L’accord sur le nucléaire iranien : des Européens pas si nuls que cela

(B2) Face à la position des Européens sur l’accord sur le nucléaire iranien, on peut adopter une attitude de ‘raillerie’, sur le mode ‘un accord perdu’ et ‘des Européens incapables face aux Américains’

La réunion des directeurs politiques des E3+3 (quand les USA étaient encore participants à l’accord) à Vienne le 25 avril 2015 (crédit : SEAE – Archives B2)

Une critique en partie justifiée

Le fameux dispositif anti-blocage mis en place par la Commission européenne avec tambours et trompettes s’est révélé, au final, un simple trompe l’œil inefficace. Il n’a pas permis de convaincre les entreprises, menacées de sanctions aux USA, de conserver leurs relations commerciales avec l’Iran. Il n’a pas vraiment entraîné un développement important du commerce des PME (les petites et moyennes entreprises) avec l’ancien empire perse. Et le fameux mécanisme (Instex) mis en place par la France, l’Allemagne et le Royaume-Uni (les E3), destiné à faciliter le commerce légitime, peine à fonctionner. Il vient tout juste d’être déclaré opérationnel (lire : Instex opérationnel. L’accord sur le nucléaire iranien sauvé : pour combien de temps ?).

Certaines erreurs

On peut identifier certaines causes de cette impéritie. Les Européens paient une absence de stratégie sur le long terme, s’accrochant au wagon américain sans parfois y voir un possible danger. Ils ont minoré certains facteurs de puissance, comme la suprématie du dollar et un certain effacement de l’Euro (qui a reculé sur la place internationale depuis la crise financière). Ils paient également l’absence de recherches de moyens pour contre-carrer les sanctions extra-territoriales américaines. Les Européens répugnent en général à utiliser de façon politique les instruments anti-trust ou anti-corruption, à l’inverse de l’utilisation qu’en font les Américains.

Un retournement stratégique

Mais y voir un total échec est peut-être prématuré. Il faut bien voir ce que la position européenne a de révolutionnaire. Il s’agit d’entrer frontalement en opposition avec les Américains, non pas sur une simple question commerciale, mais sur un enjeu proprement stratégique pour les Européens comme les Américains : la prolifération nucléaire, les relations avec l’ancien empire perse, la stabilité dans le Golfe, le conflit sunnites-chiites. Une position à rebours de toutes les positions tenues par l’axe américano-européen jusqu’ici. Non seulement affirmée dans les mots, cette position trouve place dans les actes. La mise en place assez ingénieuse d’Instex, cette société si spécifique dont l’objet primordial reste de contourner les sanctions américaines sur l’Iran, n’est pas un acte ordinaire dans le chef des Européens. C’est un acte d’hostilité claire à l’égard de la position de Washington.

Des Européens qui arrivent à rester unis

Sur une question aussi hautement stratégique, les Européens ont réussi à affirmer une position déterminée et, surtout, unie. Ce qui est un record. Aussi bien Britanniques que Français et Allemands, que les autres Européens sont sur la même ligne : l’accord sur le nucléaire iranien, conclu en juillet 2015 au terme de plusieurs années de négociation, reste « un élément clé de l’architecture mondiale de non-prolifération nucléaire » comme l’ont encore rappelé à Vienne les Européens. « Sa préservation reste essentielle pour la stabilité et la sécurité régionales. » La société Instex doit être développée. Il est souvent si facile de mettre en avant les divisions, réelles, entre Européens, que souligner leur unité préservée est tout aussi nécessaire.

Un accord qui tient malgré tout

Enfin, malgré le lâchage en rase-campagne de l’accord par les Américains, leurs sanctions, remontrances et sommations, l’accord sur le nucléaire iranien tient. Fragilement certes. Mais il tient. Et ce n’est pas le moindre des résultats de la diplomatie européenne. Ce n’est pas négligeable. Cela aussi, il faut le souligner et le mettre en valeur. Il n’est pas sûr qu’il y a vingt ans, une telle position américaine, aussi affirmée, n’aurait pas entraîné un attentisme, voire une débandade des Européens.

(Nicolas Gros-Verheyde)

La politique étrangère doit-elle être à voix unique ?

(B2) Peut-on avoir une politique étrangère décidée à la majorité qualifiée ? Cette proposition faite par la Commission Juncker en septembre dernier parait enterrée. A juste titre

(crédit : MOD Pays-Bas, février 2016, archives B2)

Une idée séduisante… sur le papier

L’objectif de la proposition Juncker (lire : La Commission propose de révolutionner la politique étrangère de l’UE : abandonner l’unanimité) était de résoudre certains blocages en série constatés récemment avec un ou deux pays en position d’opposition systématique pour des raisons qui semblaient peu liées au fond de la politique étrangère, mais à d’autres sujets. La position de Budapest, notamment, qui pose souvent un veto à des conclusions dès que le mot ‘migrations légales’ apparait, a beaucoup irrité au Berlaymont (lire : La Hongrie bloque le mandat de négociation sur le post Cotonou. Les Européens maugréent). Cette proposition est intéressante car elle permettrait aussi de rendre un peu plus commune la politique étrangère. D’un point de vue de la technique politique, le grand intérêt de la majorité qualifiée est … de ne pas être utilisée. Les États membres sont plus enclins au compromis, sachant qu’ils ne peuvent mettre un veto à une décision. Tandis que l’unanimité pousse plutôt les États récalcitrants à durcir leur position, sachant que la menace même du veto, sans être utilisée, est déjà suffisante pour éviter d’adopter une position. La politique étrangère se décide en effet généralement par consensus, sans avoir vraiment recours au vote. Quand une ou plusieurs oppositions sont détectées, on essaie généralement de résoudre le problème, plutôt que de passer à la confrontation.

Une politique difficilement partageable

Ces qualités sont indéniables. Mais elles reposent sur un fondement erroné. Il n’y a pas aujourd’hui une politique étrangère de l’Union unique et commune à tous les pays membres, mais ’28’ politiques étrangères propres à chaque pays à laquelle s’ajoute une politique étrangère qui leur est commune sur tous les points où ils peuvent trouver un accord. Même les positions communes cachent bien souvent des divergences importantes, structurelles, qui ne peuvent être résolues par une simple technique de vote. La politique étrangère est en effet la résultante de l’histoire d’un pays (1), de son positionnement par rapport à ses voisins (2), par rapport au monde (3). Elle est souvent si consubstantielle à l’existence même d’un pays, à son ciment intérieur (4), à sa psychologie intime, qu’elle ne peut être imposée de ‘force’.

Une politique commune, pas unique

Cette position pourrait entraîner davantage de problèmes qu’en résoudre. Quel pays se laisserait aller à se rallier à une position commune qu’il ne partage pas ? On se heurterait très vite à des prises de position, plus ou moins publiques, pour indiquer que telle ou telle capitale ne partage pas la position commune adoptée. Le bien serait alors l’ennemi du mal, d’autant que plusieurs dispositifs permettent de rallier l’unanimité avec des oppositions (cf. encadré). La politique étrangère peut être commune, elle ne peut pas être unique.

Une politique commune forte de ses différences

L’Union européenne, au contraire, aurait intérêt à ‘cultiver’ ses différences, à en être fière même. C’est cela qui fait sa richesse et son rôle irremplaçable dans le monde. Toutes les autres ‘forces’ présentes dans le monde (USA, Russie, Chine, Japon, Inde…) sont représentées par des États, qui ont une politique unique, décidée de façon centrale, bien identifiée, même si elles oscillent parfois au gré de certains changements politiques. L’intérêt de l’Union européenne est de rassembler des pays qui ont de fortes différences, différences qui resteront et, malgré cela, de pouvoir parler d’une voix commune.

Pouvoir parler avec tout le monde

Certains sont de fidèles soutiens des Israéliens, depuis le début de la création de l’État hébreu, et d’autres plus proches des Palestiniens. Certains sont des ennemis déclarés de la Russie, d’autres ont sinon des affinités du moins du respect pour le gouvernement russe. Certains sont des amis de Juan Guaido au Venezuela, d’autres peuvent parler à Nicolas Maduro. Des gouvernements se retrouvent dans l’axe du gouvernement de Tripoli en Libye, d’autres dans celui du général Haftar. Au plus fort de la guerre en Syrie, quelques pays gardaient un lien officiel avec le gouvernement de Bachar, tandis que d’autres le combattaient, plus ou moins directement, etc. Le grand intérêt de l’Union européenne est de pouvoir ainsi, malgré toutes ses différences, parler d’une voix commune et… discuter avec tout le monde.

Un rôle inné pour les Européens

Les Européens auraient intérêt à ne pas passer leur temps à se chamailler pour savoir qui a raison, mais à se glorifier d’être le médiateur, le (ré)conciliateur de tous les conflits. L’Europe doit apprendre à prendre ses responsabilités et se proposer comme un intermédiaire, un ‘honnest broker‘ des crises qui l’intéressent au plus haut point. Être un héros du multilatéralisme ne signifie pas se réfugier derrière le soutien à un envoyé spécial de l’ONU. Cette position, trop souvent tenue par l’Union européenne aujourd’hui (5), apparaît en fait comme le ‘comble de la lâcheté’. L’Union européenne, forte de ses différences, doit prendre toute sa place dans le monde, prendre réellement à bras le corps certaines crises et être prête à assumer ses risques.

(Nicolas Gros-Verheyde)


D’autres dispositifs

Le Traité prévoit en matière de politique étrangère un dispositif spécifique : l’abstention constructive. Un État montre son désaccord, mais n’empêche pas l’adoption d’une position ou d’une stratégie commune. Elle peut aussi se manifester par une déclaration qui est jointe normalement au procès-verbal de discussion. C’est une pratique possible qui pourrait être développée. Rien n’empêcherait de mentionner cette déclaration, en bas de la position commune, de façon claire, transparente, voire publique. Une petite note de bas de page, dans une déclaration commune, mentionnant que tel pays a un ‘problème’ particulier avec tel paragraphe de la position.


  1. Les divisions anciennes entre pays ‘colonialistes’ et pays anti-colonialistes, entre pays ‘interventionnistes’ et ‘non-interventionnistes’, ‘commerçants’ ou ‘militaristes’ ressurgissent souvent.
  2. Chypre – Turquie, Pays baltes – Russie, Espagne – Maroc, etc.
  3. Les relations étroites entre l’Irlande et les USA, ou entre Malte et la Libye, etc.
  4. La neutralité ou le non-alignement de certains pays (Autriche, Irlande…) par exemple.
  5. Syrie, Libye, Yemen, Birmanie… les exemples sont nombreux
Federica Mogherini (de dos), entourée de plusieurs ministres des Affaires étrangères : Erjavec (Slovénie) Reynders (Belgique), Steinmeier (Allemagne)

La diplomatie européenne retrouve un chef d’orchestre

Federica Mogherini (de dos), entourée de plusieurs ministres des Affaires étrangères : Erjavec (Slovénie) Reynders (Belgique), Steinmeier (Allemagne)

Federica Mogherini (de dos), entourée de plusieurs ministres des Affaires étrangères : K. Erjavec (Slovénie) D. Reynders (Belgique), F. W. Steinmeier (Allemagne), E. Tuomija (Finlande)

(BRUXELLES2) Dans quelques jours sonnera pour la nouvelle Haute représentante de l’UE, son premier Conseil Européen. Mais assurément l’Italienne a gagné la première manche : s’imposer, en douceur, comme un chef de file.

Un choix réussi (pour l’instant)

L’Europe a retrouvé en Federica Mogherini, le chef d’orchestre qui lui manquait cruellement jusqu’alors. Matteo Renzi, le président du Conseil italien ne s’était pas trompé en voulant propulser à Bruxelles sa ministre des Affaires étrangères. Têtu, sans bouger d’un iota, il avait surpris par sa détermination, y compris dans la péninsule, à vouloir ce poste pour l’Italie. Comme me le confiait un journaliste, plutôt sceptique sur ce choix au départ, il le reconnait aujourd’hui « il avait raison ». Il y a à la fois un changement de ton et de conviction très nets et une présence publique plus importante.

Une présence devant la presse

La clé de cette réussite tient à plusieurs facteurs. Tout d’abord, la présence même de Federica Mogherini tout au long de la dernière réunion des ministres de l’UE, des Affaires étrangères comme de la Défense, les 17 et 18 novembre, son implication comme son compte-rendu devant la presse – à trois reprises durant la réunion – en attestent. La Haute représentante entend reprendre son rôle de premier plan sur les questions d’affaires étrangères mais aussi de défense et de sécurité, largement délaissées ces dernières années. Vendredi dernier, elle a tenu à présider le conseil des ministres du Développement, souvent dévolu à la présidence tournante, car considéré comme mineur, montrant ainsi qu’elle n’entendait négliger aucun pan de sa responsabilité : de la diplomatie au militaire, en passant par l’aide humanitaire et le développement.

Changer la méthode de réflexion

Ensuite, sa volonté de changer les méthodes de travail, même si elle parait un détail organisationnel, n’est pas superflue. Les conseils des ministres des Affaires étrangères se résumaient jusqu’à présent à un empilement de déclarations de « préoccupation » ou « d’extrême préoccupation » sans vraiment de priorité. Et chaque ministre s’empressait de dire tout le bien qu’il pensait de la politique nationale plutôt que de la politique européenne. « Si on remet à chaque fois les mêmes points que le mois dernier, l’ordre du jour n’est plus maitrisable. Les discussions entre les ministres tournent en rond et ne servent pas à beaucoup de chose » commentait, il y a peu, un diplomate européen chevronné, familier de ces réunions ministérielles, reconnaissant ainsi que le changement de méthode était nécessaire. Quant aux conseils des ministres de la Défense de l’UE, force est de reconnaître qu’ils ronronnaient avec un ensemble de rapports adoptés, pour le moins abscons, sans dégager réellement de trame politique (à l’inverse des réunions de l’OTAN par exemple). Ressusciter l’attention, dynamiser le débat, permettre aux ministres de s’exprimer est donc un passage obligé.

La défense n’est pas oubliée

Enfin, son affirmation de promouvoir les battlegroups comme les missions/opérations de la PSDC en tant qu’instrument de cette politique n’est pas superflue. L’Europe de la Défense, en général, et la PSDC en particulier, ont souffert ces dernières années, d’un tropisme de l’échec. L’absence de volonté des Etats membres comme les difficultés financières ont souvent été avancées comme un motif pour « ne pas agir » au lieu de chercher à agir et voir comment les difficultés pouvaient être résolues ou contournées. En la matière, l’Europe de la Défense dispose d’un atout certain : il existe, sur le « papier », quasiment toute la palette nécessaire pour permettre à certains d’avancer plus vite que d’autres : (ce qui n’existe pas pour les autres politiques « régaliennes », comme en matière économique ou de fiscalité) groupe d’avant-garde, coopération renforcée, structure de coopération renforcée permanente, etc. Quant aux opportunités pour agir, elles ne manquent pas. Et l’indécision européenne comme son manque de présence sur la scène internationale s’ils se poursuivent pourraient être aussi dommageables au continent européen, tout autant que la crise économique actuelle.

Un dynamisme européen qui a des limites

Il ne faut pas rêver et pas projeter cependant des ambitions démesurées. Une femme, même intelligente et déterminée, même charmante et respectée des autres ministres, ne peut pas changer ce qui reste structurel. La politique étrangère est d’abord le produit d’une histoire et d’une position géographique. Et c’est au niveau de chaque Etat que se décide d’abord cette politique étrangère… Ce qui entraîne de singulières différences dans les positions Etats membres sur différents sujets de politique extérieure. Mais cela ne prive pas le niveau européen d’un effet. Au contraire, la plupart des capitales se rendent bien compte que la division des positions ne facilite généralement pas à moyen terme, et même à court terme, leur rang mondial.

Poser pièce par pièce les éléments de la reconstruction

Cette donnée-là, la nouvelle Haute représentante la connait bien pour avoir été ministre des Affaires étrangères. Mais à la différence de son prédécesseur, elle n’en fait pas un point de blocage mais un atout.  Déterminée à jouer tout son rôle, notamment comme coordinateur de la politique extérieure de la Commission, il ne faut pas se fier à son côté souriant ou fort aimable. F. Mogherini sait ce qu’elle veut et semble vouloir poser, pièce après pièce, les éléments de ce qui lui permettra d’abord de reconstruire en interne une capacité d’agir puis d’impulser ensuite à l’extérieur plus durablement la politique européenne. Nous ne nous en plaindrons pas.

Faire jouer ensemble les musiciens

Indéniablement, la Politique européenne extérieure a retrouvé ce qui lui manquait — un chef d’orchestre — permettant à tous les « musiciens » de jouer leur partition, dans un ensemble juste un peu plus harmonieux… et finalement plus efficace. Reste maintenant à transformer l’essai, après ses débuts prometteurs…

(Nicolas Gros-Verheyde)

Le prix Nobel remis à une Europe diverse et (en partie) pacifiée

(BRUXELLES2, opinion) La remise du prix Nobel à l’Union européenne a lieu aujourd’hui à Oslo en présence des « trois présidents » : JM Barroso (pour la Commission), H. Van Rompuy (pour le Conseil européen) et M. Schulz (pour le Parlement européen). François Hollande et Angela Merkel, Elio di Rupo feront le déplacement comme la plupart des chefs d’Etat et de gouvernement des « 27 ».

La prouesse de l’UE : faire passer les conflits du champ de bataille aux couloirs du Conseil

On peut bouder comme l’ont fait quelques dirigeants de plusieurs pays — le Royaume-Uni et la république Tchèque notamment, dont l’agenda des dirigeants est apparemment…  trop chargé. On peut aussi railler ou ironiser cette présence en nombre. On peut aussi la prendre comme le souci du continent à la fois de préserver son unité (l’Union européenne) et sa diversité (les Etats restent avec leur approche, leur culture si différente). On peut aussi être surpris de la remise d’un prix à l’Union. Quand la nouvelle est tombée il y a plusieurs semaines, j’ai été bousculé.

La crise non seulement économique mais aussi politique et sociale ronge l’Europe. Cette « communauté de destin » se cherche un second souffle et une partie de son âme. Et l’idéologie développée – qui se réduite à la lutte contre l’inflation et la dette – est bien bien éloignée des objectifs initiaux. Mais contrairement à ce que disent les détracteurs de l’Europe, celle-ci avec tous ses défauts, ses lenteurs, ses contradictions a réussi cette prouesse : pacifier une partie du continent en faisant passer les conflits du champ de bataille aux couloirs du Conseil européen. C’est beaucoup moins « fun » mais moins sanglant. Mais c’est bien réel. La limitation des souverainetés (c’est une réalité) s’est faite sans asservir chacune des nations. Et, en dehors du continent, cela peut être pris comme un « modèle » pour un conflit. Rien que pour cela, l’Europe mérite ce prix.

L’atténuation des conflits nationaux

L’ouverture des frontières a limité voire totalement atténué les problèmes de répartition des peuples de frontières parfois artificielles. Il en est ainsi des « cantons germanophones » en Belgique comme du tracé de la frontière entre l’Allemagne et la Pologne sur l’Oder. Sans cette ouverture, la résorption du conflit ancestral en Irlande du Nord n’aurait pas pu vraiment se faire. Et d’autres auraient ressurgi à la moindre incartade nationaliste. C’est difficile effectivement de faire le bilan de la « Non Europe » dans ce domaine. Mais on peut être sûr que ce qui a donné lieu jusqu’ici à quelques rodomontades d’un chef de gouvernement irrascible (Orban en Hongrie par exemple) aurait pu donner lieu à quelques échauffourées mortelles.

Un génocide malgré tout

Dans cette célébration que l’Union a apporté à l’Europe plus de 50 années de paix, où chacun va donner de sa voix, il ne faut cependant pas oublier que l’Union ne s’arrête pas aujourd’hui aux frontières définies des 27 mais déborde de celle-ci. Il y a juste vingt ans, la commission des Droits de l’homme de l’ONU reconnaissait l’existence d’un génocide dans les pays d’ex-Yougoslavie… Le deuxième sur le continent dans le siècle. Un génocide que l’Europe n’a pas pu ni prévenir ni empêcher.

Lire aussi :

Un Nobel pour l’Union européenne, riche idée… (Maj)

(BRUXELLES2) Attribuer le prix Nobel à l’Union européenne est une riche idée. Et c’est un beau cadeau fait actuellement aux Européens qui sont tellement préoccupés aujourd’hui par leurs problèmes internes qu’ils en ont oublié qu’ils avaient un rôle dans le monde. Vu de l’extérieur, l’UE reste une réussite. Cela paraître surprenant. Mais c’est une réalité…

Effectivement depuis plus de 60 ans, ses Etats membres ont renoncé à la guerre comme un moyen de conflit. Ils guerroient désormais à coups de papier, de portes claquées au Conseil, voire de chaises vides ou de recours à la Cour de justice. Les oppositions sont toujours aussi féroces. Mais elles font moins de morts… Sur ce sujet on peut parler de réussite, la paix a succédé sur le continent à plusieurs siècles de guerres et conflits.

Pour le Comité Nobel, une belle idée de réconciliation

Le comité a tout d’abord voulu saluer la réconciliation franco-allemande. « Aujourd’hui, la guerre entre l’Allemagne et la France est impensable. Cela montre comment, grâce à des efforts visant le bien-et en renforçant la confiance mutuelle, les ennemis historiques peuvent devenir des partenaires proches. » Elle a aussi salué la consolidation de la démocratie dans nombre de pays : « en Grèce, en Espagne, au Portugal ». On a tendance peut-être à l’oublier parfois du moins dans certains pays. Quant à la chute du mur de Berlin et l’adhésion des pays d’Europe centrale et orientale, elle a ouvert « une nouvelle ère dans l’histoire européenne. La division entre l’Est et l’Ouest a, dans une large mesure, été terminée, la démocratie a été renforcée, de nombreux conflits à base ethnique nationale ont été réglés. » Et la dernière étape de réconciliation du continent est en cours. « L’admission de la Croatie en tant que membre de l’année prochaine, l’ouverture des négociations d’adhésion avec le Monténégro, ainsi que l’octroi du statut de candidat à la Serbie vont renforcer le processus de réconciliation dans les Balkans. »

Certes l’UE est « actuellement l’objet de graves difficultés économiques et des troubles sociaux considérables ». Mais le comité Nobel a souhaité dépassé ces contingences et « se concentrer sur ce qu’il considère comme la conséquence la plus importante de l’UE : le succès de la lutte pour la paix et la réconciliation, la démocratie et les droits de l’homme ». Le travail de l’Union européenne « représente « la fraternité entre les nations », et équivaut à une forme de «congrès de la paix» à laquelle se réfèrait Alfred Nobel comme critères pour le Prix de la Paix dans ses dernières volontés de 1895 ».

Nuance

Malgré tous ces louanges, mérités, il est un fait à ne jamais oublier, à mon sens, dans notre mémoire continentale : l’Europe n’a pas réussi à éviter la guerre à ses frontières et un nouveau génocide. Sa plus grosse absence concerne les Balkans au début des années 1990. L’Europe a signé, là, une absence coupable. Elle a, à l’époque, préféré régler ses « petits » problèmes internes, la construction de l’Union économique et monétaire, plutôt que de mettre tout son poids dans la balance pour éviter ou limiter le conflit. Ce qui était tout à fait à sa portée à l’époque (contrairement à ce qu’en pensent certains commentaires). Le risque aujourd’hui ou demain est avéré, l’Europe pourrait se retrouver dans une même position d’aveuglement égoïste et d’abstention coupable.

On peut aussi se poser la question de l’attitude européenne face aux conflits dans le monde. Présente en Somalie, et peut-être bientôt au Sahel, elle reste absente des principaux conflits en cours – en Afghanistan, au Moyen-Orient – se contentant de la politique du chèque, habituelle et ancestrale. La « politique de sécurité » est aussi une des dernières roues du carrosse européen actuellement. Et il importe de remettre au goût du jour cette politique. D’une certaine façon, le Nobel va ainsi obliger les Européens à se remettre en selle…

  • Reste une, petit, question, une question de détail qui va sans doute encore susciter une guerre de couloirs. Qui se déplacera à Oslo pour recevoir ce prix Nobel ? Sans doute Herman Van Rompuy, le président du Conseil européen. Mais il parait aussi nécessaire que José-Manuel Barroso, le président de la Commission européenne soit là. Voire Catherine Ashton qui est tout de même la responsable de la politique étrangère et de sécurité de l’UE. Cela va se bousculer au portillon… 🙂 Et ce serait bon et sain pour l’Union européenne que ce genre de guérilla interne cesse.

Barroso au Mozambique et Tanzanie

(B2) Le président Barroso termine aujourd’hui (20 juillet), une visite au Mozambique, avant de continuer son voyage en Tanzanie samedi (21 juillet). Accompagné du commissaire européenne en charge du développement, Andris Piebalgs, le président Barroso s’est réjoui des résultats de la transition politique et des taux de croissance accélérés qui ont suivi, tout en ne manquant pas de rappeler que le défi est maintenant d’atteindre un développement plus «durable» et englobant surtout une plus large partie de la population. Durant cette visite, trois nouveaux accords bilatéraux ont été signés, visant à stimuler respectivement l’économie, l’Etat de droit et la société civile.
Commentaire : Le président Barroso poursuit une campagne destinée à peaufiner son image internationale, après une visite en Israël et en Palestine. Il sera intéressant de savoir s’il évoquera avec ses interlocuteurs tanzaniens la participation de ce pays à l’opération de renforcement des capacités maritimes (EUCAP Nestor) qui vient d’être lancée…

©NGV / B2

Budget « Extérieur » de l’UE : des coups de ciseaux très politiques

©NGV / B2(BRUXELLES2 à Strasbourg) Le Parlement européen a approuvé aujourd’hui en ‘plénière’ sa proposition pour le budget 2012 qui inclut un recalibrage du budget « relations extérieures » de l’Union européenne. Notamment : augmentation du budget pour la Palestine et diminution du budget pour l’Afghanistan. Lire également : Le budget de la mission Eupol Afghanistan sacrifié sur l’autel budgétaire. Un « petit fossé » le sépare de ce qu’ont voté les gouvernements. Des réunions en trilogue ont lieu et les réunions de conciliation sont prévues les 8 et 18 novembre.

Des coupes ciblées

Pour Roberto Gualtieri, le rapporteur « Affaires étrangères » de la commission du Budget, avec qui j’ai pu discuter de longues minutes, ce redimensionnement n’est pas dû au hasard mais à une prise de conscience : « nous faisons face tous à des politiques d’austérité. Si nous augmentons quelque part, il faut baisser ailleurs. C’était douloureux. Mais nous avons pris nos responsabilités. Il faut faire des choix, cerner nos priorités. » Ce sont donc des « choix très politiques » auxquels a conduit le Parlement européen, des choix qui conduisent à bien « définir nos priorités ».

Le critère : là où l’Europe a un rôle stratégique, décisionnel

« Nous avons identifié des coupes bien ciblées », explique R. Gualtieri. Le critère a été de voir où « l’UE a un rôle primordial, décisif ou de leader et où elle n’a qu’un rôle de complément ».

La Palestine appartient à la première catégorie. « Il aurait été difficile de couper le budget de plus d’un tiers à un moment décisif », alors que le Quartet, Catherine Ashton essaient de pousser pour une solution, et au moment où le Congrès (US) a déjà coupé dans le budget. D’où l’augmentation du budget de 100 millions (qui rétablit en fait la coupe faite dans la proposition).

La Géorgie et le Kosovo également font partie de cette première catégorie. Pour les missions EUMM (observation) ou Eulex (Etat de droit), il était ainsi difficile de couper car ces opérations sont « partie de la stratégie définie par l’UE » et l’Europe est en position de « leader » sur ces sujets. Le budget reste donc inchangé.

Baisser là où l’UE n’est pas en position de leader

En revanche, pour l’Afghanistan, il est incontestable que l’Union européenne n’a pas un rôle moteur. « Elle apporte un complément à une stratégie déjà existante et fixée par d’autres. (NB : une stratégie qui ne marche pas vraiment d’ailleurs). On ne peut pas en changer le cours. Tout au mieux, on peut l’accompagner ». « EUPOL Afghanistan fait un bon travail – nous le reconnaissons et nous la soutenons » disent les eurodéputés. Mais il faut faire un choix.

Le coup de sang des députés sur les mesures préparatoires

La coupe sur les mesures préparatoires (aux missions) répond à un coup de sang des députés.  Le Conseil a refusé la proposition du Parlement d’être consulté sur les futures missions de l’UE, il a juste accepté que les vues du Parlement soient « prises en compte » dans la discussion. « C’est une véritable entorse à l’accord de Madrid » estime R. Gualtieri qui est aussi le coordinateur pour les sociaux et démocrates sur les questions de défense et de sécurité. Le Parlement a donc sorti des ciseaux très politiques, en guise d’ultimatum. Tant que le PE sera réduit à la portion congrue sur les choix futurs de la politique de défense et de sécurité, il sera peu enclin à donner davantage de budget.

La coupe sur les mesures d’urgence correspond, elle, à une donnée plus technique. Dans le document de présentation du budget du SEAE, on qualifie de réserves ». Donc cela paraît moins nécessaire.

Un + Un = Trois

(BRUXELLES2) C’est la nouvelle équation européenne. Les ministres des Affaires étrangères se sont entendu, hier, pour permettre une présence de l’Union européenne (UE) à haut niveau à différentes réunions. Il s’agit d’assurer la représentation de la Haute représentante de l’UE qui ne peut physiquement être partout : à Bruxelles ou au Parlement européen, dans les capitales, à l’ONU ou en visite à l’étranger… Selon ce qu’en a précisé un ministre participant à la réunion, cette tâche reviendrait en priorité aux « ministres (affaires étrangères ou défense) de la présidence en cours ou plutôt du trio de présidences ». NB : le trio de présidences actuel est constitué de l’Espagne, la Belgique, la Hongrie ; le trio futur de la Pologne, du Danemark et de Chypre.

Au nom de la Haute représentante

Cette représentation a déjà commencé. A Yamoussoukro, samedi (21 mai), c’est ainsi le ministre belge Steven Vanackere qui assurait la représentation de l’UE pour l’investiture du président ivoirien, Alassane Ouattara. Et demain, jeudi (24 mai), c’est le ministre polonais de la Défense, Bogdan Klich, qui assurera le compte-rendu de la dernière réunion des ministres de la Défense, « au nom de la Haute représentante… ». (Maj) Finalement c’est Pieter de Crem, le ministre belge de la Défense, qui a été mandaté pour cela.

Représentation n’est pas information

Il faut cependant distinguer cette représentation officielle des autres rencontres ou déplacements qui s’effectuent « en concertation » avec la Haute représentante. Par exemple, avant sa visite à Benghazi le ministre polonais des Affaires étrangères, Radoslaw Sikorski, s’est entretenu avec des responsables du service diplomatique « pour avoir certaines informations » et « s’entendre sur les messages à délivrer sur place ». Il en a été de même quand le ministre libyen des Affaires étrangères, Abdelati Laabidi, a rencontré son homologue chypriote, Marcos Kyprianou.

Cette disposition est une première adaptation pratique, mais nécessaire, du dispositif mis en place par le Traité de Lisbonne qui est, effectivement, impossible à tenir pour une personne seule. Il pourrait permettre de mettre fin aux sempiternelles remarques sur l’absence de l’UE à telle ou telle rencontre ou, pire, à une chaise vide. Mais, de fait, aussi c’est un certain retour de poids des présidences tournantes, qui avaient été exclues (injustement à mon sens) de leur rôle de représentation de l’UE. On ne dira jamais assez combien l’exercice d’une présidence européenne est un outil de pédagogie européenne dans la plupart des Etats membres. On réinvente ainsi la « troika européenne » qui avait certains avantages…

« L’Europe a-t-elle un avenir stratégique ? »

Rédigé par Nicole Gnesotto, ce (petit) ouvrage publié aux éditions Armand Colin tombe à pic. Il dresse une analyse lucide, sans complaisance mais sans lamentations également sur l’Union européenne actuelle dans son versus diplomatique et défense. Pour paraphraser le médecin malgré lui, l’Europe a un avenir stratégique mais elle ne sait pas pas…

Comme le précise l’auteure, qui a été le premier directeur de l’Institut d’études de sécurité de l’UE (*) et est aujourd’hui professeure au CNAM, l’Union européenne n’est « toujours pas devenue un acteur puissant et respecté sur la scène internationale. Elle a certes adopté des embryons de politique étrangère et de défense commune, avec succès, mais son influence politique reste marginale, aléatoire ou invisible ». Même si le bilan des dix dernières peut être perçu comme positif, on reste encore loin de l’Europe puissance. « La revendication d’une « Europe puissance » restait un projet solitaire de la France et un projet dangereux pour la quasi-totalité des partenaires européens. » analyse justement Nicole Gnesotto qui ne perd cependant pas espoir. 

« l’Europe est une puissance nécessaire ».

La création d’un « acteur politique européen, le partage (NB : et non l’effacement) des souverainetés nationales au bénéfice de l’ensemble de l’Union, n’est pas un objet périmé. La création d’un pôle européen au sein de la mondialisation est même un même au contraire la seule question moderne et vitale pour l’avenir de l’Union. » Contrairement à ce qu’on pourrait croire, la « mondialisation ne crée pas un nouveau système stratégique ». Elle superpose, s’ajoute à des situations déjà existantes comme la dissuasion nucléaire, les conflits régionaux…  Certaines questions restent donc actuelles, pour l’auteure, qui estime que l’Europe doit répondre à « trois préalables » : « Quelle relation souhaitons-nous établir avec les Etats-Unis ? Quel système international souhaite-t-on contribuer à mettre en oeuvre ? Comment susciter et défendre l’évidence d’un « intérêt national européen » au sein de la mondialisation ? »

• « L’Europe a-t-elle un avenir stratégique », Nicole Gnesotto, Ed. Armand Colin, 220 p., 18,50 €.

(*) Mis à jour : L’Institut de sécurité a été d’abord dépendant de l’UEO avant d’être rattaché à l’UE. N. Gnessoto est ainsi le premier directeur à l’UE. Mais le troisième directeur de l’Institut après son premier directeur, John Roper (UK), remplacé en 1995 par Guido Lenzi (Italie).

« La Politique étrangère européenne »

Pour tous ceux qui peuvent avoir des problèmes à appréhender ce que représente la politique étrangère européenne, son circuit institutionnel, la mise en place du service européen d’action extérieure, ce petit livre édité dans la collection Que Sais-Je est indispensable. Mais, hormis les données classiques (histoire, instruments, organisation…), il aborde aussi la question de la philosophie de la politique étrangère, ses difficultés, ses terrains de prédilection, sa répugnance à aborder les rapports de force et à défendre ses « intérêts » ce qui est l’objectif d’une politique étrangère. En cela, ce petit ouvrage donne de nombreux éléments de réflexion et des pistes de débats, à la manière d’un essai. Cela tient essentiellement aux vertus de pédagogue de son auteur, diplomate, enseignant à Sciences Po et l’ENA

• La politique étrangère européenne. Maxime Lefebvre. Editions PUF, collection Que Sais-Je, 128 pages, 9 euros.

La Turquie : toujours pas « alignée » sur les positions européennes

Dans sa dernière évaluation sur les progrès faits par les pays demandant l’adhésion à l’Union européenne, publié le 9 novembre, la Commission a donné un avis mitigé sur l’intégration par la Turquie de la politique étrangère et de sécurité commune. La Turquie est parvenue a? un « niveau e?leve? d’alignement dans le domaine des relations exte?rieures mais elle doit encore progresser sur de nombreux points ». C’est dit en termes diplomatiques, donc polis. Mais tout de même. La Turquie ne partage pas avec l’Europe certaines valeurs en matière de politique étrangère, notamment sur l’Iran, Israe?l ou le contrôle des armements. On pourrait rétorquer que c’est aussi le fait de certains Etats membres. Certes pas de façon divergente. Et, reconnaissons-le également, l’Union européenne est sans doute plus exigeante des candidats à l’adhésion que de ses propres Etats membres. C’est justement la leçon du passé qui incite à la prudence.

Politique étrangère : L’Iran et les relations avec Israel, en points critiques

« L’alignement sur la politique e?trange?re et de se?curite? commune de l’Union europe?enne s’est poursuivi. La Turquie a cherche? a? engager un dialogue et des consultations avec l’UE sur des questions de politique e?trange?re. (Mais) Elle ne s’est pas aligne?e au sein du Conseil de se?curite? des Nations unies sur la position de l’UE qui re?clamait de nouvelles sanctions contre l’Iran. » remarque la Commission. « (La Turquie) s’est employe?e a? ame?liorer encore ses relations avec des pays voisins tels que l’Iraq, notamment le gouvernement re?gional kurde, et la Syrie. Ses relations avec Israe?l se sont sensiblement de?te?riore?es apre?s l’incident de la flottille de Gaza. Les protocoles signe?s avec l’Arme?nie en vue de la normalisation des relations avec ce pays ne sont toujours pas ratifie?s. »

Défense : Participation notable à la PESD mais blocage des relations UE-OTAN

Concernant plus particulièrement la politique de se?curite? et de de?fense commune (PeSDC), la Commission note  « une contribution notable ». La Turquie « cherche a? participer plus activement aux activite?s mene?es dans ce cadre ». Mais « la question d’une coope?ration UE-OTAN impliquant tous les E?tats membres de l’Union europe?enne au-dela? des arrangements «Berlin plus» doit encore e?tre re?gle?e. » Quant au contrôle des biens à double usage (armes ou civil). Et « La Turquie ne s’est pas aligne?e sur la position de l’UE concernant l’adhe?sion a? l’Arrangement de Wassenaar. »