Des migrants déroutent un pétrolier vers Malte, refusant d’être débarqués en Libye

(B2) De peur d’être ramenés en Libye, les migrants et/ou demandeurs d’asile qui tentent la traversée vers l’Europe ont inauguré mercredi (27 mars) un nouveau mode d’action : le déroutage d’un navire

Le pétrolier, son équipage et tous les migrants, escortés devaient arriver ce matin à Boiler Wharf à Malte.

Selon des informations confirmées par les autorités maltaises, le capitaine du pétrolier El Hiblu 1 (ou El Hibru), , battant pavillon de Palau, qui avait recueilli une centaine de migrants, en difficulté en mer, a été obligé de se diriger vers Malte, et non vers la Libye, où il avait prévu de débarquer ces 108 hommes et femmes. « Le commandant de bord a déclaré à plusieurs reprises qu’il ne contrôlait pas le navire et qu’un certain nombre de migrants le forçaient ainsi que son équipage à se rendre à Malte » indique les forces maltaises (AFM) dans un communiqué parvenu à B2 ce matin. Les AFM « ont réussi à établir des communications avec le navire, alors qu’il se trouvait à environ 30 miles nautiques » et se dirigeait toujours vers Malte.

Escorte par un navire de patrouille

Un navire de patrouille, le P21, a alors « empêché le pétrolier de pénétrer dans les eaux territoriales maltaises ». Une équipe de l’unité d’opérations spéciales de l’AFM a été déployée « pour embarquer et sécuriser le navire » et reprendre « le contrôle du navire ». L’équipe était épaulée par un second navire de patrouille, le P51, deux engins Fast Interceptor et un des hélicoptères AW 139 des forces maltaises. « Le P21 a continué d’escorter et de surveiller le pétrolier tout au long de l’opération. »

Une enquête en cours

A leur arrivée, ce matin (vers 8h30), les passagers (migrants) devaient être « remis à la police aux fins d’enquêtes plus approfondies ». Il s’agit notamment de déterminer s’il s’agit d’un acte de piraterie. C’est-à-dire — selon la définition internationale — si un « acte illicite de violence ou de détention ou toute déprédation » a été commis par les ‘passagers’ , « agissant à des fins privées », dirigé contre « un autre navire ou aéronef, ou contre des personnes ou des biens à leur bord, en haute mer » (1).

Un acte de légitime défense

Pour l’ONG Sea-Watch, active en Méditerranée, il faut examiner leur cas « avec un œil d’humanité. Nous comprenons qu’il ne s’agit pas d’un cas de piraterie, mais d’une légitime défense contre une politique meurtrière aux frontières européennes ».

(NGV)

(1) Article 101 de la convention du droit de la mer du 10 décembre 1982.