EUFOR RCA. Vive les Géorgiens ?

(crédit : ministère géorgien de la Défense)
(crédit : ministère géorgien de la Défense)

(BRUXELLES2 – exclusif) Les contours de l’opération militaire européenne restent encore flous. Mais la liste des pays qui pourraient participer se précise.

Une aide bilatérale, ca suffit !

Certains pays qui étaient cités précédemment, comme les Polonais ou les Belges, voire les Visegrad (Rép. Tchèque, Slovaquie, Hongrie), ne semblent plus vraiment volontaires pour envoyer du personnel. Certains d’entre eux (Pologne, Belgique) l’ont déjà fait à titre bilatéral et s’estiment donc quitte vis-à-vis de l’effort à faire. Ce qui n’est pas faux…

Tableau contrasté

Dans un sens inverse, d’autres qui n’avaient pas jusqu’ici montré qu’un intérêt limité, ou n’avaient rien dit, avancent, maintenant, un avis plus positif. Le tableau est donc très contrasté. Et entre la réunion des ministres des Affaires étrangères, lundi prochain (10 février) et celle plus informelle des ministres de la Défense, les 20 et 21 février, à Athènes, les principales contributions devraient émerger.

Une participation… extra-UE

Selon un dernier état des lieux, auquel a procédé B2, la composition de la force serait quelque peu différente de celui qu’on a pu décrire jusqu’ici. Outre les Estoniens (qui ont déjà annoncé leur présence), l’opération pourrait être constituée grâce un pays tiers… la Géorgie. L’UE a, en effet, fait appel aux pays avec qui ils avaient un accord de participation. Tbilissi a, ainsi, proposé de fournir une des trois compagnies nécessaires (soit environ 140 hommes). Ce qui correspond à une réelle volonté de cet Etat du Caucase, entré dans le processus d’association en novembre dernier, de s’ancrer dans un panorama européen.

Un pays allant dans les OPEX

La Géorgie est un pays habitué à envoyer des troupes à l’étranger, mais jusqu’ici principalement aux côtés ou à la demande des Etats-Unis. Ils ont été ainsi en Irak et sont toujours au Kosovo ou en Afghanistan. Ils avaient exprimé lors de leur signature de l’accord-cadre de participation à la PSDC, leur volonté de se joindre rapidement à des missions ou opérations européennes

Des Nordiques et des Espagnols ?

L’autre participation notable qui se dessine est celle des pays nordiques. La Finlande pourrait envoyer jusqu’à 50-60 hommes/femmes (et non pas quelques officiers ou une vingtaine de personnes comme esquissé au départ). La Suède suivrait avec quelques personnels. On se souvient que le ministre suédois des Affaires étrangères, Carl Bildt, avait – lors de la dernière réunion des ministres des Affaires étrangères – exprimé son « dépit » (terme diplomatique pour dire qu’il n’était pas content du tout) sur le non-emploi des battlegroups en République centrafricaine. Ce qui permettrait de former une seconde compagnie (nordique).

Autre participation qui pourrait se confirmer : celle de l’Espagne. Malgré des déclarations contraires au premier abord, les Espagnols pourraient, en effet, envoyer une ou plusieurs sections (30-40 personnels). Les Roumains ont aussi exprimé leur possibilité d’envoyer des hommes.

Allemands et Grecs : à l’économie

Enfin, l’Allemagne fournira des moyens d’évacuation médicale ainsi que la Lituanie, un avion. Les Grecs ne fourniront en revanche aucun militaire sur le terrain mais un peu de personnel pour le quartier général de l’opération qui sera situé … à Larissa (le QG étant financé sur fonds communs, c’est une manière comme une autre pour les Grecs de faire payer par l’Europe cette structure qui n’a jamais été utilisée). A noter que les Serbes ont aussi été approchés. Mais, pour l’instant, leur proposition ne semble pas suffisante.

Merci Tbilissi !

Si tout le monde tient ses promesses, cela permettrait d’arriver sans trop de difficulté à l’effectif cible (environ 500 personnels). La participation française serait alors inférieure à la moitié du contingent (moins de 250). Et l’honneur européen sera sauf ! Grâce aux Géorgiens… On ne peut cependant pas dire que chacun se précipite pour participer ou annoncer sa participation. Et si l’effectif à atteindre n’est pas énorme, cet attentisme n’est pas un très bon signe de santé pour l’Europe de la défense.

Nicolas Gros-Verheyde

Rédacteur en chef du site B2. Diplômé en droit européen de l'université Paris I Pantheon Sorbonne et auditeur 65e session IHEDN (Institut des hautes études de la défense nationale. Journaliste depuis 1989, fonde B2 - Bruxelles2 en 2008. Correspondant UE/OTAN à Bruxelles pour Sud-Ouest (auparavant Ouest-France et France-Soir).