Conseil des affaires étrangères : le bréviaire de la préoccupation

crédit : © NGV / Bruxelles2

(BRUXELLES2) Une partie du travail des diplomates européens consiste à graduer la préoccupation des Européens par rapport à certaines situations dans le monde. Un peu comme les amoureux qui effeuillent la marguerite, les diplomates ont leur petit bréviaire de la préoccupation, ce qu’on pourrait appeler le bréviaire de la rose qui passe du pâle au rouge, en passant par toutes les nuances de la colère. Pays par pays, il faut ainsi doser ce qui est préoccupant, très, gravement, extrêmement préoccupant… selon une échelle qui reste toujours floue. En se gardant toujours une possibilité d’évolution dans cette gradation.

Le Conseil du 12 avril ne manquera pas cet exercice délicat. On peut ainsi remarquer :

  • Le Yemen, avec un « utmost concern ». Suivi par la Syrie, où les 27 sont « extremely concerned » (*).
  • L’indicateur de l’attention se fixe à « deep concern » pour la situation humanitaire en Libye. De même qu’au Moyen-Orient pour l’escalade de la violence entre Gaza et Israël, où l’Européen est « deeply concerned ».
  • Enfin pour Bahrein, on atteint seulement un « grave concern », tandis que le conflit du Nagorno-Krabakh, et la récente augmentation de tension dans la région, ne suscite qu’un petit « concerned ».

A vos dictionnaires pour le prochain conseil où il faudra rivaliser d’ingéniosité linguistique pour qualifier toutes les nouvelles situations de par le monde.

(*) texte disponible en anglais uniquement.