Le BCR Somme remet les 5 suspects pirates au Puntland


(BRUXELLES2) C’est finalement vers Bossasso, au Puntland (région semi autonome de Somalie) que le BCR Somme s’est dirigé pour livrer les 5 hommes qui avaient commis l’imprudence de sattaquer au navire-amiral de l’Alindien – le commandant des forces françaises dans l’Océan indien.

Cette solution a été préférée au rapatriement en France, trop compliqué politiquement (1) et difficile juridiquement. Il y avait de toute façon un sacré problème de preuve matérielle. Ni armes, ni vivres n’avaient été trouvés à bord du skiff ; les Somaliens ayant tout jeté à bord. C’est la quatrième fois que la France remet des suspects aux autorités du Puntland. (Comme d’habitude), un bateau des gardes côtés du Puntland s’est approché du navire de guerre français pour prendre en charge les prisonniers.

Puntland, région « fédérale » de Somalie. Située au nord-est de la Somalie, près du Somaliland, cette région revendique non pas une scission de la Somalie, mais son autonomie dans un cadre fédéral. Elle veut se doter de son propre drapeau et son propre emblème et développe un corps de gardes-côtes qui pourrait être une des solutions à la piraterie. Si officiellement aucun contact n’existe avec cette région – soutien européen au gouvernement central oblige – de fait les contacts existent. Et de temps à autre les militaires (OTAN,  EUNAVFOR, national) sont en contact.

Un corps de gardes-côtes en devenir. Comme témoigne un militaire français de retour de la région, « même s’il faut prendre certaines de leurs déclarations avec précaution, on sent néanmoins de la part des autorités du Puntland une nette volonté de lutter contre la piraterie ». Et Christian Ménard – député français UMP, de Châteaulin (Bretagne), auteur d’un très intéressant rapport sur la piraterie maritime qui vient de revenir d’une visite de quelques jours à Djibouti avec le secrétaire d’Etat aux Affaires européennes, Pierre Lellouche – acquiesce. « Je crois beaucoup aux gardes-côtes. Il faut encourager et soutenir les autorités du Somaliland, du Puntland particulièrement à former des gardes-côtes, s’équiper. La mise en place de centres formation régionaux à Sanaa (Yemen), Djibouti et Dar-el-Salaam (Tanzanie) est une excellente chose, que l’Europe devrait soutenir rapidement. Il faut que les financements se débloquent ».

(1) La France a toujours un homme pris en otage en Somalie.

Nicolas Gros-Verheyde

Rédacteur en chef du site B2. Diplômé en droit européen de l'université Paris I Pantheon Sorbonne et auditeur 65e session IHEDN (Institut des hautes études de la défense nationale. Journaliste depuis 1989, fonde B2 - Bruxelles2 en 2008. Correspondant UE/OTAN à Bruxelles pour Sud-Ouest (auparavant Ouest-France et France-Soir).