Battlegroup, un problème, chronique ?

(BRUXELLES2, exclusif) Les « trous » dans le planning des battlegroups commencent à être criants. C’est bien simple : il est plus facile de compter les « tours de garde » pris (les « slots » en langage d’expert) que les absences. Les spécialistes du sujet qui se réunissent le 19 avril prochain – pour la traditionnelle conférence de coordination des battlegroups – auront fort à faire.

Un seul battlegroup de permanence au lieu de deux

Pour 2013 (comme pour ce premier semestre 2012), il n’y aurait ainsi qu’un seul battlegroup de permanence (au lieu de 2) à chacun des semestres concernés. Même chose au premier semestre 2014 (la Suède qui devrait prendre la permanence a apparemment reporté sa participation à l’année suivante). Quant au planning des années suivantes (de 2015 à 2017), cela n’est pas un planning… mais une vaste feuille blanche parsemée de quelques tâches noires, rares… C’est bien simple, selon un militaire participant de près à l’élaboration du planning, « nous avons seulement 2 slots qui sont pourvus sur un total de 10  » !

Mais pourquoi aussi peu ?

Cependant les Etats membres ne renient pas le concept. Selon une étude qui va être discutée devant les ambassadeurs des « 27 » du Comité politique et de sécurité (COPS), il n’y a pas de dédain ni de manque de volonté. Tous les Etats membres soutiennent à la fois le principe et le concept des battegroups. Celui-ci est en effet considéré non seulement comme un outil de réaction rapide de l’Union européenne mais aussi (et surtout) comme un outil de la transformation des armées. Bref, indispensable à toute réforme et toute armée. Le fait qu’ils n’aient pas été employés, un fait abondamment relayé dans la presse, ne joue pas dans cette détermination. Apparemment il n’y a donc pas de problème politique. Chacun interprète au besoin différemment les dispositions des Battlegroups, les adaptant à la donne nationale.

En fait, ce qui freine les Etats membres, ce sont … les finances. L’implication dans un battlegroup ne représente pas une charge mineure. Et quand on a affaire à des problèmes financiers par ailleurs (comme en Grèce, Portugal, Roumanie ou Hongrie) ou à des engagements massifs outre-mer (Royaume-Uni…), la question ne peut être éludée… L’idée qui pourrait être retravaillée serait autour de « niches » capacitaires, permettant de mettre en place certains fonctions dédiées de réaction rapide, comme le soutien médical. On peut penser, sans conteste, au projet d’hopital de campagne (mené par l’Italie dans le cadre de l’Agence européenne de défense).

Commentaire : On n’est pas loin ainsi de la spécialisation, envisagée un moment, comme une piste à une meilleure organisation des forces européennes. Le chemin est encore long…