatre Mirage F1 CR de la base 118 de Mont de Marsan ont atterri ce vendredi (26 avril) sur la base aérienne de l’armée lituanienne à Šiauliai, signale le ministère lituanien de la Défense. Ils vont prendre à partir du 30 avril la surveillance aérienne sur les pays baltes, prenant ainsi le relais des avions danois. La surveillance des pays baltes est, en effet, assurée à tour de rôle par des pays membres de l’OTAN. C’est la quatrième fois que les Français prennent ainsi l’air… côté balte.

lire aussi : La mission de surveillance aérienne des pays baltes prolongée. Mais non sans peine…

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Les Français ne veulent pas d’une France manchote

(BRUXELLES2) « 90% des francais jugent que pour conserver son influence dans le monde, il est important ou primordial que la France reste une grande puissance militaire ». C’est ce qui ressort du sondage réalisé par l’Ifop pour le think-tank Synopia qui vient de publier une étude intéressante sur le sujet. On y apprend notamment que 58% des Français estiment « qu’au cours des dernières années, le rôle de la France dans le monde a diminué » et que 81% d’entre eux pensent que « l’ouverture d’un grand débat sur les moyens que la France doit consacrer à son influence est importante ou primordiale ».

Pour plus de détails sur l’étude complète et ce sondage voir Club de B2.

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Aie! Deux civils indiens tués par les forces françaises à Bangui

(BRUXELLES2) Deux civils indiens et six autres ont été blessés (certains grièvement) lors d’un incident qui s’est produit sur l’aéroport de Bangui, en Centrafrique, ce lundi (25 mars). Les véhicules (au nombre de trois) dans lesquels ils avaient pris place, avec des policiers tchadiens de la FOMAC (la force multinationale d’Afrique centrale), fonçaient rapidement vers la zone de l’aéroport, protégée par les troupes françaises. Malgré des tirs de sommation, les véhicules ne se sont pas arrêtés. « La situation était particulièrement confuse », précise le ministère de la Défense. Les militaires français étaient sous tension. Ils avaient été pris auparavant à partie par des tirs non identifiés, a expliqué le colonel Burkhard, porte-parole de l’Etat-major des armées, à l’AFP.  Une enquête a été diligentée pour déterminer « les circonstances exactes ». Les blessés ont été pris en charge et rapatriés par avion à l’hôpital militaire français de n’Djamena (Tchad). Le président François Hollande a immédiatement adressé une lettre de condoléances à son homologue indien, assurant de sa détermination à éclaircir les circonstances de l’incident. Il s’agit notamment d’éviter tout dérapage diplomatique à l’image de ce qui s’est passé avec les fusiliers marins italiens au large de l’Inde (lire : Volte-face italienne. Les Maro rentrent en Inde)

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La dernière ligne droite pour le Livre blanc français. Une règle d’or…

(BRUXELLES2) Les projections les plus pessimistes, circulent allègrement dans la presse sur les contours du futur Livre Blanc qui doit être publié à la mi-avril (mais dont les derniers arbitrages sont en passe d’être rendus ces prochains jours). Selon mon confrère J. Guisnel (Le Point/Le Telegramme) une apocalypse budgétaire pour les armées,se prépare, le budget de défense pouvant passer, selon une piste, de 1,5% du PIB à 1,1% du PIB. L’‘Apocalypse n’est pas pour la semaine prochaine… réplique JD Merchet (Marianne) estimant que la fourchette se situerait davantage entre 31,5 milliards (l’option de la rue St Dominique, le ministère de la défense, soit un budget gelé) et 28 milliards d’euros (l’option de Bercy, le ministère du Budget). Dans un article intitulé Défense : les scénarios noirs des coupes budgétaires, paru dans le Monde aujourd’hui (25 mars), Nathalie Guibert développe et détaille les deux hypothèses pour les années futures : le scénario Y avec 15 milliards de moins pour 2014 à 2020 (soit 2 milliards par an) et le scénario Z avec 30 milliards de moins sur la même période (soit 4 milliards par an). De quoi réveiller le Landerneau endormi…

Les députés montent au créneau

Plusieurs députés français – membres de la commission défense – se sont inquiétés récemment de cett tournure du Livre blanc. Un des premiers à s’exprimer a été le député PS du Morbihan, Gwendal Rouillard, fin connaisseur des questions de défense mais avant tout un fidèle et un proche de Jean-Yves Le Drian — il a été son attaché parlementaire, avant de reprendre le siège de député après le décès de son suppléant (lire : Le Drian, le monsieur “Défense” de F. Hollande. Portrait d’un Européen). Il « en appelle au président de la République » (dans une lettre ouverte publiée sur son site lire ici).

Un affaiblissement stratégique et des conséquences pour l’emploi

« Notre pays doit impérativement garder son ambition stratégique, qui s’exprime notamment par son droit de veto à l’ONU, et y conférer les moyens adaptés et opérationnels » explique-t-il, estimant « totalement incohérent » de vouloir « sabrer l’outil de la Défense nationale par rapport à la décision d’intervenir militairement au Mali et à notre nouvelle stratégie en Afrique ». Les scenarii de Bercy auraient des « répercussions inacceptables pour notre Industrie de Défense, ses 320 000 emplois, ses 4000 PME et sa capacité d’innovation et d’exportation de plusieurs milliards d’euros » alerte-t-il ensuite, rappelant le « fort levier de croissance et d’investissement indispensable » qu’elle représente. Argument qui porte en temps de crise.

L’intervention au Mali n’aurait pas eu lieu

De l’autre coté de l’échiquier politique, on ne sent pas vraiment de divergence d’approche. Christophe Guilloteau (UMP), également membre de la commission Défense, vient d’adresser une lettre ouverte au gouvernement, exprimant son inquiétude. « Si ces propositions devaient être adoptées, il ne s’agirait pas d’une simple réduction supplémentaire de crédits, mais bel et bien de l’abandon par notre pays de son rang de grande puissance, de sa capacité à intervenir partout où la démocratie est menacée, comme notre armée l’a fait en Afghanistan, en Lybie, et aujourd’hui au Mali » explique le député du Rhone. « Avec un budget de la Défense établi à 1,2 % du PIB, notre intervention se serait certainement arrêtée le 11 janvier au soir. »

Commentaire : un atterrissage brutal programmé

Un jeu habituel de dramatisation…

Tout d’abord, méfions des ébats. Nous sommes dans le jeu habituel de la dramatisation nécessaire de l’exercice. Bercy fait plusieurs projections, affichant un objectif drastique. Le ministère de la Défense joue le plan noir pour mobiliser toutes ses forces de façon indirecte dans la bataille (députés, industriels, lobbys, journalistes…). Ce qui permet de mesurer les forces. Puis on va tailler selon les résistances affichées et les objectifs définis. De façon médiatique, annoncer une baisse drastique des moyens de défense permet ensuite au gouvernement de justifier que, finalement, l’effort a été limité et que le ministère s’est bien battu pour sauvegarder ses moyens. Mais ne voir dans cette bataille de chiffres qu’un exercice politico-médiatique serait une erreur.

Un leurre sur la nature de l’exercice

Jusqu’à récemment, il y avait une illusion d’optique sur la nature de l’exercice. Le Livre Blanc se contenterait d’une remise à jour des menaces. Il était un exercice géopolitique, et l’essentiel serait préservé. Un leurre, d’autant mieux entretenu qu’avec l’engagement en Libye, puis au Mali, on pouvait se dire que la France avait un outil de défense qui méritait d’être préservé. Certes. Mais il y a aussi des réalités économiques, qui ne datent pas du mois de janvier ou décembre, mais préexistaient bien avant (les élections d’ailleurs). La dette française est importante. Elle ne diminue pas. Elle augmente même. Et la barre des 100% du PIB de dette se rapproche…

La règle d’or a des impératifs

La France – comme les autres Européens – se sont engagés à donner un coup d’arrêt à l’augmentation de cette dette. C’est la fameuse “règle d’or” qui n’est pas une règle théorique. Elle ne se contente pas d’ancrer de façon constitutionnelle, une limitation des déficits, elle conforte juridiquement aussi une règle drastique, implacable : le différentiel entre le niveau de la dette et la limite acceptable de 60% du PIB doit être réduit chaque année d’un 1/20e durant 20 ans ! En quelque sorte, la règle d’or impose de couler du bronze !

Prenez une calculette !

Si les projections que B2 sont exactes, on arrive à une réduction de l’ordre de 30 milliards d’euros par an pour l’ensemble du budget public (Etat, collectivités locales, assurances sociales), le tout sur 20 ans, à condition qu’il n’y ait pas de déficit budgétaire. Ce qui est déjà difficile. Un simple calcul de proportionnalité donne pour le budget de la défense une contribution (arithmétique) de 1 milliard d’euros au minimum chaque année. En incluant l’effort à l’arrivée au déficit 0, en sachant que certaines dépenses ne peuvent pas être réduites dans cette proportion, et qu’il vaut mieux donner un coup de collier tout de suite, plutôt qu’au renouvellement des élections législatives/présidentielles, ce devrait être certainement plus, entre 1 et 2 milliards au minimum. L’atterrissage sera donc brutal ! Mais il était tout à fait prévisible.

Sauver l’essentiel : les OPEX. Réfléchir sur l’accessoire : le nucléaire ?

Crier au loup aujourd’hui est donc un peu tardif et même contradictoire. L’enjeu n’est donc plus aujourd’hui de dire “non, non, non” à toute coupe budgétaire. Mais de savoir comment effectuer une coupe rapide, proportionnée et qui ne nuise pas au format des armées, à sa capacité opérationnelle et de défense. Dans cet esprit, c’est, à mon sens, la capacité d’entrer en premier qui doit être préservée (les A400M, les hélicoptères, le renseignement, la protection du fantassin, l’entraînement des militaires, les frégates…). Et, bon gré mal gré, il faut entamer une réflexion sur la sacro-sainte dissuasion nucléaire qui grève des ressources devenues aujourd’hui rares et plus nécessaire ailleurs (lire : La capacité d’entrer en premier…)

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