Un « p’tit Suisse » dans EUTM Mali

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(BRUXELLES2) L’Union européenne et la Suisse ont signé finalement, ce lundi (28 avril) un accord en vue d’une participation de la Confédération helvétique à la mission militaire de l’UE de l’armée malienne (EUTM Mali). Accord signé, côté du service diplomatique européen (SEAE), par Maciej Popowski, Secrétaire général adjoint, et, côté suisse, par Roberto Balzaretti, le chef de la mission suisse auprès de l’UE.

C’est le résultat d’une longue négociation entamée l’année dernière (Lire : Les finances et les hommes. Deux francophones en renfort à EUTM Mali). Il s’agit, en fait, d’un rétropédalage en douceur de Berne. Au départ, la Suisse envisageait de participer directement à la mission, avec une équipe de formateurs militaires pour assurer la formation au droit humanitaire, et ce dans la première phase de la mission. Cela aurait été assez logique… Mais la situation interne en a décidé autrement. Faute de mieux, et histoire de ne pas perdre la face, un poste a été trouvé : sous forme d’un spécialiste médias, qui participera aux activités de visibilité et de sensibilisation de la mission auprès de la population malienne…

C’est plutôt faible et purement symbolique. Encore qu’on puisse s’interroger sur l’utilité d’un tel symbole. Cela signifierait-il qu’il y a tellement peu de francophones disponibles au sein de l’Union européenne qu’il fasse les recruter hors de l’Union européenne… 😉 Plus généralement, on peut s’interroger sur cette stratégie. Ouvrir à des pays tiers les missions de l’UE est en soi, un acte de politique étrangère, qui n’est pas inutile. Mais les multiplier à l’excès juste pour avoir un ou deux pays de plus au « tableau de chasse » est-il vraiment intéressant ? On note aussi le peu d’appétence des pays de l’Union européenne à remplir les postes offerts en son sein. Ce qui révèle plus qu’un problème…

(Nicolas Gros-Verheyde)