Trois candidats pour un QG. Rota, Rome, Paris… Qui prendra le relais de Northwood en 2019 ?

Trois candidats pour un QG. Rota, Rome, Paris… Qui prendra le relais de Northwood en 2019 ?

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(B2) Alors que le Royaume-Uni tente de sauvegarder son rôle irremplaçable de sa défense sur la place européenne, les tractations vont bon train en coulisses pour offrir une alternative au quartier général (QG) britannique de l’opération anti-piraterie de l’UE, situé à Northwoord, près de Londres, à l’horizon 2019. Trois candidats sont en lice… et l’un semble favori, selon nous.

Le Brexit qui devrait se mettre en place en 2019 impose de trouver un nouveau QG à cette opération qui pourrait être prolongée, d’une façon ou d’une autre, après le mandat actuel, se terminant en décembre 2018.

Rota (Espagne) : le favori

Les Espagnols seraient candidats à reprendre le rôle dévolu aux Britanniques comme nation-cadre et commandement de l’opération anti-piraterie au large de la Somalie. Madrid a ainsi affiché sa « disponibilité » dans une lettre officielle adressée à Federica Mogherini en décembre dernier, pour mettre à disposition son quartier général de Rota, la base principale de l’Armada espagnole (1). Certes l’Espagne n’a pas de QG agréé par l’Union européenne. Mais cela ne semble « pas être une question bloquante », selon un expert militaire consulté par B2. De fait, l’exercice Milex-18, organisé par l’Union européenne, en mars, devrait être l’occasion de certifier que le quartier général de la flotte est prêt à le faire.

L’Espagne a une certaine légitimité dans cette proposition. Elle a tout d’abord joué un rôle de premier plan dans la mise en place de l’opération Atalanta (au moment où peu de pays y croyaient vraiment, lire : France et Espagne décidés à agir sur la piraterie maritime). Elle a prêté son concours à de nombreuses reprises à l’opération avec des navires. Elle est aujourd’hui la seule nation à fournir des moyens opérationnels dans la mission : un navire et un avion de patrouille maritime (lire : Un chimiquier letton attaqué par les pirates au large de la Somalie). Si le commandant de l’opération est le Britannique Charlie Stickland, le numéro 2 est espagnol, le contre-amiral Alfonso Pérez de Nanclares y Pérez de Acevedo. Enfin, pour Madrid, la renommée de sa marine est une priorité, réaffirmée, comme le récent plan d’investissement le prouve (Après dix ans de disette, l’Espagne veut réinvestir dans son armée).

l’engagement espagnol dans l’opération Atalanta (en 2017)

Rome : le candidat naturel

L’Italie peut être également candidate. Elle a, pour elle, l’avantage d’avoir déjà un quartier général, celui de Rome, déjà activé et opérationnel, puisqu’il sert de QG pour l’opération européenne en Méditerranée de lutte contre les trafics. D’une certaine façon, commander une seconde opération à partir du même quartier général aurait un ‘coût’ minime en termes de personnel déployable. Elle permettrait aux Italiens de devenir un centre nerveux pour toutes les opérations maritimes de l’UE.

Paris : l’outsider

La France n’a plus activé, pour l’Union européenne, son quartier général du Mont-Valérien depuis 2008 et l’opération EUFOR au Tchad. Mais celui-ci peut rapidement remonter en puissance. Cela signifierait aussi que la France revienne comme nation-cadre pour l’opération maritime. L’idée caressée un moment semble, aujourd’hui, mise de côté, selon nos informations. La France soutiendrait l’Espagne, nous revient-on.

NB : trois autres QG existent au niveau européen : Potsdam en Allemagne et Larrissa en Grèce, ainsi que Bruxelles (qui n’est pour l’instant activé que pour les missions militaires de formation de l’UE). Aucun d’entre eux n’a été évoqué, selon nos informations, pour commander l’opération maritime.

(Nicolas Gros-Verheyde, avec Leonor Hubaut)

(1) L’Armada, ce sont plus de 20.000 soldats. Et sur les 10.800 « Infantes de marineria », 6000 sont à Rota comme l’indique la Voz de Cadiz. Une base militaire qui abrite également la marine américaine en Méditerranée.

(crédit photo : Armada espagnole)