Européens dormez sur vos deux oreilles, les Américains sont là !

(crédit : US Navy)
(crédit : US Navy)

(BRUXELLES2) Faute d’Européens disponibles, c’est le navire de transport amphibie de l’US navy, l’USS San Antonio (de son petit nom, LPD-17) qui est intervenu en Méditerranée, pour récupérer des réfugiés en détresse qui dérivaient à bord du dinghi au sud de Malte (à 60 miles de l’ile). Les 128 personnes – se disant somaliennes – ont, ensuite, été transférés vers un navire patrouilleur maltais (le P-52). Et comme le précise aimablement l’US Navy, c’est à la demande du gouvernement maltais.

« Distressed persons wave after being transferred from the amphibious transport dock ship USS San Antonio (LPD 17) to Armed Forces of Malta offshore patrol vessel P52. San Antonio provided food, water, medical attention, and temporary shelter to the rescued. San Antonio rescued 128 men adrift in an inflatable raft after responding to a call by the Maltese Government. » Opération qui n’était pas facile par une mer agitée et un vent de force 6 (les marins comprendront ;-).

Le dinghi avait effectivement été repéré par un hélicoptère des force maltaises mercredi (16 octobre), dérivant à environ 75 miles des côtes. L’alerte donnée au centre de coordination de l’ile, c’est le P61 qui se dirige d’abord vers les lieux. Vu la météo, un navire marchand s’est dérouté pour offrir une « protection aux migrants », le temps que les secours arrivent. Finalement, vu l’état de la mer, c’est le navire américain qui a été à l’approche ramenant les réfugiés dans une zone plus calme pour les remettre aux Maltais aujourd’hui à midi.

Commentaire : félicitations à l’US Navy. La solidarité des gens de mer a joué. Mais il va être très difficile aux Européens de continuer à donner des leçons au monde s’ils sont incapables de faire du basique « Search and Rescue » aussi près de leurs côtes, en devant faire appel aux Américains. La puissance ne se mesure pas seulement au nombre d’habitants, au cours de l’Euro, aux beaux discours mais à la capacité d’allier le discours aux actes. En réagissant rapidement ! Malte serait en droit aujourd’hui d’actionner la clause de solidarité du Traité de Lisbonne, dont on a tant parlé, et qui n’est pas vraiment applicable, le texte de mise en oeuvre circulant encore dans les méandres des capitales !

Nicolas Gros-Verheyde

Rédacteur en chef du site B2. Diplômé en droit européen à l'université Paris I Pantheon Sorbonne. Journaliste professionnel depuis 1989, fonde B2 - Bruxelles2 en 2008. Correspondant UE/OTAN à Bruxelles pour Sud-Ouest (auparavant Ouest-France et France-Soir). Auditeur de la 65e session de l'IHEDN (Institut des hautes études de la défense nationale).