Un drone survole le QG d’EUTM Mali, la force protection réagit

(B2) Les soldats européens qui assurent la protection de la mission de l’UE de formation de l’armée malienne (EUTM Mali) ont « répondu avec feu ciblé sur un drone qui a été détecté alors qu’il survolait illégalement » le quartier général à Bamako a précisé jeudi (7 mars) la mission dans un tweet. Une « mesure défensive limitée [qui] ne constituait à aucun moment une menace pour la population locale » a ajouté le porte-parole, afin de rassurer la population des alentours.

Trois coups de feux

Il était 13h30 environ. Deux des sentinelles qui montaient la garde, se sont dirigés sur la route « à 100 mètres de leur poste pour tirer sur un drone qui survolait la zone en progressant vers la base de l’EUTM. Les tirs n’ont pas touché la cible et l’appareil a aussitôt rebroussé chemin » précise Mohamed Salaha du journal malien Nord Sud qui a recueilli plusieurs témoignages sur place.

Une peur dans le quartier

Les trois coups de feu qui ont retenti ont semé la panique dans ce quartier d’affaires, dénommé ACI 2000, selon notre confrère malien. « Tout le monde dans le coin a eu peur. Certains couraient dans tous les sens. La scène n’a pas dépassé cinq minutes. Ils ont tiré et ont regagné tranquillement leurs postes sans dire mot à quelqu’un », témoigne un homme qui tient un kiosque juste en face de la base. « Dès que les coups de feu ont retenti, l’appareil a automatiquement fait demi-tour. C’est comme si le manipulateur de l’appareil était là avec nous. »

Les raisons du survol inconnues

On ne connait pas la fonction du drone, ni raison du survol ou son propriétaire. « Les autorités maliennes ont été averties » précise-t-on du côté d’EUTM Mali. Une enquête doit être diligentée.

(NGV)

Passation de commandement à EUTM Mali

(B2 à Bamako) Le QG de la mission européenne de formation de l’armée malienne (EUTM Mali), à Bamako, a été le scénario choisi pour la cérémonie de passation de commandement célébrée mercredi 12 juillet, entre les deux généraux belges, Peter Devogelaere et Bart Laurent. C’est la première fois que l’événement se fait dans la capitale malienne, et non au camp d’entrainement de Koulikoro. Les travaux de la cour ont d’ailleurs dû être terminés, in extremis, la veille.

La Belgique garde le commandement

Le général belge Peter Devogelaere a remis le flambeau à son compatriote Bart Laurent. « Avant tout, je me suis engagé à maintenir le bon cap pris par mes prédécesseurs. Nous continuerons à soutenir le Mali dans sa reconstruction et la formation de ses forces armées » a assuré le nouveau commandant de mission. Lire : EUTM Mali va mettre le focus sur le G5 Sahel (Bart Laurent)

La remise du drapeau européen au général « montant » Bart Laurent (Crédit : MOD Belgium)

Une cérémonie sous la présidence de la MPCC

Symboliquement, c’est le directeur de la capacité militaire de planification et de conduite (MPCC), le général Esa Pulkkinen, qui a présidé la cérémonie. Il a chaleureusement remercié Peter Devogelaere pour son travail. « Durant votre temps en tant que commandant, EUTM Mali a fait des progrès considérables. Vous avez été très actif (…) et vous vous êtes assuré que la mission soit impliquée dans tous les forums importants.  »

Pendant la cérémonie, le général Pulkkinen remet une médaille de la PSDC au général belge sortant (Crédit : MOD Belgium)

Hommage à l’officier portugais tué 

Si tous ont tenu à rendre hommage au soldat portugais tué lors de l’attaque terroriste sur Le Campement à Kangaba, près de Bamako, l’intervention du général Devogelaere a été la plus émotive. Tournant le dos au parterre politique venu assisté à la cérémonie, il s’est directement adressé à ses hommes, en anglais, avec des sanglots dans la voix. Lire : Attaque terroriste au Mali. Un rappel tragique de la réalité (Mogherini) et Attaque terroriste sur Le Campement, Européens (et Maliens) ont, bien, réagi (V10)

Remises de médailles aux Maliens 

Lors de cette cérémonie, des officiers de l’armée et des services de sécurités maliens, ont reçu – ce qui est très rare – la médaille du soutien à la Politique européenne de sécurité et de défense commune (PSDC) ainsi qu’un Certificat de recommandation.

Les FAMA en formation pendant la cérémonie (crédit : MOD Belgium)

(Leonor Hubaut)

Attaque terroriste contre l’hotel Le Campement près de Bamako. Des morts parmi les Européens (V6)

une des cases du Campement (crédit : Campement)

(B2) L’endroit parait paradisiaque. Le complexe hôtelier Le Campement, à Kangaba, à 6 km de Bamako, est un écolodge très prisé des Européens ou des expatriés en général. Piscines, parcours sportifs, restaurants… l’endroit est dédié à la détente. Ce dimanche (18 juin) après-midi, l’ambiance était cependant différente. Des « terroristes » ont fait irruption, n’hésitant pas à itrer et prendre plusieurs des résidents en otages. L’unité spéciale antiterroriste malienne (Forsat) est intervenue, assistée par les forces spéciales françaises de Barkhane, la Quick réaction force d’EUTM Mali comme des éléments de la MINUSMA (ONU).

Cinq morts… dont deux agents de l’UE

Dans l’échange de coups de feux, on relève cinq morts (1) : un Camerounais (mort d’une crise cardiaque), un militaire malien de la Garde nationale et deux agents de l’Union européenne, ainsi qu’un Chinois.

Un militaire d’EUTM Mali et une Malienne de la délégation parmi les victimes

Agé de 42 ans, originaire de Valongo, le sergent-chef Gil Fernando Paiva Benido, était arrivé dans la mission le 16 mai pour une période de six mois (jusqu’au 16 novembre). Il faisait partie du contingent national portugais présent dans la mission de formation de l’UE au Mali, composé de 10 personnes (six de l’armée de terre, trois de la Force aérienne et un de la Marine). Il était marié et père de deux jeunes filles.

L’autre victime était une femme malienne, Malado Sidibé, qui était l’assistante du chef de la section politique de la délégation de l’UE à Bamako, laissant en deuil l’ambassade européenne.

59 victimes depuis la création de la PESC

Cela porte à 59 le nombres de fonctionnaires, diplomates et militaires travaillant pour l’Union européenne depuis le début de la politique extérieure européenne, selon la base de données de B2 « Memoriam« 

Plusieurs blessés

Plusieurs autres personnes ont été blessées, dont des militaires maliens de la FORSAT, ainsi qu’un autre soldat portugais, légèrement blessé.

Un officier suédois (lieutenant colonel) a aussi été blessé légèrement. Il avait d’abord été porté manquant. Mais les autorités suédoises ont « rétabli le contact avec lui » nous a précisé l’officier de presse des armées suédoises, ne voulant pas en dire plus, sinon que l’homme « en poste à Bamako » est « safe ». L’homme s’était réfugié sur la colline à côté du campement ; ce que conirme le journaliste malien « il aurait été retrouvé sur la colline à côté du campement ». Et il a fallu « de longues heures » selon nos informations, à l’hélicoptère chargé du SAR (recherche et secours) pour le localiser, sain et sauf.

Un Français serait porté disparu, selon le Quai d’Orsay. « Des recherches sont en cours pour retrouver un de nos compatriotes porté disparu ». Selon nos informations, ce pourrait être une femme de double nationalité, française et gabonaise, qui a été portée disparue.

Quatre membres de la MINUSMA ont aussi été « légèrement blessés alors qu’ils fuyaient ; ils ont été évacués des lieux le soir même de l’attaque » précise un communiqué de la MINUSMA. « Tout le personnel des Nations Unies est sain et sauf. »

Une attaque, contrariée

L’attaque a été menée par deux groupes d’hommes arrivés les uns en moto, les autres en voiture dans le complexe, visant surtout les « Européens ». Elle aurait pu cependant faire davantage de victimes si les militaires présents sur place comme les forces maliennes n’avaient pas bien réagi. Lire : Attaque terroriste sur Le Campement, les Européens, les Maliens ont, bien, réagi (3)

Une trentaine d’otages libérés

Plusieurs personnes, prises en otage, ont été libérés ensuite par les forces maliennes et étrangères. On comptait notamment : 13 Français, 14 Maliens, 2 Espagnols, 2 Egyptiens, 1 Hongrois 2 Hollandais, 1 Italien et 1 Camerounais, selon le ministère malien de la Sécurité.

Un centre de détente normalement sécurisé

L’hotel Le Campement est normalement sécurisé. Il a, en effet, été « reconnu et autorisé » par la Mission de formation au Mali comme un centre de détente permettant aux agents de l’UE et militaires, entre deux périodes d’activité opérationnelle, de profiter de leurs permissions et repos.

Plusieurs assaillants « neutralisés », d’autres suspects arrêtés

Quatre des assaillants ont également été tués lors de l’attaque par les forces de sécurité. Et cinq suspects ont été arrêtés selon le ministre malien de la Sécurité, le général Salif Traoré, interrogé sur RFI. Mais un terroriste blessé « a pu s’échapper, laissant un pistolet mitrailleur avec six chargeurs et des bouteilles contenant des substances explosives » indique le ministère malien de la sécurité. L’attaque a été revendiquée par le « Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans », organisation liée à Al-Qaïda au Maghreb islamique (AQMI).

La situation suivie de près à Bruxelles

La Haute représentante de l’Union a tenu à réagir rapidement sur twitter, dès le soir : « Mes pensées [sont] à Bamako où j’a[i] rencontré le staff UE et nos frères du Mali début juin. Nous sommes ensemble. Je continue de suivre de près [la situation] ».

Lire aussi : Attaque terroriste au Mali. Un rappel tragique de la réalité (Mogherini)

(Nicolas Gros-Verheyde, avec Leonor Hubaut, à Luxembourg)

(1) Et non deux comme annoncés tout d’abord, puis quatre dans un bilan intermédiaire.

(2) Les militaires d’EUTM Mali ont le droit de porter leurs armes de service quand ils se déplacent dans le cadre de leurs activités ou lors de leurs permissions.

(3) Toute la partie sur la réaction européenne a été placée dans un article séparé, a posteriori, dans un souci de lisibilité


Mis à jour : (19.6) bilan corrigé, biographie des décédés, nouvelles du militaire suédois disparu (20.6) bilan corrigé, changement de la photo d’illustration. (23.6) création d’un article séparé sur la réaction européenne

Le chef de la mission, Albrecht Conze, a signé l'accord au nom d'EUCAP (Crédit : Eucap Sahel Mali)

La société civile malienne impliquée dans la formation de la Gendarmerie

Le chef de la mission, Albrecht Conze, a signé l'accord au nom d'EUCAP (Crédit : Eucap Sahel Mali)

Le chef de la mission, Albrecht Conze, a signé l’accord au nom d’EUCAP (Crédit : Eucap Sahel Mali)

(BRUXELLES2) Pour établir une relation de confiance entre la population et les forces de sécurité intérieure, il faut former, informer… c’est le constat qu’a fait la mission européenne EUCAP Sahel Mali chargée de renforcer les forces de sécurité intérieure (civiles) maliennes. C’est l’objectif de la signature d’un accord de coopération avec l’Institut Malien de Recherche Action pour la Paix (IMRAP), qui a été faite ce 16 mars .

Cinq objectifs concrets

La formation conjointe se fixe plusieurs objectifs concrets :

  • former un nombre important d’agents et de les sensibiliser sur l’importance du maintien du dialogue et de la confiance avec la population ;
  • identifier au sein des Forces de sécurité intérieure de ´personnes de référence´ ayant un fort potentiel pour constituer un réseau dans le cadre des activités de renforcement de la confiance ;
  • soutenir le processus du développement d’une police de proximité ;
  • créer un partenariat continu entre les Forces de sécurité intérieure et la population ;
  • contribuer au suivi et à l’évaluation des personnes de référence.

L’expérience gagnée sur le terrain

Dans les mois précédents cet accord, des membres de l’Institut malien de recherche et action pour la paix (IMRAP) ont été invités à intervenir aux côtés de formateurs européens dans plusieurs rencontres et formations avec les officiers de la Gendarmerie nationale. Les responsables de l’Institut ont également sillonné le territoire national et certains camps de réfugiés maliens, consultant les citoyens sur les obstacles de la paix.

(Leonor Hubaut)

Lire aussi :

(Crédit: EUCAP Sahel Mali)

EUCAP Sahel Mali s’adapte aux besoins des régions

(Crédit: EUCAP Sahel Mali)

Une rencontre avec le Gouverneur Babahamane Maiga, premier responsable de la sécurité de la région (Crédit: EUCAP Sahel Mali)

(B2) Jusqu’ici concentrés sur Bamako, les experts de la mission européenne de renforcement des capacités maliennes (EUCAP Sahel Mali) ont choisi Kayes, capitale de la première région administrative du pays, pour commencer leur travail en dehors de Bamako.

La mission veut évaluer les besoins et demandes des forces de sécurités dans les régions, en se concentrant pour l’instant sur le sud du pays. « Si les conditions s’avèrent favorables, certaines actions de formations ou de conseil déconcentrées pourront être entamées en dehors du Bamako », assure-t-on depuis la mission.

Connaitre la réalité du terrain 

La visite des experts d’EUCAP Sahel Mali à Kayes, les 9 et 10 décembre dernier, a donné pied à des rencontres au niveau politique, sécuritaire et sociétal. Elles ont permis « de se faire une idée de la réalité sur le terrain, en particulier dans cette région frontalière ». Les experts européens qui conseillent la Police, la Gendarmerie et la Garde nationale étaient invités à échanger avec les chefs régionaux des trois forces de sécurité et à visiter des commissariats, compagnies et autres unités, tels le poste-frontière de Diboli à la frontière sénégalaise. Il est « important » pour une mission de renforcement des capacités des forces de sécurité de « comprendre les conditions de travail des personnes qu’elle forme pour bien planifier son appui », insiste-on du côté européen.

Des formations spécifiques pour les forces de sécurité des régions

Pendant cette première année d’activités, la mission EUCAP Sahel Mali a concentré ses effectifs de formation et de conseil à Bamako. Mais environ la moitié des stagiaires EUCAP viennent d’autres régions et se déplacent pour participer aux formations. « Nous avons rencontré des chefs de service très engagés dans leur mission avec la volonté de bien faire. Ils nous ont raconté leurs conditions de travail, leur manque de moyens et de formation dans certains domaines. Cela qui nous permet d’élaborer ensemble les activités de formation et projets à leur profit », souligne le chef de mission Albrecht Conze.

(Leonor Hubaut)

Lire aussi

(crédit : Eurogendfor)

Les experts européens ont prêté main forte après l’attaque du Blu Radisson à Bamako

(crédit : Eurogendfor)

(crédit : Eurogendfor)

(BRUXELLES2) Une douzaine d’enquêteurs (gendarmes, policiers…) de la mission européenne de soutien aux forces de sécurité maliennes (EUCAP Sahel Mali) et de la composante « UNPOL » de la Minusma – ont prêté main forte à leurs collègues maliens de la Police Nationale (Brigade d’investigation judiciaire et Police technique et scientifique) après l’attentat terroriste à l’Hôtel Blu Radisson de Bamako, vendredi (20 novembre), apprend-on. Ils ont apporté un soutien technique, notamment, essentiel pour l’enquête. Celle-ci étant conduite par les juges et policiers maliens.

Ce sont eux notamment qui ont assuré le prélèvement des empreintes des deux suspects tués lors leur attaque, permettant leur identification. L’équipe malienne ne semblait pas disposer du matériel de police scientifique nécessaire. Les gendarmes ont également disséqué les armes utilisées pour tracer leur provenance et leur fabrication. Des éléments indispensables de l’enquête.

« C’est l’occasion de soutenir nos camarades maliens dans la mise en pratique de notre action de formation, dans les domaines de la Police judiciaire et du contre-terrorisme que nous leur enseignons », affirme le colonel John Veneau, chef des opérations de la mission. Depuis janvier 2015, la mission EUCAP Sahel Mali forme les forces maliennes sur la police judiciaire, la direction d’enquête, la police scientifique et technique, et les techniques de renseignement.

Les experts d’EUCAP avaient déjà soutenu les forces de sécurité intérieure du Mali après l’attaque contre La Terrasse, en mars 2015 (lire : Attentat à Bamako, plusieurs victimes européennes dont un agent de l’UE)

NB : Cet attentat comme le précédent de Bamako devrait remettre un focus plus déterminé de la mission EUCAP Sahel Mali sur le vecteur anti-terrorisme.

 

(Leonor Hubaut & Nicolas Gros-Verheyde)

Restaurant à Bamako (Crédit : Minusma)

Attentat à Bamako, plusieurs victimes européennes dont un agent de l’UE (maj4)

Restaurant à Bamako (Crédit : Minusma)

Restaurant à Bamako (Crédit : Minusma)

(BRUXELLES2) Dans la nuit de vendredi à samedi, un attentat a eu lieu à Bamako, au Mali, dans un restaurant très fréquenté par les expatriés, La Terrasse (dans le quartier de l’Hippodrome). « Un homme est entré dans l’établissement, a jeté des grenades, puis est monté à l’étage (où se trouve le bar) et a ouvert le feu à l’arme automatique » précise RFI qui a donné le premier l’information. « Cette attaque a été menée par au moins une personne masquée qui a ouvert le feu sur les clients » précise de son côté la Minusma. C’est la première fois qu’un attentat a lieu en plein milieu de la capitale malienne. Il intervient juste quelques jours après l’annonce d’un accord partiel de paix à Alger.

5 morts et une dizaine de blessés

Le premier bilan dressé par fait état de 5 morts : 1 Belge, 1 Français et 1 autre de nationalité non précisée, et 3Maliens, dont 1 policier qui a tenté de s’interposer et 1 gardien privé. Neuf blessés, dont certains en état grave, ont été transportés à l’hôpital. « Il n’y aurait pas de Français parmi les blessés » indique l’Elysée « mais des vérifications sont en cours ». Trois Suisses figurent parmi les blessés, dont 2 militaires affectés au déminage par la Minusma (la mission des Nations-Unies) et une femme plus gravement atteinte.

Un agent européen parmi les victimes…

Didier Reynders et Federica Mogherini, condamnant l'attentat de Bamako devant la presse à Riga et confirmant la mort d'un agent de sécurité européen (© NGV /B2)

Didier Reynders et Federica Mogherini, condamnant l’attentat de Bamako devant la presse à Riga et confirmant la mort d’un agent de sécurité européen (© NGV /B2)

Les premiers éléments, recueillis par B2, n’excluaient pas qu’un agent ou fonctionnaire travaillant pour le compte de l’UE ait été atteint. Cette information a été confirmée très rapidement la Haute représentante de l’UE, Federica Mogherini, dans un tweet : « Je viens de parler avec le chef de la délégation de l’UE au Mali. Une des victimes travaillait avec nous depuis trois mois » (*). Il s’agit d’un citoyen belge, qui assurait la sécurité pour la délégation, a-t-elle précisé à la fin de la réunion informelle des ministres des Affaires étrangères de l’UE à Riga, adressant ses condoléances aux familles, de concert avec le ministre belge, Didier Reynders.

…et ancien militaire belge

Son nom a été connu par la suite. Il s’agit d’un ancien militaire belge, le lieutenant colonel Ronny Piens, qui venait tout juste (en décembre) de quitter la carrière militaire, Officer » (RSO) pour la délégation qu’il avait intégré il y a 26 ans, en août 1988. Il était marié et laisse 2 enfants.

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Ronny Piens, alors major, lors de la présentation de la collaboration Armée-Affaires étrangères à B’Fast

Parachutiste, Ronny Piens a servi dans le 1er Bataillon de Paracommando de Diest et dans avec le 2e bataillon de commandos de Flawinne, à Kisangani (Congo). Il a été déployé, en 2002, au Kosovo pour l’opération de stabilisation de l’OTAN (KFOR) dans le cadre du contingent « Belukos 7 ». En 2004, il participe dans le cadre de la mission « Avenir » de l’armée belge à une mission d’instruction sur les techniques “PSO” (opérations de maintien de la paix) à la 1ère Brigade congolaise. Il a ensuite été actif au sein de B’Fast, la structure d’intervention rapide belge, qui a été déployée en Haïti, suite au tremblement de terre de 2010, rassemblant militaires et diplomates (lire ici).

Il était arrivé au Mali auprès de la délégation de l’UE, comme responsable de sécurité régionale (« Régional Security Officer ») assurant la sécurité pour la délégation du Mali mais aussi du Niger et de Mauritanie.

L’aide de la France au Mali

Ce « lâche » attentat a été dénoncé « avec la plus grande force » par le président français François Hollande. « La France se tient aux côtés des Maliens dans cette épreuve » a-t-il ajouté offrant au président du Mali Ibrahim Boubacar Keïta « son amitié et l’aide de la France ». François Hollande « se souvient que le Président Keïta se tenait à ses côtés le 11 janvier dans les rues de Paris » après les attentats des 7-9 janvier, a-t-il indiqué dans un communiqué publié samedi matin.

L’effort de stabilisation n’est pas acquis

Pour sa part, Didier Reynders, le ministre belge des Affaires étrangères, a condamné, de Riga, où il assiste à la réunion informelle des ministres des Affaires étrangères « la terreur ignoble qui a à nouveau lâchement frappé. Nos pensées vont aux victimes, dont un belge, et à leurs proches. » Son  homologue letton, Edgars Rinkēvičs, a indiqué que l’attaque de Bamako « montre que nous ne pouvons pas prendre le processus de stabilisation au Mali pour acquis. Les efforts doivent se poursuivre ».

Détermination à lutter contre le terrorisme

Pour la Haute représentante de l’UE, Federica Mogherini, cet acte « ne fait que renforcer l’importance de conclure un accord de paix au Mali pour que le droit, l’ordre et la sécurité puissent être assurées dans tout le pays. Cet acte terroriste renforce encore plus notre détermination à aider à lutter contre le terrorisme dans la région. Il est important que toutes les communautés du Mali, locaux et étrangers, puissent vivre dans la paix et la sécurité. »

Sécurité renforcée à Bamako

L’ambassade de France « a constitué une cellule de crise, averti les Français dès cette nuit et renforcé la sécurité de nos implantations en liaison avec les autorités maliennes ». A Bamako, deux missions européennes de maintien de la paix au titre de la PSDC (EUCAP Sahel Mali et EUTM Mali) ainsi que la mission de l’ONU (Minusma) ont établi leur quartier général. La MINUSMA a « mis à disposition des autorités maliennes des enquêteurs et experts en scènes de crime UNPOL », le corps de police de l’ONU. « Ces enquêteurs travaillent actuellement avec leurs collègues maliens » précise un communiqué.

(NGV)

(*) Il s’agit de la 53e personne employée par l’UE, tuée dans le cadre d’une mission extérieure de l’UE ou à l’occasion de ses fonctions officielles, selon la base B2 Memoriam

Mis à jour : à 8h, 11h, 12h, 20h + dim 8.3 bilan affiné, réactions diverses

HelicoSuperPumaEulexKosovo@Starlite

Medevac. Les privés prennent le relais des Belges à Bamako

HelicoSuperPumaEulexKosovo@Starlite

Hélicoptère utilisé au Kosovo (Crédit : Starlite Aviation)

(BRUXELLES2) Ainsi que nous l’annoncions (Lire : EUTM Mali. Les hélicos belges partent cet été. Et après du privé ?), les militaires belges et leurs deux Agusta 109 ont passé le relais début juillet à une société privée pour assurer le soutien médical aérien (Medevac) à la mission européenne EUTM Mali. C’est la société sud-africaine (et irlandaise) Starlite qui a été choisie. Société bien connue au niveau européen puisqu’elle assure déjà le soutien médical pour pour l’opération européenne EULEX au Kosovo.

2 hélico, 12 personnels

Starlite met à disposition deux hélicoptères médicalisés — qui offrent un rayon d’action de 300 km — : un Puma 330J et un Bell 407. Et 12 personnes : quatre pilotes, trois infirmiers spécialisés, trois ingénieurs et deux officiers de liaison (ils sont actuellement neuf seulement sur le terrain – précise-t-on à EUTM Mali – et seront renforcés à la fin juillet par un infirmier, un pilote et un ingénieur supplémentaires pour atteindre l’effectif). Les deux hélicoptères seront aussi remplacés, à compter de la mi-août 2013, par des appareils BK 117-C1 (de la firme MBB qui fut rebaptisé EC145 à la version suivante quand celle-ci intégra Eurocopter).

Le contrat dispose qu’un quota de 10 heures de vol mensuelles par hélicoptère est réservé à l’entraînement et aux exercices MEDEVAC, hors interventions réelles. .

Lire aussi sur le Club : Un marché public d’hélicoptère loupé à Eulex Kosovo = Procès

Les hélico belges de permanence Medevac à Bamako

Le Major Mignolet, chef du détachement belge, à coté de l’hélicoptère A 109

(BRUXELLES2 – suite du reportage à Bamako) Ce n’est sans doute pas le point essentiel de la mission européenne de formation de l’armée malienne. Mais c’est un des éléments constitutifs nécessaires : les hélicoptères belges A109, équipés en module Medevac, sont là en cas de besoin pour procéder à l’évacuation médicale d’un des militaires blessés ou malades lors de la mission.

En stand bye 24h/24

Logée sur le tarmac même de l’aéroport dans des locaux d’Air Mali, l’équipe « medevac » belge compte une trentaine de personnes – dont 6 pilotes – et deux hélicoptères.

Il s’agit, en effet, non seulement d’avoir les effectifs nécessaires pour l’astreinte mais aussi de permettre de faire tous les entretiens et/ou réparations nécessaires sur les engins, y compris les plus grosses révisions (comme celle des 100 heures). Un des deux hélicoptères sortait ainsi de sa révision de 100 heures lors de mon passage. Les militaires ont d’ailleurs emporté le stock de pièces nécessaires dans cet objectif. Le fait d’être basé sur l’aéroport a un avantage : « pouvoir bénéficier de tous les services et prestations de l’aéroport » m’explique le major Mignolet commandant du détachement belge (le Red Card Holder comme on appelle le responsable chargé de vérifier que les conditions de la mission sont remplies).  Cela permet de pouvoir « aussi compter sur l’assistance nécessaire » des autres dispositifs (civils ou militaires) présents sur l’aéroport. De nombreux avions militaires font la navette avec l’Europe, soit pour amener des équipes pour EUTM Mali, soit pour le compte de la Misma ou de Serval.

La Medevac de permanence

Les équipes – pilote et mécano – se relaient par trois jeux d’effectif afin d’assurer la permanence. Avec un impératif : être en l’air en 30 minutes le jour, 45 minutes la nuit, immédiatement après l’alerte. Le rayon d’action de l’hélicoptère est de 115 nautiques soit 210 km sans ravitaillement. Ce qui permet de faire l’aller et retour Koulikoro, sans problème, voire d’aller plus loin s’il y a un ravitaillement. Ce qui « permet de couvrir une zone où il n’y a pas de combat ».  zone possible jusqu’à Mopti.

L’air ou la route

A priori, l’évacuation vers le Role 2 se fait par la route. L’hélicoptère intervenant, plutôt en moyen secondaire, dans le cadre d’un rapatriement vers l’Europe (via l’aéroport de Bamako). A Koulikoro, les Belges ont choisi de se poser sur la plage, qui a « un accès plus facile car il est plus dégagé et dégage moins de poussière que à l’intérieur du camp ».

La voie routière est certes possible entre Koulikoro et Bamako. Mais il faut compter environ 2 heures de route (1h30 éventuellement) sur une route un peu caillouteuse et encombrée contre 15-20 mns en hélicoptère. Ce qui rend la voie des airs plus pratique si la meteo le permet. Dans tous les cas, le choix appartient au responsable médical (le JMed) qui choisit le moyen le plus adéquat – la route ou l’air – et, en dernier lieu, au commandant d’opération.

Seul hic (au moment où je me trouvais), le survol de Bamako n’était pas encore autorisé, toujours en négociation avec les autorités maliennes. Le SOMA – statut de la mission – signé par les Européens ne comprend pas cet aspect. C’est un accord spécifique, ad hoc, qui doit être négocié.

Médicalisation sur place

L’assistance médicale à bord est faite par l’infirmier. Le médecin est normalement déjà sur place : le médecin du Rôle 2 à Koulikoro, le médecin de l’Etat-Major (bulgare) si c’est à Bamako.

La technique médicale des Européens est différente de celle pratiquée par les Américains. Ceux-ci ont tendance à faire intervenir plus systématiquement l’hélicoptère, à évacuer le blessé le plus rapidement vers une structure hospitalière, selon la technique « rush and run ». Les Européens préfèrent rapprocher les médecins du blessé et choisir ensuite le moyen le plus adéquat.

Une certaine mutualisation des moyens médicaux

Les hélicoptères sont réservés normalement pour la mission européenne EUTM Mali pour lequel ils sont dédiés. Mais, au besoin, étant un des seuls hélicoptères disponibles sur Bamako, ils peuvent intervenir pour tout rapatriement médical « jugé utile » par le chef de mission pour des « alliés » ou « amis ». Ainsi ils pourraient intervenir au profit de Maliens blessés lors d’entraînement ou dans d’autres endroits, voire des forces africaines ou des forces françaises de Serval. De la même manière, les Européens disposent, en cas de besoin, de l’hôpital français de l’opération Serval. De façon informelle, les moyens médicaux sont ainsi mutualisés et peuvent servir, en cas d’urgence, pour l’un ou l’autre. L’application, ni plus ni moins, du serment d’Hippocrate, comme l’a précisé un médecin militaire à B2.

Des conditions de vol bien différentes de l’Europe

La difficulté ou plutôt la différence avec les autres mission (en Europe) est patente. « Nous avons beaucoup moins de repères qu’en Europe. Si on s’écarte de l’axe du fleuve Niger, on volera aux instruments de navigation ou à l’estime, un peu à l’ancienne, avec la carte. Et, comme les distances sont longues il y a peu de place pour l’erreur. De nuit, il y a très peu de luminosité fournie par le sol. » Il faut donc tenir compte… de la lune. Conditions inexistantes en Europe.

La chaleur (qui produit une moindre portance entre 25 et 40%) comme la poussière sont aussi deux constantes importantes dont il faut tenir compte. Notamment dans les phases de décollage et atterrissage. « C’est plutôt l’effet collatéral de la poussière pour ceux qui sont au sol » qui est primordiale. « Nous on s’est habitués à ces conditions d’atterrissage » où la poussière rend la visibilité nulle. Mais pour l’entretien de l’aéronef, cela joue également « Les hélico souffrent. Le plexiglas, les zones de compresseurs (alu) ». Une poussière très « différente du Bénin » où les équipages belges ont déjà été déployés. Plus légère sans doute, plus sableuse…

L’entretien nécessaire

Après chaque journée de vol, il y a l’entretien journalier de l’hélicoptère, qui prend 1 ou 2 heures, avec le nettoyage et la vérification du jeu de commandes, et autres tests. La révision des 100 heures est plus conséquente, l’hélicoptère est démonté et remonté, une opération qui prend de 4 à 5 jours. Le très grand entretien (toutes les 600 heures) ne se fait pas sur place mais en Belgique, sur la base de Beauvechain. Mais il n’y a pas trop d’inquiétude, la moyenne de vol est de 50 heures par mois. Hormis les temps d’intervention, les pilotes doivent continuer à voler et s’entrainer. « Nous avons un syllabus d’entrainement pour les pilotes » sinon ils perdent certaines qualifications…

Le KDC 10 néerlandais découvre Bamako

déchargement des marchandises sur Bamako (crédit : ministère néerlandais de la Défense)

(B2) L’avion de transport néerlandais KDC10 a effectué son premier vol vers Bamako, dans le cadre du soutien à l’opération Serval au Mali. Le cabinet (gouvernement) avait, jusqu’à présent, mis une réserve à l’emploi de cet appareil vers Bamako, n’autorisant un vol que vers le Tchad, estimant la situation dans la capitale malienne peu sûre. Cette réserve a été levée. L’appareil a quitté la base aérienne de Eindhoven jeudi vers la France pour prendre des marchandises avant de reprendre l’air vers Bamako. Il est rentré dans la nuit de vendredi à samedi annonce la défense néerlandaise.

Un avion multifonctionnel

L’armée de l’air néerlandaise a acheté en juin 1992, deux DC-10, à la compagnie aérienne Martinair. Ils ont été convertis au transport multifonctionnel et avions ravitailleurs et mis en service à la mi-1995. L’avantage du KDC-10 (comme son concurrent l’A330) est son adaptabilité et la possibilité de transporter sur de grandes distances de grosses quantités de marchandises ou du personnel. En configuration fret, il peut transporter maximum 65 tonnes. En configuration mixte passagers/ fret, il peut transporter 165 personnes une demi-charge de fret. En configuration ravitailleur, il délivre 1750 litres de carburant par minute par un système RARO avec une perche (boom) de 8 mètres de long située à l’arrière de l’appareil qui peut être étendue à une longueur maximale de 15 mètres.

Les premiers éléments de la mission EUTM à Bamako

Le colonel Bruno Heluin, responsable de la mission « Expertise » (9e BIMa) et le Ltt Col Jamie Melville (Army Air Corps) à leur arrivée à Bamako (©rédit : Sébastien Rieussec pour EU)

(BRUXELLES2) C’est à bord d’un avion militaire italien, parti de Paris dans la journée, que les premiers militaires de la mission de formation de l’armée malienne ont rejoint Bamako, vendredi (8 février). Ce détachement « précurseur » est composé d’environ 70 personnes (Français, Espagnols, Britanniques, Roumains…). Objectif : préparer l’arrivée de la mission au point de vue logistique et technique (signature des contrats pour les locaux, équipement, formalités d’arrivée du matériel…) et fixer les modalités de la mission « expertise » sur la chaîne de commandement. Cette mission devrait démarrer rapidement tandis que le volet « formation » est prévu début avril. Le lancement de la mission restait encore flou ce week-end, tant que tous les éléments de la génération de forces (notamment la dimension Medevac, évacuation médicale) n’était pas fixée. La crainte, coté français est de devoir aussi assurer cette partie là si l’imbroglio belge (entre le ministre de la Défense et le Premier ministre) ne se résout pas rapidement.

Entre le général Lecointre et le Colonel Heluin, il y a une vieille complicité. Tous deux étaient des acteurs de la reprise du pont de Vrbanja à Sarajevo en 1995, quand les casques bleus ont décidé de ne plus se laisser faire sous le feu des Serbes ; le premier comme capitaine, le second comme lieutenant. Et tout récemment, le col. Heluin était le numéro 2 du général Lecointre, à la 9e BIMA (la brigade d’infanterie de Marine). Poste qu’il a pris, après avoir commandé durant deux ans (2010-juillet 2012) le 2e Régiment d’infanterie de Marine (RIMA), notamment lors de son engagement en Afghanistan : il commandait alors le battlegroup Richelieu, intégré à la Brigade La Fayette. Lire son interview sur Europe1 à son retour.

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