Cap au sud-est pour le porte-avions Charles-de-Gaulle

CharlesDeGaulleToulon@Def151118(B2) Le Charles-de-Gaulle, le porte-avions français, a quitté Toulon ce matin et mis le cap à l’est de la Méditerranée. Objectif : prendre part rapidement aux opérations contre Daech.

Tripler la force de frappe sur la Syrie

Avec ses 18 Rafale Marine et 8 Super Etendard (modernisés), le navire dispose d’une force de frappe conséquente qui « va permettre de multiplier par trois le potentiel miliaire des moyens français engagés au Levant contre Daech » précise-t-on à l’état-major des armées. La distance sera aussi plus courte vers la Syrie. Le Charles-de-Gaulle s’en ira ensuite dans le Golfe arabo persique.

Un groupe de 6 navires au minimum

Le groupe aéronaval qui est constitué autour du Charles-De-Gaulle comprend 5 autres bâtiments dont un Belge et un Britannique :

  • la frégate de défense aérienne Chevalier Paul (+ hélicoptère Caïman Marine) ;
  • la frégate anti-aérienne britannique HMS Defender (+ hélicoptères Lynx et Merlin) ;
  • la frégate anti sous-marine La Motte Piquet (+ hélicoptère Lynx) jusqu’à mi-janvier 2016 relayée ensuite par la frégate FREMM Aquitaine (avec 1 hélicoptère Caïman Marine) ;
  • la frégate belge Léopold Ier (+ hélicoptère Alouette III) jusqu’au 4 janvier qui devrait assurer selon nos informations la protection de patrouille du GAN ;
  • le bâtiment de commandement et de ravitaillement BCR Marne (+ hélicoptère Alouette III)

La frégate FREMM Provence (+ 1 Caïman Marine) viendra prendre le relais dans le Golfe persique lors du déploiement de longue durée. Ponctuellement des moyens américains navals et aériens viendront le renforcer. Et la présence d’autres bâtiments d’autres nations alliées – sans préciser la nationalité – est annoncée.

Le groupe aérien embarqué à bord du « Charles » comprend outre les Rafale Marine et Super étendard déjà mentionnés : 2 Hawkeye, 2 Dauphin et 1 Alouette III.

Manoeuvres conjointes et diplomatie navale

Au cours de son déploiement, le groupe aéronaval participera également à des manœuvres conjointes dans un cadre multinational et interalliés, ainsi qu’à des manœuvres bilatérales avec les pays de la région. Dans le golfe Arabo-Persique, le GAN assurera durant plusieurs semaines le commandement de la Task Force 50.

Mission Arromanches 2 pour la TF 473

Petit nom de cette Task Force, commandée par le contre-amiral René-Jean Crignola = la TF 473 ou Mission « Arromanches 2 » pour les plus romantiques. Précision importante : le GAN sera placé d’abord sous le contrôle opérationnel (OpCon) du commandant de la zone maritime en Méditerranée puis, dès son entrée en Océan Indien et jusqu’à sa sortie du golfe Arabo-Persique, sous le commandement de la composante navale de la coalition et, enfin, sur le trajet du retour, jusqu’au franchissement du canal de Suez, sous l’autorité commandant de la zone maritime de l’Océan Indien (Alindien).

Une question

Reste à savoir quelle attitude adoptera le commandement si des bateaux de réfugiés s’approchent du bord. La loi de la mer impose de venir au secours s’ils sont en détresse. Mais se poseront immanquablement des questions de sécurité, plus importantes qu’auparavant, dans le contexte post-attentats de Paris. Question sans doute théorique vu la distance des côtes auxquelles évoluera le groupe aéronaval. Mais néanmoins pas tout à fait exclue…

(Nicolas Gros-Verheyde)


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RoleGroupeActionNavale@Def15
© Marine nationale / Cols Bleus

Nicolas Gros-Verheyde

Rédacteur en chef du site B2. Diplômé en droit européen à l'université Paris I Pantheon Sorbonne. Journaliste professionnel depuis 1989, fonde B2 - Bruxelles2 en 2008. Correspondant UE/OTAN à Bruxelles pour Sud-Ouest (auparavant Ouest-France et France-Soir). Auditeur de la 65e session de l'IHEDN (Institut des hautes études de la défense nationale).