Le rôle de la Hongrie en 1968 dans l’opération « Danube » : minimal

(B2) Opération « Danube », c’est ainsi que fut dénommée, assez ironiquement, d’ailleurs par les forces soviétiques, l’intervention visant à mater la révolution tchécoslovaque en 1968. En fait, ce n’est pas le 21 août 1968, mais le 18 août que commenca l’opération avec une prise de possession par les parachutistes soviétiques de l’aéroport de Prague. Les responsables à Moscou ne lésinèrent pas sur les moyens : près de 400.000 soldats et 6000 chars appuyés par 800 avions participent. Outre l’URSS, quatre pays du Pacte de Varsovie participent à l’offensive : la Pologne, la RDA, la Hongrie, la Bulgarie. Mais, l’essentiel de l’offensive est menée par les troupes soviétiques : la 7e division aéroportée de l’armée rouge, des unités parachutistes de l’armée et du KGB. Au niveau politique si les principaux dirigeants du Pacte ont approuvé, voire insisté, sur l’intervention, craignant un mouvement qui fasse tâche d’huile, le Hongrois Janos Kadar est celui qui s’opposa fermement à l’intervention dans les discussions préalables (les Roumains et les Albanais refusèrent d’y participer). Cette intervention n’est d’ailleurs pas tout à fait inopinée mais a été précédée d’une intense préparation tant au plan politique que militaire. Plusieurs manoeuvres militaires ont eu lieu aux marges ou en Tchécoslovaquie durant le printemps de Prague. Plusieurs dates ont été successivement fixées à l’intervention. Et la complicité de l’Etat-Major de l’armée tchécoslovaque a consenti au plan d’invasion, ainsi que le révèlent des témoignages et plusieurs études : aucun des plans de résistance n’a été déclenché.

Nicolas Gros-Verheyde

Rédacteur en chef du site B2. Diplômé en droit européen de l'université Paris I Pantheon Sorbonne et auditeur 65e session IHEDN (Institut des hautes études de la défense nationale. Journaliste depuis 1989, fonde B2 - Bruxelles2 en 2008. Correspondant UE/OTAN à Bruxelles pour Sud-Ouest (auparavant Ouest-France et France-Soir).