La manif des pêcheurs fait tanguer la rue de la Loi à Bruxelles

(B2) La Rue de la loi bloquée (la rue qui dessert le siège de la Commission européenne comme de nombreuses DG – directions générales – et est aussi celle du Premier ministre, de l’assemblée belges et de nombres de ministères). Plusieurs centaines de policiers, de la police de Bruxelles avec des renforts d’Etterbeek et de la Réserve générale. Un hélicoptère de la police fédérale en l’air. Les petits plats avaient été mis dans les grands pour recevoir dignement les marins-pêcheurs, essentiellement français, venus manifester à Bruxelles. En fait, 300 seulement étaient présents, à vue d’oeil. Les autres ayant apparemment été bloqués aux frontières.

La manifestation calme au début, en matinée, a dégénéré en début d’après-midi. Quand une délégation, après avoir été reçue une bonne heure, par le chef du cabinet du commissaire européen Joe Borg, chargé la Pêche, est sortie. Le langage des responsables européens rejetant des «  solutions à court terme si elles ne s’inscrivent pas dans des réformes structurelles » ou expliquant que « ce n’est pas le commissaire Borg qui a la solution mais que celle-ci est plutôt dans les Etats membres » a manifestement eu du mal à passer auprès des marins restés à battre le pavé.

Résultat… Quelques pavés ont été descellés, et ont volé en direction des vitres de quelques bâtiments européens à proximité. La Direction générale de l’Agriculture, à proximité, a notamment écopé de nombreuses vitres  cassées. De même que le bâtiment Lex du Conseil. Et une banque (en soirée, les vitriers étaient déjà à l’oeuvre pour réparer les dégâts). Une ou deux poubelles ont aussi été brûlée. Et une voiture renversée.

74 pêcheurs ont été arrêtés (73 Français) par la police – 60 arrestations administratives et 14 judiciaires. La police – aidée du repérage hélicoptère – est apparemment partie à la recherche des fauteurs de trouble, dans les rues adjacentes, pour  les ramener, sous bonne escorte – et détenus quelques heures. Les policiers n’ont surtout pas apprécié les « tirs tendus de fusée » marine. « Ca ne se fait pas. C’est dangereux » assurait un responsable. Les forces de l’ordre déploraient trois blessés légers. « Nous libérons tout le monde peu à peu » assurait, hier soir, Christian De Coninck, porte-parole de la police de Bruxelles. Mais pour les arrestations judiciaires, pesait encore l’épée de Damoclès de possibles poursuites du Parquet.

(NGV)

Photos : © Ngv (la dernière photo est volontairement floutée)

Nicolas Gros-Verheyde

Rédacteur en chef du site B2. Diplômé en droit européen de l'université Paris I Pantheon Sorbonne et auditeur 65e session IHEDN (Institut des hautes études de la défense nationale. Journaliste depuis 1989, fonde B2 - Bruxelles2 en 2008. Correspondant UE/OTAN à Bruxelles pour Sud-Ouest (auparavant Ouest-France et France-Soir).