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Quand “Berlin Plus” a des ratés… le DSaceur aux arrêts de rigueur ?

Quand “Berlin Plus” a des ratés… le DSaceur aux arrêts de rigueur ?

Le général Shireff lors du VIP Day organisé au camp Butmir à Sarajevo avec les autorités bosniennes (Crédit : Eufor Althea)

(BRUXELLES2, exclusif) Le General Sir Richard Shirreff, commandant adjoint des forces alliées en Europe (OTAN) et également commandant des opérations d’Althea, semble avoir déparé. Apparemment décidé coute que coute à préserver un avenir d’une opération, condamnée à la fermeture. Il entend ainsi développer une nouvelle fonction de gestion des surplus d’armement et de munitions (Lire aussi : La mission Eufor Althea se cherche un nouveau débouché). Quitte à prendre quelques aises avec les procédures habituelles.

De nombreux Etats membres – on le sait – sont partisans d’une fermeture à terme de cette mission EUFOR qui, au plan militaire, n’a plus de nécessité. Mais cela n’a, selon nos informations, pas empêché le DSaceur de chercher à contourner cette opposition en obtenant, sur place, auprès de la “communauté internationale” présente sur place un assentiment. Un terme assez vague qui regroupe des ambassadeurs de plusieurs pays et des représentants d’organisations internationales comme l’OSCE et le PNUD.

Une quinzaine d’Etats membres ont clairement exprimé une position négative vis-à-vis de cette tentative de contournement de l’instance politique – le COPS – qui a normalement compétence pour orienter et définir les missions de gestion de crise. Le DSaceur n’en a apparemment pas tenu plus compte que son premier galon… Il a donné instruction à son commandant de force, le général autrichien Didier Heidecker, de faire une présentation “officielle” aux acteurs locaux le 11 avril dernier. Une protestation des ambassadeurs allemand et français en poste à Sarajevo n’y a rien fait.

L’affaire s’est envenimée quelques jours plus tard, quand un conseiller politique (POLAD) de nationalité française, s’est vu refusé l’accès au camp Butmir, le siège de EUFOR Althea. Le comportement du commandant d’opérations a donc fait monter la moutarde à plus d’un représentant militaire à Bruxelles. Et l’affaire prend un tour d’incident diplomatique rarissime dans les annales européennes…

COMMENTAIRE

On ne sait pas encore la décision que pourra prendre la Haute représentante de l’UE, qui a la responsabilité politique des opérations militaires. Dans un Etat membre, cette attitude d’insubordination a un nom… Et un tel comportement ne peut normalement être laissé sans sanction. Sanction qui devra être aussi diplomatique que possible, pour éviter tout froissement de susceptibilités, mais effective pour éviter que l’autorité, désormais amoindrie, du commandant d’opérations ne rejaillisse sur toute l’opération. Ses décisions pourraient, en effet, être infirmées.

Une faute grave

Dans l’Union européenne, le mandat d’une opération militaire – comme civile – est défini de façon assez étroite et soumis à un contrôle politique tant du Haut représentant de l’UE pour la politique étrangère que des ambassadeurs des Etats membres réunis au sein du COPS. Si une certaine appréciation de la conduite des opérations est laissée au commandant d’opération, celle-ci ne peut aller cependant jusqu’à réécrire le mandat et s’adjoindre des tâches qui ne sont pas prévues par celui-ci. Il est ainsi plutôt anormal qu’un commandant d’opérations prenne les marques internationales d’un mandat qui n’a pas reçu un aval – au moins tacite – de ses mandants. Ce contrôle politique, parfois précis, distingue d’ailleurs les opérations de l’UE de celles de l’OTAN, où le “Saceur” dispose parfois d’une plus large autonomie opérationnelle (ne serait-ce que par le fait qu’il obéit à deux lignes de commandement différentes, celle de l’OTAN et celle du Pentagone). Apparemment, le général britannique Schirref n’a pas vraiment compris qu’il se situait dans un autre cadre, ne travaillait ni pour le bd Leopold (comme DSaceur) ni pour Londres mais qu’il était sous l’autorité hiérarchique des “27″ (le Danemark ne participe pas aux opérations militaires) et du Rond Point Schuman. Et que la Bosnie-Herzégovine des années 2013 n’était pas l’Irak ou l’Irlande du nord des années 1990 !

L’avenir de la Bosnie-Herzégovine

Le commandant d’une opération en Bosnie doit avant tout être un “général diplomate” plutôt qu’un commandant au sens strict. L’adhésion effective de la Croatie le 1er juillet prochain, l’entrée de la Serbie dans le processus de négociation dans le même délai, sont des indicateurs précis, qu’une page de l’histoire se tourne dans ces régions. Donner à une force militaire multinationale dans un pays aussi proche que la Bosnie-Herzégovine – de nouvelles missions – pose d’ailleurs un problème général. Quel signe veut-on donner aux Bosniens ? à l’ensemble de la région ? Et au-delà, ne faudra-il pas demain déployer des forces multinationales pour désarmer la mafia en Sicile, les mouvements autonomistes en Corse, la corruption rampante en Bulgarie… la question mérite d’être posée. Et ce n’est sûrement pas à un général d’y répondre tout seul…

Un dispositif suranné

Plus généralement, cet “incident” pose le problème de l’avenir du dispositif “Berlin Plus” qui consiste à s’en remettre aux structures de l’OTAN pour des opérations européennes. Cette “dépendance” était nécessaire dans le début des années 2000. Car l’UE n’avait pas alors vraiment de structure et d’expérience de gestion de crises. Ce lien était même recherché. Car, dans les Balkans, il était impératif d’éviter toute divergence entre les deux organisations. Elle était, également, facilitée par la personnalité du Haut représentant de l’UE d’alors, J. Solana, qui avait été secrétaire général de l’OTAN et disposait au sein de celle-ci d’une certaine autorité morale. Aujourd’hui, presque dix ans après le transfert d’autorité de la SFOR (Otan) à EUFOR (UE), elle ne se justifie plus. Exactement pour les mêmes raisons ! L’UE a acquis une certaine expérience, une autonomie certaine et dispose désormais d’une structure adéquate de gestion des crises. Elle agit dans les Balkans en premier rang avec un dispositif puissant puisqu’il repose sur un bras politique (le processus d’adhésion à l’UE) et un bras financier (les programmes communautaires et de préadhésion), le dispositif militaire de stabilisation devenant ainsi de plus en plus accessoire et modique au fur et à mesure que les pays issus de l’ex-Yougoslavie entrent dans ce processus d’intégration.

Simplification nécessaire

Enfin, elle dispose d’une palette de commandants d’opération, expérimentés et diplomates, qui suffisent. L’expérience acquise incite ainsi à opter pour un dispositif simplifié de commandement. Pour une mission de taille réduite – comme l’est la mission EUFOR Althea aujourd’hui (moins de 600 hommes) – et dont le champ de la mission est bien circonscrit, à la fois géographiquement et fonctionnellement (soutien et formation à l’armée bosnienne), il n’est peut-être pas nécessaire d’avoir deux généraux au commandement : un pour l’opération et un pour la force. Un seul suffit ! L’exemple des missions EUTM Somalia ou EUTM Mali qui n’ont qu’un commandant de mission qui rapporte directement devant le comité militaire plaide en faveur de cette simplification. Rationaliser la chaîne de commandement éviterait ainsi des complications non nécessaires.

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Un Danois à la tête de la mission EUAVSEC

(BRUXELLES2) Lasse Rosenkrands Christensen vient d’être nommé par le Comité politique et de sécurité (COPS) de l’Union au poste de chef de la mission EUVASEC au Sud-Soudan. Il prendra ses fonctions le 1er septembre. Cet ancien responsable de la police danoise connaît bien la situation au Soudan pour y avoir opéré entre 2006 et 2007 en qualité de chef de la logistique pour la mission de l’ONU. Il a une expérience certaine des situations de crise puisqu’il a beaucoup travaillé au Liban, en Syrie ou encore dans les territoires palestiniens pour différentes missions de la communauté internationale entre 2007 et 2009, ainsi qu’en Bosnie Herzégovine en 1996, et au Kosovo pour la mission EULEX depuis 2011.

La mission européenne à l’aéroport de Juba, au Soudan du Sud, vise à renforcer la sureté aérienne du nouvel Etat, notamment en formant et en encadrant les services de sécurité nationaux (Lire : La mission EUAVSEC au Sud Soudan lancée). Mission qui devrait convenir parfaitement à M. Rosenkrands Christensen puisqu’entre 2000 et 2005 il a servi en tant que commandant adjoint de l’aéroport de Copenhague et participé alors au comité danois de l’aviation civil et de la sécurité des aéroports durant la même période.

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L’UE continuera à soutenir l’opposition biélorusse…

(BRUXELLES2) La réunion des ambassadeurs du COPS, en plein mois d’août, aura été essentiellement symbolique : marquer le soutien des 27 à la Suède dans son bras de fer avec la Biélorussie et la désapprobation  vis-à-vis de la politique du gouvernement biélorusse. Les 27 ont ainsi endossé les précédentes déclarations de la Haute représentante de l’UE et exprimé leur « grave préoccupation sur la décision prise par le Belarus » d’expulser les diplomates suédois (lire : Entre Belarus et Suédois, le torchon brûle). Ils ont aussi affirmé qu’ils n’entendaient en rien renoncer au soutien pour promouvoir la démocratie dans l’ex-république soviétique et soutenir l’opposition biélorusse.

Les ambassadeurs biélorusses convoqués

Les mesures prises par le Belarus « impactent » les conditions du dialogue politique entre l’UE et la Biélorussie ; la restriction des contacts politiques avec le Bélarus reste à l’ordre du jour et sera « soumise à l’attention nécessaire ». Les ambassadeurs de Biélorussie dans les différents Etats membres comme auprès de l’Union européenne devraient ainsi être convoqués afin de protester contre cette attitude et délivrer le message européen. L’UE tiendra ainsi compte dans sa mise à jour des mesures restrictives contre le régime Loukashenko – prévue d’ici le 31 Octobre 2012, de la « situation découlant de la crise diplomatique actuelle causée par le Bélarus » en plus de évolutions internes en Biélorussie — la répression continue contre la société civile, le sort des prisonniers politiques et la tenue des prochaines élections législatives.

Le soutien à l’opposition

L’Union européenne reste attachée à certaines « valeurs, comme « la démocratie, les droits de l’homme et la primauté du droit » et les Européens ont affirmé vouloir  « poursuivre et élargir leur engagement et leur soutien à la société civile et aux acteurs démocratiques en Bélarus ». Une formule qui n’est pas que de style… On se rappelle que c’est en effet le largage d’ours en peluche – sur une initiative “privée” suédoise – qui a suscité l’ire de Minsk contre la Suède. La Commission européenne et le service diplomatique (SEAE) sont donc invités à plancher sur le sujet et à proposer aux 27 ambassadeurs du COPS des « mesures concrètes dès que possible ».

L’effet des sanctions très relatif sur la situation des prisonniers politiques

Les 27 ont également exprimé leur « consternation qu’aucun des autres prisonniers politiques n’ont été libérés » dans le cadre de la récente amnistie. Ils demeurent « profondément préoccupés » par les conditions de détention des prisonniers politiques et appellent « une fois de plus » à leur libération « immédiate » et leur « complète » réhabilitation.

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Entre Belarus et Suédois, le torchon brûle (maj)

(BRUXELLES2) La Biélorussie a décidé d’expulser tous les diplomates suédois en poste dans la capitale et de rappeler ses diplomates en poste à Stockholm d’ici le 30 août. Entre les deux pays, la situation est toujours tendue. Vendredi le pays avait déjà pris la décision unilatérale d’expulser l’ambassadeur suédois. Ou plutôt de « ne pas renouveler son accréditation »comme l’a expliqué un officiel belarus. Mesure qui avait suscité une réaction dure à Stockholm. Cela « constitue une violation flagrante des normes de relations entre les Etats » a aussitôt déclaré Carl Bildt, le ministre suédois des Affaires étrangères. « Les accusations contre (notre) ambassadeur sont infondées. Le fait que la Suède soit largement attachée à la démocratie et des droits de l’homme au Bélarus n’est pas un secret. Et l’ambassadeur Eriksson constituait un moyen précieux pour la politique de la Suède. »

Les ours en peluche…

La Suède est un pays les plus engagés (avec la Pologne et la république tchèque) dans l’opposition au régime semi-dictatorial de Loukachenko. Dans les réunions européennes, elle a souvent pris le parti de défendre une politique de sanctions dures contre le régime. Elle accueille et soutient certains mouvements d’opposition. Le récent largage par avion d’ours en peluche avec des messages défendant les libertés la démocratie – revendiquée par une société de publicité suédoise – n’a pas été une plaisanterie très appréciée par le pouvoir belarus.

réunion du COPS convoquée dans l’urgence

Du coté européen, on observe depuis quelques jours la situation avec attention. « La question de la Biélorussie sera à l’ordre du jour de la première réunion du COPS (le Comite politique et de sécurité de l’UE) après l’été » avait déjà confié il y a quelques à B2 un diplomate européen. La prochaine réunion étant relativement loin – normalement le 4 septembre -, il soulignait que le point pourrait être « anticipé lors d’une réunion d’urgence ». Selon nos informations, un COPS devrait être convoqué ce vendredi (10 août) après-midi, avec comme principal point à l’ordre du jour : le Belarus. Les diplomates européens vont être contents !  NB : On peut remarquer que ni la situation en Syrie ni celle au Mali n’ont suscité de réunions d’urgence, l’Europe a ses priorités…

Le Belarus point crispant pour les diplomates

Fin février, la Biélorussie avait déjà choisi de frapper les Européens par la voie de leur ambassadeurs. Il avait décidé d’expulser les ambassadeurs polonais et de l’Union européenne pour protester contre les sanctions notamment dont il s’estimait injustement victime… Et les 27 avaient alors décidé de concert de retirer tous les ambassadeurs pour marquer leur désapprobation ; décision effective début mars. Les ambassadeurs européens n’étaient revenus que récemment à Minsk, fin avril et mai.

(rédigé avec l’aide de Damien Kerlouet)

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La présidence chypriote, coté calendrier… (maj)

(BRUXELLES2) Le Comité politique et de sécurité (COPS) entame les “hostilités”, en se déplaçant à Nicosie du 4 au 6 juillet, au moment où s’ouvre la présidence avec le traditionnel déplacement de la Commission européenne sur place le 6 Juillet. B2 y sera aussi … à Chypre

Le premier conseil formel des ministres des Affaires étrangères se déroulera le 23 juillet. Les autres sont programmés  les : 15 octobre, 19 novembre et 10 décembre. Quant aux réunions informelles, la réunion des ministres des Affaires européennes aura lieu fin août (le 30) à Chypre. Celle des ministres des Affaires étrangères (gymnich) suivra, le 7 septembre. La réunion informelle des ministres de la Défense est, elle, prévue le 26 et 27 septembre.

Le site de la présidence ici (en anglais, français, allemand, grec et … turc)

Le poids de la présidence

Le poids de la présidence tournante n’est cependant plus le même qu’il y a quelques années. Trois enceintes – et non des moindres – sont aujourd’hui présidées par une personnalité permanente. Herman Van Rompuy à la tête du Conseil européen, Jean-Claude Juncker à la tête de l’Eurogroupe, Catherine Ashton au conseil des ministres des Affaires étrangères. Cette dernière présidence est la plus “prégnante” car ce sont les équipes du service diplomatique européen qui assurent la préparation des conseils et président la plupart des groupes de travail qui préparent ces réunions (y compris le COPS).

Certes le ministre des Affaires étrangères chypriote devrait remplacer la Haute représentante à plusieurs reprises lors de déplacements à l’étranger. Mais il s’agit davantage d’une « bonne manière » faite par la Haute représentante à la présidence tournante que d’une réelle prise en charge, confie un diplomate. Et le calendrier des conseils des Affaires étrangères est normalement fait par le service diplomatique européen. Une discussion a ainsi eu lieu entre Chypriotes et le cabinet d’Ashton sur la fixation de l’ordre du jour pour le “gymnich”. Les Chypriotes souhaitant mettre certains points – notamment sur le printemps arabe à l’ordre du jour

Télécharger le Calendrier provisoire

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Autoroute de la criminalité en Afrique et cocktail à risques au Sahel (UA)

(Crédits: Parlement Européen)

(BRUXELLES2) L’Union Africaine doit faire face à d’importants problèmes de sécurité et elle compte pour cela sur ses partenaires internationaux, en particulier l’Union européenne. C’est le message principal de Ramtane Lamamra, commissaire de l’Union africaine à la paix et la sécurité, aux eurodéputés de la commission Affaires étrangères ce mercredi (30 mai).

Ce diplomate, ancien ambassadeur algérien à l’ONU et médiateur dans de nombreuses crises en Afrique (Mali / Burkina Faso, Libye, Tchad, Libéria…), livre un point de vue intéressant sur les priorités sécuritaires en Afrique. Priorités qui semblent coïncider avec celles de l’UE sur ce continent. Les experts « sécurité » des deux institutions, le COPS pour l’UE et le Comité paix et sécurité pour l’UA, se réunissaient d’ailleurs, mardi 29 mai (pour la cinquième fois depuis la création de l’Union africaine il y a dix ans) afin de mettre en œuvre la coopération inter-régionale.

Une « autoroute de la criminalité » Est-Ouest

Aujourd’hui, si le commissaire Lamamra se félicite de la diminution du nombre de conflits et de victimes par rapport à la décennie précédente, il évoque une évolution vers des conflits qui sont maintenant presque tous « internes ». Les acteurs non-étatiques prennent de plus en plus d’importance : criminalité organisée, terrorisme, piraterie maritime… Tels sont les adversaires désormais. Il évoque sans ambages une « autoroute de la criminalité » qui traverse l’Afrique en large d’Est en Ouest, depuis le Golfe d’Aden vers celui de Guinée. Et c’est le trafic de stupéfiants qui l’inquiète de plus, car il génère ou avive les conflits… quand il ne les finance pas.

Le Sahel : nouveau défi géostratégique et cocktail de difficultés

C’est en quelque sorte le nouveau sujet de « grave préoccupation » pour l’Afrique. Au Sahel, c’est un véritable « cocktail de difficultés » qui rend la situation très compliquée à gérer : problèmes de gouvernance, crise humanitaire, défis environnementaux, terrorisme et mouvements sécessionnistes sont les ingrédients de ce cocktail. Et cela « dépasse le seul Mali ». Dans ce pays, le coup d’Etat est « insensé »* (effectué un mois avant la tenue des élections…). Réalisé sous le prétexte de la mauvaise gestion de la menace sécessionniste du Nord, il a en fait aggravé la situation. D’autant qu’il a enlevé au pays « son arme la plus importante : la légitimité ». Désormais, deux tiers du territoire malien échappent au gouvernement. Les islamistes d’Aqmi sont une menace, tandis que les « préoccupations » des sécessionnistes Touareg sont négociables, tant qu’elles respectent l’intégrité du pays. L’expert de l’Union africaine espère qu’une solution pourra être trouvée le 7 juin prochain, date à laquelle se tiendra une réunion du groupe de soutien et de suivi, qui réunit à la fois les pays africains et les partenaires internationaux.

Fragile amélioration dans les Grands lacs et la Corne de l’Afrique

Parmi les autres priorités sécuritaires, Ramtane Lamamra évoque bien sûr la Corne de l’Afrique et la région des Grands Lacs. Ces deux régions restent caractérisées par « une grande fragilité  » malgré des améliorations. En ce qui concerne le Soudan, là aussi la menace est très présente et l’UA appelle à la cessation des violences, au retrait des troupes et à la négociation comme seule voie possible vers une solution à deux Etats co-existants “côte à côte”. Les « soulèvements populaires » (terme préféré par le représentant africain à celui de printemps arabe) offre des perspectives positives dans ce tableau plutôt difficile. « On devrait pouvoir en tirer des enseignements » affirme ainsi l’expert africain.

* Le mot est également utilisé pour la Guinée-Bissau, où le coup d’Etat a eu lieu entre les deux tours de l’élection…

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Les ambassadeurs de Syrie expulsés de plusieurs pays européens. Mais pas de tous (maj)

(BRUXELLES2) Une demi-douzaine de pays de l’Union européenne ont annoncé aujourd’hui l’expulsion de l’ambassadeur syrien après le massacre de Houla et le non-respect répété des résolutions de l’ONU par les autorités syriennes. Le Royaume-Uni d’abord — le ministre William Hague l’avait annoncé dimanche — et la France ont lancé le mouvement, suivis de l’Espagne, de l’Italie, de l’Allemagne, de la Bulgarie et de la Belgique. La Suisse s’est associée à ce mouvement, tandis que l’Australie, le Canada et les Etats-Unis annonçaient aussi une décision identique. Cependant les Européens ne sont pas tout à fait sur la même longueur d’onde.

Pas d’expulsion en Belgique

Le statut particulier de l’ambassadeur syrien en Belgique – accrédité auprès du pays et de l’Union européenne – empêche ainsi son expulsion immédiate du pays. Le ministre belge des Affaires étrangères l’a confirmé : « le départ de l’Ambassadeur du territoire belge ne sera effectif que si l’Union Européenne, auprès de laquelle il est également accrédité, adopte une mesure identique ». Actuellement, d’après les informations recueillies par B2, l’Union européenne n’envisage pas de déclarer l’ambassadeur syrien “persona non grata”. 

Discussion au COPS

Lors de leur réunion habituelle, les ambassadeurs du Comité politique et de sécurité de l’UE (COPS) ont ainsi discuté du statut des ambassadeurs syriens dans leurs pays respectifs. « Si certains pays ont confirmé leur décision d’expulser leur ambassadeur, d’autres ont estimé que ce n’était pas le chemin qu’ils entendaient suivre, à ce stade » a résumé un diplomate européen à B2. La délégation de l’UE à Damas devrait ainsi restée ouverte (autant que possible) et le service diplomatique européen (SEAE) jouer « un rôle de coordination » (*).

Le ministre suédois des Affaires étrangères, Carl Bildt, s’est interrogé sur twitter : “Pourquoi ceux qui ont fermé leurs ambassades en Syrie laissent les ambassades syriennes ouvertes dans leurs pays ? (…) Nous devons avoir une approche commune de l’Union européenne sur ces questions. Et voir comment nous pouvons être (plus efficaces) ». (*) Un expert du dossier estime qu’il est toujours plus facile pour les Etats ayant rompu les relations diplomatiques d’expulser l’ambassadeur syrien que pour ceux qui maintiennent leur ambassade sur place.

Malgré ces divisions, les 27 ambassadeurs ont défini, lors de cette réunion, une ligne de conduite commune insistant sur quatre éléments :

  • les responsables du massacre doivent être tenus responsables de leurs actes ;
  • accès pour les acteurs humanitaires et la commission d’enquête du Conseil des Droits de l’Homme de l’ONU ;
  • étude de nouvelles sanctions et mise en œuvre de celles existantes ;
  • mise à l’ordre du jour de la question syrienne de rencontres internationales, notamment lors du Sommet UE-Russie.

Intervention militaire or not ?

L’expulsion des ambassadeurs est la dernière étape diplomatique après le rappel des ambassadeurs de Syrie. Et les pays européens – comme la communauté internationale – semble de plus désarmée face à la détermination du régime Assad. L’option militaire revient ainsi d’actualité. Le ministre belge des Affaires étrangères, Didier Reynders, a ainsi confirmé publiquement la nécessité d’une “présence militaire”. « Si la base semble manquer dans la communauté internationale, y compris dans le monde arabe, pour une intervention militaire, il doit être possible de penser à une présence militaire, comportant des zones de sécurité et une force de paix qui garantirait la sécurité des observateurs internationaux, protégerait l’apport d’aide humanitaire, et veillerait au respect du cessez-le-feu. » « Un consensus en ce sens, incluant la Russie et la Chine, devrait pouvoir être construit autour du plan Annan » a-t-il ajouté.

François Hollande, le président français, a été plus circonspect mardi soir sur la télévision nationale France2. Une intervention militaire en Syrie « n’est pas exclue à condition qu’elle se fasse dans le respect du droit international, c’est-à dire par une délibération du Conseil de sécurité (de ONU) » de l’Onu. Il espère convaincre « convaincre Russes et Chinois » de condamner le régime « et aussi de trouver une solution qui ne serait pas forcément militaire. (…) Car la pression elle doit se faire dès à présent pour chasser le régime de Bachar al-Assad. Nous devons trouver une autre solution ».

(*) Version originale : “Why have those that closed their embassies in Syria let Syrian ones in their countries remain open? We still have our eyes and ears there. And we have argued that EU should have a common approach on these issues. That’s how we can be effective.”

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Battlegroups. Pourquoi le planning n’est pas tenu ? La réflexion continue

Battlegroups. Pourquoi le planning n’est pas tenu ? La réflexion continue

(crédit : ministère belge de la Défense)

(BRUXELLES2, exclusif) Pourquoi les Etats rechignent tant à prendre leur tour de garde pour les battlegroups ? Qu’est-ce sont les facteurs de blocage au niveau des Etats membres ou de l’UE ? Ces questions ont fait l’objet d’un nouveau rapport, présenté récemment aux ambassadeurs du COPS – le comité politique et de sécurité de l’UE. Un rapport qui propose aussi plusieurs options en guise de remède. Document dont B2 a pris connaissance et qui a été analysé en détail dans le Club.

Des trous récurrents dans le calendrier

Le fonctionnement des battlegroups laisse en effet toujours à désirer. A la dernière conférence de coordination, qui s’est tenue le 19 avril dernier, seules deux astreintes ont été remplies pour chacun des semestres de 2016 (au lieu de quatre, 2 par semestre). Tous les autres “trous” n’ont pas été comblés. Ce qui fait qu’il n’y a, grosso modo, qu’un seul battlegroup de permanence pour tous les semestres de 2013 à 2016, avec une seule exception : au 2e semestre 2014. Un questionnaire a donc été envoyé aux différents Etats membres, avec 25 questions portant sur tous les aspects : politiques ou juridiques, comme financiers, militaires, logistiques, de commandement ou de renseignement.

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