EULEX Kosovo rend hommage à un des siens. L’enquête pas close

Alexandra Papadopoulou sur la route au nord du Kosovo où a été tué Audrius il y a quatre ans (crédit : EULEX Kosovo)

(B2) La mission européenne déployée au Kosovo (EULEX Kosovo) a rendu hommage ce 19 septembre à un des siens, Audrius Šenavičius, tué « sur la ligne de front » dans le nord du Kosovo, le 19 septembre 2013. L’actuelle chef de la mission, la Grecque Alexandra Papadopoulou, est ainsi venue s’incliner sur le lieu où ce douanier lituanien avait été abattu il y a quatre ans. « Audrius a fait le sacrifice ultime. Et rien ne peut remplacer la perte d’un être cher. Nous avons perdu un membre de l’équipe apprécié ». Toute la mission a observé la traditionnelle minute de silence.

Les auteurs de l’acte recherchés

Les circonstances exactes de l’acte ne sont toujours pas connues. « De nombreuses questions entourant ce meurtre restent posées » a reconnu Papadopoulou. EULEX continue de rechercher des informations susceptibles d’aider à traduire en justice les auteurs de l’assassinat d’Audrius. Même l’offre d’une récompense pour toute information n’a rien donné (lire : Wanted). « La justice mérite d’être rendue. Je demande à toute personne qui a des informations de quelque nature que ce soit ». Même « des informations mineures pourraient être des informations essentielles pour les enquêteurs » souligne-t-on à la mission.

Quelques questions

NB : plusieurs questions se posent toujours : qui a opéré cette attaque ? De simples malfrats (ce qui parait douteux vu les circonstances), des Serbes du nord du Kosovo ou… des Kosovars proches du régime en place à Pristina désireux d’en finir avec la mission ? La manière dont l’attaque a été menée – qui ressemble davantage à un guet-apens qu’à une erreur de tir (selon nos informations) – pourrait interroger. De même, pourrait se poser la question du degré de protection des policiers européens en mission (le type de véhicules employés et leur blindage étaient-ils adaptés à la situation volatile ? …)

(Nicolas Gros-Verheyde)

Un ancien commandant de l’UCK condamné à 8 ans de prison

(B2) Le tribunal de Mitrovica, composé de juges internationaux, a condamné, ce lundi (8 août), un ancien commandant de l’UCK (le mouvement indépendantiste), Xhemshit Krasniqi, « à une peine totale de 8 ans de prison et une amende de 1.500 euros », annonce un communiqué de la mission européenne ‘Etat de droit’ au Kosovo (EULEX Kosovo).

L’accusé a été reconnu coupable de « crimes de guerre contre la population civile » et « possession non autorisée et utilisation d’armes ». Il avait procédé à des « arrestations et détentions illégales, de violation de l’intégrité physique, de torture sur plusieurs témoins et civils » dans les camps qu’avait l’UCK à Kukes et Cahan (dans le nord Albanie), ainsi qu’à Prizren en 1999. Une action effectuée en bande avec d’autres membres de l’UCK.

Durant la « guerre d’indépendance », les rebelles albanais du Kosovo avaient établi, en effet, leur base principale à Kukes ville du nord de l’Albanie près de la frontière. Xhemshit Krasniqi avait été arrêté le 4 octobre 2015, après plusieurs années de cavale, lors d’une opération déclenchée par les forces spéciales d’EULEX Kosovo et de la police de Prizren.

La décision est soumise à un appel. En attendant l’intéressé a vu sa détention provisoire prolongée, « jusqu’à ce que le jugement devient définitif » précise le communiqué.

(NGV)

Lire aussi : 8 + 1 personnes arrêtées pour crimes de guerre au Kosovo. Non sans difficultés

L'équipe de la patrouille 14.000

Dernières nouvelles des missions de maintien de la paix de l’UE – PSDC (février-mars 2016)

(B2)  Mtskheta (Géorgie). EUMM Georgie passe le seuil des 14.000 patrouilles

L'équipe de la patrouille 14.000

L’équipe de la patrouille 14.000

La mission d’observation de l’UE en Géorgie (EUMM Georgia) a réalisé sa patrouille portant le numéro 14.000.

Cette patrouille a été réalisée le 3 février par l’équipe du bureau de Mtskheta, ville à une trentaine de kilomètres au nord de Tbisili. Ils se sont rendus sur la ligne de frontière administrative pour observer la situation sécuritaire générale et la liberté de mouvement dans la région.

 

Vushtrri (Nord Kosovo). Formation IT pour les criminalistes kosovars 

EulexKosovoMatérielIT@EEAS160226

En complément à la formation, EULEX a fait don de matériel qui sera utilisé en médecine légale de l’informatique.

Les experts de la mission européenne « Etat de droit » (EULEX Kosovo) ont organisé, du 15 au 18 février, un atelier de formation à l’Académie de la police kosovare.

Une trentaine d’enquêteurs et techniciens criminalistes ont acquis des capacités IT (technologies de l’information) pour le traitement de preuves électroniques sur les scènes de crime, notamment dans la lutte contre le crime organisé, selon EULEX Losovo.

« De nos jours, presque tout est numérisé. Les agents de police doivent donc être préparés pour prévenir et combattre les crimes les plus difficiles. Cela comprend la cybercriminalité et d’autres crimes impliquant des appareils numériques », explique le colonel Hajra, en charge de la formation pour les enquêtes médico-légales au sein de la police du Kosovo.

Ramallah (Palestine). Formation en gestion d’incidents pour la police civile

14 policiers civils, de tous les districts de Cisjordanie, ont terminé, jeudi (10 mars), une formation spécialisée sur la gestion d’incidents et de crises. Coordonné par la mission européenne de soutien à la police auprès de l’Autorité palestinienne (EUPOL COPPS), le cours s’est centré sur le développement de plans d’opération, la bonne gestion des ressources humaines, la gestion du stress et la communication avec les parties prenantes. Avec cas pratiques à la clé.

Kaboul (Afghanistan). Plan de renseignement pour 2016

Eradiquer le crime organisé est un défi majeur pour la police nationale afghane. Pour atteindre cet objectif, la collecte, l’évaluation et le partage des données et de renseignement est important. L’unité de renseignement de la mission européenne EUPOL Afghanistan a ainsi défini, fin février, avec les experts du ministère afghan de l’Intérieur le plan de développement pour 2016 du renseignement. Le focus est mis sur la « poursuite de la coopération entre la police et les forces spéciales afghanes, le développement du système national de gestion de l’information et du modèle afghan de police du renseignement » selon a pu savoir B2.

Camp de Butnir (Bosnie). Changement de commandement du bataillon EUFOR Althea

ChangementCommandement BataillonEurforAlthea@EEAS160224Le commandement du bataillon multinational a été remis, mercredi 24 février, par le colonel autrichien Reinhard Bacher au colonel Michael Vitovec.

Les deux hommes sont membres du contingent autrichien de l’EUFOR, le plus important dans la force de stabilisation européenne.

 

EUCAP Sahel Mali. Premiers résultats de la formation des formateurs 

(Crédit: EUCAP Sahel Mali)

(Crédit: EUCAP Sahel Mali)

40 nouveaux sergents issus de la toute dernière promotion de l’école des sous-officiers de l’armée et affectés à la Garde nationale ont terminé, vendredi 11 mars, une formation de quatre semaines en Maintien de l’ordre et en intervention professionnelle.

La formation a été donnée par des cadres de la Garde nationale malienne préalablement formés par la mission EUCAP Sahel Mali. « Il s’agit d’une véritable première entrée en action des formateurs maliens. C’est l’aboutissement que nous cherchons tous à atteindre, une capacité de formation autonome », se félicite John Veneau, chef des opérations de la mission EUCAP Sahel Mali.

Suite à la vague actuelle de recrutements au sein de la Garde nationale (1000 nouvelles recrus), de la Police (2500 recrus) et de la Gendarmerie (1000 recrus), les Forces de sécurité Intérieure vont être confrontées à un besoin grandissant de formateurs maliens de haut niveau.

(LH)

Ivanović reconnu coupable de crime de guerre

(B2) Le tribunal de Mitrovica, composée d’un panel de juges internationaux, a déclaré jeudi (21 janvier), Oliver Ivanović, coupable d’avoir commis le délit de « crime de guerre contre la population civile ». Les juges ont estimé que les faits reprochés à l’accusé sont prouvés et l’ont condamné à 9 ans de prison, nous apprend la mission européenne sur place EULEX Kosovo. Arrêté en janvier 2014, il a été maintenu sous les écrous.

Cas sensible

Un dossier sensible car Ivanović faisait partie des « gardiens du pont » de Mitrovica qui bloquait la ville en deux durant la guerre civile de 1999 mais était aussi devenu ensuite le leader d’un parti modéré serbe (lire : Un Kosovar serbe « modéré » arrêté par les forces EULEX. Dossier (très) sensible).

Une opération d’exécution de civils en 1999

Membre d’un commando de paramilitaires serbes, Ivanović a été reconnu coupable d’avoir participé le 14 avril 1999, à une opération contre des Albanais. Plusieurs familles albanaises avaient alors été enlevées de force de leurs maisons par les forces serbes, et conduits jusqu’à un checkpoint tenu par des paramilitaires et policiers. « Les hommes ont ensuite été escortés tout au long du  point de contrôle. Quatre hommes ont été abattus jusqu’à ce que l’opération soit interrompue avec l’arrivée d’un homme en uniforme qui a donné l’ordre d’arrêter » indique le jugement.

« Vêtu d’un uniforme bleu et armé », Oliver Ivanović faisait bien partie du groupe de paramilitaires et policiers présents à ce poste de contrôle. Il était « au courant de l’opération d’expulsion et de tuer des Albanais. Il a volontairement respecté le plan, sachant que cela entraînerait dans les tueries ».

Concernant le second chef d’inculpation, le meurtre de dix kosovars albanais à Mitrovica Nord le 3 février 2000, reproché à l’intéressé et à quatre autres co-accusés (Dragoljub Delibašić, Nebojša Vujacic, Ilija Vujacic et Aleksandar Lazović), le Tribunal les a reconnus non coupables et les a acquittés de toute charge.

Toutes les parties — Ivanovic comme le ministère public — peuvent faire appel de ce jugement.

(NGV)

Lire aussi : Le transfert d’Oliver Ivanovic, accusé de crime de guerre, à Mitrovica

Formation à la communication pour la police du nord du Kosovo

(B2) La mission de l’UE au Kosovo de soutien à l’Etat de droit (EULEX Kosovo) a organisé, mercredi (16 décembre) un atelier de formation aux médias et de communication pour les officiers de la police du Kosovo (KP) des commissariats du nord du Kosovo. La formation, visant à renforcer les compétences de la police à communiquer avec les médias et le public, a rassemblé 14 officiers de la police kosovare de quatre commissariats (Zubin Potok, Leposavic, Zvecan et Mitrovica Nord) dans les locaux d’Eulex dans la maison de l’Union européenne.

(crédit : Eulex Kosovo)

L’évolution du paysage médiatique, avec les nouvelles technologies, la communication rapide et les réseaux sociaux en ligne, impose « à son tour aux autorités répressives d’appréhender la perception qu’a le public de leur travail et d’adopter de nouvelles méthodes de communication avec les journalistes, les médias et le public » indique la mission.

(NGV)

(Crédit : EULEX Kosovo)

Un convoi humanitaire d’EULEX Kosovo pour les réfugiés et migrants en Serbie

(Crédit : EULEX Kosovo)

(Crédit : EULEX Kosovo)

(B2) La mission européenne « Etat de droit » (EULEX Kosovo) a envoyé de l’aide humanitaire pour les réfugiés et les migrants qui se trouvent actuellement en Serbie. Un convoi de cinq camions est ainsi arrivé à Belgrade lundi (21 septembre) et à Sid, près de la frontière avec la Croatie, mardi (22 septembre). La mission EULEX au Kosovo a fait don d’articles ménagers tels que les équipements de cuisine et appareils électroménagers, des fours à micro-ondes, des machines à eau chaude, des lits, des matelas, des armoires, ainsi que des générateurs, des appareils de chauffage, et un conteneur entièrement équipé avec des cabines de douche, des salles de lavage, et une toilette. Un autre transfert a lieu ce mercredi (23 septembre) vers Kanjiza.

L'exercice incluait la construction d'un point de passage entre deux rives, après la destruction des ponts existant (Crédits: EUFOR Althea)

Dernières nouvelles des missions de maintien de la paix l’UE (PSDC) – juin 2015

(B2)

L'exercice incluait la construction d'un point de passage entre deux rives, après la destruction des ponts existant (Crédits: EUFOR Althea)

P L’hypothèse de la destruction des ponts obligeait à la construction d’un point de passage entre deux rives. (Crédits: EUFOR Althea)

Derventa (Bosnie-Herzégovine) Exercice d’assistance pour catastrophe naturelle devient réel.

Pluies de déluge et inondations historiques. Tel était le scénario imaginé pour l’exercice d’assistance militaire en situation d’urgence humanitaire, qui a failli se transformer en réalité. Les ingénieurs autrichiens et slovaques de la mission EUFOR Althea se préparaient à de fortes pluies et des tremblements de terre dans la zone de la rivière Urina. Les militaires européens étaient soutenus par les forces locales de police, les pompiers, la protection civile locale. La Croix-Rouge était chargée d’établir un centre de crises. Exercice sans doute inspiré par les deux semaines de pluies continues qui frappent la région. Et pour cause, l’exercice de simulation était en cours lorsque l’alerte pour inondation a été lancée dans toute la région.  Forces civiles et militaires se sont mises à disposition des autorités du pays pour répondre au risque réel d’inondation. Finalement, l’alarme a été levée et l’exercice a pris fin sans autre incident.

Sambir (Ukraine). Déploiement des patrouilles de police locale rénovées 

(Crédits: EUAM Ukraine)

Les protagonistes de l’actes ont été les quatre véhicules, fournis par EUAM, qui permettront une présence plus ample et une réponse plus rapide. (Crédits: EUAM Ukraine)

La mission européenne de conseil en Ukraine (EUAM) fait ses premiers pas. La station de police de Sambir, dans la région de Lviv, a été officiellement ouverte le passé 9 juin. Les 147 policiers qui la composent ont été formés par EUAM Ukraine. Les standards d’opération ont été améliorés et les descriptions de postes modernisées pour une meilleure réponse des agents locaux aux appels d’urgence au 102.  Il s’agit d’un projet pilote pour l’introduction de nouvelles formes et méthodes de travail visant la mise en place d’une réponse efficace de la Police ukrainienne. Les patrouilles locales ont été déployées dans tous les secteurs de la ville.

Kapi/Izvor (Serbie/Kosovo). Mise en place de nouveaux points de passage de frontières

Serbes, Kosovars et Européens lors de la visite a Kapi. (Crédits: EULEX Kosovo)

Serbes, Kosovars et Européens lors de la visite a Kapi. (Crédits: EULEX Kosovo)

Deux nouveaux points intermédiaires de passage de frontière sont prévus à Kapi (dans le sud) et Ivor (nord) du Kosovo. Leur usage est uniquement prévu pour le trafic frontalier local afin de faciliter les besoins de la communauté locale. Bernd Thran, responsable de l’équipe de Gestion de frontière de l’Union européenne, et les experts d’Eulex Kosovo, ont visité les deux sites avec leurs homologues de Belgrade et Prestina. « Ceci est à la base du dialogue et de l’accord IBM (gestion intégrée des frontières), qui se révèle être devenu un succès », a conclu Bernd Thran.  Ces visites des 9 et 10 juin ont permis d’accorder les localisations exactes des nouveaux points de passage de frontière et de discuter des prochaines étapes, notamment l’expropriation des terres et la construction elle même. L’accord signé par les deux parties prévoit que les deux nouveaux centres soient opérationnels en 2016, au plus tard.

Jericho (Palestine). Les Palestiniens prêts pour contrôler la frontière à Rafah 

Européens et Palestiniens ont mis fin au programme de formation préparant l’Autorité palestinienne à reprendre le contrôle du point de passage de Rafah. La cérémonie de clôture, célébrée le 17 juin, a réuni les membres de la mission d’assistance aux frontières EUBAM- Rafah et leurs homologues palestiniens. Pendant huit mois, plusieurs dizaines de Palestiniens ont travaillé avec les Européens pour renforcer le contrôle de la frontière entre la bande de Gaza et l’Egypte. Guy Rolin, le chef par intérim d’EUBAM Rafah, a salué le dévouement des participants.

Une patrouille des gardes côtes somaliens a rapidement été envoyée à la zone du choc pour éteindre le feu à bord du pétrolier (Crédits: Eucap Nestor)

Une patrouille des gardes côtes somaliens a rapidement été envoyée à la zone du choc pour éteindre le feu à bord du pétrolier (Crédits: Eucap Nestor)

Seychelles. Simulation d’accident multiple

Les eaux au large de Mahé (Seychelles) ont été le théâtre d’un exercice de collision entre un pétrolier et un ferry, causant une fuite d’huile, un incendie à bord d’un pétrolier, le naufrage du ferry et l’abandon des navires par les équipages. Les radeaux de sauvetages étant attrapés par les courants marins et menés à la dérive loin du site de l’incident. Le but de cet exercice est de vérifier préventivement le niveau de coordination et de coopération entre les agences nationales et les partenaires internationaux dans le cas d’un incident environnemental en mer. Les capacités des agences nationales ont été confirmées, dans la mise en œuvre de leur plan d’urgence anti-pollution mais aussi de recherche et de sauvetage, et de lutte contre les incendies à bord d’un navire. Organisé par EUCAP Nestor le 19 Juin, l’exercice a regroupé le navire espagnol d’EUNAVFOR Atalanta, SPS Galicia, et plusieurs agences de sécurité des Seychelles.

Côtes somaliennes. Atalanta en mission de dépannage

Le navire marchant MV Roberto Rizzo a lancé un appel au secours le 18 juin. Des problèmes de moteurs l’obligeant à jeter l’ancre à seulement 55 miles nautiques des côtes somaliennes, la menace pirate était sérieuse. Le navire italien Libeccio, qui participe à l’opération EUNAVFOR Atalanta, a répondu à l’appel. Des mécanos militaires ont été hélitreuillés pour réparer les moteurs.

Avant l'événement, les étudiants ont effectué un exercice au cours duquel ils ont démontré les compétences qu'ils ont acquises au cours de leur formation. (Crédits: EUTM Somalie)

Avant l’événement, les étudiants ont effectué un exercice au cours duquel ils ont démontré les compétences qu’ils ont acquises au cours de leur formation. (Crédits: EUTM Somalie)

Mogadiscio (Somalie). Nouveau cycle de formations à EUTM Somalie : formateurs et commandants

Pour la première fois depuis sa création, la mission EUTM Somalie a mené en 2015 une formation de formateurs et une formation pour des commandants de compagnie. Environ 20 officiers de chaque formation ont ainsi passé trois mois au camp d’entraînement somalien Jazeera. Tactiques et techniques de commandement et formation ont été introduites par des cours théoriques et mis en pratiques lors d’exercices réels. Les cours ont été planifiés, organisés et menés par l’EUTM Somalie, en coordination avec l’armée nationale somalienne, l’AMISOM, et ONUSOM. Une cérémonie de remise de diplômes a eu lieu le 25 juin à Mogadiscio.

Koulikoro (Mali). Priorité à la formation des officiers 

Au camp d’entrainement de Koulikoro, les formations se s’arrêtent pas. Pendant le mois de juin, les Européens ont entamé la deuxième phase du cours pour formateurs (TTT), qui vise à améliorer les connaissances des instructeurs de l’armée malienne. Au menu : topographie, méthodes de formation, cours de leadership … Pendant huit semaines, les étudiants du cours de TTT ont dû mettre en pratique les connaissances acquises en donnant cours aux étudiants de l’Académie militaire située dans la base de Koulikoro.  À l’habituelle « formation des formateurs » s’est ajoutée le soutien à l’Ecole Militaire Inter Armes (EMIA). Depuis le 8 juin, les formateurs de EUTM Mali participent à l’instruction et à la formation des trois premiers cours impartis à l’Académie des officiers cadets au Mali.

(Leonor Hubaut)

Cérémonie de clôture (Crédits: EUPOL Afghanistan)

Dernières nouvelles des missions de maintien de la paix l’UE (PSDC) – mai 2015

(B2)

Cérémonie de clôture (Crédits: EUPOL Afghanistan)

Cérémonie de clôture célébrée le 6 mai. (Crédits: EUPOL Afghanistan)

Herat (Afghanistan). Fin de la présence européenne à Herat

La mission européenne de police (EUPOL Afghanistan) va fermer son bureau extérieur à Herat (Ouest de l’Afghanistan) à la fin de mai, après sept années de soutien à leurs homologues afghans. Pour le chef de la mission, Pia Stjernvall, le bureau à Herat a obtenu de bons résultats, en particulier dans la promotion des principes et méthodes de la police communautaire ainsi que l’amélioration de la coopération entre la police, les procureurs et les avocats de la défense. « Les partenaires afghans peuvent prendre le relais maintenant pour un service de police professionnel, responsable et efficace ».

(Crédits: EUCAP Nestor)

(Crédits: EUCAP Nestor)

Djibouti. Gardes-côtes équipés et formés pour les enquêtes sous-marines

Fidèle à sa devise « former et équiper », le Chef de Mission d’EUCAP Nestor, Etienne de Poncins, a remis, à l’issue de la formation, au chef des gardes-côtes djiboutiens, le colonel Wais Omar Bogoreh, des lots d’équipements composés de matériel de plongée, d’enquêtes et de recherche sous-marine ou terrestre. Ces kits, permettant d’équiper 8 plongeurs, seront utilisés pour des exercices de formation plus complexe telle que la délimitation de scènes de crime sous-marine, la recherche de preuves en profondeur ou même la photographie sous-marine. Ces entrainement variés donneront la capacité aux gardes-côtes d’intervenir directement sur les lieux d’un crime en mer, tout particulièrement la piraterie, pour permettre notamment de retrouver des preuves qui auraient été jetées à l’eau par les criminels.

Eunavfor Atalanta. L’Espagne prend le commandement 

Cérémonie de la 19º rotation de commandement de l'opération Atalanta (Crédits: Eunavfor Atalante)

Cérémonie de la 19º rotation de commandement de l’opération Atalanta (Crédits: Eunavfor Atalanta)

L’amiral Alfonso Gómez de la marine espagnole a pris, le mercredi 6 mai 2015, le commandement de la force navale sur zone (FHQ) de l’opération européenne de lutte anti-piraterie (EUNAVFOR Atalanta) lors d’une cérémonie tenue à Djibouti.

Il dirigera la force navale de l’UE pendant environ cinq mois. Force composée de quatre navires : la frégate allemande FGS Bayern (F-217) équipée de deux hélicoptères Super Lynx Mk.88A, la frégate italienne Grecale (F-571) de la classe Maestrale, équipé de 2 hélicoptères AB-212 ASW et les deux navires espagnols, la corvette Infanta Cristina et le Galicia. Auxquels il faut ajouter deux avions : un CASA espagnol CN 235 VIGMA et un P-3C Orion allemand Jester, basés en temps ordinaire à Djibouti.

L’amiral Gomez remplace ainsi  l’Amiral Jonas Haggren, de la Marine suédoise présent sur zone depuis février 2015 ayant lui-même pris le relais des Italiens (lire : Passage de flambeau entre Italiens et Néerlandais dans l’Océan indien

(Crédits: EUNAFOR )

(Crédits: EUNAFOR )

Dar Es-Salaam (Tanzanie). Formation anti-incendie

Le navire espagnol de débarquement Galicia (L51), qui participe à la mission anti-piraterie de l’UE dans l’Océan indien (EUNAVFOR Atalanta), a assuré à la mi-mai, la formation maritime des marins de la Marine Tanzanienne lors d’une visite de port à Dar es-Salaam. Après un briefing sur le système de commandement et de contrôle utilisé sur le navire de guerre espagnole pour surveiller toutes les activités en mer, l’équipage et les visiteurs du navire ont effectué un exercice pratique anti-incendie.

Camp de Jazeera – Mogadiscio (Somalie). Cours terminé pour les commandants de pelotons

La cérémonie de clôture pour le Cours de commandant de peloton a eu lieu au camp d’entraînement Jazeera le 30 avril à Mogadiscio. L’événement a marqué le passage en grade des 58 futurs leaders du peloton. Planifié, organisé et dirigé par EUTM Somalia, ce cours d’une durée de 15 semaines avait commencé en Ouganda, dans l’Académie militaire, et a été complété au camp d’entraînement Jazeera. Les officiers seront maintenant déployés sur tout le territoire somalien, précise-t-on au QG de la mission européenne.

Bapho (Mali). Entraînement au « Combat River Crossing » (CRC)

(Crédit: EUTM Mali)

(Crédit: EUTM Mali)

Pendant neuf semaines, les ingénieurs maliens ont appris à assembler et manoeuvrer un ferry ponton de plus de 1200 kg. Ils ont prouvé leurs compétences dans un exercice final, réalisé sous une extrême chaleur, précise la mission européenne EUTM Mali qui a organisé le cours. Cette formation dite « CRC » (Combat River Crossing) est une compétence clé, compte tenu de l’insuffisance des infrastructures et du petit nombre de ponts sur le fleuve Niger. Cette formation, effectuée par des ingénieurs allemands, est un complément à la formation fournie à Koulikoro.

Kiev (Ukraine). Les équipes pour la gestion de frontières se mettent au travail 

(Crédits: EUAM Ukraine)

(Crédits: EUAM Ukraine)

Une réunion du  » Border Management Assistance Group  » (BMAG) a été organisée, pour la première fois, le 15 mai par la mission de l’UE de conseil à la sécurité intérieure en Ukraine (EUAM Ukraine). Objectif : identifier et trouver des solutions pour les problèmes ukrainiens dans la protection de leurs frontières. Alors que moins de 10% du personnel aux frontières est entrainé pour agir en zones de conflits, les Européens veulent apporter leur expérience dans la vérification des passeports, la communication entre agences et la mise en place de capacités.

Pristina (Kosovo). Formation pratique de juristes sur les crimes de guerre

Que faire lorsqu’un témoin ne raconte pas tous les évènements ou ne s’en rappelle pas l’ordre ? C’est autour de ce cas pratique que les enquêteurs et procureurs kosovars ont travaillé, ce 22 mai. Objectif de la formation faite par les magistrats d’EULEX Kosovo : mettre l’accent sur l’amélioration des capacités des enquêteurs pour mener les interrogatoires et obtenir des déclarations admissibles dans la lutte contre les crime de guerre mais aussi dans les cas d’agressions sexuelles. Le programme de protection de témoins a été aussi étudié pour établir comment l’utiliser dans ces cas précis.

(Leonor Hubaut)

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Plusieurs membres de l’UCK condamnés pour actes de torture et crimes de guerre

LogoUck(B2) Le tribunal de première instance de Mitrovica (Mitrovica Basic Court) a rendu son verdict, ce mercredi (27 mai), dans les affaires « Drenica 1 » et « Drenica 2 », indique aujourd’hui la mission européenne « Etat de droit » (EULEX) au Kosovo.

Une affaire très symbolique puisqu’elle mettait en cause plusieurs membres et responsables de l’Armée de libération du Kosovo (UCK / KLA), dirigée alors par Hashim Thaci, qui était jusqu’à le Premier ministre kosovar (lire : Le Premier ministre Thaci, artisan du crime au Kosovo ? Eulex ouvre l’enquête)

Des actes de torture et des crimes de guerre dans un camp de détention de l’UCK

Une quinzaine de membres et responsables de l’Armée de libération du Kosovo (UCK) étaient poursuivis pour avoir commis, entre août et septembre 1998, dans le « centre de détention » de Likoc / Likova, « des crimes de guerre contre la population civile, notamment par la perpétration intentionnelle de violence, les traitements cruels, les coups, la torture et humiliants et des traitements dégradants contre des civils albanais du Kosovo », selon l’acte d’accusation dressé par le procureur international, l’Américain Clint Williamson.

5 personnes condamnées

Dans la première affaire (dite Drenica 1), le tribunal a estimé que Sami Lushtaku était « coupable » d’assassinat et condamné à douze ans de prison et Sylejman Selimi (ancien commandant des forces de sécurité du Kosovo et ambassadeur à Tirana) « coupable » de crime de guerre pour acte contraire à l’article 3 commun aux Conventions de Genève et condamné à six ans d’emprisonnement. Tous les autres accusés dans l’affaire ont été acquittés, et les charges levées, les allégations n’ayant pu être prouvées.

Dans la seconde affaire (dite Drenica 2), le tribunal a reconnu plusieurs chefs d’inculpation justifiés : « faits de violences, actes de cruauté, de torture, traitements humiliants et dégradants » contre quatre inculpés. Il a condamné Sylejman Selimi à 8 ans de prison, Jahir Demaku, Zeqir Demaku et Isni Thaci à 7 ans de prison (*). 

Le courage des témoins salué

Le Procureur a salué ce jugement mais se réserve « le droit de faire appel, après un examen approfondi ». Il a tenu aussi à saluer « le vrai courage des victimes et les témoins, qui ont présenté leur témoignage à la Cour, en dépit des défis importants, d’intimidation et de difficultés ».

(NGV)

(*) Le système pénal kosovar empreinte beaucoup au droit anglo-saxon avec un prononcé des peines par chef d’inculpation et une agrégation des peines au total. C’est la peine finale qui est mentionnée.

Une certaine remise en ordre des missions et opérations de la PSDC … comme de l’OTAN ?

(BRUXELLES2) Les missions et opérations de maintien de la paix soutenues par l’Union européenne sont le coeur et la raison d’être de la politique de sécurité et de défense commune. Les ministres de la Défense des « 28 » devraient le rappeler lundi (18 mai) lors de leur réunion semestrielle à Bruxelles. Mais l’heure n’est-il pas venu de faire des choix, de trancher des noeuds gordiens jamais tranchés ? D’aboutir aussi à une certaine répartition des tâches avec l’OTAN, plus nettes qu’aujourd’hui ?

Retrouver la raison d’être

On peut, en effet, se poser la question : l’objectif réel des missions de la PSDC est-il atteint aujourd’hui ? Pour Arnaud Danjean, c’est clair : « beaucoup trop de missions sont devenues aujourd’hui des missions alibis. Cela permet de planter un drapeau européen sur un point de la carte. Et on dit c’est couvert ». Le propos est dur et pourrait être discuté. Mais il est un fait, peu de missions/opérations remplissent aujourd’hui l’objectif fixé à la PSDC : être une garantie d’interposition, de maintien de la paix, manifester la présence européenne de « force », être présent au début de la crise (et non après)… L’assistance ou l’expertise fournie à des Etats pour retrouver la maitrise de certaines de leurs politiques ressort d’une autre logique.

Des missions aux ambitions faibles

Les deux dernières missions qui viennent d’être lancées illustrent ce propos, avec un mandat assez limité et un nombre de personnels faible. La mission civile de conseil dépêchée en Ukraine (EUAM Ukraine) pour conseiller le gouvernement ukrainien sur la réforme de ses forces de sécurité intérieure (police, gardes-frontières, renseignement…) compte une centaine de personnes et n’a qu’un mandat de conseil (non de formation). Idem pour la mission militaire lancée en République centrafricaine pour conseiller la restructuration de l’armée (EUMAM Rca) qui ne compte qu’une soixantaine de personnes. Mission limitée car plusieurs Etats membres ne souhaitaient pas mettre en place (immédiatement) une mission de formation de l’armée (type EUTM). Il est sans doute trop tôt pour évaluer leurs résultats. Mais on ne peut que constater que ces missions ont, à la fois, une ambition et des moyens réduits par rapport au champ des menaces et des ambitions exprimées par les uns et les autres. On est très loin ainsi de l’objectif exprimé notamment au sommet de Petersberg, en 1992, lors de la création de la PSDC, d’intervention de faire cesser des combats ou de maintien de la paix.

Ne pas hésiter à fermer ou remodeler

Certaines missions ne doivent-elles pas être fermées ? Il faut avoir le courage de poser ces questions. C’est le cas pour EUFOR Althea Bosnie-Herzégovine dont l’utilité militaire est très limitée et n’a plus vraiment de raison d’être avec la nouvelle stratégie introduire pour la Bosnie-Herzégovine. Ce peux être le cas également pour EUBAM Libya qui devrait être fermée sans tarder, quitte à rouvrir ensuite dans un autre format, voire conservée juste fictivement (juridiquement). La mission d’assistance aux frontières EUBAM Moldova/Ukraine (*) pourrait aussi décroitre de voilure ou changer de focus. Cependant, à l’inverse de certains observateurs, je ne pense pas qu’une telle attitude peut se justifier pour EUBAM Rafah – qui constitue la pièce d’un puzzle très difficile à reconstituer car inclus dans le processus, très délicat, de paix au Moyen-Orient. Les missions de formation ou de conseil qu’elles soient civiles (EUPOL Copps en Palestine) ou militaires (EUTM Mali, EUTM Somalie) ont prouvé leur efficacité. Elles doivent évoluer dans le temps. Mais, sur ce modèle, peuvent être bâties aussi d’autres vecteurs de performance pour l’Union européenne.

Introduire une troisième voie pour les opérations/missions de la PSDC !

La mise en place du Traité de Lisbonne devrait amener des initiatives nouvelles. En mettant sous la même autorité hiérarchique, celle de la Haute représentante / Vice présidente de la Commission, les instruments financiers et les délégations de l’UE comme les missions / opérations PSDC , elle autorise à réfléchir à d’autres voies d’intervention. La simple contractualisation à des partenaires (publics ou privés), méthode privilégiée de la Commission européenne, et la mise en place d’une mission / opération PSDC, ne permettent pas de faire face à toutes les situations. La première méthode (la contractualisation) est souple d’emploi mais a un gros défaut : l’éparpillement des contrats, l’absence de marque, de présence européenne, le manque de suivi d’un contrat à l’autre et des résultats parfois hasardeux. L’opération PSDC est souvent lourde à mettre en place. Entre le début de la crise, son paroxysme, la volonté vacillante des Etats membres, il peut s’écouler un long laps de temps qui fait que cette mission/opération n’est plus adaptée au moment. C’est dans ces sables mouvants que s’est fait prendre EUBAM Libya mais aussi d’autres missions qui ont mis un certain temps avant de s’adapter à une nouvelle donne. Cette méthode devrait être réservée soit aux opérations à mandat exécutif (EULEX Kosovo, EUNAVFOR Atalanta, EUFOR Rca), soit aux missions d’observation ou d’interposition (EUMM Georgia), voire de formation structurelle qui s’étalent sur une durée assez longue (EUTM Somalia et EUTM Mali).

Des équipes d’experts PSDC dans les délégations

Il y a sans doute place pour une troisième voie d’intervention. Des synergies pourraient être exploitées davantage avec les réseaux des délégations pour mettre en place des « pools d’experts », sur une durée variable, plus ou moins longue, pour conseiller et suivre un certain nombre de projets en matière de coopération sécuritaire. Cela pourrait très bien remplacer certaines missions « en fin de vie » (ou en survie palliative : Libye, Congo) ou, à l’inverse, permettre le démarrage rapide de projets dans des pays où la nécessité d’une mission / opération « en plein régime » n’est pas automatiquement nécessaire  (Nigeria, Côte d’Ivoire, Mauritanie, Tunisie) ou la situation susceptible d’évoluer rapidement. Ce dispositif aurait l’avantage de la souplesse de mise en place – en se greffant sur une délégation existante – pour évoluer rapidement (crescendo ou descresndo) en s’adaptant à de nouveaux besoins ou menaces.

… pour servir de précurseur aux missions PeSDC

Ils permettraient de doter les délégations les plus exposées non pas d’un simple attaché mais d’un « pool » d’experts, provenant du personnel diplomatique ou communautaire (SEAE ou CE) comme des Etats membres. La mise en place d’une mission / opération PSDC pourrait venir dans un second temps, le « pool » d’experts assurant ainsi les premiers pas, comme un groupe d’avant-garde. Cette méthode aurait l’avantage d’éviter le long délai qui marque souvent le temps entre la décision politique et la réelle efficacité d’une mission (civile) sur place, pour un coût moindre, en permettant d’aiguiller plus sûrement les objectifs d’une telle mission. A l’inverse, rien n’empêcherait ce « pool » d’experts d’être renforcé par des contrats externes, qu’il pourrait gérer directement.

Un peu de remise en ordre entre UE et OTAN

Une certaine remise en ordre entre l’OTAN et l’UE pourrait aussi se justifier. Les menaces ne manquent pas aujourd’hui, les champs d’action non plus. Et certains doublo,nages paraissent aujourd’hui un peu superflus. Au niveau des opérations, les deux opérations anti-pirates menées dans l’Océan indien — l’une par l’OTAN (Ocean Shield), l’autre par l’Union européenne (EUNAVFOR Atalanta) — n’ont aucune justification sinon des contingences politiques : la Turquie et le Danemark ne participent pas à la PSDC de l’Union européenne. Ce d’autant que Ocean Shield est, pour l’instant, réduite au minimum (Américains et Britanniques notamment ayant d’autres priorités) et n’assure plus de permanence dans la zone. A l’inverse, en Afghanistan, l’Union européenne, qui a un rôle très limité et parcellaire, ne devrait-elle pas mettre fin à sa mission EUPOL, au champ d’action assez limité, pour laisser la place comme au Congo à une équipe plus réduite par exemple, et se recentrer sur son voisinage ?

Une opération « promenade du dimanche »

Cette remise en question doit concerner aussi certaines opérations de l’OTAN. Est-il justifié de maintenir des milliers de militaires de l’OTAN sur le sol kosovar. L’heure de la décrue de la KFOR devrait être engagée très rapidement. Cette force monopolise aujourd’hui plusieurs milliers de normes et sert bien souvent d’excuse à certains pays pour ne pas s’engager ailleurs. Cette opération « tout confort », « 3 ou 4 étoiles », à quelques centaines de km de son domicile, est effectivement tentante pour de nombreuses armées d’Etats membres. Mais elle a très peu à voir avec la stabilisation. On se situe davantage dans l’exercice de santé ou la promenade du dimanche à côté d’autres opérations beaucoup plus risquées et engageantes (comme au Mali ou en Centrafrique).

Certains « experts » pourraient observer que les évènements récents en Macédoine (avec l’introduction de « groupes armés venant du Kosovo ») justifient plus que jamais de conserver ces forces. C’est renverser le problème : la présence de ces forces en nombre au Kosovo a-t-elle réussi à empêcher ces incidents et dérapages graves ? Une présence, plus limitée mais plus pointue, n’est-elle pas plus adaptée ? Répondre à ces questions, c’est répondre de fait à la nécessité de revoir rapidement le format KFOR.

(Nicolas Gros-Verheyde)

(*) Cette mission n’est officiellement pas une mission PSDC mais un « contrat » Commission européenne délégué à des prestataires extérieurs bien qu’elle en présente toutes les caractéristiques : présence de policiers / douaniers en uniforme, fonction de mentoring, contribution des Etats membres, système hiérarchisé, rapport au COPS, etc. Ce qui représente aujourd’hui une anomalie qui devrait être résorbée.

Un hélicoptère d'Eulex en 2014 (Archives B2 / Crédit : EULEX)

Accident d’un hélicoptère de EULEX Kosovo à Pristina. 1 blessé (maj)

Un hélicoptère d'Eulex en 2014 (Archives B2 / Crédit : EULEX)

L’hélicoptère d’Eulex (un Puma) de la compagnie Starlite aviation en 2014 (Archives B2 / Crédit : EULEX)

(BRUXELLES2) Un hélicoptère de la mission européenne « Etat de droit au Kosovo (EULEX Kosovo) a eu un accident, lors d’un « atterrissage d’urgence », sur l’aéroport de Pristina, ce mardi (12 mai) dans l’après-midi (15h). Accident confirmé officiellement par la mission.

Un blessé

Un seul blessé est à déplorer, selon EULEX Kosovo (et non deux comme précédemment annoncé). Celui-ci a été « immédiatement transporté à l’hôpital universitaire de Pristina ». Les autres personnes sont sorties toutes seules de l’appareil. Il y avait 4 personnes à bord : pilote, copilote et deux membres de l’équipe médicale d’urgence héliportée (HEMS) – un médecin et un infirmer. C’est un des membres de cette équipe qui a été blessé. « Aucun (autre) membre du personnel d’EULEX n’a été blessé » précise le communiqué de la mission (*) Si on se fie aux premiers éléments connus, on ne peut pas parler de crash au sens propre mais plutôt d’un atterrissage (bien) brutal).

Cet hélicoptère (privé) est normalement dédié aux opérations de secours (Medevac). Il est fourni par une société privée (actuellement Starlite aviation) qui a passé contrat avec l’Union européenne.

(NGV)

(*) Fidèle à la politique B2, nous considérons comme « membres » d’une mission européenne de la PSDC, tous les personnels, quel que soit leur statut (contracté, détaché, membre d’une société extérieure) du moment qu’il participe à l’opération et est sous l’autorité hiérarchique du chef de mission/opération ou du Haut représentant de l’UE. Lire memoriam