L’échange d’informations, le maillon faible de la lutte contre le terrorisme

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(Archives B2 *) Hasard de circonstance, au même moment où éclatent plusieurs bombes dans le métro de Londres, Peter Storr, le directeur des affaires internationales du « Home Office » (le ministère de l’intérieur britannique), expose à Bruxelles, à ses collègues du groupe « article 36 » (spécialisé dans les affaires criminelles) les priorités de son pays en matière pénale pour la présidence de l’Union européenne au second semestre 2005 (1).

Une menace du terrorisme toujours élevée

Et, naturellement, la lutte contre le terrorisme figure en tête de son exposé. Cet homme chevronné insiste notamment sur la radicalisation et les méthodes de recrutement de certains mouvements de terrorisme qu’il importe mieux cerner, selon lui. « La menace du terrorisme reste toujours élevée et une attaque n’était pas impossible » complète, de son coté, le coordinateur européen de la lutte contre le terrorisme, Gijs de Vries. Les Etats ne doivent pas relâcher leurs efforts. Et, « il faudra améliorer le délai de transposition des mesures décidées au niveau européen » ajoute-t-il.

Le tournant de 2001 et 2004

Depuis presque 10 ans, et un premier sommet européen tenu en 1995 à … Madrid, l’Europe n’est effectivement pas restée inactive en matière de terrorisme. Mais c’est surtout après les attentats de New-York, en 2001 et de Madrid, en 2004 qu’un tournant est pris. Une dizaine de décisions ont, depuis, été adoptées : du gel des comptes des organisations terroristes au renforcement du fichier Schengen en passant par la coopération judiciaire.

Les Etats ne rendent pas compte

Mais les Etats membres répugnent à rendre des comptes à Bruxelles sur la bonne application de ses mesures. Les noms des pays qui n’ont pas transposé ces décisions ne sont pas publics mais glissés en catimini aux journalistes. Et, surtout, la coopération entre pays, l’échange d’informations notamment, malgré de belles déclarations, demeure le maillon faible. (*)

(Nicolas Gros-Verheyde)

(1) Les Britanniques avaient jugé bon d’annuler une réunion des ministres de la Justice et des Affaires intérieures de juillet, estimant qu’il n’y avait pas vraiment de dossier à discuter. L’actualité dramatique de Londres vient de leur rappeler à cette nécessité.

(*) version remaniée d’un article publié dans Ouest-France