L’OTAN veut déclencher une nouvelle prise de conscience du danger russe en Ukraine

(BRUXELLES2) L’évènement était destiné à faire maximum de bruit à un moment clé politiquement. La révélation par l’OTAN de photos satellites montrant des soldats russes a été un tournant médiatique.

1000 hommes bien entraînés présents en Ukraine

Dans un exposé devant la presse internationale, dûment convoquée au Shape, le quartier général des forces en Europe, l’OTAN a étalé les « preuves » de ce qu’elle appelle l’incursion russe en Ukraine. « Plus de 1000 hommes, bien entraînés, sont présents en Ukraine » explique ainsi un officier supérieur de l’organisation. Cet officier supérieur néerlandais a pris le relais, au pied levé, du général américain Philip. Breedlove qui était normalement prévu pour faire une déclaration « On record » sur le sujet. Sans doute trop chaud pour exposer un officier supérieur américain.

Un moment clé politiquement

Les Européens s’apprêtent à se retrouver pour un sommet européen, avec l’Ukraine dans le fil des conversations. Mais ni une rencontre avec le président Porochenko qui a prévu d’être à Bruxelles n’est prévue à l’agenda des « 28 », ni le rythme des sanctions ne semble vraiment devoir être bousculé.

Quant aux membres de l’OTAN, ils doivent se retrouver quelques jours ensuite, au sommet du pays de Galles, avec plusieurs enjeux : créer un « trust fund » pour l’Ukraine (peu richement doté en l’état actuel), prendre un nouvel engagement d’améliorer les dépenses de défense, développer une action rapide, mettre en place sinon des bases du moins une présence permanente à l’Est.

Sur tous ces sujets où Américains et Britanniques sont moteurs, les engagements des autres membres de l’Alliance ne sont pas à la hauteur des enjeux, pour Washington et Londres. Un coup de fouet est donc nécessaire.

(NGV)

Les preuves – par photo satellite – fournies par l’OTAN.

Nicolas Gros-Verheyde

Rédacteur en chef du site B2. Diplômé en droit européen de l'université Paris I Pantheon Sorbonne et auditeur 65e session IHEDN (Institut des hautes études de la défense nationale. Journaliste depuis 1989, fonde B2 - Bruxelles2 en 2008. Correspondant UE/OTAN à Bruxelles pour Sud-Ouest (auparavant Ouest-France et France-Soir).