Avions de chasse

Le central d’appui logistique européen pour la Misma a ouvert

(BRUXELLES2) Coordonner les avions disponibles – au plan européen comme de pays tiers – et les demandes des pays africains qui veulent envoyer des troupes au Mali. C’est l’objectif de la petite structure dite “Clearing house” (central d’appel) mise en place au sein de l’Etat-Major de l’UE rue Cortenbergh à Bruxelles.

L’objectif est d’aider la MISMA - la Mission africaine de soutien au Mali – « à atteindre la force opérationnelle nécessaire pour le transport immédiat des contingents », mais aussi « à plus long terme de fournir un soutien logistique dans les mois à venir » à l’engagement de la MISMA, « y compris pour le transport du matériel, du personnel et des munitions ».  Ce mécanisme avait été décidé au conseil exceptionnel des ministres des Affaires étrangères, consacré au Mali, le 17 janvier.

Point d’entrée unique

La Clearing House est « un point d’entrée unique pour l’enregistrement des demandes de la CEDEAO », comme pour l’enregistrement de tout soutien offert par les États membres ou de pays tiers. Les demandes des pays africains sont transmises à Bruxelles par l’un des officiers de liaison de l’UE, soit celui basé à Abuja au Nigeria (CEDEAO), soit celui basé à Bamako au Mali. Le soutien logistique de l’Union européenne à la MISMA ne se limite cependant pas à un cahier d’enregistrement des offres et des demandes pour le transport des transports de troupes ou de matériels. Il pourra aussi comprendre un soutien technique, matériel ou de conseil — par exemple, des pièces détachées pour les matériels, de l’essence… —. Il pourrait comprendre également une aide à la planification ou de la formation (ceci étant différent de la mission EUTM Somalia).

Un dispositif semblable (mais uniquement limité au transport aérien) avait été mis en place, en mars 2011, pour l’évacuation des ressortissants européens ou étrangers de Libye, dans le cadre de la cellule “Air Movement planning” de l’Etat-Major (lire : La cellule de crises “Evacuations” de l’UE, sur le pont)

 

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Entre Israel et Gaza, l’escalade. Le chef militaire du Hamas tué (video)

(crédit : service communication du ministère israélien de la Défense)

(BRUXELLES2) La tension entre Israel et le Hamas est montée d’un cran aujourd’hui (14 novembre). Depuis quelques jours, Israel était sous le coup d’attaques de roquettes venus du territoire palestinien, environ une centaine, selon les autorités. La réplique est intervenue aujourd’hui de façon vive.

Le chef militaire du Hamas abattu

Des avions ont mené des frappes dites “chirurgicales” contre des cibles clairement identifiées par le renseignement israélien. L’une d’entre elles a été particulièrement spectaculaire puisqu’elle a visé la voiture où se trouvait le chef militaire du Hamas, Ahmed Al-Jabari, la pulvérisant, et tuant par celui qui est le chef des brigades Izz al-Din Al-Qassam. “Le but de cette opération était de compromettre gravement la chaîne de commandement et de contrôle de la direction du Hamas, ainsi que son infrastructure terroriste”, précise l’armée israélienne.

Les missiles Fajr5 visés

Parallèlement l’armée israélienne a mené une série d’attaques ciblant “un nombre important de sites de missiles de longue portée (des lanque roquettes Fajr5 de portée de plus de 40 km) détenus par le Hamas“, selon un plan approuvé par le chef d’Etat-Major Benny Gantz. Comme le précise l’armée de l’air israélienne, “le but est de cibler ces sites et d’entraver le lancement de roquettes des organisations terroristes“. Et elle promet de “continuer à cibler des sites terroristes qui sont utilisés pour perpétrer des attentats terroristes contre des citoyens israéliens.” “La bande de Gaza, s’est transformée en une base avancée de l’Iran” ajoute le communiqué de l’armée précisant que “toutes les options sont ouvertes pour endommager sérieusement le Hamas et d’autres organisations terroristes.”

En attendant une offensive terrestre

Coté européen pas de commentaire pour l’instant. Lundi (12 novembre), la Haute représentante de l’UE pour les Affaires étrangères, Catherine Ashton, s’était montrée « très préoccupée par la dernière escalade de violence entre Gaza et Israel », condamnant les tirs de roquette et de mortiers vers Israël et appelant les deux parties à ne « pas exacerber la situation », appelant à “la reprise des négociations” pour aboutir à satisfaire les aspirations des “Palestiniens et Israéliens (…) à travers une solution de deux Etats indépendants” (*).

Apparemment elle n’a pas été entendue… L’heure est plutôt aujourd’hui à l’escalade. Selon la presse locale, des unités d’infanterie ont été déployées dans le sud du pays, afin de parer à toute éventualité, et une offensive terrestre à Gaza est clairement envisagée. De façon plus large, tous les exercices de l’armée ont été stoppés. Et les réservistes comment rappelés.

(*) Texte complet en anglais uniquement (as usual) : “I condemn the firing of rockets and mortars into Israel, and call on both sides to refrain from exacerbating the situation. Further regrettable loss of life and injury must be avoided. I support the mediation efforts by Egypt and reiterate that there is no place for violence in the Middle East. It is    only through resumed negotiations that the legitimate aspirations of both Palestinians and Israelis will be met, through a two-state solution.”

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Patrouilles pour retrouver les 2 “humanitaires” de MSF otages au large de la Somalie

(B2) Plusieurs vols de reconnaissance d’avions et d’hélicoptères ont eu lieu ces dernières semaines pour vérifier la présence ou non à bord de bateaux retenus par les pirates des deux travailleurs de MSF Espagne, Blanca Thiebaut et Montserrat Serra. Certaines sources indiquaient en effet que les deux coopérants se trouvaient à bord de navires dans un des repaires pirates à Harardhere. Des photos haute résolution ont été prises. Selon le renseignement militaire, qui s’est confié à nos confrères espagnols, la présence de “blancs” à bord a pu être identifiée mais pas de trace des deux humanitaires. Les deux femmes avaient été enlevées il y a un an alors qu’elles étaient en route pour le camp de réfugiés de Dadaab au Kenya. Leur conducteur kenyan avait été blessé dans l’embuscade. En janvier dernier, une information s’était répandue que leurs ravisseurs d’El Shabaab avaient “vendu” leurs proies aux pirates somaliens plus à même de négocier une rançon.

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La France et la Belgique en harmonie pragmatique

La France et la Belgique en harmonie pragmatique

lundi soir à la résidence Louise

(BRUXELLES2) Last but not least. Dans la tournée “bruxelloise” qu’a effectuée lundi, le MinDéf français, Jean-Yves Le Drian n’a pas manqué d’avoir un échange assez long avec son homologue belge, Pieter de Crem, lors d’un diner de travail, qui s’est tenu dans la résidence du ministère, à deux pas du bois de la Cambre. Avant le traditionnel échange de pralines, les deux participants ont tenu quelques mots, assez convenus, il faut le dire, devant la presse. « La Belgique, c’est notre partenaire le plus constant, le plus fidèle, avec lequel nous avons une coopération saine sans arrière pensée » a expliqué le Français. « L’objectif entre Français et Belges et d’approfondir les relations sur quelques points concrets : la formation, les acquisitions futures, les hélicoptères NH90 et les avions de transports A400M » a détaillé le Belge. Il est vrai qu’entre Français et Belges, il n’y a pas de rivalité et peu de discussions idéologiques même si l’un est franchement un fidèle support de l’OTAN et l’autre un ardent Européen. Leur approche a tous les deux se veut « pragmatique ». «  Et la coopération, pour être discrète, et moins tapageuse qu’avec d’autres partenaires (suivez mon regard… :-) ) est effectivement très concrète, et s’exerce sur de multiples facettes.

Formation des pilotes

Depuis de longues années déjà, les pilotes belges se forment et s’entraînent en France à Tours et Cazaux pour les pilotes de chasse (sur Alpha jet), à Avord pour les pilotes de transport et à Dax pour les pilotes d’hélicoptères. Une formation dont on ne peut que se féliciter du côté belge. « Nos pilotes ont atteint plus de 90% des cibles lors de notre opération en Libye. Ce qui montre l’excellence de la formation française » explique un officier.

Evacuation des citoyens

Autre champ de coopération, les opérations d’évacuation de citoyens (dite NEO). La dernière opération en commun, en Côte d’Ivoire au printemps dernier, a permis un bon retour d’expérience. Les Belges étaient effectivement présents à Abidjan en soutien d’une opération menée essentiellement par les Français (du fait de leur présence préalable sur le terrain au titre de l’opération Licorne). Des exercices sont ainsi programmés, afin de renforcer cette coopération tant dans la planification que dans l’exécution de ces opérations, avec à la clé un partage accu des renseignements et l’intensification de la coopération entre forces spéciales.

Echange de bons procédés en Afghanistan

De façon très pratique, Belges et Français sont en passe de procéder à un échange de logements en Afghanistan. Les Belges ont ainsi cédé leurs bâtiments aux Français à Kaia – l’aéroport international de Kaboul – qu’ils vont quitter en octobre et dont les Français vont prendre le commandement. De leur côté, les Français rétrocèdent aux Belges leurs logements ainsi que les shelters pour les avions (Mirage) dont ils disposent à Kandahar. Cela peut paraître une évidence. Mais comme l’explique un connaisseur du dossier à B2, « chaque bâtiment déployé sur le terrain appartient en fait aux nations qui peuvent le rétrocéder à un de leurs alliés ». Avantage aussi pour chacune des parties : inutile de déplacer ces bâtiments ou les rapatrier, du moins dans l’immédiat. Autre sujet de coopération, une négociation est en cours pour baser un avion C-130 belge à Douchanbé (Tadjikistan), en mode “semi-permanent”, qui serait mis à disposition des Français pour le transport des troupes vers ou venant d’Afghanistan (et vice-versa, les avions français seront mis à disposition des Belges ou des matériels qui repartiraient).

Lire également :

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Avion turc abattu par la Syrie : que peut faire l’OTAN dans le cadre de l’article 4 ?

Réunion du Conseil de l'Atlantique nord (crédit : OTAN)

(BRUXELLES2, analyse) Les Alliés de l’OTAN vont se réunir mardi sur la situation après la destruction en vol d’un des avions de chasse turcs par la Syrie (lire aussi : Un avion de chasse turc abattu près de la Syrie). Une réunion qui intervient après la demande de la Turquie en vertu de l’Article 4 du Traité de Washington qui prévoit des consultations « chaque fois que, de l’avis de l’une d’elles, l’intégrité territoriale, l’indépendance politique ou la sécurité de l’une des parties sera menacée ». Les “28″ pourront alors prendre se prononcer sur plusieurs niveaux.

Réaction diplomatique…

Le premier objet de la réunion est d’ordre diplomatique. La convocation même du Conseil montre, en effet, un certain niveau de conscientisation des Alliés. le degré de publicité donné à la publicité du communiqué de fin de réunion donnera également l’ampleur que les Alliés entendent donner à cette alerte, en précisant avec quel degré « d’inquiétude », les alliés jaugent la situation sur place. Et dans quels termes, ils réprouvent l’attitude de la Syrie. Le mot « inacceptable » prononcé par Hillary Clinton, la secrétaire d’Etat américaine, pourrait se retrouver dans le communiqué final.

Certains pays, les plus engagés dans l’action contre le régime Assad (USA, France, Royaume-Uni) pourront être tentés de profiter de l’occasion pour condamner plus largement le régime syrien. Mais un consensus ne sera pas automatiquement facile à obtenir sur ce sujet. Sinon de condamner les violences. Des signes pourraient aussi être envoyés à l’opposition syrienne, au mouvement dans l’armée de désertion, voire aux autres pays arabes voisins qui fournissent actuellement une aide aux rebelles syriens.

Le troisième niveau de cette réaction sera le contenu – s’il y en a un – de la demande adressée à la Syrie : demande d’informations sur ce qui s’est passé réellement, voire de traduction en justice des auteurs, etc.

… et militaire

Le second objet de la décision est d’ordre militaire. On peut étudier, envisager, commencer la planification d’une mission d’assistance à la Turquie, soit avec des moyens de surveillance, de déploiement de défense anti-missiles, de rapprochement de navires de guerre par exemple, ou d’autres moyens d’assistance. Selon l’ampleur des moyens évoqués, la tonalité de la réunion pourra être différente. Et l’attitude de l’Alliance pourrait passer de l’orange “défensif” au rouge “menaçant”. Ce que ne souhaite pas automatiquement le pays demandeur, du moins pour l’instant. Il faudra également étudier les suites que les Alliés souhaitent donner à la réunion : commencement d’une planification, nouvelle réunion…

Un article déjà évoqué en 2003… par la Turquie

Cet article 4 du Traité de l’Alliance atlantique est rarement invoqué. Il l’avait déjà par la Turquie en 2003, après les menaces de l’Irak. Le 10 février 2003, la Turquie avait demandé la convocation d’une réunion de l’Alliance atlantique sous couvert de l’article 4 craignant une attaque de l’Irak. Des avions de surveillance Awacs, le déploiement de systèmes de défense anti-missiles de théâtre ainsi que de la protection nucléaire, biologique et chimique avaient été déployés.

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Retrait français d’Afghanistan, les “précisions” de F. Hollande: toujours un peu floues

Retrait français d’Afghanistan, les “précisions” de F. Hollande: toujours un peu floues

(BRUXELLES2 à Chicago) Le retrait des forces combattantes françaises d’Afghanistan avant la fin 2012 a été au centre de certains débats en marge de la réunion de l’OTAN. « Lors d’une discussion avec (le président) Obama, j’ai expliqué – a détaillé François Hollande lors d’une conférence de presse (dimanche) -, que cet « engagement pris devant les Français » n’était « pas négociable ». Cela ressort « de la souveraineté française. Et chacun l’a bien compris ». Et d’ajouter : « Le Secrétaire général de l’Otan (avec qui F. Hollande s’était entretenu juste avant), lui-même, a considéré que c’était notre choix et que ça ne remettait pas en cause l’opération elle-même, dès lors que certaines confirmations étaient apportées ».

Retrait des forces en Kapisa d’ici fin 2012

Voilà pour le principe. François Hollande a ensuite apporté quelques détails sur le dispositif de retrait. Celui-ci concernera « les troupes combattantes (*) (qui) seront retirées d’ici la fin de l’année. » Resteront cependant des troupes. Lesquelles, combien ? Par petites touches, François Hollande a précisé. Le retrait concernera (uniquement) les forces « combattantes situées en Kapisa ». « L’armée afghane se substituera à nos troupes en Kapisa dans les prochains mois et d’ici fin 2012 »

Après 2013, un calendrier à préciser

« En 2013 demeureront uniquement des formateurs pour les forces de police et les cadres de l’armée afghane. Cela se fera dans le cadre de l’opération elle-même de l’ISAF. » Puis il a précisé, répondant à une autre question : « Il y aura un retrait des autres unités dans un calendrier que je ne peux préciser. (Mais) rien ne doit être fait pour menacer la sécurité de nos personnels. (Et ensuite nous aurons du matériel à retirer. Et, çà, cela prendra du temps, au-delà de 2012. Cela suppose d’avoir du personnel pour en assurer la bonne exécution. » En fait, selon les informations qui circulent, devraient rester sur place différentes troupes : celles chargées de la formation et de la logistique notamment, accompagnées de forces de protection également, et sans doute également aussi l’hôpital à Kaboul. Soit plusieurs centaines d’hommes, presqu’un millier. Seule interrogation : les moyens aériens après 2012 et surtout après 2014.

Une mission anti-terroriste résiduelle ?

On sait que ces moyens ont été mis dans le passé à disposition de l’ISAF comme de certaines missions de repérage anti-terroristes (champ de l’ancienne mission Enduring Freedom). J’ai posé la question à François Hollande et le ministre de la Défense, Le Drian. Ceux-ci ont avoué ne « pas connaitre » ce sujet, ou plutôt, ils ont botté en touche… Des équipes anti-terroristes, aériennes ou non, pourraient ainsi demeurer, ou revenir en Afghanistan, après 2013. De façon assez floue, François Hollande l’a confirmé, indiquant : « J’ai fait en sorte qu’il y a des actions qui demeurent dans le cadre de l’IFAS ». Comme me l’a indiqué, un peu auparavant, un diplomate de l’OTAN, « Il y aura sans doute une autre mission en coalition, séparée de ISAF, pour mener des opérations anti-terroristes » succédant ainsi à Enduring Freedom.

Après 2014, la coopération avec les Afghans continuera

François Hollande a aussi affirmé que le traité signé par Nicolas Sarkozy avec l’Afghanistan sera respecté. « Ce traité prévoit une coopération qui va bien au-delà de 2014. Nous nous inscrirons parmi nos alliés dans le cadre des obligations que nous nous sommes données : la santé, la formation, l’éducation, le renforcement de l’administration afghane. Et ce sera dans cette perspective-là que nous travaillerons. »

(*) Le terme “forces combattantes” fait abondamment débat. Sur ce point, François Hollande n’a pas varié d’un iota. Il en faisait déjà mention lors de son discours “Défense” lors de la campagne électorale à Paris en mars. Certains médias viennent apparemment de découvrir le sens de l’adjectif…

Lire aussi :

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Ravitaillement en vol : une proposition à 3

Ravitaillement en vol : une proposition à 3

(crédit : ECPAD / Ministère français de la Défense)

(BRUXELLES2) De façon surprenante, c’est au boulevard Leopold (coté Otan) et non à Val Duchesse (à la réunion de l’UE que les ministres français, allemand et néerlandais de la Défense ont choisi d’annoncer une “déclaration d’intention” pour conduire le projet commun sur le ravitaillement en vol.

Ce projet est pourtant préparé et mené dans le cadre de l’Agence européenne de la Défense. Il a été endossé par les “26″ (*) ministres de la Défense de l’UE, sous forme d’une déclaration politique le 22 mars dernier. Par cette déclaration, les trois pays ont entendu affirmé le lead sur ce projet, qui restera ouvert aux autres pays. Il devrait constituer une des principales contributions, très concrètes, de l’UE au sommet de l’OTAN en mai à Chicago.

« Ces efforts entendent souligner l’engagement de l’UE pour renforcer les capacités militaires européennes avec l’objectif de répondre aux lacunes capacitaires critiques et de démontrer la détermination de l’UE pour faire face à ses responsabilités face aux défis de la sécurité posés aujourd’hui » indique d’ailleurs la déclaration. Ou comme le résume, de façon plus imagée, le ministre français de la Défense, Gérard Longuet : « C’est une façon de dire aux Américains. Nous avons bien compris votre message, nous vous avons bien entendu. Nous allons résoudre ce problème. Mais tout seuls, sans vous. »

Entre l’OTAN et l’UE, du concubinage, pas un mariage !

Entre les deux organisations (UE – Otan) engagés dans un même exercice capacitaire “pooling and sharing” d’un coté, “smart défense” de l’autre, il n’y a pas de concurrence mais chacun reste indépendant. « Nous sommes en concubinage mais pas mariés » résume Gérard Longuet. C’est l’aboutissement d’une réflexion en plusieurs étapes. Le ravitaillement en vol était  une lacune constatée lors de la dernière opération en Libye. Ou pour être plus exact, elle avait été révélée, car cela fait plusieurs longues années que les Européens dépendent pour le ravitaillement en vol de leur aviation, essentiellement, de leurs alliés américains. Un choix tout autant politique et opérationnel qu’industriel ; il parait évident que l’avionneur européen, Airbus, est le vecteur industriel pour ce projet.

Deux ateliers de travail devraient être organisées les semaines à venir : une dédiée aux aspects d’acquisition, l’autre aux aspects opérationnels. Ces avions ravitailleurs pourraient ainsi rejoindre l’EATC – le centre européen de coordination de l’aviation de transport, établi à Eindhoven, entre ces 3 pays + la Belgique.

Lire aussi :

(*) Le Danemark ne participe pas aux travaux militaires dans le cadre de l’Union européenne : 27 – 1 = 26 !

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Les pays du Benelux scellent une entente de défense. Une aviation de combat commune ? (maj2)

Les pays du Benelux scellent une entente de défense. Une aviation de combat commune ? (maj2)

(BRUXELLES2) Le “moteur” Benelux – un temps enrayé – semble reparti, du moins en matière de défense. Les ministres de la Défense des trois pays — le Belge Pieter De Crem, le Néerlandais Hans Hillen et le Luxembourgeois Jean-Marie Halsdorf — doivent, en “marge” de la réunion informelle des ministres de la Défense de l’Union européenne, signer ce mercredi à Val Duchesse, pour entériner une “déclaration d’intention de coopération” en matière de Défense. Une déclaration assez courte, très politique, qui constitue, ainsi que me l’a confié un expert du dossier, côté belge, une étape conséquente : « on ne pourra pas revenir en arrière ».

Regrouper les moyens, c’est efficace !

Cette déclaration est une « étape importante vers la mise en œuvre du principe de Pooling & Sharing au sein du Benelux » vont souligner les trois ministres. Mais c’est aussi un « signal fort » qu’ils veulent envoyer à l’Union européenne. Des pays peuvent « à travers des accords de coopération étroits (…) créer un partenariat dynamique notamment dans le cadre de missions de soutien de la paix ». Dans des « domaines choisis », les moyens peuvent être « regroupés et les capacités existantes peuvent être utilisées de façon plus efficiente permettant ainsi une défense européenne plus performante ». On peut remarquer que la Belgique et les Pays-Bas ont déjà une coopération ancienne de leurs forces navales qui sont partagées – avec la présence d’une Amirauté Benelux à Den Helder -. « Cet accord pourra servir de modèle pour d’autres coopérations au sein des forces armées des trois pays. » Ajoutons que les deux pays participent déjà à EATC – la mise en commun des moyens d’aviation de transport – avec les Français et Allemands. Ou que Belges et Luxembourgeois ont choisi de lier leur future flotte de transport avec l’achat en commun d’A400M, etc.

A terme, l’aviation de combat regroupée ?

Les trois pays ont déjà identifié « plusieurs possibilités concrètes de coopération dans les domaines de la logistique et de la maintenance, de la formation et de l’entrainement, des opérations et de l’exécution de certaines tâches militaires ainsi que de l’acquisition de matériel » est-il précisé. C’est notamment en matière d’aviation de combat, que cette déclaration pourrait avoir un effet le plus notable, selon nos informations, puisque « les capacités d’entraînements, d’achat de matériel et de mobilisation d’avions de combats seront regroupés dans l’avenir » m’a expliqué un haut responsable participant à cet accord. Ce qui pourrait signifier que les trois pays adopteraient alors le F-35/JSF pour remplacer les F-16 (belges notamment) ; les Pays-Bas ayant déjà opté pour ce choix et cherchant à se débarrasser d’une partie de leurs 80 appareils pressentis.

(maj) Les chantiers de la copération

Des groupes se sont mis au travail dans les trois armées pour préparer plusieurs sujets de coopération.

Premier chantier : la surveillance aérienne. Les avions de chasse belges ou néerlandais pourraient bien assurer régulièrement, la surveillance du territoire des deux Etats. De Groningue à Arlon, il y aurait une seule zone aérienne. Ce qui est assez logique. Car s’il y a 450 km de l’un à l’autre, en F-16, cela ne représente pas un temps important. « C’est bien simple aujourd’hui, le temps que vous décolliez en Belgique aujourd’hui, vous vous retrouvez à la frontière ». Concrètement cela signifie que les bases aériennes de Kleine Brogel, de Florenne en Belgique, de Leeuwarden ou de Volkel aux Pays-Bas pourraient prendre, à tour de rôle, la surveillance aérienne. Il reste un certain nombre de problèmes non négligeables cependant à régler, notamment les règles d’engagement en cas d’avion suspect. Un avion néerlandais aura-t-il le pouvoir d’interception, voire de feu au-dessus du territoire belge et vice-versa. Il faut aussi obtenir un accord des deux parlements.

Second chantier : les hélicoptères NH 90. La formation des pilotes belges aura lieu aux Pays-Bas. Le premier pilote belge, Jo Balcaen, a déjà commencé sa formation au pays des tulipes. Cette coopération devrait aussi s’étendre à la maintenance. Chacune des armées s’est équipée de l’hélicoptère européen fabriqué par Eurocopter (20 aux Pays-Bas – 12 Marine et 8 version transport -, 8 en Belgique). L’objectif est d’avoir un stock coordonné des pièces détachées et non plus deux stocks. Il ne serait pas ainsi nécessaire pour les deux armées de disposer de pièces en double.

Troisième chantier : la formation des forces spéciales. Les fusiliers marins néerlandais pourraient venir se former coté belge, notamment au centre d’entraînement des para-commandos de Marche-les-Dames ou de parachustistes de Schaffen (Diest).

Quatrième chantier : la formation des officiers. Elle pourrait se dérouler pour les trois armées soit aux Pays-Bas, soit en Belgique, soit au Luxembourg, selon des axes de formation communs. Pour éviter tout problème de langue, la formation serait dispensée… en anglais,

Lire également : Belges et Néerlandais se déclarent leur flamme

Télécharger la déclaration dans : docs de B2

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