Recherche femmes de tête pour la Commission européenne !

JC Juncker réussira-t-il à pouvoir réunir autant de femmes que JM Barroso à sa Commission. Le défi ! (crédit : CE)
JC Juncker réussira-t-il à pouvoir réunir autant de femmes que JM Barroso à sa Commission. Le défi ! (crédit : CE)

(BRUXELLES2) Ce pourrait être le texte d’une petite annonce. A compléter d’un codicille : « Si intéressée, merci de contacter de toute urgence JCJ » (alias Jean-Claude Juncker). Le président désigné de la Commission européenne,  Jean-Claude Juncker, manque en effet de femmes. Il l’a dit aux Etats membres, d’abord discrètement, puis beaucoup moins se confiant notamment à nos confrères de l’AFP. Pour pouvoir composer une Commission européenne un peu plus équilibrée, il a ainsi demandé, à chaque Etat membre de fournir non pas un nom mais deux noms : un homme, une femme. A juste titre… Sur les pays qui ont déjà désigné officiellement ou pourraient désigner leur candidat, on dénombre effectivement un maximum d’hommes.

20 hommes +/- déjà annoncés pour 2 femmes

Selon le dernier décompte fait par B2 (*), il y a en effet déjà une vingtaine d’hommes de confirmés ou presque — c’est-à-dire cités de façon si persistante que leur candidature parait évidente. Tandis que seules 2 femmes sont confirmées ou citées de la même façon (l’Italie et les Pays-Bas). Dans 5 autres pays, une femme est citée ou éventuellement envisagée (mais sans confirmation) comme pouvant devenir commissaire. C’est faible, très faible ! On peut remarquer également que la plupart des grands pays — Italie exceptée — se rangent derrière une candidature masculine : l’Allemagne d’abord mais aussi les pays qui n’ont pas encore officialisé leur choix (France, Royaume-Uni, Espagne, Pologne), où seul un homme est cité comme pouvant être nommé (ex. Pierre Moscovici pour la France).

Un “macho” tropisme

Cette attitude plutôt “macho” ne surprendra pas nos lecteurs. Avant les élections européennes, nous avions fait un premier sondage. Et celui-ci n’était pas très optimiste sur l’équilibre hommes-femmes au sein du futur exécutif européen. (Lire : On manque de femmes dans la future Commission 2014. Un vrai problème politique…)

Une situation qui se dégrade

La Commission actuelle a un effectif un peu plus équilibré, avec un tiers de femmes (9 femmes pour 19 hommes). C’était d’ailleurs une exigence de José-Manuel Barroso qui avait dû battre un peu, il y a cinq ans, le rappel des Etats membres. Paradoxalement, en 2014, la leçon n’a pas porté. Et il parait plus difficile qu’en 2009 ou 2004 d’obtenir des Etats qu’ils soient plus équilibrés dans leur approche.

Le Parlement européen en embuscade

Cet état de faits promet une belle épreuve de force avec le Parlement européen. Certains leaders de délégation ou de groupes ont promis qu’ils ne laisseraient pas passer une Commission européenne trop marquée de masculinité. Et qu’ils seraient impitoyables lors des auditions. Chacun commence à regarder qui sera éliminé lors de ces épreuves qui n’ont jamais été une formalité…

(Nicolas Gros-Verheyde)

(*) Le détail paraitra lundi dans l’édition réservée aux abonnés du Club de B2

NB : ceci n’est pas une spécificité pour les commissaires, dans la haute fonction publique européenne, les femmes sont réduites à portion congrue. Lire aussi : Les femmes bloquent dans la carrière européenne

Nicolas Gros-Verheyde

Rédacteur en chef du site B2. Diplômé en droit européen de l'université Paris I Pantheon Sorbonne et auditeur 65e session IHEDN (Institut des hautes études de la défense nationale. Journaliste depuis 1989, fonde B2 - Bruxelles2 en 2008. Correspondant UE/OTAN à Bruxelles pour Sud-Ouest (auparavant Ouest-France et France-Soir).