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[Histoire] Un pique-nique et tout fout le camp

(BRUXELLES2) Le pique-nique organisé le 19 août 1989 (il y a 25 ans) par le mouvement du prince Otto de Habsbourg à Sopron avec le ministre d'état hongrois, le réformateur Imre Pozsgay, attire les Allemands de l'est. Ceux-ci décident de prolonger leurs vacances en Hongrie. Plusieurs centaines profitent de l'ouverture temporaire de la frontière pour passer à l'Ouest.

L'exemple donné, plusieurs centaines d'autres affluent vers Budapest, prenant d'assaut notamment l'ambassade RFA (idem à Prague). Le Premier ministre Gyula Horn annonce cette décision « de ne pas renvoyer les réfugiés est-allemands vers la RDA », à Helmut Kohl au chateau de Gymnich. « Quelles seront les conséquences à Moscou » demande Kohl. « C’est notre affaire » répond-il.

Helmut Kohl téléphone à Gorbatchev pour avoir son avis. Il lui répond « Notre ami hongrois est un gars bien ». Autant dire un sauf-conduit. A Budapest, quand les autorités hongroises téléphonent à leurs homologues russes, elles tombent sur un vide. Profitant de cette absence, Budapest décide. Le 11 septembre, la frontière est carrément ouverte pour tous (1). Entre 30 à 50.000 Allemands de l'est profiteront de l'occasion pour passer en Autriche (lire sur RFI). Cette petite brèche dans le mur entre Est et Ouest entraine des répercussions en cascade

La suite est connue : les Européens de l'Est soucieux de partir à l'Ouest s'empressent de passer par la Hongrie. Le mur de Berlin, vermoulu, s'ouvre concrètement le 9 novembre 1989. La Tchécoslovaquie pousse à son tour avec la révolution de velours qui fait chuter le régime communiste le 28 novembre (lire : [Reportage] 1989 Révolution douce en TchécoSlovaquie). La Roumanie ferme la marche, de façon plus sanglante, avec des émeutes meurtrières à Timisoara et Bucarest à la Noël 1989 et l'exécution sauvage de Ceaucescu.

(NGV)

  1. Budapest avait déjà permis depuis le 1er janvier aux Hongrois d'aller en Autriche. Le démantèlement du mur de barbelés avait été entamé sur quatre points frontières à partir du début mai, puis de façon totale à partir de début juillet.

Nicolas Gros-Verheyde

Rédacteur en chef du site B2. Diplômé en droit européen de l'université Paris I Pantheon Sorbonne et auditeur 65e session IHEDN (Institut des hautes études de la défense nationale. Journaliste depuis 1989, fonde B2 - Bruxelles2 en 2008. Correspondant UE/OTAN à Bruxelles pour Sud-Ouest (auparavant Ouest-France et France-Soir).

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