Eté 67, le temps de la nostalgie

Eté 67 sera à la Maroquinerie à Paris le 17 octobre, pour son premier « vrai » concert en salle devant le public français. Un nouveau « petit » groupe belge, de rock en français, composé de jeunes de 21 à 23 ans originaire d’Esneux près de Liège (est de la Belgique). Découverte.

Formés depuis ?

On joue ensemble depuis 7-8 ans. On avait 14-15 ans. Le groupe n’avait pas d’autre ambition que de se retrouver entre amis, de boire une bière, d’écouter de la musique et de penser à autre chose que l’école. Petit à petit, on a commencé à se produire dans le café du quartier, et des plus grands cafés et salles. On a gagné le tremplin des Francofolies de Spa. Il y a trois ans. Ca été l’élément déclencheur.

Ete 67, quel nom !

Le nom est venu naturellement, cela date de l’époque où on s’est rencontré. On était jeunes, à l’école, les 5 qui forment le groupe. C’est aussi le moment de la musique qu’on écoutait à ce moment-là.

Quelle musique ?

La tendance était à la dance musique. Nous, on préférait Beatles, The Doors, Jimi Hendrickx. Naturellement, ce sont ces morceaux-là qu’on a joué. On faisait des reprises. Un été extrêmement riche en bons disques. Une utopie. L’été des fleurs. De l’amour. Un état d’esprit d’ouverture sur le monde qui nous touchait.

Moins présent aujourd’hui ?

Les choses ont changé. La tendance naturelle n’est pas à l’espoir et l’amour invétéré. On n’est pas nostalgiques. C’est plus un clin d’œil. Tout n’était pas rose dans cette époque. On l’idéalise consciemment.

Un style ?

On s’est pas mis de barrières. Des morceaux plus jazzys, des morceaux plus acoustiques, plus ballades. Et des morceaux très rocks. C’est un album de variété au sens noble du terme.

En français ?

C’est vrai que tous les groupes chantent en anglais. Ca s’est fait naturellement. Ce n’était pas automatique. Les reprises étaient naturellement en anglais. On avait envie d’exprimer du sens en français, et de le faire de manière assez fine, de jouer sur les mots, d’introduire de l’humour… Il y a toute une tradition de chansons françaises qu’on adore : Brel, Brassens, Higelin et, dans les contemporains, Benabar, Fersen.. Des artistes pour qui jouer avec les mots est aussi important que les sons. La musique ce n’est pas uniquement une sonorité, c’est aussi un mot qui sonne bien. Pour que les gens puissent se reconnaitre.

Un titre à mettre en avant ?

Le « quartier de la gare ». C’est avec ce titre qu’on s’est présenté. Il résume bien notre démarche. C’est simple, direct. Cela parle d’un quartier de Liège, le quartier des Guillemins. Dans toutes les villes du monde, il y a ce quartier de la gare qui est toujours à peu près le même, où se croisent à la fois les hommes d’affaires qui prennent le train et les clochards qui font la manche. C’est une histoire de contraste. Quand on compose, on ne se fixe pas de thème préétabli. A chaque chanson, il y a sa recette. C’est davantage des observations de tous les jours que de grands messages pseudo-philosophiques. Ce n’est pas trop notre truc d’ailleurs. Peut-être parce qu’on est aussi jeunes et qu’on veut pas trop se prendre la tête. Ou se prendre au sérieux. Nous voulons raconter le quotidien, des relations humaines.

La formation ?

Nicolas à la basse, Raphaël et Renaud aux guitares électriques, Brian à la batterie, Nicolas Le chanteur et guitare acoutisque et clavier, Xavier a un rôle plus libre : saxo, clarinette, tambourin, claviers, harmonica. Ca nous permet d’être plus tranquille après les concerts. Il y a pas de dispute.

Paris ?

C’est une grande attente. On attend çà depuis longtemps. Ca nous permet de repartir à zéro. Et de nous présenter devant un public neuf. C’est un défi qui nous intéresse.

La mode est aux Belges ?

Les Belges percent pas mal. C’est vrai. C’est ce qu’on dit. On va allez vérifier. Il y a une prise de conscience en Belgique que la musique de qualité peut s’exporter. Regardez Girls in hawai, Ghinzu, …D’une certaine façon, çà nous facilite la vie. Mais si un Belge sort un mauvais disque, ce n’est pas pour çà qu’il peut l’exporter.

L’avantage belge ?

C’est gai en Belgique. On se voit régulièrement. On se croise. Entre tous les groupes. Il y a des échanges permanents.

Le prochain Album ?

En mars 2007, après une tournée plus intensive en janvier, chez Wagram).

(NGV)

Nicolas Gros-Verheyde

Rédacteur en chef du site B2. Diplômé en droit européen à l'université Paris I Pantheon Sorbonne. Journaliste professionnel depuis 1989, fonde B2 - Bruxelles2 en 2008. Correspondant UE/OTAN à Bruxelles pour Sud-Ouest (auparavant Ouest-France et France-Soir). Auditeur de la 65e session de l'IHEDN (Institut des hautes études de la défense nationale).