Le conflit syrien fait tache d’huile au Liban. L’Europe condamne

(B2) Le haut représentant de l’UE, Catherine Ashton, a « fermement condamné », par la voix de son porte-parole, dimanche (8 juillet) les « récents bombardements de la frontière du Liban par l’artillerie syrienne, causant de nombreux morts et blessés ». Elle a estimé que ces « incursions répétées devaient stopper immédiatement ». « Le régime syrien doit respecter l’intégrité territoriale et la souveraineté de ses voisins. La brutalité du régime a des effets tragiques en Syrie et des répercussions graves sur les pays voisins, notamment le Liban ». Dans le même temps, elle a « salué l’effort du Liban aux Syriens fuyant la violence » et souligné que l’UE soutiendrait le Liban « pour faire face à cette charge ».

5 morts au Liban en quelques jours, le conflit fait-il tache d’huile ?

Plusieurs incidents ont eu lieu au Liban, ces derniers jours. Même si les autorités libanaises minimisent les incidents, ils ne peuvent que semer l’inquiétude. Samedi, les forces gouvernementales de Bachar al Assad ont bombardé plusieurs villages au nord du Liban, sur plusieurs points de passage illégaux » selon les forces de sécurité libanaises. Des tirs à la roquette venant de Syrie ont eu lieu également contre des villages. Le bilan est de  2 morts – une adolescente libanaise et une fillette syrienne de 8 ans, selon nos collègues libanais de l’Orient Le Jour– et d’une dizaine de personnes ont été blessées. Dans la nuit de lundi à mardi, d’autres obus se sont abattus et des tirs nourris ont lieu de part et d’autre de la frontière dans la région de Wadi Khaled, faisant trois morts (deux Syriens et un Libanais) selon la Croix-Rouge libanaise. Par ailleurs, le Haut comité des secours (organisme rattaché au Premier ministre libanais) a fait savoir, mardi (10 juillet), qu’il ne prendrait plus en charge les frais d’hospitalisation au Liban des Syriens blessés et réfugiés au Liban, selon la presse libanaise.

NB : Ces dérapages – qui restent malgré tout limités – font cependant craindre un phénomène de tache d’huile, comme l’ont laissé craindre à haute voix, plusieurs hauts responsables de Chypre dernièrement. On peut se demander également si la présence d’observateurs internationaux, coté libanais, ne seraient pas nécessaires, pour « marquer » une présence internationale.

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Nicolas Gros-Verheyde

Rédacteur en chef du site B2. Diplômé en droit européen à l'université Paris I Pantheon Sorbonne. Journaliste professionnel depuis 1989, fonde B2 - Bruxelles2 en 2008. Correspondant UE/OTAN à Bruxelles pour Sud-Ouest (auparavant Ouest-France et France-Soir). Auditeur de la 65e session de l'IHEDN (Institut des hautes études de la défense nationale).