Un Conseil européen fractionné en quatre minorités de blocage

(B2) Les dernières évolutions au sein du Conseil européen démontrent une évolution intéressante. Il n’y a plus de majorité très nette. Ce qui peut expliquer certains blocages actuels

Les dernières élections au Danemark et en Finlande ont vu une victoire des socio-démocrates, aux dépens des Libéraux, tandis que les chrétiens-démocrates (PPE) de Sebastian Kurz ont dû céder le pouvoir en Autriche à un gouvernement technique (indépendant). La Lettonie a fait le chemin inverse basculant du centre gauche vers le PPE. Et cette évolution n’est pas près de s’arrêter.

Au final, il n’y a plus de parti réellement dominant, mais un rééquilibrage quasi parfait entre les trois forces principales… et donc minoritaires. Le parti populaire européen (PPE) détient neuf sièges (avec l’indépendante lituanienne D. Grybauskaite), les socio-démocrates huit sièges, les centristes libéraux sept sièges, et l’Autriche est représentée par un gouvernement technique (indépendant). Aucun de ces partis, même en alliance avec un autre, n’a la majorité. Les trois groupes sont condamnés à s’entendre, d’autant qu’ils comptent chacun un grand pays leader (Espagne pour les socialistes, France pour le centre libéral, Allemagne pour les chrétiens-démocrates).

La donne se complique encore par la présence de conservateurs eurosceptiques dans trois pays (et trois ‘grands pays’) et l’unité réaffirmée des Visegrad. Les quatre pays de l’Est (Hongrie, Pologne, Tchéquie, Slovaquie), malgré des appartenances à des partis politiques différents, n’entendent plus se laisser dicter un consensus décidé par d’autres. Alliés aux conservateurs, ils détiennent une minorité de blocage. La Britannique Theresa May a ainsi affirmé récemment ne pas vouloir interférer dans le choix des 27, mais ne pas pouvoir non plus approuver un candidat qui ne serait pas dans les intérêts du Royaume-Uni.

(Nicolas Gros-Verheyde)

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