La leçon de la Libye, selon Rasmussen : être plus multinational, plus réactif

(BRUXELLES2) « Les drones, le renseignement, les avions ravitailleurs » voici trois domaines où les alliés de l’OTAN doivent progresser. « L‘opération en Libye n’aurait pu se dérouler sans les capacités fournies par les Etats-Unis — a expliqué le secrétaire général de l’OTAN, A.F. Rasmussen, lors d’une conférence de presse lundi (5 septembre) — « C’est une des leçons de cette opération. Nous devons trouver des solutions au prochain sommet de Chicago », en mai 2012. .

Etre plus multinational

Et d’ajouter : « Peu de pays – dans ces moments de crise budgétaire — peuvent aujourd’hui financer seuls ces capacités. Si on ne peut dépenser plus, on doit dépenser mieux. Il faut se fixer des des priorités, se spécialiser, encourager les coopérations.  Il faut une approche plus multinationale. Comme l’a prouvé la Libye, on peut pas savoir où arrive la prochaine crise, mais elle arrivera. »

Etre plus réactif

De même, Rasmussen a reconnu qu’il fallait améliorer la « flexibilité de l’organisation, sa capacité à agir ». La lourdeur des procédures et de la « machinerie » de l’OTAN avait été critiquée, régulièrement par les Français notamment, se plaignant d’un trop long délai entre le moment où les cibles étaient définies et celles où elles étaient frappées.

La feuille de route du sommet de Chicago

Le secrétaire général de l’Alliance atlantique a profité de cette opportunité publique pour dévoiler la feuille de route du prochain sommet de Chicago, où il souhaite arriver à trois décisions majeures. 1° Le lancement de la capacité de défense territoriale de l’OTAN anti-missiles (déclaration de capacité opérationnelle initiale). « J’espère pouvoir coopérer avec la Russie pour faire face aux nouvelles menaces et lever les soupçons du passé ». 2e sujet : avoir un paquet d’aide concret pour permettre de renforcer les capacités de sécurité de l’Afghanistan qui doivent « continuer de se développer ». 3e sujet : se doter de capacités de dissuasion et de défense face aux nouvelles menaces.

Nicolas Gros-Verheyde

Rédacteur en chef du site B2. Diplômé en droit européen de l'université Paris I Pantheon Sorbonne et auditeur 65e session IHEDN (Institut des hautes études de la défense nationale. Journaliste depuis 1989, fonde B2 - Bruxelles2 en 2008. Correspondant UE/OTAN à Bruxelles pour Sud-Ouest (auparavant Ouest-France et France-Soir).