En Bosnie, Althea II sera une nouvelle mission « technique »

(B2) Même si la décision n’est pas prise officiellement, les Ministres de la Défense de l’UE ont convenu, le 12 mars à Prague, lors de leur traditionnelle réunion informelle semestrielle, de clore la mission militaire de l’UE en Bosnie-Herzégovine (Eufor Althea) de façon concertée. « Il y a un accord entre nous que les tâches militaires sont remplies » a expliqué la ministre tchèque de la Défense, Vlasta Parkanova. « La question, maintenant, est de définir quand et comment Althea sera transformée en une mission d’entraînement, de conseil et de formation. Ce n’est pas un secret que les avis des Etats membres divergent sur cette question. Mais dans des nuances » a-t-elle justifiée. « Il faut respecter l’évolution politique dans le pays. Cela ne veut pas dire quitter la Bosnie-Herzégovine et la laisser se débrouiller toute seule. Il faut réfléchir sur le meilleur moyen de conduire ce pays vers les structures européennes et transatlantiques (NB : OTAN).» La ministre a conclu sur un point fondamental : « Une décision (de retrait) est nécessaire. Nous sommes d’accord. Mais le rôle d’une réunion informelle n’est pas de prendre une décision. Nous devons cependant éviter tout retrait unilatéral». Plusieurs Etats membres (France, Espagne, Pologne) ont plaidé pour un retrait le plus rapide possible, du fait de raisons financière et opérationnelle (en Afghanistan). De son côté, le diplomate en chef de l’UE, Javier Solana a confirmé la double nécessité de garder une « forte présence » de l’UE en Bosnie-Herzégovine, « C’est essentiel » — et d’adapter la mission de l’UE. La nouvelle mission — « l’option 3 » selon les militaires — sera ainsi « non-exécutive ». La décision sera prise d’ici mai.

(NGV)

Nicolas Gros-Verheyde

Rédacteur en chef du site B2. Diplômé en droit européen de l'université Paris I Pantheon Sorbonne et auditeur 65e session IHEDN (Institut des hautes études de la défense nationale. Journaliste depuis 1989, fonde B2 - Bruxelles2 en 2008. Correspondant UE/OTAN à Bruxelles pour Sud-Ouest (auparavant Ouest-France et France-Soir).