La République Tchèque atteinte à son tour par la crise

(B2) Le gouvernement tchèque le clame sur tous les tons depuis plusieurs mois : la crise économique, c’est chez les autres. Les mauvais élèves « socialistes », des économies du passé – la France, l’Espagne – ou des pays mal gérés – la Hongrie, la Roumanie… . La république tchèque est protégée par son dynamisme interne et sa réforme des marchés du travail.

« Tout va très bien madame la marquise »
Apparemment ce discours foncièrement optimiste semble légèrement décalé par rapport à la réalité économique. Et il ne se passe pas une journée en république tchèque sans que l’on apprenne une mauvaise nouvelle.

Il y a quelques jours, l’aéroport de Prague annonçait ses chiffres pour le mois de janvier : chute de 10% au moins des passagers transportés (en pleine présidence de l’UE qui draine – on le sait normalement – une augmentation de trafic certain. Ce qui signifie que la chute est de fait supérieure).

Hier, nos collègues tchèques de CTK, annonçait qu’Hitachi fermera une usine à Žatec, d’ici la fin du mois de mars. Bilan: 800 employés licenciés. La raison, la baisse de l’activité économique et de la demande d’écrans plats. A l’origine : Hitachi prévoyait un investissement de 2,5 milliards de couronnes et près de 2000 emplois !

Ce vendredi, nos collègues tchèques de CTK annonçait que le promoteur immobilier Orco Property Group – un des promoteurs les plus importants en Europe centrale – a vu son action dégringoler de 40% à la bourse, après avoir engagé une procédure de sauvegarde (dispositif qui lui permet de se mettre à l’abri de ses créanciers durant la poursuite de sa restructuration financière). La société avait déjà licencié quelque 220 employés dans le cadre de cette restructuration, et fermé plusieurs bureaux. etc…

Je n’aurai q’un mot : bienvenue dans le monde réel.

(NGV)