Egypte. Des Européens prudents. Bildt veut aller plus loin (Maj)

Egypte. Des Européens prudents. Bildt veut aller plus loin (Maj)

(BRUXELLES2) L’Union africaine a suspendu l’Egypte de son siège à l’Union Africaine. Cela mérite réflexion estime Carl Bildt, le ministre suédois des Affaires étrangères dans un tweet publié dimanche dans la journée. « L’Union européenne ne peut pas se sentir moins concerné que l’Union africaine avec la démocratie ». Et il ajoute dans un second tweet. « J’ai parlé avec un certain nombre de collègues, y compris le Premier ministre d’Italie et de Turquie, de l’implication large des évènements en Egypte. Il y a le risque de créer un précédent ».

TweetCarlBildtEgypteVoilà qui tranche avec l’opinion communément admise par les Européens où on semble faire confiance aux militaires pour accompagner le processus démocratique (lire : Egypte. L’UE demande de revenir rapidement au processus démocratique)

Un échec de la transition démocratique

• En France, le président Hollande en déplacement à Tunis , le 4 juillet, a parlé d’un aveu échec de la transition démocratique. « C’est un échec quand un Président, élu démocratiquement, est déposé par l’armée. C’est un échec quand des millions d’Egyptiens veulent aussi, après un an, exprimer leur aspiration à la liberté. » Mais il s’est refusé à le condamner estimant que la leçon égyptienne était plutôt de montrer « combien les processus de transition démocratique sont fragiles ». L’important maintenant est « d’organiser le plus vite possible, des élections » en respectant certains principes « la démocratie, la liberté, le pluralisme ».Au nouveau gouvernement de faire ses preuves

• En Belgique, le ministre des Affaires étrangères Didier Reynders a pris « acte  » le 4 juillet de « l’annonce de la suspension de la Constitution égyptienne, et du transfert du pouvoir exécutif au Président de la Cour constitutionnelle, ainsi que la mise en place d’une feuille de route prévoyant la formation d’un gouvernement technocratique, l’organisation de nouvelles élections et la rédaction d’une nouvelle Constitution ». Il a appelé «  au dialogue entre toutes les parties » afin d’assurer une « transition démocratique inclusive répondant aux aspirations démocratiques de toutes les composantes de la société égyptienne ». Il espère que « le nouveau gouvernement saura conduire le pays dans le respect de l’Etat de droit et en assurant les droits et libertés fondamentaux de tous les Egyptiens, et s’attèlera au redressement économique du pays. »

Quand des civils entourent des militaires, ce n’est pas un Coup d’Etat

• En Lituanie, le pays qui assure la présidence de l’Union européenne, la présidente Grybauskaite a tenu à marquer sa « préoccupation » par rapport aux évènements. Mais pas plus. Et du côté du ministre des Affaires étrangères, que j’ai interrogé, on tient aussi à rappeler que quand le général Abdelfattah Al Sissi est intervenu, il était entouré de personnes de la société civile (religieux et laics). Ce n’est pas un « Coup » d’Etat militaire au sens strict souligne-t-on ainsi à Vilnius.

Soutien continu aux Egyptiens

Cette position prudente est partagée aux Etats-Unis. Pour le secrétaire d’Etat John Kerry qui s’exprimait samedi (6 juillet) a condamné la « violence d’où qu’elle vienne« . Il a aussi souligné que la « seule solution » pour sortir de l’impasse était pour « toutes les parties de travailler ensemble et pacifiquement« , avant de rappeler l’engagement « continu » des Etats-Unis « en faveur du « processus démocratique« . Mais il aussi souligne « la grande importance » du partenariat et de l’amitié entre les USA et l’Egypte et l’assurance que « nous continuerons à soutenir le peuple égyptien pour le succès de la transition vers la démocratie » (*).

(*) « The United States strongly condemns the violence by all parties and urges calm (…) The only solution to the current impasse is for all parties to work together peacefully to address the many legitimate concerns and needs of the people and to ensure Egypt has a government that is responsive to the aspirations of the millions of Egyptians who have taken to the streets to demand a better future. (…) The United States has always been and remains committed to the democratic process, not to any party or personality. We want Egyptians to make their democracy work for the good of all Egyptians (…) The longstanding partnership and friendship between the United States and Egypt is of great importance to the United States, and we will continue to support the Egyptian people to ensure that Egypt’s transition to democracy succeeds ».