L’apostrophe de Guy sur la Syrie

débat au Parlement européen (Parlement européen / B2)

(BRUXELLES2) Le doigt pointé, Guy Verhofstadt a dénoncé mardi (11 septembre) l’attitude des Européens et de la Haute représentante de l’UE sur la Syrie.

Venant tout juste de rencontrer deux témoins des violences à Alep, le leader des Libéraux et Démocrates au Parlement européen n’a pas mâché ses mots. « On parle de transition politique, alors qu’il y a des milliers de personnes qui sont mortes et plusieurs centaines de milliers de réfugiés. C’est absurde. Dites la réalité. (…) Il faut reconnaître que ni le plan Annan ni aucun autre plan ne pourra réussir. »

L’Union européenne trop faible

L’absence d’action de la communauté internationale face à la crise humanitaire en Syrie est un « vrai scandale » a-t-il continué. « L’Union européenne a simplement été faible en Syrie. Les arguments de la communauté internationale pour ne pas intervenir en Syrie sont un pur non sens. Si les démocraties occidentales échouent à intervenir, la population syrienne deviendra de plus en plus dépendante des combattants du Jihad. »

Créer une coalition

L’Union européenne doit créer une coalition de bonnes volontés. « C’est à vous (il s’adresse alors à la Haute représentante) de prendre la tête de celle-ci. » « On a fait des coalitions de bonne volonté pour des mauvaises causes » Une référence à la coalition américaine en Irak en 2003, coalition à laquelle avait alors de refuser plusieurs pays, dont la Belgique alors dirigée par G. Verhofstadt. « Celle-ci (la Syrie) est une bonne cause ». « C’est de notre responsabilité. A nous occidentaux !  »

Selon l’eurodéputé, cette coalition doit mettre en place certaines mesures : (1) établir une zone d’exclusion aérienne au-dessus de la Syrie — « sans No Fly Zone, Assad pourra continuer à utiliser ses avions pour bombarder sa population » — ; (2) créer de zones de sécurité sur le terrain — « sans buffer zone, il ne peut y avoir de zone sûre pour les réfugiés » — ; (3) mettre en place de couloirs humanitaires ; (4) avoir une aide véritable pour l’Armée syrienne libre, pas seulement rhétorique — « Si vous ne donnez pas d’armes à l’ALS, il y aura la Djihad. » ; (5) et enfin, plus d’aide humanitaire pour les réfugiés.

Et de conclure : « L’UE ne peut se permettre de s’absenter pendant les changements historiques et les défis, nous assistons au Moyen-Orient Nous ne pouvons pas être un défenseur crédible des droits de l’homme à travers des déclarations. Notre impact réel sera affiché dans les actions. »

Qu’a répondu la Haute représentante devant cette courte diatribe ? 

... une photo vaut mieux qu'un long discours (crédit : Parlement européen / B2)

 

Nicolas Gros-Verheyde

Rédacteur en chef du site B2. Diplômé en droit européen de l'université Paris I Pantheon Sorbonne et auditeur 65e session IHEDN (Institut des hautes études de la défense nationale. Journaliste depuis 1989, fonde B2 - Bruxelles2 en 2008. Correspondant UE/OTAN à Bruxelles pour Sud-Ouest (auparavant Ouest-France et France-Soir).