Le système européen de navigation Galileo en panne

(B2) Le système européen de navigation par satellite est en panne. Son gestionnaire a fait passer le message dimanche : Galileo est « actuellement affecté par un incident technique lié à son infrastructure terrestre »

(crédit : agence européenne Galieo)

Le signal SAR préservé

Cet incident a entraîné « une interruption temporaire des services initiaux de navigation et de minutage ». Seul reste en fonctionnement le service de recherche et de sauvetage (SAR) – utilisé pour localiser et aider les personnes en détresse, par exemple en mer ou en montagne. Le SAR « n’est pas affecté et reste opérationnel ».

Une détection des anomalies en cours

Les experts travaillent pour rétablir la situation le plus rapidement possible. Un comité d’examen des anomalies a été immédiatement mis en place pour analyser la cause première exacte et mettre en œuvre des actions de récupération.

Une dégradation  depuis plusieurs jours

Le gestionnaire du service avait averti ses utilisateurs jeudi dernier (11 juillet) de la « dégradation du service sur tous les satellites Galileo ». Les signaux peuvent « ne pas être disponibles ni respecter les niveaux de performance minimum. Leur utilisation s’effectue aux risques de l’utilisateur ».

En phase initiale

Galileo est opérationnel depuis décembre 2016 mais il est toujours en phase ‘pilote’ initiale : c’est-à-dire qu’il fournit des « services initiaux » précédant la phase de « services opérationnels complets ». Les signaux Galileo sont utilisés en association avec d’autres systèmes de navigation par satellite.

(NGV)

Télécharger le message aux utilisateurs du 13 juillet 2019

Que veut dire l’ordre donné par le Conseil européen aux navires des ONG ?

(B2) Au détour d’une phrase placée dans les conclusions du sommet des 29 et 29 juin, les 28 chefs d’État et de gouvernement, donnent un ordre comminatoire : « Tous les navires qui opèrent dans la Méditerranée doivent respecter les lois applicables et ne pas faire obstacle aux opérations des garde-côtes libyens. » Que veut-elle dire ?

Nous avons posé la question avec quelques collègues journalistes aujourd’hui à la Commission européenne. Car cette phrase, plutôt sibylline, est aussi extraordinaire. Elle s’adresse directement à des entités privées, hors de la juridiction de l’Union européenne (haute mer ou pays tiers). Ce qui est plutôt rare pour des conclusions d’un sommet européen. En déroulant le fil des questions-réponses, on peut résumer la doctrine européenne.

Cet ordre s’adresse-t-il à « Tous les bateaux en Méditerranée » ?

Non. La Commission reconnait que cette formulation est un peu trop large. « Oui, on aurait pu être plus précis. Ce n’est que dans la zone de sauvetage et de recherche en mer de Libye que ces ordres auront force de loi. »

Quelle est la ligne européenne vis-à-vis des garde-côtes libyens ?

Les aider à faire leur ‘boulot’. « Tout bateau en mer doit respecter les lois applicables et ne pas empêcher les garde-côtes libyens d’agir. C’est en ligne avec ce que nous voulons à la Commission, c’est-à-dire casser le business model de trafiquants cruels, qui exploitent la misère humaine. Nous travaillons donc de concert avec les Libyens et les aidons à faire leur boulot dans leurs eaux territoriales et de zones de sauvetage et recherche en mer » explique un porte-parole de la Commission.

Les navires doivent-ils obéir aux ordres des Libyens ?

Oui, s’ils sont dans la zone libyenne de secours (MRCC). « Selon le droit international, celui qui coordonne le sauvetage en mer est responsable pour toute l’opération y compris le point de débarquement, la Libye a notifié sa zone maintenant, donc quand c’est MRCC Libye qui coordonne, tout bateau doit respecter ses ordres » Et le porte-parole d’ajouter (histoire d’être bien clair « Si la Libye dit qu’elle se charge d’un incident, [les garde-côtes libyens] ont le droits de revenir en Libye pour  débarquer [les personnes recueillies]. Il ne faut pas intervenir. […] C’est dans ce sens que vont les conclusions. »

Les bateaux européens qui ont (déjà) recueilli des personnes en mer sont-ils obligés de débarquer ces migrants ou réfugiés en Libye ?

Non. « Pour les bateaux européens, il peut pas y avoir de débarquement dans un pays tiers qui n’est pas sûr. » Ce qui est le cas de la Libye. Cette règle s’applique à tous les navires engagés dans les opérations maritimes européennes (Thémis de Frontex, EUNAVFOR Med de l’UE) ou qui portent un pavillon européen (ou autre).

L’Italie est-elle obligée d’accueillir les migrants ?

Sur la fermeture des ports italiens, le porte-parole ne veut pas se lancer dans des « appréciations de fait ». « Cela dépend à qui appartient le bateau et où ont été secourus les migrants. » Mais il renvoie la balle sur Rome : « Si l’Italie est responsable, c’est à eux de trouver un point de débarquement, si c’est un autre acteur c’est à cet acteur. »

L’Italie est-elle toujours le port de débarquement ?

Pas automatiquement. « Rien dans le droit international ne dit que le pays qui coordonne un évènement [de sauvetage] doit aussi être le lieu de débarquement. Ce que nous avons voulu au niveau européen, c’est avoir davantage de coopération, parce que chacun veut une solution pour savoir quoi faire. »

Les prochaines étapes : d’ici la fin de l’été

« Pour les plate-formes de débarquement et la coopération en matière de recherche et de sauvetage, nous allons continuer les contacts avec l’OIM (l’organisation internationale des migrations) et le UNCHR (Haut commissariat aux réfugiés des Nations-unies). Un conseil informel la semaine prochaine pour faire un tour avec les Etats membres. Et nous allons prendre les prochaines étapes avant [la fin de] l’été. »

(Nicolas Gros-Verheyde, avec Aurélie Pugnet st.)

Nouvel incident avec les garde-côtes libyens (V2)

(crédit : SOS Méditerranée)

(B2) Un nouvel incident a lieu au large de la Libye ce samedi matin (27 janvier), selon les marins et l’équipe médicale de l’Aquarius.

Refus de toute assistance

Le navire affrété par SOS Méditerranée était en mission de recherche d’un canot pneumatique en détresse, sur ordre du centre MRCC de Rome, qui coordonne tous les sauvetages en Méditerranée, quand un navire des garde-côtes libyens est intervenu. Ceux-ci ont ordonné à l’équipage de l’Aquarius se tenir à distance, et refusé toute autre assistance malgré les appels du navire de l’ONG (1). « Nous étions à seulement 100 mètres, l’équipe de MSF a pu voir les visages des gens et entendre leurs cris mais n’a pas été en mesure de fournir de l’aide » précise l’équipe de MSF dans un tweet. L’Aquarius a été forcé de quitter la scène, « la sécurité de l’équipe est primordiale ».

Une mise à l’abri, vraiment ?

Mais d’après ce que les membres de l’ONG ont recueilli, le navire des garde-côtes libyens a ensuite « repoussé les réfugiés et les migrants vers la Libye ». « Cela ne peut pas être considéré comme une « opération de sauvetage », la réalité est que les gens ne sont pas renvoyés dans un port de sécurité » proteste l’ONG.

NB : ce n’est pas la première fois que ce type d’incident. L’un particulièrement notable avait lieu début novembre (lire : 5 morts au large de la Libye. Les garde-côtes libyens mis en accusation), au point que cela avait suscité des doutes officiels sur la formation des garde-côtes libyens par les Européens. Les garde-côtes libyens ne sont pas à la hauteur » soulignait un officiel européen (lire : Migrants en Libye : l’UE n’a pas à rougir de son rôle. Un problème avec les garde-côtes libyens ?).

Un incident dans les eaux territoriales

Précisons que cet incident s’est déroulé à une distance de 15 milles marins des côtes libyennes donc rigoureusement dans les eaux internationales (hors de la limite territoriales 12 milles marins des côtes). Par ailleurs, aucune zone libyenne de secours n’a été à ce jour reconnue par l’Organisation Maritime Internationale, sur laquelle les navires libyens auraient une responsabilité dans les opérations de secours et de sauvetage (SSR, Search and rescue region) contrairement à ce que prétendent parfois les autorités libyennes.

(Nicolas Gros-Verheyde)

le samuel beckett de la marine irlandaise engagé en Méditerranée (crédit : MAE Irlande)

Les Irlandais solidaires en Méditerranée

le samuel beckett de la marine irlandaise engagé en Méditerranée (crédit : MAE Irlande)

le samuel beckett (P-61) de la marine irlandaise engagé en Méditerranée (crédit : MAE Irlande)

(B2) Depuis le premier déploiement d’un navire au centre de la Méditerranée en mai 2015, la marine irlandaise a permis de sauver 13.443 personnes en mer (dont 4.851 depuis janvier 2016). Un chiffre qui n’est pas inclus dans les chiffres de sauvetage des opérations de l’UE car l’Irlande ne participe pas à l’opération Frontex de façon directe (l’Irlande n’est pas membre de l’organisation européenne). « Le déploiement irlandais est réalisé sous forme d’un arrangement bilatéral direct avec l’Italie » a précisé un diplomate irlandais à B2. C’est le Samuel Becket (P-61) qui est en Méditerranée en ce moment. L’engagement irlandais a été un des plus constants depuis le début de la crise migratoire (avec l’engagement allemand, islandais et britannique).

VoilierTalay1@LeccePrima

Un voilier battant pavillon turc, avec des migrants, secouru au large de Leuca

VoilierTalay1@LeccePrima(BRUXELLES2) Un voilier battant pavillon turc, le Talay 1, avec 52 migrants à bord, a été secouru jeudi (4 mai) par la Garde côtière italienne au large de Leuca — une ville portuaire située dans le talon de la ‘botte’ italienne, faisant face à l’Albanie et la Grèce.

Au large de Leuca un appel de détresse

Un appel est parvenu à l’aide du centre des opérations de la Garde côtière, selon la presse italienne qui relate l’affaire : « Nous sommes au milieu de la mer, venez nous sauver ». Deux vedettes de Gallipoli et Santa Maria de Leuca se sont alors portées au secours du bateau à environ 11 miles à l’est de Capo di Leuca. Il a fallu un peu de temps, la mer étant agitée, avant que les garde-côtes puissent prendre pied à bord, pour pouvoir ensuite remorquer le voilier à terre.

50 personnes sauvées, deux passeurs arrêtés

Les 52 personnes qui étaient à bord — 23 hommes, 8 femmes (dont 3 enceintes) et 21 mineurs (dont 7 enfants — ont été récupérées saines et sauves et ramenées en Italie au centre Don Tonino Bello de Otranto. Elles viennent essentiellement de Somalie, Syrie, Pakistan et Afghanistan. Parmi eux, deux Géorgiens. Ils ont rapidement été suspectés de n’être pas des migrants mais des passeurs. Le procureur de Lecce, la ville voisine a ouvert une enquête, selon le quotidien local LeccePrima. Un homme âgé de 43 ans, nommé David Barkaia, a été arrêté. Il aurait conclu le contrat de location du bateau. L’autre, un jeune homme de 23 ans, supposé être son complice, a été expulsé.

Deux navires secourus dans les quatre derniers mois

Cette arrivée est-elle un épiphénomène ou le symptôme de l’ouverture de ces fameuses « voies alternatives » évoquées de temps à autre ? Pour nos collègues italiens, l’arrivée dans ces parages reste assez épisodique. Le dernier épisode connu remonte au 31 mars. Ce jour-là un bateau transportant environ 20 migrants de diverses nationalités avait été secouru par la Guardia di Finanza et les Carabinieri. Deux trafiquants avaient été arrêtés — un Albanais et un Grec, ainsi qu’un Syrien en possession de faux documents. Un autre bateau avait été localisé en janvier. L’aventure avait fini tragiquement avec la mort d’une femme nigériane.

(NGV)

MogheriniCavour@UE160415

Mogherini à bord du Cavour : on peut être fier de la réaction européenne

MogheriniCavour@UE160415(BRUXELLES2) C’était une visite nécessaire pour la chef de la diplomatie européenne. Un an après un naufrage en mer qui avait vu près de 900 personnes perdre la vie, le 18 avril 2015, Federica Mogherini était sur le Cavour, le navire-amiral (italien) de l’opération européenne montée, en quelques semaines, pour éviter toute nouvelle tragédie.

Une opération montée en un temps record

« C’est l’une des histoires de l’Union européenne, dont nous pouvons être fiers » a souligné, face à l’équipage multinational du Cavour la Haute représentante de l’UE. « Nous avons réussi à monter l’opération en un temps record d’un mois. Et nous avons atteint la capacité opérationnelle complète, deux mois plus tard. Depuis début octobre, nous opérons dans les eaux internationales avec une priorité claire à l’esprit : sauver des vies. »

La priorité sauver des vies

Lampedusa a connu « plusieurs fois des tragédies comme celle-là. Mais ce fut la première fois que l’Union européenne a réagi en tant que telle » s’est-elle félicité. Depuis, 13.000 personnes ont été sauvées, dont 800 enfants. « Il y a un an, nous avions un sentiment de honte, je n’ai pas peur d’utiliser ce mot, nous étions honteux d’une Europe qui n’était pas en mesure de sauver des vies, Aujourd’hui, nous pouvons être fiers d’une Europe qui est capable de sauver des vies. »

(NGV)

Lire aussi : Une tactique politique remarquable. Le voile se lève sur EUNAVFOR Med (Maj)

La discussion sur la révision du mandat d’EUNAVFOR a commencé. 4 Options… *

Nouvelle journée de sauvetage en Méditerranée

(B2) Ce samedi (16 avril), deux navires de la marine italienne qui participent à l’opération Mare Sicuro, le Borsini et l’Orione, sont venus au secours de plusieurs bateaux pneumatiques qui transportaient des migrants à partir de la Libye. Ils ainsi pu récupérer respectivement 118 migrants, dont 20 enfants, et 106 migrants. Quant aux 558 migrants récupérés les jours précédents, ils ont été amenés au port de Reggio Calabria par le navire Cigala Fulgosi.

910 migrants récupérés en Méditerranée

(B2) Près de 910 migrants ont été secourus ce samedi (19 mars) au large de la Libye. 420 migrants ont été récupérés par la frégate espagnole Numancia. Et 20 autres par la corvette allemande Ludwigshafen. Ils étaient à 30 miles nautiques des côtes à bord d’un navire en bois venant de Sabratah. On revoit ainsi au large des côtes libyennes des navires en bois qui avaient été moins utilisés ces derniers temps.

112 autres migrants ont été secourus par le navire de Frontex Siem Pilot. Tandis que le navire Diciotti (CP941) des garde-côtes italiens récupérait 378 migrants, lors de deux autres opérations de secours : 132 migrants d’un premier canot et 246 autres d’un navire en bois dont 50 femmes et un mineur. Ils ont également récupéré un corps, décédé.

Le Siem Pilot a débarqué à Palerme les 700 réfugiés qu’il avait à bord.

(NGV)

Nouveau sauvetage en Méditerranée. La voie libyenne est rouverte (maj)

(B2) Le beau temps revenu… ils arrivent. En trois jours, près de 2500 naufragés de la migration ont ainsi été récupérés par les différentes marines déployées au large de la Libye.

Les navires Sphinx et Aliseo de la marine italienne — qui participent à l’opération Mare Sicuro — ont ainsi récupéré ce vendredi (18 mars) plus de 300 personnes qui voguaient dans trois canots différents : 115 d’un premier canot, 130 migrants sur un second canot pour le Sphinx. Tandis que l’Aliseo récupérait 121 migrants, transférés du navire norvégien de Frontex Siem Pilot, selon le fil twitter de la marine italienne. Ils ont été débarqués à Reggio Calabria puis amenés par bus à Tarente. De leur côté, le Peluso des gardes-côtes italiens (CP 905) venait au secours de 243 personnes dans deux opérations. Ils ont récupéré également un corps d’un migrant décédé. Tandis que l’Egeo (CP322) venait au secours dans la nuit de 2 autres canots.

La veille, jeudi (17 mars), le navire océanographique britannique HMS Enterprise (EUNAVFOR MED) est venu au secours de trois canots pneumatiques de sauvetage, précédemment repérés par l’avion de surveillance aérienne espagnol Vigma D4. Il a ainsi récupéré en tout 378 naufragés : 116 naufragés sur un canot, 98 migrants sur un second canot et 164 venant d’un troisième canot.

(NGV)

Le Cavour... © NGV / B2

Le Cavour, navire amiral d’EUNAVFOR Med

Le Cavour... © NGV / B2

Le Cavour… © NGV / B2

(B2, à bord du Cavour) Long de 244 mètres, large de 40 mètres avec une hauteur de 55 mètres (soit 11 étages), quand on monte à bord du Cavour, on pourrait ne pas se sentir en pleine mer. Si ce n’est le petit mouvement de roulis, perceptible de temps à autre, les 27 000 tonnes du navire assurent une certaine stabilité.

Une journée à bord

La journée à bord démarre normalement vers 7h30, avec le petit déjeuner, briefing général dans le hangar, avec les consignes du jour, nettoyage du navire vers 10-12h. L’après midi, entrainement collectif divers (alerte incendie, alerte sauvetage, entrainement militaire, etc.).

Des équipes d’astreinte

Des équipes restent d’astreinte en permanence, au quart mais aussi côté hélico. Il y a ainsi une équipe d’astreinte en permanence 24h sur 24. C’est à dire la nuit comme le jour, avec un temps de décollage fixé à maximum 60 minutes la nuit, 30 minutes le jour. Idem côté du FHQ où hormis les horaires de jour, un capitaine et son assistant se relaient toutes les six heures pour assurer la veille. Une nécessité. « Les premiers appels arrivent la nuit. Et les avions décollent très tôt. »

In arduis servare mentem

Avec 544 hommes et femmes d’équipage, le navire de commandement italien ressemble à un vrai village. Et encore, il parait un peu vide. « On peut aller jusqu’à 1200 personnes en tout avec les aviateurs, les forces spéciales » souligne son commandant Alberto Sodomaco, pas peu fier de commander ce navire, dont la devise est « In arduis servare mentem » qui pourrait être celle de l’opération également.

Le navire le plus imposant de la marine italienne

Troisième du nom dans la marine italienne, le Cavour est aussi un de ses navires les plus imposants et les plus récents. Fabriqué par les chantiers navals italiens, Fincatieri, en 2004, en deux parties (comme les navires civils), assemblées ensuite à la Spezia, il a été engagé en 2008.

Utilisable dans différents types d’opérations

Modulable et adaptable facilement, il est utilisable dans différents types d’opération (à l’image des BPC français). Il peut ainsi servir de bateau de commandement et de contrôle, de navire hôpital, ou de pôle de transport — ou les trois à la fois comme aujourd’hui — comme de transport logistique voire servir à la diplomatie marine. Le navire revient ainsi d’une tournée en Afrique, de l’Arabie saoudite à l’Amérique (6 mois) : 164 jours en mer, 41 jours dans les ports.

Un porte-hélicoptères

Il dispose de six places (spot) hélicoptères + une place pour l’hélicoptère réservé au SAR. 2 ascenseurs sont prévus pour monter (ou descendre) les avions/hélicoptères du hangar vers le pont, ou vice versa.  Plusieurs configurations sont possibles : 14 avions AV8B + 6 hélicoptères EH101 en mission « projection », ou 10 avions AV8B + 8 hélicoptères EH101 et 2 hélicoptères NH90 en mission « soutien amphibie ».

Un hangar modulable

Le hangar en lui-même a une bonne taille : 134 mètres de long, 21 mètres de large, 7 mètres de haut. En temps ordinaire, il peut abriter du matériel ou du fret humanitaire, comme en janvier – avril 2010 pour l’opération White Crane vers Haïti — les hélicoptères ou les avions. Aujourd’hui, à bord, il n’y a (que) trois hélicoptères. Une partie a donc été transformée en salle de sport. Le navire a aussi une centrale énergétique à bord (de 18 Megawatt) et autoproduit toute l’eau nécessaire, recyclant l’eau ou celle de mer… sauf l’eau gazeuse servie à table.

Un véritable hôpital flottant

Le Cavour dispose d’un hôpital flottant, avec 4 lits de réanimation, 20 lits d’hospitalisation, une unité pour les brûlés, 2 tables d’opération et 8 unités de soins d’urgence. Il sert ainsi de rôle 2 à l’opération. Son emplacement sur zone est souvent à l’arrière de la zone de récupération des canots de migrants, à mi-chemin entre eux et la terre. L’objectif est d’avoir une évacuation possible dans un temps rapide, soit vers le Cavour, soit vers la terre.

(Nicolas Gros-Verheyde)

CanotMigrantsMedit@Ita160316

De nouveaux migrants récupérés ce matin en Méditerranée

CanotMigrantsMedit@Ita160316(B2 à Rome) En quittant le Cavour ce matin par hélicoptère, on savait déjà que la journée serait chargée en mer. Dès la nuit, plusieurs appels étaient arrivés au centre de sauvetage en mer (MRCC) de Rome, signalant des bateaux. Ce sont les garde-côtes italiens et la marine italienne, avec le navire norvégien de Frontex, le Siem Pilot, qui ont été en action.

Près de 509 migrants ont ainsi été récupérés par le navire Aviere, lors de plusieurs opérations de sauvetage, dont 83 qu’il a récupérés du Siem Pilot, mercredi (16 mars). Parmi eux, 151 mineurs, 361 hommes et 79 femmes. On déplore un mort (le cadavre d’une femme a été découvert lors d’un des premiers sauvetages du matin). Ils ont été débarqués au port de Reggio Calabria.

Le Sirio a débarqué aujourd’hui à Lampedusa, avec le soutien du Grecale, 283 autres migrants (126 qu’il avait secourus et 156 récupérés du Diciotti (CP941). Tandis que les navires Vega et Grecale ont amené à Augusta 218 migrants secourus hier (mardi 15 mars).

(NGV)

Lire aussi : Reportage EUNAVFOR Med. Alerte ! canots à la mer