Explosions dans un stock de munitions au Congo. L’Europe prête à faire plus

(BRUXELLES2) L’Union européenne est prête à activer le Mécanisme de Protection Civile, qui doit harmoniser la coopération européenne pour répondre à la crise à Brazzaville. Les explosions massives d’une usine de munitions, qui ont eu lieu dimanche 4 mars, dans le quartier très peuplé de Mpila, ont causé la mort de plus de 150 personnes et blessé environ 1500 personnes selon les sources locales (Croix-Rouge et gouvernement congolais), de nouvelles explosions ont eu lieu par la suite, de moindre ampleur mais continuant à aggraver le bilan humain. « Il n’y a pas eu de demande formelle pour l’instant » précise-t-on à la Commission européenne. Mais si une telle demande était formulée, des équipes de personnel médical supplémentaires, des équipes de recherche et de secours, ainsi que des équipes de déminage et décontamination, ou des experts en sécurisation d’armement pourraient être envoyés sur place. Un expert européen a déjà été mis à disposition d’une mission d’assistance de l’ONU dont le gouvernement du Congo a demandé le concours.

Première aide européenne, congolaise, française et marocaine

Sur place, l’aide internationale s’organise petit à petit. Kinshasa, capitale de la République Démocratique du Congo et située juste de l’autre côté du fleuve, a déjà apporté son aide à Brazzaville, notamment à travers l’envoi de médecins (dont le ministre de la santé en personne). L’aide française ainsi que marocaine est également arrivée sur place dans la matinée du 6 mars, constituée de personnel soignants, de matériel ainsi que de militaires. Coté européen, la Commission a débloqué 200.000 € d’aides via la Fédération internationale de la Croix-Rouge (Ficross). Quant à la Commissaire européenne, Kristalina Georgieva, elle a interrompu son voyage de quatre jours, prévu initialement pour visiter différents programmes humanitaires financés par l’UE dans la région (RDC et Congo-Brazzaville), pour se rendre, lundi (5 mars), à Brazzaville. Elle a notamment visité un hôpital, qu’elle décrit comme « débordé par l’arrivée continue de blessés graves ».

On peut préciser également que de l’autre coté du fleuve, en république démocratique du Congo, la mission d’assistance à la sécurité (EUSEC RDC) de l’Union européenne a justement mené des opérations de sécurisation des stocks d’armement. Un « vrai problème » comme l’a précisé à B2, un expert d’EUSEC. Article à suivre…

Nicolas Gros-Verheyde

Rédacteur en chef du site B2. Diplômé en droit européen de l'université Paris I Pantheon Sorbonne et auditeur 65e session IHEDN (Institut des hautes études de la défense nationale. Journaliste depuis 1989, fonde B2 - Bruxelles2 en 2008. Correspondant UE/OTAN à Bruxelles pour Sud-Ouest (auparavant Ouest-France et France-Soir).