L’entrée de la Serbie dans l’UE, une clé de “réconciliation” pour le général Morillon

(BRUXELLES2) “Grand Invité” des 2e ateliers de la Citadelle, qui se sont déroulées hier à Lille, le général Morillon a tenu à donner une leçon d’histoire sur la Serbie, saluant bien entendu l’arrestation de Mladic – son adversaire lors de Srebrenica – mais également sa conséquence, la porte ouverte pour la Serbie à l’adhésion de l’Union européenne (*). Une excellente chose pour le général. « J’en attends de la réconciliation. La Cour de la Haye, en permettant le jugement des responsables, a, comme naguère à Nüremberg, un mérite, non pas purger l’Europe de tous les criminels de guerre mais permettre de dédiaboliser les Serbes, apaiser les peurs, garantir à chacun que l’autre ne va pas s’éliminer. L’entrée de la Serbie dans l’Union européenne va permettre tout çà »

Quant à la reproduction d’un massacre de Srebrenica, avec la même passivité des forces ONU, quelque part dans le monde, le général ne le considère plus renouvelable. « Cela a été possible car nous étions alors dans une règle sacro-sainte de non réponse sauf cas légitime. Désormais, les soldats engagés dans le cadre des opérations de maintien de la paix ont  le droit ET le devoir de mettre en œuvre la force non seulement lorsque les soldats en danger mais aussi lorsque l’accomplissement de la mission même est menacée. C’est une leçon tirée du passé », justement de Srebrenica et du Rwanda.

(*) Lire également : Mladic arrêté, la voie de l’UE est libre pour Belgrade (Maj)

Nicolas Gros-Verheyde

Rédacteur en chef du site B2. Diplômé en droit européen de l'université Paris I Pantheon Sorbonne et auditeur 65e session IHEDN (Institut des hautes études de la défense nationale. Journaliste depuis 1989, fonde B2 - Bruxelles2 en 2008. Correspondant UE/OTAN à Bruxelles pour Sud-Ouest (auparavant Ouest-France et France-Soir).