Atmosphère de guerre au Soudan, l’UE appelle au calme et au retrait des troupes

(BRUXELLES2) L’escalade de la violence entre le Soudan et le Sud-Soudan inquiète de plus en plus la communauté internationale, l’Union européenne y compris. On se rapproche de plus en plus de la guerre ouverte entre les deux pays. La Haute représentante, Catherine Ashton, s’est dit “profondément concernée par l’escalade du conflit armé à la frontière“. Les deux parties multiplient depuis quelques jours les appels belliqueux à la mobilisation, alors que des échanges de tirs très violents (artillerie, chars, raids aériens) ont éclaté récemment (notamment après que le président soudanais Al-Béchir annonce, le 26 mars, la création d’un “comité de haut niveau pour la mobilisation”). Mardi (10 avril), l’armée sud-soudanaise avait pris le contrôle de la zone pétrolière d’Heglig, contestée, et jusqu’ici contrôlée par l’armée du Soudan. Jeudi (12 avril), c’est l’armée du Soudan qui a bombardé la ville sud-soudanaise de Bentiu, capitale de l’Etat sud-soudanais d’Unité. C’est la première fois qu’une ville importante est ainsi visée. Le président sud-soudanais, Salva Kiir, a annoncé jeudi qu’il n’ordonnerait pas à son armée de se retirer d’Heglig.

Catherine Asthon a condamné l’usage de la violence chez les deux parties: “Le mouvement des forces armées du Sud Soudan pour occuper Heglig est complètement inacceptable. Le bombardement du territoire sud-soudanais par l’armée soudanaise l’est tout aussi. Les deux parties doivent aussi arrêter de supporter des groupes armés dans le territoire de l’autre Etat“. La Haute représentante de l’UE appelle ainsi les deux parties à la cessation des hostilités et au retrait immédiat de leurs troupes vers leur propre territoire, en accord avec le Mémorandum sur la non-agression et la coopération signé le 10 février, et à établir comme prévu un mécanisme commun de surveillance des frontières. Le 3 avril déjà, Catherine Ashton s’était dit “alarmée” par les déclarations du gouverneur de la région du Sud Kordofan  (Soudan) qui appelait les soldats soudanais à ne faire aucun prisonnier lors des combats. D’autant que ces déclarations avaient été soutenues par un porte-parole du gouvernement soudanais. « Une politique délibérée de ne pas faire de prisonniers dans des conflits armés constitue un crime de guerre. Les conventions de Genève interdisent de tels ordres. »

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