Statistiques ethniques, eurocompatible

(B2) La collecte de données ethniques à des fins statistiques, la Commission européenne n’y est pas opposée, au contraire. Elle le recommandait d’ailleurs dans son dernier rapport sur l’application des directives européennes anti-discriminations. Mais pas sans conditions.  Selon un porte-parole de la Commission, il existe la « possibilité de collecter les données de personnes étrangères, d’origine raciale » à deux conditions essentielles : « 1° le but doit être légitime (lutter contre les discriminations), 2° la protection des données personnelles doit être assurée (pas de donnée nominative) », on peut donc compter les gens mais pas les identifier personnellement ; le tout en vue de développer des politiques d’intégration ». L’absence de données précises ne permet pas de mener des politiques bien définies, plaide-t-on à Bruxelles.  L’Agence européenne des droits fondamentaux, une agence de l’Union européenne établie à Vienne, qui a succédé en 2007 à l’Observatoire contre le Racisme,  s’est – à plusieurs reprises – plaint du manque ou l’hétérogéïnité de données statistiques en Europe sur les délits racistes notamment (voir le rapport sur le racisme ou la avis sur l’application des directives de 2000).

 (NGV)

Nicolas Gros-Verheyde

Rédacteur en chef du site B2. Diplômé en droit européen de l'université Paris I Pantheon Sorbonne et auditeur 65e session IHEDN (Institut des hautes études de la défense nationale. Journaliste depuis 1989, fonde B2 - Bruxelles2 en 2008. Correspondant UE/OTAN à Bruxelles pour Sud-Ouest (auparavant Ouest-France et France-Soir).