Pour la Pologne, le principe de solidarité s’exerce dans les Balkans

(B2) Le ministre polonais de la Défense, Mariusz Błaszczak, s’est déplacé au camp Butmir à Sarajevo, mercredi (8 août), pour rencontrer les militaires polonais engagés dans l’opération de l’UE déployée en Bosnie-Herzégovine (EUFOR Althea), puis au Kosovo sur la base de Novo Selo pour rencontrer les militaires de la l’opération de stabilisation de l’OTAN (KFOR) et les policiers présents dans la mission ‘Etat de droit’ de l’UE (EULEX Kosovo).

Présence au camp Butmir (crédit : Wojciech Król/MOD Pologne)

L’affirmation du principe de solidarité

Une visite, destinée quelques jours avant le défilé militaire du 15 août, à récompenser les différents militaires engagés dans ces opérations (1), mais aussi à affirmer un message plus politique à destination des autres nations impliquées. « Nous appliquons le principe de solidarité » a ainsi affirmé le ministre M. Błaszczak lors de sa visite au Kosovo. « Nous nous soucions de la sécurité de la Pologne, mais aussi de la sécurité mondiale » (2).

(NGV)

(1) La Pologne est engagée dans les opérations de maintien de la paix dans les Balkans, depuis 1992 en Bosnie-Herzégovine et depuis 1999 au Kosovo. Elle compte aujourd’hui un contingent de 248 militaires et 14 civils, dirigé par le lieutenant-colonel Piotr Wrona, dans la KFOR (placée sous le commandement du général italien Salvatore Cuoci) et un contingent 39 militaires commandé par le le lieutenant-colonel Tomasz Adamczyk au sein de EUFOR ALTHEA (placée sous commandement hongrois).

(2) Traduit du polonais par nos soins. Sources : communiqué de EUFOR Althea (english) et communiqué du ministère de la défense (polonais)

quickresponse2016euforbih

Exercice à Banja Luca pour les Eufortiens et les autres

quickresponse2016euforbih

(BRUXELLES2) Patrouille, escorte des convois, évacuation médicale, extraction et évacuation de civils d’un environnement hostiles… Ce sont quelques uns des exercices qui ont eu lieu, sous le commandement de l’opération européenne EUFOR Althea, dans les champs qui entourent la ville de Banja Luca, au nord de la Bosnie-Herzégovine. Pendant deux semaines, du 25 septembre au 5 octobre, 750 militaires de l’Union européenne et l’OTAN ont montré être prêts à réagir « rapidement et efficacement » face à une menace dans le pays.

Prêts à un déploiement rapide

Pendant l’exercice, les militaire ont dû affronter un certain nombre de séries d’exercices conçus pour tester, à la fois, les fonctions de commandement et de contrôle, ainsi que leurs temps de réponse et de réaction à des incidents. Pour ajouter en complexité, la plupart des exercices ont eu lieu simultanément, ce qui a posé un défi supplémentaire pour le Centre des opérations tactiques. Parmi les simulations, établir une série de points de contrôle dans un périmètre autour du camp, la sécurisation du camp lui-même et l’exfiltration et l’évacuation d’un certain nombre de civils d’un environnement hostile et dangereux. 

Un exercice multinational effectif

L’exercice a rassemblé plus de 750 soldats venus des forces armées de Bosnie-Herzégovine, de l’opération européenne EUFOR Althea, de la mission de l’OTAN, de la KFOR (Kosovo), de forces britanniques et autrichiennes.

(Leonor Hubaut)

 

Une certaine remise en ordre des missions et opérations de la PSDC … comme de l’OTAN ?

(BRUXELLES2) Les missions et opérations de maintien de la paix soutenues par l’Union européenne sont le coeur et la raison d’être de la politique de sécurité et de défense commune. Les ministres de la Défense des « 28 » devraient le rappeler lundi (18 mai) lors de leur réunion semestrielle à Bruxelles. Mais l’heure n’est-il pas venu de faire des choix, de trancher des noeuds gordiens jamais tranchés ? D’aboutir aussi à une certaine répartition des tâches avec l’OTAN, plus nettes qu’aujourd’hui ?

Retrouver la raison d’être

On peut, en effet, se poser la question : l’objectif réel des missions de la PSDC est-il atteint aujourd’hui ? Pour Arnaud Danjean, c’est clair : « beaucoup trop de missions sont devenues aujourd’hui des missions alibis. Cela permet de planter un drapeau européen sur un point de la carte. Et on dit c’est couvert ». Le propos est dur et pourrait être discuté. Mais il est un fait, peu de missions/opérations remplissent aujourd’hui l’objectif fixé à la PSDC : être une garantie d’interposition, de maintien de la paix, manifester la présence européenne de « force », être présent au début de la crise (et non après)… L’assistance ou l’expertise fournie à des Etats pour retrouver la maitrise de certaines de leurs politiques ressort d’une autre logique.

Des missions aux ambitions faibles

Les deux dernières missions qui viennent d’être lancées illustrent ce propos, avec un mandat assez limité et un nombre de personnels faible. La mission civile de conseil dépêchée en Ukraine (EUAM Ukraine) pour conseiller le gouvernement ukrainien sur la réforme de ses forces de sécurité intérieure (police, gardes-frontières, renseignement…) compte une centaine de personnes et n’a qu’un mandat de conseil (non de formation). Idem pour la mission militaire lancée en République centrafricaine pour conseiller la restructuration de l’armée (EUMAM Rca) qui ne compte qu’une soixantaine de personnes. Mission limitée car plusieurs Etats membres ne souhaitaient pas mettre en place (immédiatement) une mission de formation de l’armée (type EUTM). Il est sans doute trop tôt pour évaluer leurs résultats. Mais on ne peut que constater que ces missions ont, à la fois, une ambition et des moyens réduits par rapport au champ des menaces et des ambitions exprimées par les uns et les autres. On est très loin ainsi de l’objectif exprimé notamment au sommet de Petersberg, en 1992, lors de la création de la PSDC, d’intervention de faire cesser des combats ou de maintien de la paix.

Ne pas hésiter à fermer ou remodeler

Certaines missions ne doivent-elles pas être fermées ? Il faut avoir le courage de poser ces questions. C’est le cas pour EUFOR Althea Bosnie-Herzégovine dont l’utilité militaire est très limitée et n’a plus vraiment de raison d’être avec la nouvelle stratégie introduire pour la Bosnie-Herzégovine. Ce peux être le cas également pour EUBAM Libya qui devrait être fermée sans tarder, quitte à rouvrir ensuite dans un autre format, voire conservée juste fictivement (juridiquement). La mission d’assistance aux frontières EUBAM Moldova/Ukraine (*) pourrait aussi décroitre de voilure ou changer de focus. Cependant, à l’inverse de certains observateurs, je ne pense pas qu’une telle attitude peut se justifier pour EUBAM Rafah – qui constitue la pièce d’un puzzle très difficile à reconstituer car inclus dans le processus, très délicat, de paix au Moyen-Orient. Les missions de formation ou de conseil qu’elles soient civiles (EUPOL Copps en Palestine) ou militaires (EUTM Mali, EUTM Somalie) ont prouvé leur efficacité. Elles doivent évoluer dans le temps. Mais, sur ce modèle, peuvent être bâties aussi d’autres vecteurs de performance pour l’Union européenne.

Introduire une troisième voie pour les opérations/missions de la PSDC !

La mise en place du Traité de Lisbonne devrait amener des initiatives nouvelles. En mettant sous la même autorité hiérarchique, celle de la Haute représentante / Vice présidente de la Commission, les instruments financiers et les délégations de l’UE comme les missions / opérations PSDC , elle autorise à réfléchir à d’autres voies d’intervention. La simple contractualisation à des partenaires (publics ou privés), méthode privilégiée de la Commission européenne, et la mise en place d’une mission / opération PSDC, ne permettent pas de faire face à toutes les situations. La première méthode (la contractualisation) est souple d’emploi mais a un gros défaut : l’éparpillement des contrats, l’absence de marque, de présence européenne, le manque de suivi d’un contrat à l’autre et des résultats parfois hasardeux. L’opération PSDC est souvent lourde à mettre en place. Entre le début de la crise, son paroxysme, la volonté vacillante des Etats membres, il peut s’écouler un long laps de temps qui fait que cette mission/opération n’est plus adaptée au moment. C’est dans ces sables mouvants que s’est fait prendre EUBAM Libya mais aussi d’autres missions qui ont mis un certain temps avant de s’adapter à une nouvelle donne. Cette méthode devrait être réservée soit aux opérations à mandat exécutif (EULEX Kosovo, EUNAVFOR Atalanta, EUFOR Rca), soit aux missions d’observation ou d’interposition (EUMM Georgia), voire de formation structurelle qui s’étalent sur une durée assez longue (EUTM Somalia et EUTM Mali).

Des équipes d’experts PSDC dans les délégations

Il y a sans doute place pour une troisième voie d’intervention. Des synergies pourraient être exploitées davantage avec les réseaux des délégations pour mettre en place des « pools d’experts », sur une durée variable, plus ou moins longue, pour conseiller et suivre un certain nombre de projets en matière de coopération sécuritaire. Cela pourrait très bien remplacer certaines missions « en fin de vie » (ou en survie palliative : Libye, Congo) ou, à l’inverse, permettre le démarrage rapide de projets dans des pays où la nécessité d’une mission / opération « en plein régime » n’est pas automatiquement nécessaire  (Nigeria, Côte d’Ivoire, Mauritanie, Tunisie) ou la situation susceptible d’évoluer rapidement. Ce dispositif aurait l’avantage de la souplesse de mise en place – en se greffant sur une délégation existante – pour évoluer rapidement (crescendo ou descresndo) en s’adaptant à de nouveaux besoins ou menaces.

… pour servir de précurseur aux missions PeSDC

Ils permettraient de doter les délégations les plus exposées non pas d’un simple attaché mais d’un « pool » d’experts, provenant du personnel diplomatique ou communautaire (SEAE ou CE) comme des Etats membres. La mise en place d’une mission / opération PSDC pourrait venir dans un second temps, le « pool » d’experts assurant ainsi les premiers pas, comme un groupe d’avant-garde. Cette méthode aurait l’avantage d’éviter le long délai qui marque souvent le temps entre la décision politique et la réelle efficacité d’une mission (civile) sur place, pour un coût moindre, en permettant d’aiguiller plus sûrement les objectifs d’une telle mission. A l’inverse, rien n’empêcherait ce « pool » d’experts d’être renforcé par des contrats externes, qu’il pourrait gérer directement.

Un peu de remise en ordre entre UE et OTAN

Une certaine remise en ordre entre l’OTAN et l’UE pourrait aussi se justifier. Les menaces ne manquent pas aujourd’hui, les champs d’action non plus. Et certains doublo,nages paraissent aujourd’hui un peu superflus. Au niveau des opérations, les deux opérations anti-pirates menées dans l’Océan indien — l’une par l’OTAN (Ocean Shield), l’autre par l’Union européenne (EUNAVFOR Atalanta) — n’ont aucune justification sinon des contingences politiques : la Turquie et le Danemark ne participent pas à la PSDC de l’Union européenne. Ce d’autant que Ocean Shield est, pour l’instant, réduite au minimum (Américains et Britanniques notamment ayant d’autres priorités) et n’assure plus de permanence dans la zone. A l’inverse, en Afghanistan, l’Union européenne, qui a un rôle très limité et parcellaire, ne devrait-elle pas mettre fin à sa mission EUPOL, au champ d’action assez limité, pour laisser la place comme au Congo à une équipe plus réduite par exemple, et se recentrer sur son voisinage ?

Une opération « promenade du dimanche »

Cette remise en question doit concerner aussi certaines opérations de l’OTAN. Est-il justifié de maintenir des milliers de militaires de l’OTAN sur le sol kosovar. L’heure de la décrue de la KFOR devrait être engagée très rapidement. Cette force monopolise aujourd’hui plusieurs milliers de normes et sert bien souvent d’excuse à certains pays pour ne pas s’engager ailleurs. Cette opération « tout confort », « 3 ou 4 étoiles », à quelques centaines de km de son domicile, est effectivement tentante pour de nombreuses armées d’Etats membres. Mais elle a très peu à voir avec la stabilisation. On se situe davantage dans l’exercice de santé ou la promenade du dimanche à côté d’autres opérations beaucoup plus risquées et engageantes (comme au Mali ou en Centrafrique).

Certains « experts » pourraient observer que les évènements récents en Macédoine (avec l’introduction de « groupes armés venant du Kosovo ») justifient plus que jamais de conserver ces forces. C’est renverser le problème : la présence de ces forces en nombre au Kosovo a-t-elle réussi à empêcher ces incidents et dérapages graves ? Une présence, plus limitée mais plus pointue, n’est-elle pas plus adaptée ? Répondre à ces questions, c’est répondre de fait à la nécessité de revoir rapidement le format KFOR.

(Nicolas Gros-Verheyde)

(*) Cette mission n’est officiellement pas une mission PSDC mais un « contrat » Commission européenne délégué à des prestataires extérieurs bien qu’elle en présente toutes les caractéristiques : présence de policiers / douaniers en uniforme, fonction de mentoring, contribution des Etats membres, système hiérarchisé, rapport au COPS, etc. Ce qui représente aujourd’hui une anomalie qui devrait être résorbée.

camp hongrois de la Kfor (crédit : Ministère hongrois de la Défense)

La Hongrie ne compte pas augmenter son contingent dans la KFOR

camp hongrois de la Kfor (crédit : Ministère hongrois de la Défense)

camp hongrois de la Kfor (crédit : Ministère hongrois de la Défense / Tünde Racz)

(B2) « La Hongrie n’a pas l’intention de renforcer le contingent militaire hongrois qui sert aujourd’hui dans la KFOR au Kosovo », a annoncé le ministre de la Défense, Csaba Hende, vendredi (14 novembre), à Pristina, devant les soldats hongrois servant dans la KFOR. « Ses capacités ont été augmentées de façon significative récemment, avec 150 soldats supplémentaires » a-t-il ajouté à l’occasion de ce déplacement destiné à visiter les forces hongroises déployées dans les Balkans.

La Hongrie contribue, en effet, à hauteur d’environ 350 militaires dans l’opération de l’OTAN au Kosovo et 150 hommes à l’opération européenne EUFOR Althea en Bosnie-Herzégovine. Un effort notable pour le ministre. « La stabilité des Balkans occidentaux est dans l’intérêt national de la Hongrie ». Plus de deux tiers des effectifs hongrois déployés en opérations extérieures — il y a 700 soldats environ en OPEX — servent ainsi dans les deux pays de la région (NB : la Hongrie a reconnu l’indépendance du Kosovo contrairement à ses deux voisins, slovaque et roumain).

Autre nouvelle annoncée par le ministre, le contingent hongrois servant au Kosovo devrait aussi recevoir  prochainement (en décembre), 12 véhicules, de type Humvee, rénovés. Un reliquat de l’armée américaine qui va céder ces véhicules tout-terrain blindés aux forces hongroises. Cela permettra d’augmenter « de manière significative l’efficacité des patrouilles de présence menées par (nos) forces » précise-t-on au ministère de la Défense.

La visite du ministre s’est poursuivie, samedi, avec la visite du groupement tactique multinational – Est (MNBG-E), le poste de commandement avancé de  au Camp de Novo Selo, et le Camp de Nothing Hill, où nombre de soldats présents ont servi auparavant en Afghanistan. Elle a été suivie, ensuite, en BosnieHerzégovine, d’une visite du camp Butmir, siège de l’opération EUFOR Atlhea.

(NGV)

Forces de sécurité Eulex (Crédit : Eulex)

EULEX satisfait du « climat paisible » des élections de Mitrovica-Nord

Forces de sécurité Eulex (Crédit : Eulex)

Forces de sécurité Eulex (Crédit : Eulex)

(BRUXELLES2) La mission européenne d’Etat de droit au Kosovo, Eulex, a exprimé sa satisfaction quant au climat « paisible » des élections municipales de Mitrovica-Nord, organisée ce dimanche (23 février). 
« Je suis très heureuse que les élections se soit passées de manière ordonnée et sans incidents »  a déclaré Joelle Vachter, chef de la mission EULEX par intérim, dans un communiqué parvenu à B2. Elle a également tenu « à souligner l’attitude professionnelle de la police kosovare (KP), et a rappelé l’excellente coordination entre EULEX, la KP, la KFOR et l’OSCE ».

Organisée suite à la démission du maire fraichement élu de Mitrovica, ces élections étaient sous haute surveillance européenne. Tout avait été soigneusement planifié pour éviter le bis repetita. La police kosovare, accompagnée des forces d’Eulex devait être visible devant les bureaux de vote. Quant à la KFOR, elle avait sa place à côté de ces bureaux de vote, « prête à agir si nécessaire » indiquait la mission européenne, vendredi (21 février). Les incidents survenus lors des dernières élections en novembre 2013 faisait en effet figure d’épouvantail. Car la municipalité à majorité serbe de Mitrovica-Nord constitue toujours un des points clefs et des défis majeurs du dialogue Pristina-Belgrade, facilité par l’Union européenne.

(Loreline Merelle)

Lire aussi :

(crédit / archives : DICOD / Ministère francais de la Défense, mai 2011)

La France clôture son engagement au Kosovo. Et l’OTAN ?

(crédit / archives : DICOD / Ministère francais de la Défense, mai 2011)

(crédit / archives : DICOD / Ministère francais de la Défense, mai 2011)

(BRUXELLES2) La décision avait déjà été entérinée en décembre dernier, lors d’une conférence de génération de forces à l’OTAN. Samedi (8 février), sera franchi une nouvelle étape au Kosovo. Une cérémonie de clôture de l’engagement français dans cette ancienne province de Serbie aura lieu dans le camp de la Kfor. Les 320 soldats qui sont encore présents vont partir dans les semaines qui viennent – durant le 1er semestre 2014. Il s’agit de l’escadron d’éclairage, qui a une mission de contrôle de zone et de surveillance des frontières (au nord du Kosovo) et d’un personnel de soutien logistique (au camp de Novo Selo). Il restera sur place « quelques officiers à Pristina » dans l’État-Major. La France gardera une capacité de réaction rapide si l’État major en fait la demande, précise-t-on à l’Etat-Major des armées. La situation est aujourd’hui « stabilisée d’un point de vue militaire ». On est passé en quinze ans, d’une logique d’interposition et séparation des combattants de mission de type police.

Pour avoir une idée de la décrue des effectifs depuis le début de l’engagement français depuis 1999 et l’intervention de l’OTAN : il y avait environ 60.000 personnels engagés au titre de la KFOR en 1999 (dont 6000 Français), 13.000 militaires en 2009 (760 Français). 31 janvier 2010 201 : environ 10.000 personnels de la KFOR au 31 janvier 2010 (dont 749 Français) ; 5800 militaires de la KFOR au 1er mars 2011 (dont 320 Français).

NB : le passage à la phase 3 du désengagement de l’OTAN va rapidement se poser pour la KFOR dont le nombre de personnels reste encore important par rapport aux réels enjeux militaires et à la taille du pays. Mais nombre de pays européens « aiment » bien ce genre de missions, sans grand risque, où les camps sont « bien installés », avec un certain « confort », comme à la maison en fait ! De l’Opération extérieure (OPEX) sans grand risque. Une sorte de grand terrain de manoeuvre en fait…

Lire aussi : Les militaires français quittent le Kosovo

Relève des Américains au camp Cabra par l'escadron d'éclairage et d'investigation français (Crédit : Ministère français de la Défense / DICOD)

Les militaires français quittent le Kosovo

Relève des Américains au camp Cabra par l'escadron d'éclairage et d'investigation français (Crédit : Ministère français de la Défense / DICOD)

Relève des Américains au camp Cabra par l’escadron d’éclairage et d’investigation français (Crédit : Ministère français de la Défense / DICOD)

(BRUXELLES2) La France devrait confirmer à la prochaine conférence de génération de forces son retrait de la KFOR, la force de l’OTAN au Kosovo.

Un retrait progressif

« Le contingent français, fort d’un peu plus de 300 hommes, dont beaucoup s’occupaient de logistique (*), va être retiré » a confirmé un diplomate. Ce sera fait « de façon progressive ». Le retrait a, en fait, déjà commencé au camp de Novo Selo (entre Pristina et Mitrovica) ; les premiers éléments seront rentrés avant la fin de l’année. Et toute l’opération s’étalera jusqu’à juin.

D’autres besoins ailleurs

Pour l’hexagone, il y a des réalités bien concrètes à assumer : l’intervention au Mali se prolonge tandis que se prépare une intervention en Centrafrique, où la France va fournir une bonne partie de l’effort toute seule. Du moins dans « l’entrée en premier ». Ce que résume notre interlocuteur : « Nous avons des besoins ailleurs effectivement. Nous sommes confrontés à des choix. »

Le format de la KFOR doit être adapté

Paris ne partage également pas l’analyse de certains pays qu’il faut maintenir les effectifs de la Kfor à un niveau élevé (environ 5000 hommes). La France estime qu’il est temps aujourd’hui de réfléchir à une réduction du format, pour passer d’ici l’année prochaine, à ce que les experts de l’OTAN appellent Gate 3 : c’est-à-dire une réduction d’environ la moitié de l’effectif, essentiellement concentré sur la zone à risques (le nord du Kosovo) et la présence d’une force de réserve « off shore », hors du pays, à la manière dont est organisée la force européenne en Bosnie-Herzégovine (EUFOR Althea). « Nous n’avons pas vraiment besoin d’une force aussi robuste au Kosovo. Il n’y a pas vraiment de risques au sens militaire du terme. Et si on regarde la façon dont se sont globalement déroulées les élections, elles se sont relativement bien déroulées. (…) Il est logique d’adapter la posture de l’OTAN, de passer d’une présence massive à une présence de dissuasion. »

Qui va remplacer ?

Les alliés ont été « prévenus ». Certains avaient déjà, discrètement, pris la poudre d’escampette : les Britanniques par exemple qui n’ont plus qu’une présence symbolique dans le pays, même s’ils se refusent à anticiper une réduction du format. D’autres pays – qui ont un intérêt dans la région – pourraient venir remplacer les Français, les Autrichiens par exemple auraient manifesté leur intérêt, selon nos informations. Ce sera ainsi la fin d’une quinzaine d’années d’engagement dans le pays.

Transition vers l’Union européenne

Du coté français, on milite pour une transition de l’opération au Kosovo de l’OTAN vers l’Union européenne. « A terme, l’Union européenne pourrait prendre des responsabilités plus grandes en matière de sécurité dans la région. Ce serait logique car il y a une perspective européenne » tracée pour le Kosovo comme la Serbie. Un peu comme pour l’opération EUFOR Althea, mais sans le système de commandement mixte Otan-Ue, dit « Berlin Plus ». Il semble cependant que beaucoup de pays soient plutôt « réservés » à cette perspective et peu enthousiastes à l’idée de changer à la fois l’organisation-cadre et le système de commandement. Difficulté encore renforcée pour les cinq pays de l’UE qui ne reconnaissent pas le Kosovo.

(*) Le contingent français dit « Trident » est fort de 320 hommes selon l’Etat-Major des armées : une unité de manoeuvre (escadron d’éclairage et d’investigation EEI) et un élément de soutien national (ESN)

Commentaire : la réticence de certains pays à se retirer est sans doute dictée par des considérations sécuritaires mais aussi plus directement domestiques et un peu moins avouables. La présence en nombre au Kosovo a plusieurs avantages : terrain relativement peu risqué (le dernier incident grave remonte à novembre 2011 où 20 soldats de la Kfor ont été blessés, dont 2 graves, 2 Autrichiens), engagement pas très loin de la maison, dans une zone très maîtrisée, où un certain confort peut être assuré aux soldats et avec une bonne visibilité.

Profanation de cimetières serbes au nord Kosovo

(B2) Après la profanation dimanche (20 janvier) de plusieurs cimetières « serbes » au nord Kosovo (Klokot, Prilužje, Miloševo et Plemetina) et de lieux de culte à Đakovica, la mission européenne « Etat de droit » (EULEX) au Kosovo a tenu à condamner « les actes de vandalisme ou de toute forme de violence. La protestation pacifique est normale dans toute société moderne et démocratique. Mais la profanation délibérée de cimetières et de lieux de culte doit être absolument condamnée. EULEX appelle les citoyens à respecter la loi et s’abstenir de tout acte de violence. » Et d’ajouter : « La police et les procureurs d’EULEX surveillent de près la situation et la coordination avec la police du Kosovo et la KFOR. EULEX est prête à intervenir et à soutenir le maintien de l’ordre, en cas de besoin. » A Dakovica, selon le média serbe B92, la police kosovare KPS et la KFOR de l’Otan se sont rapidement déployées empêchant tout dégât.

Fusillade contre un véhicule EULEX à un moment-clé pour le Kosovo

(crédit : Conseil de l'UE)

(BRUXELLES2) Des inconnus ont tiré sur un véhicule d’EULEX ce vendredi matin (7 septembre) qui circulaient au nord-Kosovo. Un policier kosovar qui les accompagnait a été légèrement blessé. Alors que plusieurs officiers de la force de police européenne se rendaient en voiture à Zubin Potok afin d’effectuer une visite dans une station de police locale, plusieurs individus masqués ont jailli sur la route entre Zupce et Zubin Potok, près du village de Varage. Une attaque condamnée immédiatement par Samuel Zbogar, représentant spécial de l’UE au Kosovo. «Je condamne fermement cette acte de violence injustifiée. des vies ont été mises en danger. Ca illustre et renforce le besoin d’un Etat de droit plus aboutit dans cette partie du Kosovo. Les bureaux du Représentant Spécial et d’EULEX vont continuer de travailler ensemble là dessus». Et Xavier de Marnhac, chef de la mission « Etat de Droit » (EULEX) d’ajouter «Les auteurs doivent être amenés devant la justice aussi rapidement que possible. J’en appelle à tous ceux qui peuvent avoir des informations sur l’incident pour contacter la police».

Les acteurs locaux ont également immédiatement fait part de leurs condamnations. Ce alors que le directeur du bureau gouvernemental serbe pour le Kosovo, Alexandar Valin, était aujourd’hui en visite à Pristina et dans le sud du Kosovo. Valin a, lui-même, appelé les représentants de la communauté internationale à traduire les auteurs devant la justice et précisé que la Serbie était à la disposition de la communauté internationale sur ce sujet, avant d’annuler sa visite dans le sud pour rencontrer les responsables serbes du Kosovo, selon l’agence serbe Beta news. Les responsables politiques locaux, dont le gouverneur du district, Radenko Nedeljkovic, ont eux aussi condamné cette acte de «vandalisme» et se sont accordés à dire que «l’attaque est une confirmation que ces actes sont coordonnés afin de déstabiliser la partie nord du pays (où la majorité serbe n’accepte pas la déclaration d’indépendance unilatérale des Albanais) et ainsi rendre plus facile l’intégration du nord du pays dans le système kosovar.»  

Le moment de l’attaque n’est pas tout à fait innocent au moment le Kosovo va acquérir sa pleine souveraineté lors de la réunion, lundi 10 septembre, du groupe international d’orientation sur le Kosovo (International Steering Group). La pleine responsabilité sera alors laissée à la Constitution, au Parlement, aux cours nationales… Bref, un moment clé dans l’édification du plus jeune des Etats européens.

Un nouveau commandant à la KFOR

(B2) C’est un général allemand qui va prendre la tête des forces de l’OTAN au Kosovo. Volker Halbauer prendra ses fonctions le 7 septembre prochain, remplaçant son compatriote, le général Erhard Drews. Agé de 56 ans (il est né en 1955), il est aujourd’hui chef de l’Etat-major de l’Armée de Terre chargé du personnel. Il a pris différents commandements et effectué plusieurs séjours à l’étranger. Après un séjour aux Etats-Unis, entre 1991 et 1992 dans l’armée américaine à Fort Leavenworth, Kansas, il est fait partie de l’UNOSOM II comme chef du contingent allemand engagé en Somalie. Il a servi aussi comme chef d’état-major de la 10e Division blindée à Sigmaringen et comme commandant de la 1ère brigade aéromobile (Luftbewegliche Brigade 1) de 2006 à 2008.

 

 

 

Deux soldats de la KFOR et trois serbes blessés au Kosovo

Un véhicule blindé allemand en avant-garde du pont (crédit : Tanjug)

(B2) Deux soldats allemands de la force de l’OTAN au Kosovo (KFOR) ainsi qu’au moins trois kosovars serbes ont été blessés ce matin, dans un accrochage entre une unité de la KFOR et un rassemblement serbe dans le nord du pays, habité en majorité par des serbes. Ces-derniers avaient installé une barricade sur la route, dans les environs de Rudare, au nord de Mitrovica, que la KFOR a tenté de démanteler. C’est à cette occasion que les heurts ont éclaté. Les soldats de l’OTAN ont été visés par des jets de pierre et ont voulu disperser la foule en lançant des grenades lacrymogènes et en tirant à balles caoutchoutées. Un des soldats blessés a été évacué. Il est « en condition stable », selon le QG de l’OTAN.

Cet incident s’inscrit dans une campagne serbe anti-indépendance du Kosovo, qui a installé plusieurs barricades dans la région ces derniers mois. « La KFOR n’acceptera pas que la situation escalade et utilisera un niveau proportionnel de force, nécessaire au maintien d’un environnement sécurisé » a affirmé le porte-parole de l’OTAN au Kosovo. Quant à l’UE, elle se montre  « très préoccupée» par ces événements et appelle au calme, tout en restant « en contact avec les partenaires de l’OTAN »  selon la porte-parole de Catherine Ashton. « Pour l’instant, les choses se déroulent encore sur le terrain » a-t-elle affirmé, rappelant au passage que « la liberté de mouvement est un des principes de bases de l’UE ».

En milieu de journée, la barricade était presque entièrement démantelée, les soldats de la KFOR ayant déployé une clôture barbelée sur un pont afin de bloquer l’accès aux manifestants serbes.

Voir une vidéo de la télévision serbe ici.

(Mis à jour : 13h, 18h )