Bang ! le nouvel  » indé  » – Trois questions à Christophe Waetens

Trois questions à Christophe Waetens — cofondateur du label Bang

Le label Bang, connu comme étant une des têtes chercheuses du nouveau son belge, vient de s’allier avec un autre indépendant, Distrisound. A eux deux, il forme un nouveau label, Bang Distribution, un fait assez rare dans le milieu musical d’autant qu’ils concernent des amoureux.

Cette  » nouvelle vague  » que vous avez vu grandir, comment la caractériser ?

C.W. – Je ne sais pas si on peut qualifier vraiment de  » nouvelle vague « . Car ce sont des artistes qui bossent depuis dix ans. Simplement les gens s’en rendent compte maintenant. Je parlerais d’un beau renouveau. Avec des albums qui ont une nette valeur qualitative, de recherche du son, du texte. Il y a une sorte d’émulation par le haut. Il y a un son. Un détachement. La recherche d’une originalité. Entre un Ghinzu et un Jeronimo, qui arrivent à ingurgiter le post-rock et la chanson française (NDLR : l’un chantant en anglais, l’autre en français), il n’y a pas grand chose à voir.

D’où vient cette diversité ?

C.W. – Le résultat peut-être de notre Belgique influencée par tous les sons. Tous ces groupes ont accès à différents styles de musique. Nous avons la chance d’avoir des radios (Pure Fm, studio brussels), qui éduquent les gens et diffusent leur musique du matin au soir. De ne pas avoir de radios formatées. Les artistes sont des éponges.

Pourquoi grandir aujourd’hui ?

C.W. – C’était nécessaire. Le premier label Bang était devenu trop petit. Rien qu’au niveau logistique. Par exemple, avant, quand on avait une livraison la rue était bloquée, et tout le monde arrêtait de bosser pour décharger le camion. Aujourd’hui on peut entrer un semi-remorque dans la cour. Au niveau musical, on offre un catalogue complet, avec Distrisound, plus populaire et chanson et Bang plus pointu et pop-rock. Et nous pouvons attirer des pointures internationales (nécessaire pour vivre). Nous avons un avantage sur les autres labels, qui gardent l’il rivé sur les profits : l’actionnariat nous appartient. Et nous ne visons pas le super court terme, mais le moyen terme qui grandit. Ce n’est pour autant qu’il faut accepter de distribuer tout et n’importe quoi. Il faut rester exigeant vis-à-vis des groupes.

Propos recueillis par N.G.-V.

Nicolas Gros-Verheyde

Rédacteur en chef du site B2. Diplômé en droit européen à l'université Paris I Pantheon Sorbonne. Journaliste professionnel depuis 1989, fonde B2 - Bruxelles2 en 2008. Correspondant UE/OTAN à Bruxelles pour Sud-Ouest (auparavant Ouest-France et France-Soir). Auditeur de la 65e session de l'IHEDN (Institut des hautes études de la défense nationale).