La présence de l’OTAN au-dessus de l’Islande réduite depuis la crise financière

Deux bombardiers Tupolev Tu 95 photographiés à proximité de la zone par les Mirage 2000 français déployés en juin 2008 (crédit : Armée de l'Air)

La crise économique en Islande a, aussi, eu des répercussions coté militaire et de l’OTAN, comme le détaille un télégramme signé par Kurt Volker, alors ambassadeur américain à l’OTAN, révélé par Wikileaks.

On sait que depuis 2007, les alliés de l’OTAN assurent à tour de rôle la surveillance aérienne de la patrie de Björk… La France s’étant « collée » le premier à cet exercice en mai et juin 2008 (opération Air Islande 2008). Mais les modalités en ont été revues, fin 2008, à la demande du gouvernement islandais.

Tout d’abord, le litige qui battait son plein entre le Royaume-Uni et l’Islande  – à propos notamment de l’indemnisation des citoyens britanniques qui avaient placé leur argent dans la banque par internet Icesave qui fit faillite en 2008 – a eu une première conséquence : les Britanniques ont renoncé à assurer leur tour de  surveillance, qui devait commencer en décembre 2008, sur « ordre du gouvernement islandais« . Ensuite, il a ainsi été convenu de diminuer les tours de garde : passant de 4 à 3 par an. Enfin, les pays envoyant des avions se sont vus présentés une note : la nourriture auparavant assurée par les Islandais est désormais facturée à 26 euros / personne / jour. Quant aux frais divers au sol (taxes d’atterrissage…), ils sont désormais facturés 2000 euros par jour pour 5 avions.

La présence dans l’ile permet cependant, comme le précise l’auteur du télégramme, à la fois aux équipages concernés de se former mais aussi de « démontrer la présence de l’OTAN dans une zone de l’Alliance qui connaît un empiètement des Russes« .

Nicolas Gros-Verheyde

Rédacteur en chef du site B2. Diplômé en droit européen de l'université Paris I Pantheon Sorbonne et auditeur 65e session IHEDN (Institut des hautes études de la défense nationale. Journaliste depuis 1989, fonde B2 - Bruxelles2 en 2008. Correspondant UE/OTAN à Bruxelles pour Sud-Ouest (auparavant Ouest-France et France-Soir).

Une réflexion sur “La présence de l’OTAN au-dessus de l’Islande réduite depuis la crise financière

  • 23 février 2011 à 19:00
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    « Enfin, les pays envoyant des avions se sont vus présentés une note : la nourriture auparavant assurée par les Islandais est désormais facturée à 26 euros / personne / jour. Quant aux frais divers au sol (taxes d’atterrissage…), ils sont désormais facturés 2000 euros par jour pour 5 avions. »

    J’ai beau tourner les deux phrases dans tous les sens, je pense avoir bien compris : le pays qui envoie ses avions et ses militaires et donc vient assurer la défense de l’Islande, n’est même pas dédomagé par ce pays. Suis-je donc le seul à trouver cela aberrant ?
    Le pays qui fait un effort, surtout en ces temps budgétaires difficiles, pour financer une armée, doit en plus payer pour assurer la défense, certes d’un de ses alliés, mais tout de même…
    C’est rentable de ne pas avoir d’armée… on se fait payer, et on a sa défense assurée. Plutôt tranquille.

    Ou alors c’est moi qui suis complétement à côté de la plaque… mais alors j’aimerais bien qu’on m’explique.

    Merci !

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